‹ Le château de la MuetteChapitre 61 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

mourir, elle disait, hier, qu’elle mourrait volontiers, puisqu’elle avait fait sa paix avec Dieu, que, si elle devait vivre plus longtemps, elle pourrait retomber dans le péché, qu’elle préférait donc mourir. Cela nous a touchés, à un tel point que je ne saurais vous le dire. Au fond, elle a bon cœur; si sa mère avait davantage pris soin d’elle et l’avait mieux élevée, elle ne nous aurait causé que de la joie. »

« La princesse expira, vers les deux heures du matin, entre les bras de M. le cardinal de Noailles, qui n’avait point cessé de lui inspirer de pieux sentiments et un entier abandon à la miséricorde de Dieu, jusqu’au dernier soupir h »

« Mme de Saint-Simon voyant qu’il n’y avait personne, à la Muette, avec qui M. le duc d’Orléans fût libre, me manda qu’elle me conseillait d’y venir, pour être auprès de lui, dans ces tristes moments. Il me parut, en effet, que mon arrivée lui fît plaisir. Je lui proposai qu’il n’y eût aucune cérémonie, que le convoi fût décent mais au plus simple, surtout qu’au service de Saint-Denis, il n’y eût point d’oraison funèbre : je lui en touchai légèrement les raisons, qu’il sentit très bien, me remercia et convint avec moi que les choses se passeraient ainsi....

« Le soir bien avancé, M. le duc d’Orléans rentra dans la chambre et approcha du chevet du lit, dont les rideaux étaient ouverts : je ne l’y laissai que quelques moments et le poussai dans le cabinet. Les fenêtres y étaient ouvertes, il s’y mit, appuyé sur le balustre de fer et ses pleurs y

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