VII. — Appartements du Roi. — Grande galerie
chambre dite chambre à Vitalienne contenue dans l’aile droite et qui comporte en guise de plafond une véritable coupole décorée d’un ordre de cariatides. C’est, dans l’œuvre de Mansart, la création la plus typique de ce genre dont le parti pris s’indiquait déjà dans l’escalier, dans la galerie et dans la chambre du roi. Aux murs, de,s tableaux classiques italiens, un Joseph expliquant ses songes deStrozzi, une Sainte Cécile de Cavedone, une Agar de Lanfranc et un Episode de V histoire d’ Alexandre du Dominiquin ; enfin un grand panneau français de Ch . A. Dufresnoy représentant des Naïades dans la manière aimable des Lesueur de l’hôtel Lambert à Paris, où l’on ne reconnaîtrait guère a priori l’ami de Mignard et sans doute de Poussin à Rome, le théoricien de la peinture en vers latins, l’auteur du De arte graphica.
C’est sur cette chambre que s’ouvre la curieuse petite pièce ronde, à coupole également, désignée sous le nom de Eoudoir , dont le parquet est un chef-d’œuvre de marqueterie de bois, d’étain et d’os qui fait prévoir celle des meubles de Boule. Des pilastres ioniques, d’un travail analogue, séparent des panneaux garnis jadis de glaces, suivant Dargenville, et soutiennent la voûte décorée de rinceaux bleus sur fond d’or.
L’appaTtement dit de la Reine était situé dans Fade opposée à celle que nous venons de visiter; moins important bien entendu à cause de la posi-
sition dissymétrique de l’escalier, il a été complètement transformé et n’a rien gardé de sa décoration antérieure à la Révolution. La première pièce est coupée de façon à former un corridor et une chambre sans caractère. La seconde a reçu au temps du maréchal Lannes une décoration de style Empire dont on ignore hauteur mais qui rappelle d’assez près les conceptions élégantes et un peu sèches de Fontaine.
Tendue aujourd’hui d’une étoffe de soie jaune, cette pièce s’est prêtée assez bien à une restitution de décoration d’ensemble de style Empire. Des meubles en acajou garnis de bronzes dorés empruntés au Garde-meuble ou à des collections particulières, un berceau notamment qui a dû être composé pour le roi de Rome, une pendule en biscuit de Sèvres moderne, d’après les dessins de Percier, y reconstituent à peu près l’intérieur du maréchal Lannes et de sa femme dont le souvenir est évoqué par des portraits prêtés par leurs descendants, tandis qu’un grand portrait de l’impératrice Marie-Louise, par Robert Lefèvre, rappelle le rôle de dame d’atours que la maréchale tenait auprès d’elle et l’amitié que l’impératrice lui témoigna constamment.