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jour, d'être transporté dans ces prisons de Paris qui la dernière étape avant l'échafaud. La réaction du o thermidor arrive ; au bout de quatre mois, grâce aux démarches instantes de Sedaine, il obtient son élargissement. De terribles nouvelles l'attendent à son foyer : Sallaberry a été guillotiné; Amelot, son autre beau-frère, emprisonné dans les mauvais jours, vient d'être mis en liberté, fou et mourant (2). Combien d'amis ont subi un sort aussi déplorable ! Ses enfants, par bonheur, ont la vie sauve.
Un peu d'accalmie arrive alors, et. les communications rétablies, Dufort, en hâte, gagne Paris, pour y revoir ceux dont il a été depuis si longtemps séparé.
(1) Ce mot s'encadre dans la phrase suivante : ■ J'avais pris le parti compris être plus utile au bien public en ne suivant pas la folie de l'émigration, qui a perdu la France. » La fermeté de la pensée, la vaillance de la décision s'atténuent singulièrement dans cet autre passage : « Ah ! pauvre espèce humaine, nous croyons tous avoir notre libre arbitre, et je puis prouver par mon expérience que ce que j'ai le mieux et le plus sagement combiné est ce qui m'a le moins réussi. Je me suis tiré de cette révolution où i'ai vu périr tous mes parents et mes meilleurs amis; conduit par les circonstances, je s us resté, moi e: lorsqu'un indiscret dérange et écrase une fourmilière, le hasard en laisse échapper des colonnes entières. »
(2) Le pauvre Amelot, ministre li 776-1 ;S3: par la protection de Maurepas. qui plaisantait lui-même sur la nullité dus r qu'il avait donné à lialesbc eut. pendant son ministère, une maladie qui atïaiblit encore son cerveau. 11 avait été intendant de Bourgogne de 1704 à 1774. e: remplacé dans cette province par Dupleix de Bacquencourt, que nous avons déjà rencontré.
Je partis pour Paris, où nous arrivâmes, dans la rue de la Comédie-Française, près du Luxembourg, à neuf heures du matin. Je laissai le soin de mes affaires a Jumeau (son intendant) ; M. de Rancongne partit de son côté, et moi je m'acheminai doucement vers le vieux Louvre, chez mes amis Sedaine, où j'étais attendu. Ce fut une vraie joie de nous revoir. Je les avais secourus en victuailles le plus qu'il m'avait été possible; sans cela, avec de l'aisance, ils m'avouèrent qu'ils seraient morts de faim. La maison était composée de M et Mme Sedaine, de Mllede Réselle (i), de leur fils aîné, qui leur était revenu de Strasbourg couvert de gale, après avoir servi et pensé mourir mille fois, de leur fille aînée et d'une fille cadette qui avait seize ans et qui était belle comme un ange. Sa figure me frappa (2). Il y avait trois ans que nous ne nous étions vus. Tous les soirs de mon court voyage, je fréquentai les spectacles. J'entendis partout chanter le Réveil du peuple ; je vis là, mieux que partout ailleurs, l'effervescence des jeunes gens contre les buveurs de sang ; il n'y avait pas une pièce où il ne fût question d'eux.
Laissons là ce récit, et voyons Dufort, au retour de son voyage, établir un triste bilan.
Les autorités, vers le mois de décembre (1795), avaient eu la cruauté d'exiger impérieusement de chaque particulier qu'il fournît, dans chaque administration de canton, un état circonstancié, signé de lui, de la totalité des biens dont il jouissait, pour asseoir proportionnellement leurs nouvelles impositions. Disons mieux : il fallait donner son bilan en doit et avoir, sous peine de se voir imposé arbitrairement (3). Décision
(1) « Mlle Froidure de Réselle, dit-il dans un autre endroit, la sœur du malheureux Froidure que Robespierre avait fait guillotiner, pour se débarrasser d'un officier municipal honnête homme. »
(2) Cette jeune fille (Anastase-Suzanne) gagna le cœur du comte Achille-Louis- François de Brisay. qui, rentré trop tôt en France après l'émigration, fut obligé de se cacher, et se réfugia à Saint-Prix, dans le voisinage de Sedaine, chez le menuisier où le conventionnel Pilastre avait trouvé asile peu j a ut la Terreur. Il épo isa
M"« Sedaine dès qu'il put sortir de sa retraite. Sesentants sont aujourd'hui la seule lignée survivante du poète.
(3) Dans le Journal des Débats du 5 mars 1S84, M. Léon Say examine la proposition de loi de M. Ballue, député du Rhône, ayant pour objet la rélorme de
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Droits féodaux
Droits sur les sels à Oléron et à Brou .
Pension sur le trésor royal
Frais d'impôts, de dons gratuite, d'incarcération, d'impôts de guerre ....
Vente et dons de vaisselle d'argent . .
Pertes de rentes sur particuliers :
Sur feu Rousseau •
Sur Le Noir
Rente
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