‹ Le château de RambouilletChapitre 4 sur 32 · LES IDEES DE LA MARQUISE · texte numérisé non relu

LES IDEES DE LA MARQUISE

gnant partout le cardinal du Bellay, neveu par alliance de Jean II d"Angennes, Rabelais, qui était son secrétaire, fréquentait, paraît-il, à Rambouillet. « Ces roches, disait-on déjà au temps de la marquise, étaient le lieu où il se divertissait, et encore aujourd'hui, on appelle une certaine roche creuse et enfumée la Marmite de Rabelais '\ » En réalité, cette marmite ressemble bien plus à un de ces sièges, abrités d'une hotte d'osier, dont on use à la campagne ou à la plage. La mémoire d'une autre roche du parc, dont Voiture, de son côté, gardait bon souvenir, le Cheval Griffon, n"a pas été conservée par la Tradition.

LeG idées de la marquise. — ^V^'' de Rambouillet ne se contentait pas de beautés naturelles : « Au dernier voyage qu'elle fit à Rambouillet, avant les Barricades... elle fit dans le parc une belle chose, dit Tallemant des Réaux, mais elle se garda de le dire à ceux qui la furent voir. J'y fus attrapé comme les autres. Ghavaroche, intendant de la maison, autrefois gouverneur du marquis de Pisani, eut charge de me faire tout voir. Il me fit faire mille tours ; enfin il me mena en un endroit où j'entendis un grand bruit, comme d'une grande chute d'eau. Moi qui avais toujours ouï-dire qu'il n'y avait que des eaux basses à Rambouillet, imaginez-vous à quel point je fus surpris quand je vis une cascade, un jet et une nappe d'eau dans le

* Tallemant des Réaux.

bassin où la cascade tomi)ait : un autre Ijassin ensuite avec un gros bouillon d'eau, et au bout de tout cela, un grand carré avec un jet d'eau d'une hauteur et d'une grosseur extraordinaires, avec une nappe d'eau encore, qui conduit toute cette eau dans la prairie où elle se perd. Ajoutez que tout ce que je viens de vous représenter est ombragé des plus ])eaux ar]3res du monde. Toute cette eau venait d'un estang qui est dans le parc en un endroit plus élevé que tout le reste. Elle l'avait lait conduire par un tuyau hors de terre si à propos que la cascade sortait d'entre les branches d'un gros chêne, et on avait si bien entrelacé les arljres qui étaient derrière celui-là qu'il était impossible de découvrir ce tuyau. La marquise, pour surprendre M. de Montausier qui y devait aller, lit travailler avec toute la dilioence imaoinable. La veille de son arrivée, on fut obligé, la nuit étant survenue, de mettre plusieurs lanternes sur les arbres et d'éclairer aux environs avec des flambeaux ; mais sans compter pour rien le plaisir que lui donna le bel effet que faisaient toutes ces lumières, entre les feuilles des arbres et dans l'eau des bassins et du grand carré, elle eut une joie étrange de l'étonnement où se trouva le lendemain le marquis, quand on lui montra tant de belles choses. ))

On se rend assez facilement compte du site choisi par la marquise pour y établir ces jeux d'eau. L'étang qui servit de réservoir était sans aucun doute celui qui avoisine aujourd'hui la Ber-

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