CÔTÉ
les traces en subsistent comme nous l'avons dit, un caractère défensif. comprenait à sa partie basse les glacis usités au moyen âge surmontés d'une arcade à hauts jambages laidement moulurés de cadres fort simples, au-dessus de laquelle s'élevait une terrasse ayant un garde-corps h balustres ;
1. Le baS'relier dont il csl question Tul déplacé lors de la reconsLrucUon de la façade sud du château vern 1873 et enchâssé dans la paroi opposée du Tassé. Mais cet adossemenl à un mur humide altéra l'œuvre, el afin d'éviter une ruine complète, on a transporté récemment ce beau morceau de sculpture au Louvre, où il fait partie du musée de la Renaissance française.
cette terrasse communiquait avec la salle des fôtes au premier étage par une élégante baie de l'époque de Henri II qui subsiste encore. Après la construction du Château Neuf^ celte entrée au vieux château n'eut plus qu'une importance secondaire et devint le passage vers les dépendances, la « basse court » suivant Du Cerceau, mais elle conserva son pont-levis.
La chapelle de saint Louis qui jusqu'alors avait été respectée, fut à la même époque Tobjet de remaniements importants, car on voulut l'accommoder au goût du jour. En 1548, suivant les ordres de Philibert de TOrme, on la reblanchit après Tavoir rejointoyée, puis on en remblaya le sol qui se trouvait en contre-bas du niveau de la cour. On fit disparaître les contreforts du xni' siècle qu'on remplaça par d'autres que le fléchissement des voûtes rendait nécessaires ; on bâtit aussi une sacristie et ses dépendances dans Tespace qui s'étendait au sud entre la chapelle et le mur de ronde. On détruisit les fenestrages en arc brisé, on fit des baies de forme ellyptique accompagnées extérieurement d'une décoration de brique qui rappelait les fenêtres de l'étage principal du château. A l'intérieur, on installa un autel avec un retable qu'on commanda à Siebec « maistre menuisier ordinaire du Roy » et dont la description est donnée dans les Comptes des bâtiments^ Ces travaux qui dénaturaient absolument l'œuvre du règne de saint Louis furent exécutés avec recherche et en suivant les principes décoratifs qui avaient été admis lors de la reconstruction du château sous François I". C'est dans l'état décrit ci-dessus que se trouvait sous Henri II et ses successeurs le château de Saint - Germain.
On trouvera peut-être quelque intérêt à lire ici la notice sommaire que Jacques Audrouet Du Cerceau consacrait au château de Saint-Germain dans son ouvrage intitulé : Le premier livre des plus excellents bastiments de France^ qui parut en 1576. Voici comment il s'exprime* : « Le bastiment est assis sur un lieu assez hault eslevé, prochain de la rivière de Seine, à cinq lieuds dé Paris. Ceste place a esté tenue par les Angloîs durant leur séjour en France. Depuis eux estant déchassez, elle demeura quelque temps sans entretien. Or est-il advenu que le Roy François premier, trouvant ce lieu plaisant, feit abbattre le vieil bastiment, sans toucher néantmoins au fondement, sur lequel
1. Comptes des bâtiments du roi, t. H, p. 346. Une photographie prise vers 187 i, avanl la restauration, rend compte de Taspect que présentait cette partie du château.