‹ Le château de VeloursChapitre 10 sur 27 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Les prcisceutliueiits.

Un mois s'était écoulé depuis la fête de l'hôtel de Noyai. Rennes était devenu une ville déserte. On eût dit que l'ennemi conquérant avait passé par là.

Le pavé pointu de ses rues, qui naguère

sonnait sous le fer des chevaux et sous la

botte éperonnée des gentilshommes, lais- I 18

sait croître l'herbe triste, qui parle de solitude et d'abandon.

Les hôtels nobles avaient fermé leurs contrevents de chêne épais; les maisons bourgeoises elles-mêmes s'étaient barricadées.

Plus d'étudiants chanteurs et batailleurs sur la place du Palais, plus de tripots dans la rue d'Antrain, plus de folles danses dans le faubourg l'Evêque.

Marion, la belle fdle, était morte du Mal d'Enfer.

Son dragon galant et gradé était mort.

Morts tous les deux, défigurés, le visage noir et rouge , l'écume à la bouche et les membres tordus.

Le Mal d'Enfer était h Rennes.

Et Rennes s'était enfui, tout pâle et tout éperdu, devant le Mal d'Enfer.

DE VELOURS. 27f>

Les jolies filles, les étudiants, les genlilshonimes, ~ les rubans roses et les leutres rabattus, — les vieux membres du parlement , les cheveux gris , les moustaclics retroussées :

Disparus , évanouis.

Jusqu'aux gencives de Guillemitte Barbedor î

Et certes, 4a brave fille avait tort. A supposer que le Mal d'Enfer se fût trouvé sur son passage , le Mal d'Enfer aurait eu peur.

Badabrux , célibataire , les cinq demoiselles Trécoché, Saturnin Mormichel,Vivé, madame veuve Nestor, tout ce monde joli, toute cette agréablesociété aux mœurs si chères, était parti ou partie.

Uennos était i<^ ne sais où, mais cerîes, il n'élaiî nius dans Komui's.

'tl(i LE CHATEAU

Quand Hennés est dans Hennés , Tatmosphère cancanne, la nature parle du nez, et les rossignols eux-mêmes y empruntent la voix mâle du canard.

Eh bien ! chose fatale î vous eussiez pu vous promener tout un jour par la ville , sans ouïr ces accents indigènes, si doux à ceux qui connurent dès l'enfance la joie des rhumes de cerveau !

Rennes était donc mort, qu'il n'éternuait plus !

Les cloches seules parlaient, hélas î car Le prêtre resta le dernier à son poste de bataille. Que lui importe de mourir ici ou là, aujourd'hui ou demain?

Oieu est pariout.

Dieu es! toujours.

Les prêtres chantaient et priaient dans le chœur des églises désertes.

Ils restaient; les p;mvres aussi.

Les prêtres ai(h»ien( les pauvres à vivre et à mourii'.

A de longs intervalles, dans les rues solitaires, un cairosse passait au galop effrayé de ses chevaux.

A travers les glaces fermées, on})OUvait voir quelque femme pâle , son flacon aux narines, le corps tremblant, l'œil épouvaïiié.

Tout à coupelle se rejetait, cette femme qui fuyait, au fond de son carrosse et couvrait son visage de ses mains blêmies.

Elle avait entendu la crécelle sinistre; elle avail aperçu, au détour de la voie,

278 Li: CIlATliAU

un de ces fantômes maigres, qui allaient, un masque noir an front, et qni disaient, snr un mode lent et lugnbre :

— Chrétiens, n'approchez pas ! craignez le Mal d Enfer:

Cette femme, si elle était bonne, domptait sa terreur et jetait sa bourse par la portière entr'ouveite.

Le fantôme passait auprès de la bourse et ne ia ramassait pas.

Au détour de la voie, encore, la fugitive tressaillait et sentait son cœur manquer dans sa jioitrine.

Car la charrette des morts roulait lonle pleine.

Un prêtre devant, le missel ouvert, la tête nue.

Point de parents autour, point d'amis.

Rien que les morts et le prêtre.

I>K VELOURS. 27î^

Les chevaux préci pilaient leur course.

La fugitive balbutiait, si elle était chrétienne, les versets du De Profundis.

La charrette des morts, elle, ne se pressait pas. Le prêtre chantait d'une voix grave ei tranquille.

11 allait , soutenu par cette souveraine vaillance des humbles et des justes.

Lui, le prêtre, seul vivant sur cette voie désertée, disait les louanges du Dieu miséricordieux.

Il y avait un homme pourtant qui faisait comme les prêtres et qui ne craignait pas d'entrer, les mains et le visage nus, dans les maisons maudites.

Cet homme était le sorcier Lacuzan.

Il avait cantonné ses dragons hors de la ville aux premières atteintes du mal ; mais il restait, lui, ou plutôt , il vivait

comme autrefois, chevauchant loujouis de son château à son hôtel, et de son hôtel à son château.

De son château, qui était un refuge pour les pauvres sahotiers de la forêt de Rennes, à son hôtel qui était l'hôpital des pauvres ouvriers de la ville.

Ce sorcier Lacuzan! un colonel de dragons ! — De quoi se mêlait-il puisque les philosophes et les philanthropes claienl en fuite ?

Les tendres amis du peuple commençaient à pulluler au milieu du XVllP siècle. De quoi se mêlait ce gentilhomme, puisque les tendies amis du peuple s'étaient mis en lieu sûr?

Eh quoi ! au temps où V Encyclopédie allait paraître, rien qu'une épée et des surplis parmi ce peuple désolé î

DK VELOUKS. 281

Les vrais amis du peuple , — ceux qui se sauvent à l'heure des calamités, — ii'eurent-ils pas bien raison, quelques années plus tard , de briser cette épée et de noyer ces surplis ?

Et cel aimable M. de Voltaire, ce bel esprit, ce gentilhomme de plume, ne remplissait-il pas dès-lors un devoir sacré en s'écriant : Détruisons i infâme!

Démolissons l'autel! le dernier rel'ugo^ le suprême asile !

Brisons le crucifix, le souverain espoir!

Soyons hommes et philosophes! Pleurons sur Calas! Soyons frères, à condition que Ferney ne soit pas fraternellement partagé. Et surtout, détruisons Vinfâmc!

Absurde Lacuzan! qui donnait la main aux pestiférés, au lieu de laruioyer sur

2f^2 \Ai <:i!ATFAU

les Indiens esclaves et sur les orphelins chinois !

' Lacuzan idiot qui allait à la messe et laissait vivre Vinfâmel

Comme de raison, le vide de la cité emplissait les châteaux.

Celui de M. le marquis de Noyai, situé à deux lieues de Kennes , sur la route de Paris , regorgeait dliôtes nobles. Nous y eussions retrouvé presque tous les convives de la fête de clôture des Etats.

M. le marquis était un trop digne homme [)Our se réjouir devant le malheur public; d'ailleurs, il faut bien l'avouer, M. le marquis craignait horriblement l'épidémie.

Le célibataire Badabrux, cet affligeant coryphée de la tragédie, était entré fort avant dans les bonnes grâces du marquis en lui répétant une fois le matin, une fois

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à midi et une fois le soir, que le Mal d'Enfer ne s'allaquail qu'aux petites gens.

On vivait donc fort tranquillement au château , sans bals ni grands repas , sans chasses somptueuses , sans fêtes de nulle sorte , quoique le bourg de Moyal et les environs n'eussent présenté jusqu'alors aucun cas de la maladie redoutée.

Blanche était ce que nous l'avons vue naguère, vive et bonne, le plus excellent petit cœur du monde , spirituelle à sa l'açon, jurant toujours par Lacuzan, mais regardant toujours en-dessous le bel Albert de Coëtlogon , qui avait ses dix-huit ans faits depuis deux semaines.

Il n'était plus question de Pichcnet.

Picbenet avait disparu pour tout de bon. Il n'était point rentré chez Malbrouk.

'284 LE CHATEAC

Mais Blanche savait mieux que personne ce que Pichenet était devenu.

Blanche et Lacuzan , ces éternels complices!

Quant à Marielle de Noyai, elle était bien changée.

Sa beauté merveilleuse n'avait point diminué, mais une expression de mélancolie profonde était maintenant à demeure sur son charmant visage. Le regard de ses grands yeux noirs errait souvent, pensif, dans le vague. Il y avait un cercle sombre sous sa paupière, et son front s'inclinait, chargé de rêverie.

Qu'il est délicieux , d'ordinaire , ce premier souci î Et que la première pâleur est charmante '.

Le marbre qui s'anime! Galalhée qui, tout à coup, respire!

DE VKLOUKS. 285

ï.a vierge qui s'écoute elle-même, qui regarde, étonnée, son cœur changé , qui se demande où va le soupir inconnu.

Ce réveil , ou plutôt cette seconde naissance, quelle est délicieuse!

Amant ou mère, comme vous l'avez chérie, n'est-ce pas, celte heure unique, cette heure cdîoisie où la jeune fdle dépouille le dernier lange de l'enAmt, et s'arrête, troublée, inquiète, frémissante, au seuil de sa vie de femme î

Marielle avait bien tardé à jeter ce dernier lange.

Elle était lestée longtemps statue.

Le souffle vivifiant l'avait-il touchée?

L'âme s'éveillait-elle dans ce miracle de beauté ?

Il y avait, parmi ceux qui l'entouraient,

deux prétendants qui semblaient sortir de la foule des adorateurs vulgaires.

Deux nobles jeunes gens : Avaugour, le descendant de Bretagne, et Lacuzan, le superbe soldat.

Blancbe qui n'avait pas besoin de s'éveiller, puisqu'elle n'avait jamais dormi; Bjanche qui n'attendait pas Pygmalion , l'espiègle et la vivante, Blanche était bien occupée de cela.

Depuis que sa sœur était triste, Blanche l'environnait d'amour et de caresses...

Car elle l'aimait de tout son cœur, et Marielle lui rendait la pareille.

L'opposition bizarre et absolue de leurs natures laissait intacte leur bonne et douce tendresse.

Blancbe guettait. Notez qu'elle était bien habile, malgré son innocence aussi vraie,

aussi pure , aussi sereine que Tinnocence d'un auge.

Elle cherchait à savoir. Elle espionnait dans l'intérêt de Lacu/.an , son patron.

Ne croyez pas qu'elle eût jamais dit un mot de Lacuzan à Marielle. Elle n'était imprudente que pour son propre compte.

Lacuzan lui avait défendu de parler : elle était muette.

Vers qui penchait cependant le cœur de Marielle? L'heureux entre tous serait-il M. le chevalier d'Avaugoui* ou M. le comte de Lacuzan?

Ils étaient beaux tous les deux, presque du même âge. Avaugour était brillant au possible, malgré le pauvre état de son héritage ducal; Lacuzan, nous le connaissons.

Parfois , Marielle de Noyai avait paru

âS8 LE CHATEAU

lavorable au chevalier, surtout depuis que Lacuzan l'avait blessé en duel.

D'ailleurs M. le marquis de Noyai disait tout haut que Lacuzan attendait les sei/e ans de Blanche.

Croyez-vous aux pressentiments?

Je sais, moi, qu'il y a dans l'air un souffle funeste à la veille d'un grand malheur.

Je l'ai senti sur mon front , il a glacé mon cœur.

Je sais aussi que toute créature humaine, prédestinée à quelque profonde douleur, s'occupe à l'avance de cette douleur, l'étudié , en quelque sorte , alors que cette douleur lui est encore étrangère , — la cherche , par un instinct fatal , et trouve

un étrange plaisir à ramener l'entretien au même sujet.

Pauvre Jane! — Jane était une petite

lady de vingt ans, mariée à lord H ,

l'homme qu'elle aimait, et déjà mère d'un ange qui la rendait folle.

*Moi , j'étais comme le frère de Jane.

Lord H... l'avait épousée à Paris. 11 n'y a pas bien longtemps de cela.

Jane était gaie. Jamais je ne vis femme savourer si passionnément son bonheur.

C'était chez elle une joie si belle que tout le monde était joyeux rien qu'à la voir.

Mais il y avait une chose bizarre Jane parlait souvent de noyés.

De noyés! Jane! Pourquoi?

Une fois, elle me dit :

i90 l.E CIlATliAtf

— Edward ne veut pas me fonduire à la Morgue...

Lady Jane ! à la Morgue ! quelle horreur ! Edward , son mari , ne voulait pas la conduire à la Morgue!

Je crois bien!

Elle ajouta :

— Si vous ne voulez pas m'y accompagner, j'irai seule.

Comme je restais ébahi devant celte déclaration , Jane dit encore :

— Ecoutez.... j'en deviendrai folle!

Il y avait un mort sur une table inclinée, à la Morgue.

Lady Jane le regarda.

Je sentais son corps IVémii'.

— 11 ressemble ù Edward... me dit-el le...

LE CHÀTLAU 29 i

Elle s'évanouit en i^montanî dans sa voiture.

Un soir, à Richnmnd, nous étions tous les trois dans le yacht de lord H...

Jane regardait l'eau de la Tamise.

■ — Souffre-t-on là-dessous? dit-elle.

— Oh ! s'écria-t-elle sans attendre la réponse ; — j'ai vu lady S... avec ses habits de deuil... Ceux qui ont inventé cela, le ivEuu. (et je ne saurais dire le dédain sévère qu'il y avait dans l'expression de sa , voix) , n'avaient donc pas de cœur!... Moi, je ne vivrais pas une heure dans une robe de deuil... Avoir sur soi , au-dessus du front qu'il baisait, autour de la taille qu'il prenait dans ses deux mains, celte étoffe noire qui vous répète odieusement et toujours : il est mort! il est mort!... Je vous \c dis, iiKii, ie deuil est ta plus brutale de

*2i)2 LE CHATEAU

toutes les irnpi('î('s^... Celles qui portent le deuil crient par les rues qu'elles n'aimaient pas... Elles insultent à la tombe fermée... Elles écrivent sur leur propre dos : Je suis libre, si elles sont veuves... J'ai fait un héritage, si elles sont orphelines... C'est alTreux! c'est attreux !

Lord H... souriait. ~- C'était tout bonnement pour lui de Veccenlriciiy.

Moi , je songeais involontairement à l'homme livide, couché sur le marbre incliné I

Ce que je raconte ici , je l'ai vu.

Au mois de juillet 1847, on rapporta le corps de lord Edward H... ù son hôtel de Pimlico... Il s'était noyé dans la Tamise au-dessous de Richmund.

Jane élail à faire dos visites. — Quand

elle rentra, Edward se trouvait e'tendu sur le lapis du salon.

il n'y avait ni médecin ni ministre.

Les doigts convulsifs de Jane entrèrent dans mon bras.

— Comme l'autre!... comme l'autre!...

murmura-t-elle.

Je compris bien de qui elle voulait parler.

Pendant les huit jours qui suivirent, elle n'ouvrit pas la bouche.

Quand on lui apporta sa robe de veuve, elle me regarda. — Je vois encore son regard.

Elle envoya chercher son fils et le baisa sans pleurer.

Puis elle essaya son vêtement de deuil.

Pendant qu'on lui agrafait sa robe, lady Jane mourut d'un épanchement au cœur.

Elle avait dit à bord de son yacht :

soi Lli (ÎSAXEAU

— Moi, je ne vivrais pas une heure dans une robe de deuil...

Je crois aux pressenliments.

J'y crois comme au malheur même de celte vie humaine; — comme à la félicite des justes dans une autre vie...

Marielle parlait souvent du Mal d'Enfer.

Elle en parlait avec ces précautions sournoises d( s gens qui ont une idée fixe.

Car le sujet de conversation qu'on veut appeler , on ne le jette pas brusquement sur le tapis , on le provoque , — et quand on est femme, on fait cela si adroitement que personne ne voit le désir qui travaille , ni la fantaisie satisfaite.

Ce qui occupait Marielle, dans le Mal d'Enfer, ce n'était pas le mal qui lue; c'était le mal qui défigure.

La tradition r^ppui t(\ en effet, et nous devons lavoir dit déjà, que les rares patients échappés à la terrible épidémie restaient hideusement stigmatisés.

Marielle se faisait dire et répéter cent fois les détails de ce ravage.

Elle savait par cœur comment la belle Marion du bourg l'Evéque était morte, livide, avec les yeux sanglants.

Marielle, la jeune fille souverainement élégante et délicate savait cela et d'autres choses plus intimes encore , c'est-à-dire plus horribles !

Des choses rebutantes à ce point que notre plume refuse de les écrire!

Marielle les savait. Pour les savoir , elle avait fait des efforts qui l'eussent assurément fatiguée et vaincue s'il se lui

'J(> LE eu A r EAU

agi de contenter une fantaisie heureuse. Elle savait tout.

Puis les récits de Badabrux et autres oiseaux de liagique augure, tout elfrayants qu'ils étaient, ne sullirent plus à son lugubre caprice.

Elle voulut voir.

Mais comment?

Le château du marquis était situé audessus du bourg de Noyai, qui est à deux grandes lieues de Rennes.

Si le marquis eût soupçonné le désir de sa fille, il l'eût enfermée avec la camisole de force.

Marielle monta un matin dans la chambrelte de Blanche.

Elle parla Ikurs, dentelles, chiffons, enlin le nécessaiie, puis elle dit ;

DE VELuntS. 207

— Tu écris quelquefois à M. cîe Lacuzan?

— Tous les jours, répondit Blanche.

— J'aurais besoin de lui parler...

iMarielle prononça ces derniers mots

avec embarras.

Blanche la regardait toute joyeuse en disant :

— 11 sera ici dans quelques heures...

— Oh! cen estpas bien pressé... voulut interrompre Marielle.

Mais la plume de Blanche courait déjà sur le papier.

Elle écrivait, la folle :

« Mon bon ami ,

« Quelqu'un que tu aimes encore plus que moi a besoin de loi... »

Marielle regardait par dessus le dos de la chaise.

238 l.l". r.HATl'.M'

Elle prit le papier et le déchira.

— Pas comme ceia ! dit-elle.

Blanche prit une autre feuille et recommença :

« Mon bon ami, » Ma sœur Marielle a envie... »

Pas comme cela! interrompit encore mademoiselle de Noyai.

— Alors , dicte toi-même.

Marielle rougit, mais elle dicta.

— « Mon bon ami...

— Puisque tu l appelles ainsi, s'interrompit-elle.

— Après? dit Blanche.

— « Mon bon ami...

— C'est écrit... Faut-il le mettre deux fois?

— Tu es méchante !,.. « Mon bon ami... »

T)'.; vELonus. îîî^O

Allons! je vaii, \v mvWre dois fois.

— « Il \ a bien longlenjps que nous ne vous avons vu au château... »

— Au château, répéta Blanche ; — c'est écrit.

— > Et mon père désire...

Blanche poussa un éclat de rire retentissant.

Marieîle s'arrêta, interdite.

— Ne te fâche pas, sœur! dit Blanche repentante, — «... et mon père désire...»

— Non ! s'écria Marieîle qui avait envie de pleurer, — c'est inutile; je ne veux plus parler à M. d^ Lacuzan.

Blanche se leva et lui sauta au cou.

— Vois-tu , reprit-elle avec sa charmante pétulance, - il n'y a pas besoin de tout cela.

oOO LE CHAÎEATI

Elle se rassit et traça en trois coups de plume :

« Viens donc nous voir aujourd'hui.

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