‹ Le château de la MuetteChapitre 52 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Rien n’égalait l’orgueil de la duchesse de Berry : « elle se mit en tête de vouloir avoir un capitaine des gardes; jamais fille de France n’en avait eu.... M. le duc d’Orléans résista d’abord à cette fantaisie, mais il y céda bientôt. Elle choisit le chevalier de Roye, qui prit le nom de marquis de la Rochefoucauld.... Comme elle n’avait que peu de gardes et point de compagnie, elle en voulut une, dont elle donna la lieutenance à Rion, qu’elle nomma également gouverneur de la Muette, en 1716. »

«Après maintes passades, ditSaint-Simon. elle s’était tout de bon éprise de ce jeune cadet de la maison d’Aydie, fils d’une sœur de Mme de Biron, qui n’avait ni figure, ni esprit. C’était un gros garçon court, joufflu, pale, qui, avec force bourgeons, ne ressemblait pas mal à un abcès. Il avait de belles dents et n’avait pas imaginé causer une passion qui, en moins de rien, devint effrénée et qui dura toujours, sans néanmoins empêcher les passades et les goiits de traverse. Il n’avait rien de saillant, mais force frères et sœurs, qui n’en avaient guère davantage. ... A peine fut-il arrivé que le goût se déclara et qu’il devint le maître. M. de Lauzun, dont il était petit-neveu, en riait sous cape. Il était ravi, il lui donnait des instructions ^ » « Rion était doux et naturellement poli et respectueux, bon et honnête garçon. Il sentit bientôt le pouvoir de ses charmes^, qui ne pouvaient captiver que l’incompréhen-

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