CHAPITRE IV
M. l’évêque de Coutances, qu’ils lui prêtèrent entre ses mains, en présence de M. le duc d’Orléans ».
On trouve, dans les notes du marquis de Calvière \ une série de détails se rapportant à l’année 1722 :
(( 24 février. A la Meute où le Roi nous fît marcher prodigieusement avant et après dîner, surtout pour lasser M. de Noailles.
« Le 7 mars, ]\I. le comte de Clermont vint me prendre aux Thuileries. Nous fûmes à la Meute, où il me pria de jouer de la flûte devant un loup cervier, qui témoignait aimer beaucoup le son de cet instrument.
(( Du 13 mars. A la Meute force poissons pris et éventrés .
« 20 mars. A la Meute, où l’infante vint après dîner et aussi pour voir Madrid à cause de son nom, mais la visite fut courte.
« Lundi, 13 avril. Le Roy étant à la Meute et ayant pris un petit lapereau en vie, je luy demanday la permission de le porter à l’Infante, ce qu’il m’ordonna, et la princesse s’en réjouit beaucoup.
« Mercredi 6 may. Le Roy alla, le soir, au Bois de Boulogne et, tandis qu’il chassait, j’alloi porter un lapin à l’Infante, qui me fît voir un petit dauphin, homme de cire, qui lui servait de poupée.
(( Mercredi 13 may. Le Roy pêcha beaucoup d’écrevisses à la Meute et me les donna toutes.
« 19 may. M. le duc apprend au Roy, au Bois de Boulogne, à jarreter un lapin sans couteau, en lui déchirant seulement les ergots.
1. Notes du mmistre de Galvière publiées par Th. et G. de Goncourt. Portrait:! intimes du XVIIP siècle, 2® série, p. 117.
LA JEUNESSE DE LOUIS XV
« 25 may. Un nommé Deschamps, qui avait été autrefois soldat dans le régiment du Roy, luy fut présenté à la Meute. Il est actuellement directeur des manufactures de Saint-Etienne. Il montra à Sa Majesté un fusil qu’il promettait de faire tirer quarante coups en un quart d’heure, et, de faiL il en fît l’épreuve : en cinq minutes de temps, il tira vingt coups. Il ne faisoit que secouer son fusil, après avoir jeté la balle dedans, et avoit sous la main gauche une avance de bois pour empêcher que le canon ne brûlât la main.
c( 31 mai. L’Infante va à la Meute et dîne avec Mme de Ventadour, la feste était fort grande. On parle de donner cette maison à l’Infante. » Le projet dont il est question ici n’eut pas de suites. La jeune infante, fille de Philippe V, qui avait été amenée en France, pour y être élevée, en vue de son futur mariage avec Louis XV, fut renvoyée en Espagne, par le duc de Bourbon.
Après son mariage, Louis XV n’abandonna pas la Muette. c( Le 15 janvier 1726, le Roi alla chasser le daim dans le bois de Boulogne et fit ensuite faire collation au château de la Muette, où le sieur Anoche, acteur del’Opéra- Comique, en habit de Pierrot, divertitbeaucoup Sa Majesté, par des vaudevilles et autres morceaux singuliers et comiques qu’il chanta. Le Roi lui fit donner dix louis L »
On lit dans le Journal de Narbonne: « Le 22 juillet 1726, après avoir bien dîné, le Roi alla à la Muette. Il y mangea beaucoup de figues, d’abricots, de lait, un levreau et une grande omelette au lard, qu’il fit lui-même. Il revint
^ . Poncet de la Grave, Mémoires pour servir à Vhistoire des maisons royales.