‹ Le Château de LeumontChapitre 11 sur 13 · VI. — Le chateat de Leumont et la terre de Saint-Lel · texte numérisé non relu

VI. — Le chateat de Leumont et la terre de Saint-Lel

APRÈ> Dl'FORT.

Dufort, nous l'avons vu, vendit sa terre le 3i août 17 par devant M* Prignot de Beauregard, notaire à Paris. Je n'ai eu que tout récemment le contrat à ma disposition, et force m'a été de reléguer ici les indications intéressantes que j'y ai puisées. Dufort s'y qualifie de comte de Dufort et de Cheve il prend alors la particule nobiliaire, comme, dans sa jeunesse, il prenait du galon. L'acquéreur, dont l'auteur des mémoires estropie le nom dédaigneusement, et sans considération po;

lil Au Louvre , comme on vient de le voir, et non pas dans sa petite maison de la rue de la Roquette, suivant l'indication erronée que donne M. Louis Moland dans son introduction au Théâtre Je Sedaine. (Paris. Garnier frères. 1878. p. xsi. I

— i33 — parenté qu'il s'était découverte avec les Roslin, s'appelait en réalité Claude-Henri Droin ; il était conseiller du roi, présidentjuge des traites foraines à Joinville. Il acheta, avec le fief de Leumont et son domaine (i), la seigneurie et les censives de Saint-Leu, les censives de Maubuisson et la moitié du fief du Ternay, dans la môme paroisse. Il put, comme ses prédécesseurs, comme Charles Le Clerc de Lesseville, l'auteur de la réunion de ce groupe de fiefs, prendre le titre de seigneur de Saint-Leu et des fiefs de Leumont, le Ternay et Maubuisson (2). Je rappelle que l'autre moitié du fief du Ternay était possédée par le seigneur de Méry, et que le fief de Maubuisson, qui était situé à Saint- Prix, appartenait, sauf les censives du terroir de Saint-Leu, au baron de Breget, seigneur de Saint- Prix.

La seigneurie de Saint-Leu comprenait les droits defournage, de chasse et d'échange dans l'étendue de la paroisse (sans parler de trois bancs a l'église), et à son domaine foncier se joignaient « les maisons, biens et héritages et rentes en roture situés et dues à Saint-Leu et à Taverny, dont M. Dufort s'est rendu adjudicataire par arrêt de décret du 18 août 1744. »

M. Droin paya l'acquisition principale 120,000 livres et les biens en roture 8,000 ; le mobilier du château lui ayant été cédé

(1) La superficie de ce domaine est un peu moindre que celle que j'ai donnée page n, d'après un acte de vente postérieur (de Droin au prince Louis-Napoléon Bonaparte) : elle est de 60 arpents pour le parc . et de 62 arpents 79 perches 3 1 pour le clos d'en bas; au total de 122 arpenta 79 perches 3/4, au lieu de 128 arpents 66 perches que j'ai indiqués; la différence est d'environ a hectares, dont l'acquisition est du fait de Droin. —Je ferai remarquer aussi qu'en 1744 la surface entière du domaine dut être notablement moindre qu'en 1765, car, à la première date, le parc, ainsi qu'il est visible sur le plan joint à ces pages, n'était pas la moitié du clos d'en bas, tandis que je viens de dire qu'en 17(0 ces deua surfaces étaient presque égales. A la fin de la possession des Dufort, le parc avait reçu des accroissements qui lui avaient donné pour limites : au sud, le chemin de la vieille église; à l'est, la cavée de Chauvrv [rien n'a changé de ces côtés) ; au nord, le prolongement de la route précédente, désigné sous le nom de grand chemin de la forêt d'Lnghien ; a l'ouest enfin, le cimetière de la vieille église et un autre chemin creux, une cavée aujourd'hui enclose dans la propriété dite de la Biche-au-Bois.

(2) Charles Le Clerc de Lesseville. conseiller aux aides, fut en même temps seigneur de Saint-Prix, après la mort de son père, en 1673. Son fils, Charles- Nicolas, comte de Charbonnières, baron d'Authon. vendit Saint-Leu à Pierre Vesin, le 12 mars 1 7 1 3. Je précise les dates des aliénations postérieures de la même terre : Catherine-Madeleine Arrault, veuve de Pierre Vesin, la vendit à Nicolas Baille, le 20 septembre 1725, et celui-ci à Joseph-Pierre Dufort, le 1 1 avril 1739.

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