LE C .MAT!-; AU
Pourquoi se répétait-i) à lui-même ati fond de son cœur :
— Je n'aime que ma mère?...
Pourquoi l'image deMarielle mourante, de Marielle morte et de Marielle heureuse, passail-elle alternativement devant ses yeux dans la nuil ?
Marielle qu'il avait revue si souvent en songe depuis son arrivée à Paris !
Marielle , qui était venue tant de fois mettre son sourire radieux entre lui et la science!
Marielle! Marielle! son rêve d'enfant!
La blonde merveille qu'il contemplait jadis en extase, de loin, — d'en bas, — comme on contenqjle les étoiles au ciel!
De toutes les exagérations, de toutes les extravagances qui he croisaient dan^
D!' Vr;LOt^HS.
la ville de Rennes alïblëe, il résultait du moins ceci de certain : savoir, que le comte Henri.de Lacuzan était jaloux horriblement, jaloux jusqu'à la frénésie, qu'il rendait sa femme esclave, et que , récemment, il l'avait tout à lait séquestrée.
Marielle était malheureuse.
Mais de quel droit Pichenet Taurait-il secourue?
Chacun disait que Marielle aimait Lacuzan tel qu'il était.
De secours, elle n'en voulait point sans doute.
Entre ce njaii et cette femme, il n'y avait rien à faire.
Pourtant, Pichenel enfonçait ses deux, éperons dans le ventre de son cheval.
Mais il se disait :
121 l.t LIIATEAL
— Je vais là pour ma mère... rien que pour ma mère!
Personne ne lui contestait cela. Quel besoin de le répéter si souvent?
La nuit était noire. Le ciel se couvrait de gros nuages.
Le pas du chev;d sonnait sur le clieuiiu désert.
Ce n'étaient point alors de belles grandes routes comme celles que nous voyons aujourd'hui. Les chemins de la Bretagne étaient remplis de londrières, et madame de Sévigné aurait pu écrire encore des lettres charmantes sur les mille obstacles qui barraient la voie.
Un champ, un pré, une masure l'orraient la route à faire de grands détours. Elle se repliait sur elle-même el se croi-
DK VF.LOURS. 125
sait avec rïiilJe sentiers qui lui ressemblaient.
Par une nuit sombre, il était bien difficile de se reconnaître dans ce dédale.
Pichenet , qui n'avait point revu le pays depuis son enfance, était obligé de s'arrêter bien souvent pour s'orienter dans les ténèbres.
Dans une de ces baltes, il entendit sur la route, au milieu de l'obscurité silencieuse, les pas d'un autre cheval. C'était loin encore, très loin. Pichenet regarda derrière lui et ne vit rien.
Il attendit.
Cet autre voyageur de nuit arrivait, lui aussi , au galop. 11 passa tout près de Pichenet sans le voir.
i26 LE CfflATKAO
Celui-ci ouvrit la bouche pour demander son chemin. Il se ravisa.
Il avait pu remarquer que le cavalier portail un bandeau sur la joue.
Et M. Albert de Coëtlogon avait été justement blessé à la joue dans son duel récent contre le chevalier dé Talhouet.
11 n'en fallait pas davantage à Pichc' net pour être convaincu que ce voyageur était Albert de Coëtlogon et qu'il se rendait de son côté au château de Barbebleue.
Il poussa son cheval qui reprit le galop.
Jusque-là, c'était au mieux, mais il se trouva que le voyageur n'était pas, à beaucoup près , aussi endurant que le célibataire Badabrux.
DE VEF.OlfRS. 127
Au bout d'une ceniaine de pas, ii s'aperçut qu'il était suivi et mit son cheval au trot. Pichenet en fit autant.
Alors , le voyageur arrêta brusquement sa monture.
— Holà ! cria-t-il en voyant que Pichenet s'arrêtait également; — si vous êtes un émissaire de monsieur mon oncle le lieutenant de roi , — retournez vers lui , et dites-lui que vous m'avez rencontré ici, un pistolet dans chaque main, et tout prêt à vous casser la tête si vous voulez m'empêcher de faire h ma fimtaisie !
Il paraîtrait que le lieutenant de roi avait tâché de mettre M. Albert à la raison.
Et que M. Albert prétendait marcher sans lisières.
i^H LE CHATEAU
— Je ne suis pas un émissaire de votre oncle, M. de Coëtlogon, répondit Pichenet.
— Alors, reprit Albert, que Dieu vous garde, l'ami... Faites-moi seulement le plaisir de passer devant ; je n'aime point h sentir quelqu'un sur mes talons.
Pichenet fit quelques pas vers Coëtlogon.
— Ne voulez-vous point me permettre de marcher en votre compagnie? demanda-t-il.
— Non.
— C'est que... j'ai perdu mon chemin.
— Quel chemin ?
~ Le vôtre.
Cnotlogon arma un de ses pistolets.
DR VELOURS. i*29
— L'ami, dit-il, je vous préviens que je ne suis pas en humeur de plaisanter !
— Ni moi , sur ma parole ! s'écria le jeune médecin ; — mais si vous ne voulez pas que jo vous accompagne , le chemin du roi est libre... je vous suivrai de loin.
— Et si je t'envoie la balle de mon pistolet?
— .l'ai <les pistolets, moi aussi, dans mes fontes , M. Albert de (iOëtlogon, mais je prends l'engagement de ne pas vous donner , en ce cas , la réplique.
Albert laissa échapper une exclamation d'impatience.
— Au diable le fâcheux! grommelal-il.
— Eh bien, reprit-i! tout haut, — finissons, mon camarade, car le temps
Il i»
i50 Ui CHATEAU
passe, et qui sait ce que vaut une minute cette nuit?.. Vous voulez aller au château du Grail ?
— Oui , je le veux.
— On n'y entre pas.
— J'y entrerai.
— Par les fenêtres donc ?
— Par les tuyaux des cheminées, s'il le faut!
— Et qu'allez-vous faire au château du Grail?
Les deux jeunes gens étaient en ce moment tout près l'un de l'autre.
— M. de Coëtlogon , dit Pichenet, prenez ma réponse pour ce qu'elle est: loyale et venant d'un homme qui ne vous veut que du bien.
— Voyons la réponse.
— Je ne vais pas au château du Grail pour matlenioiselle Dl'anche de Noyai.
La nuit était trop noire pour que l'on pût voir la grimace que fit M. Albert.
— Oui dà! murmura-til ; — Ah diable ! Et pour qui donc ?
— C'est mon secret.
Coëtlogon garda un instant le silence, puis il toucha son cheval.
— Au fait, pensa-t-il tout haut, nous verrons bien.
Pichenet et lui se mirent en marche de compagnie.
JNous ne savons comment cela se fit, mais quand Albert de (Coëtlogon el le jeune médecin arrivèrent devant les fos-
\7)t hV. CMATEAn
ses du chiiieau tle Barbebicue, ils étaient ensemble comme deux doigts de la main.
On était jeune , brave , aventureux des deux parts.
— Eh bien! mon compagnon, dit Albert, si je vous eusse donné de mon pistolet par la lé(e , c'eût été grand dommage !
— Bah! fit Pichenet; — on n'y voyait pas; vous m'auriez manqué î
— Je n'en crois rien... mais je vous aime comme cela : vous êtes un franc compère !
— Voyons, interrompit le jeune médecin , — nous voici au but de notre campagne... voulez-vous que je me charge de vos commissions pour mademoiselle de Noval ?
1>L VHLOLKS. 155
— Si vous pénétrez au cliàleau , répondir Albcil, je puis bien y entrer avec vous.
— Je n'en crois rien , dit Pichenct à son tour.
Ils avaient attaché leurs chevaux dans la rorèl. Ils s'étaient avancés doucement jusqu'à h^ lisière.
Les dernieis arbres descendaient dans la douve profonde et remplie d'eau.
Depuis une demi-heure environ , la nuit s'éclaircissait. La lune se levait dans un lit de vapeurs transparentes. — On pouvait distinguer les hauts profds du château qui tranchaient sur le ciel, moins sombre du côté de l'orient.
C'était un magnifique édifice, — et quand <>n parlait de faire sortir les canons
ir>i LF, CIIATEAl)
de l'arsenal pour le réduire , il n'y avait point d'exagération.
Au dix-septième siècle , vers la fin de la régence de Marie de IVÎédicis , on avait rebâti le Grail parmi les restes robustes encore d'un castel du moyen-àge. A l'époque où se passe notre histoire , une partie de l'enceinte restait encore debout, entourant de trois côtés le corps de logis moderne.
Trois hautes tours à toitures aiguës, flanquaient la muraille antique , et deux d'entre elles communiquaient par des ponts suspendus avec le dernier étage du château.
Le tout était entouré de la douve , dont nous avons parlé déjà et qui eût fait honneur à une fortej'esse. Du côté qui n'avait
DIMIîLOlIIVS. 155
point de murailles s'élevait une terrasse chargée de fleurs.
C'était un rempart très gracieux , mais c'était un rempart;
Coëtlogon et Pichenet restèrent un instant à regarder cette masse imposante que la nuit faisait plus mystérieuse et plus .fière.
Il paraît qu'ils avaient parlé de Lacuzan durant le chemin , car Coëtlogon murnuna :
— Oui, oui , oh! vous dites vrai , c'était jadis un noble cœur : je n'eus point do meilleur ami depuis que je porte moustache. Mais... mais on dit tant de choses!
— Vous ne les croyez pas ces choses lii, puisque yous êtes ici ?
-- Je no ciois pas ce qui a rapport à
lÔG LE CHAI fi Al'
îilanche. Dieu m'en garde! Blanche est aussi pure que les auges du ciel. Mais Lacuzan était jaloux : il n'y a pas à dire non.
— N'êtes-vous pas un peu jaloux, vous, monsieur de Coëtlogon?
— Moi?... lit Albert avec embarras.
— Vous m'avez bien demandé dix fois lK)ur le moins s'il était vrai que je n'allasse point au château en vue de înademoiselle Blanche i
— C'est vrai... iMais ce qu'on dit...
— Ecoutez .. il y ajuste douze heures que je suis entré dans les murs de Rennes, et si vous voulez me promettre de ne point jouer avec vos pistolets, je vous apprendrai qu'on m'a répété au moins douze lois durant ces douze heures ({ue M. All^crl
Di: VIILOLRS. i'I
de Coëtlogon tîtail un cerveau brûlé, un fou...
— Ah bah! lit M. Albert.
— Un niais..., ajouta Picheiict.
— Ceci est plus grave, grommela Coctlogon , qui essayait encore de rire,
— Quelque chose de plus grave encore, reprit le jeune médecin , — car l'homme qui s'est battu [>our Lacuzan ne peut pas être plus épargné que Lacuzan lui-même.
— Eh bien ! s'écria Coëtlogon , — cet homme-là saura le mot de l'énigme!... cl si le mot ne lui plaît pas, M. de Lacuzan paiera pour tous î
En achevant ces mots, Albert tressaillit violemment.
Ln éclat de rire strident et railleur venait de partira si's pieds.
— Est-ce vous qui riez , monsieur? dcinaucia-t-ii avec colère en saisissant le bras de Pichenet.
Pichenet n'eut pas besoin de répondre.
Une forme sombre, de taille presque surhumaine, se dressa dans l'herbe au devant des deux jeunes gens.
A la place où le visage aurait dû se montrer, il n'y avait qu'une plaque noire.
Autour de la tête des cheveux énormes se hérissaient.
Cette manière de lantôme leva le bras et montra le château d'un geste emphatique.
— Je l'ai touchée , murmura-t-il ; — je l'ai touchée!... touchée!... touchée!
Puis, d'un bond prodigieux, il s'élança
DE V! LOUnS.
dans Teaii de la douve et disparut parmi les roseaux.
Le bruit que produisit le corps en tombant dans les fossés éveil!;» un mouvement sur les murailles.
Pichenet el Coëtlogon purent entendre un murmure de voix et des pas sur les dalles.
Ils se cachèrent derrière les arbres.
— Ma loi de Dieu ! dit Coëtlogon en cherchant à se remettre, — voilà un gaillard qui saute bien !... quelle enjambée!
— Je saule mieux que lui, répliqua Pichenet.
- Vous?... fit Coëtlogon stupéfait.
Puis il ajouta , en passant sa main sur son front :
i iO LE tUÀIEÀli
— Ah ça! est-ce que tout le monde est fou, ici?
— Avant de prendre congé de vous, })Oursuivit Pichenet, je vous demande pour la seconde fois si vous avez quelque chose à faire dire à mademoiselle de Noyai.
— Je pense que vous ne prétendez pas suivre le même chemin que ce spectre?
— Si fait... Seulement, je sauterai plus h»in pour toucher la terre ferme et ne me point mouiller les pieds.
— Mais c'est impossible î
— Vous allez voir.
— Et que lerez-vous , une fois au pied du mur?
— Je monterai sur le rempart... Une fois sur le rempart, je ferai ce que je vous ai dit, jVulicrai [k\v les chciiiinéeï^.
Î)F VILOUÏiS. 141
— Vive Dieu ! s'écria Coëilogon, je donlierais dix louis pour qu'il fît jour , afin de voir votre figure, mon camarade!...
Vous parlez de monter sur le rempait comme s'il y avait une échelle.
— Je parle ainsi parce que je n'ai pas besoin d'échelle,
— De quel métier êtes-vous donc?
— Je suis docteur-médecin , pour vous servir.
Coëtlogon ne put s'empéclier de riro.
— Allons, dit-il, les docteius sont quelquefois sorciers. . Peut-être que par magie vous allez vous procurer une paire d'ailes... Puisque vous voulez bien vous charger de mes commissions, dites àBlancho que, (îepuis mardi, je pns.'ie mes nuiîs
i42 LE CHATEAU
à cette place, espérant toujours la voir ou trouver les moyens de pénétrer près d'elle. . Dites-lui que je l'aime dix fois plus, cent fois plus que jamais femme ne fut aimée.
— Et vous '... s'interrompit-il brusquement , en regardant son compagnon d'aventures , — aimez- vous ?
Pichenet eut comme un frisson.
On aurait dit que cette question inattendue l'avait piqué au cœur.
— iNon, répondit-il pourtant, -je n'aime pas .. comme vous l'entendez.
— Quoi ! vous ne savez pas ce que c'est qu'aimer d'amour?
— Je ne veux pas le savoir.
— Cela vous regarde... Mais vous êfes
DE vn.ouRs. 145
décidément mi^îrôle de corps...' Dilos-lui que je m'agenouilîo devant elle, que je suis son esclave, que je l'adore'... Diteslui que si elle a besoin de moi , ma vie et mon sang sont à elle.
— Est-ce tout? demanda Pichenet froidement.
— Dites-lui. que ma pensée...
— Bon! vous allez vous répéter... c'est tout... comptez sur moi... et bonne nuit !
Il toucha la main d'Albert , qui le vit disparaître du côté de la forêt.
Une seconde après, Albert le vit encore qui franchissait à pleine course l'espace qui le séparait de la douve.
Sou pied frappa le bord e( rel tondit comme s'il eût touché un tremplin.
144 LE fHATEAU
Il ne s*était pas vanté, parbleu ! il sautait mieux que le fantôme.
Au lieu de tomber dans Teau , comme ce dernier, il gagna d'un seul élan l'autre bord, cela sans foire plus de bruit que s'il eût sauté par dessus une ornière.
Coëtlogon croyait rêver.
11 crut rêver bien mieux quand il vit à travers l'ombre le ranlome sortir de ses roseaux , s'élancer sur Piclienet , — lutter un instant, — puis retomber au plus profond de l'onde bourbeuse en criant :
— Je l'ai touchée! je l'ai touchée!
Coëtlogon se frotta les yeux.
Tous ces événements se passaient avec une rapidité fantastique.
Il y avait, au-delà du fossé, contre le
ï>tt VtLOUKS. lia!
rempart, un petit peuplier qui mêlait ses feuilles au lierre des murailles.
La lune, à son dernier quartier, sortait h ce moment de son lit de nuées.
Coëtlogon put voir son camarade de route grimper comme un chat sauvage le long du peupliei*, se prendre aux branches du lierre qui se déchiraient sous son poids et gravir la muraille plus vile qu'un singe ne l'aurait (ail.
11 atteignit les créneaux.
Deux coups de feu partirent.
La Unie se voila sous un nuage.
Un silence de mort légna autour du Tombeau de velours.
Coëdogon restait là comme frappé de
la i'oudre.
il ^«
146 II'. CHATRA n
Le lendemain, les bonnes gens de Rennes, portiers, vicomtesses et amateurs de lambeaux tragiques, allaient répétant ceci:
11 y avait deux démons au château de Barbebleue.
L'un d'eux qui plongeait dans les douves en criant : je l'ai touchée! je l'ai touchée !
L'autre qui avait le don de volei* audessus des murailles , comme un oiseau de taille colossale.
Tous deux noirs comme ce qui sort du feu de l'enfer.
Le second de ces démons avait failli étrangler le jeune M. Albert de Coëllogon, qui allait par là courir le guilledou, malgré les bons avis de son oncle.
DF VELOURS. i47
Les balles de mousquet rebondissaient sur son cniir. Les épées se faussaient en louchant sur son crâne.
11 entrait dans les maisons par les Cheminées.
il avait des pieds de chèvre, des oreilles d'ours et une queue de trois aunes et un quart.
De tout ceci , sauf les pieds de chèvre , les oreilles d'ours et la queue de trois aunes, il faudrait peut-être conclure que M. Albert de Coëtlogon ne s'était pas montré fort discret.
La chose certaine, c'est que la rumeur grossit à ce point que les gens du roi ne purent pas reculer davantage. On craignit une révolution .
Il avait là un mystère d'iniqnilé rpii
blessait trop évidemmeiit la morale publique, ou plutôt et pour parler avec plus fie franchise, qui piquait trop violemment la curiosité générale.
On voulait savoir.
Mais comment savoir?
Les gens du roi , poussés par l'émeulc du commérage en fièvre , Tirent vœu de démolir le château du G rail , pour voir enfin ce fameux Tombeau de velours où était la victime vivante, et ce fameux caveau qui renfermait les trois victimes mortes.
Lacuzan était comte, Lacuzan portait le cordon des ordres, Lacuzan était colonel des dragons de Conti.
Malgré cette haute position de l'accusé traduit au tribunal populaire, il fut r.\so);i
DRviajiins. 149
que sa demeure serait réduite [)ar la force, et qu'on irait , Tcpëe et le mousquet en maiu. tout au tond de cet abîme d'horreurs.
Ne lût-ce, au demeurant, que pour làire un exemple et lerrilier à tout jamais les Barbebleue futurs!
Entrons cependant, avant les gens du roi, dans la tanière du monstre, et levons le voile de deui! qui cachait ce Tombeau de velours.