‹ Le chateau de Maisons-Laffitte; notice historique et descriptiveChapitre 4 sur 7 · LE VESTIBULE ET L’ESCALIER · texte numérisé non relu

LE VESTIBULE ET L’ESCALIER

Laissant de côté les vestibules latéraux dont l’un sert de poste aux gardiens du château, de vestiaire et d’entrée de service, on pénètre par le grand vestibule central qui est l’une des pièces les plus complètes et les plus noblement décorées de l’oeuvre de Mansart. Il était fermé jadis par les deux célèbres grilles en fer poli qui ornent aujourd’hui au Louvre la galerie d’Apollon et la salle des bronzes antiques. Huit colonnes doriques soutiennent la voûte avec, dans leurs cannelures, quelques feuillages sculptés et les initiales R L M B que l’on retrouve en divers endroits du château, et qui sont celles de René de Longueil, constructeur du château, et de sa femme Madeleine de Boulanc. Aux encoignures paraissent quatre aigles d’une admirable sculpture, que l’on prend souvent pour des aigles impériales, mais qui sont en réalité les armes parlantes des LongueiL Dans les quatre compartiments de la voûte, Jacques Sarrazin, qui dirigeait toute la décoration sculpturale du château et qui eut comme collaborateurs Gilles Guérin, Philippe de Buyster et Van Obstal

représenta en bas-reliefs les quatre Éléments sous les traits de Jupiter, Junon, Neptune et Cybèle.

L’escalier d’honneur s’ouvre à droite de ce vestibule, c’est également un des morceaux les plus admirés de la demeure. La structure en est d’une hardiesse et d’une science merveilleuse et la décoration d’une noble simplicité ; une harmonie toute particulière se dégage de cet ensemble de pierre blanche que l’on a eu soin de respecter en ne l’encombrant pas d’ornements inutiles.

On a placé seulement au bas un Faune au chevreau sculpté d’après l’antique par Lepautre, au xviie siècle, qui provient de Marly, un vase en marbre et deux médaillons de la même époque représentant Hercule et Omphale, qui figuraient à Maisons avant la Révolution.

Au niveau du premier étage, quatre grands médaillons encadrés dans des couronnes rappellent •ceux de la façade et peuvent être attribués à Van Obslal ; on remarque surtout au-dessus de la corniche qui domine les quatre panneaux, quatre délicieux groupes d’enfants modelés par Philippe de Buyster qui représentent le Chant, les Sciences et les Arts, la Lecture et la Guerre, enfin l’Amour et l’Hymen. Ces « putti », assis les jambes pendantes dans des attitudes aisées et simples, sont d’une fraîcheur et d’un charme, d’une liberté qui sent encore l’esprit de la Renaissance plus que celui de l’art classique de la fin du xvir siècle,

istibule d’honneur.

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