Duclos, Mémoires secrets, II, p
LA DUCHESSE DE BERRY
Je le trouve laid et repoussant, il a l’air aussi malade que s’il avait le mal français K »
c( Quoique se trouvant guérie, la Princesse ne voulait recevoir personne. La semaine sainte était fâcheuse, à Paris, après le scandale qu’on a raconté. Le mariage de Uion causait de violentes querelles et force pleurs. Pour s’en délivrer et sortir en même temps de l’embarras des Pâques, elle résolut de s’aller établir à Meudon. On eut beau lui représenter le danger de l’air, du mouvement du carrosse et du changement de lieu, au bout de quinze jours, rien ne put lui faire supporter Paris plus longtemps. Elle partit donc, suivie de Rion et de sa maison.
a M. le duc d’Orléans, continue Saint-Simon, m’apprit alors le dessein arrêté de déclarer le mariage secret qu’elle avait fait avec Rion.... Le mariage ne me surprit que médiocrement, par cet assemblage de passion et de peur du diable et par le scandale qui venait d’arriver, mais je fus étonné, au dernier point, de cette fureur de le déclarer, dans une personne si superbement glorieuse. M. le duc d’Orléans s’étendit avec moi sur sa colère,, celle de Madame et le dépit extrême de Mme la duchesse d’Orléans. Heureusement, le gros des officiers destinés à servir sur les frontières d’Espagne partaient, tous les jours. M. le duc d’Orléans trouva plus court de se donner une espérance de délai, en faisant partir Rion, se flattant que* cette déclaration se différerait plus aisément, en absence qu’en présence. Rion reçut un ordre sec et positif de partir sur-le-champ.... Mme la duchesse de Berry en fut d’autant.