‹ Le château de la MuetteChapitre 56 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

goûter quelques tempéraments. Le voyant inflexible, il lui |*proposa, à la fin, de s’en rapporter au cardinal de Noailles. Le curé l’accepta sur-le-champ.... Le cardinal de Noailles arriva, M, le duc d’Orléans le prit à l’écart, avec le curé et la conversation dura plus d’une demi-heure.... Le cardinal dit tout haut au curé, qu’il avait fait très dignement son devoir, qu’il le louait... et il ajouta : « Monsieur « le curé, en vertu de mon autorité comme Archevêque « de Paris et votre supérieur canonique, je vous défends « d’administrer, faire administrer, ou laisser administrer « les sacrements de l’Église à Mme la duchesse de Berry, « à moins que M. le comte de Rion et Mme la vicomtesse « de Mouchy ne soient partis du Luxembourg et qu’ils « n’en aient été congédiés par ordre de cette princesse. »

« On peut juger de l’éclat d’un si indispensable scandale. Qui que ce soit ne blâma ni le curé ni son archevêque.

« Question après, entre le Régent, le cardinal et le curé, qui d’entre eux porterait cette résolution à Mme la duchesse de 13erry, qui ne s’attendait à rien moins et qui, toute confessée, comptait, à tous moments, de voir entrer le Saint-Sacrement et le recevoir.... Le duc d’Orléans se fit entr’ouvrir la porte et appeler Mme de Mouchy, et lui déclara de quoi il était question. La Mouchy se chargea d’aller dire à Mme la duchesse de Berry ce qui était résolu sur les Sacrements : on peut juger qu’elle y sut ajouter du sien. La réponse négative ne tarda pas à être rendue, par la même, à M. le duc d’Orléans, qui fut la rendre au Cardinal et au curé.... Le Cardinal dit que c’était à son père à lui porter cette parole et à la porter à faire le devoir d’une chrétienne prête à paraître devant Dieu On

LA DUCHESSE DE ÜEIUIY

n’aura pas de peine à croire que son éloquence n’y gagna rien. Ce refus fit prendre au Cardinal le parti de parler lui-même à Mme la duchesse de Berry.... .\1. le duc d’Orléans, qui n’osa l’en empêcher, le conjura d’attendre qu’on eut disposé sa fille à le voir. Il alla donc faire un autre colloque, dont le succès fut pareil au précédent. Mme la duchesse de Berry se mit en furie, répandit des emportements contre ces cafards, qui abusaient de son état et de leur caractère pour la déshonorer par un éclat inouï et n’épargna pas son père de sa sottise et de sa faiblesse à le souffrir. Qui l’aurait crue, on aurait fait sauter les degrés au cardinal et au curé. M. le duc d’Orléans revint à eux fort petit et fort en peine et qui ne savait que faire entre sa fille et eux.

« Le cardinal demeura plus de deux heures.... Voyant enfin qu’il ne pouvait entrer dans la chambre sans une sorte de violence, il trouva indécent d’attendre davantage. En s’en

allant, il réitéra ses ordres au curé M. le duc d’Orléans

se hâta d’annoncer à Mme sa fille le départ du Cardinal, dont lui-même se trouva fort soulagé. Mais, en sortant de la chambre, il fut étonné de trouver le curé collé tout près de la porte, et encore plus de la déclaration qu’il lui fît que c’était là le poste qu’il avait pris et que rien ne l’en ferait sortir. En effet, il y demeura ferme, quatre jours et les nuits de même. Enfin le danger passé, il leva le siège.

(( Mme la duchesse de Berry bien accouchée d’une fille n’eut plus qu’à se rétablir, mais dans un emportement égal contre le curé et contre le cardinal de Noailles.

« Bion, hanté par le souvenir des aventures de Lauzun avec Mademoiselle, se mit en tête d’obtenir le mariage.

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