‹ Le château de la MuetteChapitre 57 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Cette pensée délectait l’oncle, qui se voyait revivre, en la personne de son neveu.... L’empire absolu que ce dernier

avait usurpé sur cette impérieuse princesse à qui, de ■

propos délibéré, il faisait, chaque jour, essuyer des caprices qui lui ôtaient jusqu’à la moindre liberté et des ■

humeurs brutales qui la faisaient pleurer, tous les jours ^

et plus d’une fois, le danger qu’elle avait couru dans sa ^

couche, l’horreur de l’éclat où elle s’était vue entre les derniers sacrements et la rupture entière avec ce dont elle :

était affolée, la peur du diable, qui la mettait hors d’ellemême, au moindre coup de tonnerre, qu’elle n’avait jamais j

craint jusqu’alors, enhardirent l’oncle et le neveu. C’était j

l’oncle qui avait conseillé à son neveu de traiter sa prin- i

cesse, comme il avait lui-même traité Mademoiselle. Sa I

maxime était que les Bourbons voulaient être rudoyés et 1

menés, le bâton haut, sans quoi pn ne pouvait se conserver I

sur eux aucun empire. Rion, maître du cœur de la Mouchy, J

qui l’était de l’esprit de leur princesse, lui fut d’un mer- ■

veilleux usage à son dessein. Tous deux y trouvaient leur i

compte. » I

« Rion n’avait qu’à ordonner pour être obéi et il ne se 1

passa pas quatre jours du projet à l’exécution; un prêtre peu difficultueux leur donna la bénédiction L » La Princesse Palatine écrivait à ce propos : « Le mariage de la Duchesse 3

avec la tête de crapaud n’est malheureusement que trop '

vrai, ce n’est point, d’ailleurs, un mauvais gentilhomme, mais, avec tout cela, il n’était pas digne des honneurs qui lui sont survenus Toutes les femmes courent après lui.

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