CHAPITRE II
Éducation de Piclienet. — Portrait sur émail.
Quand Malbrouck vit qu*on lui avait coupé sa branche, il entra en fureur.
— Ces riches! dit-il; ces riches sont sans pitié !
Pour se consoler, il battit la (Chaume! un peu plus que de coutume; après quoi, il ordonna à Picbenet de planîer un se-
tuii(ï poleaii. El îoui îui (oninr tUvaul. De sorte que, le lendemain, Blanche vit encore le pauvre Pichenet en équilibre sur la corde raide.
Il y avait au bout du jardin une petite tonnelle perchée sur un cavalier.
La tonnelle était toute tapissée de vigne vierge, de clématites et de fleurs de la passion, qui présentaient à l'extérieur une haie de verdure impénétrable. — Mais, de l'intérieur, quand le doigt écartait quelques feuilles, le regard curieux, pouvait se glisser au dehors. ,
C'était là l'observatoire de Blanche.
Elle n'avait jamais parlé à Pichenet.
Mais tous les jours, sans se rendre compte du sentiment qui l'entraînait, elle montait à la tonnelle.
Elle savait la vie do Picheiiet et de sa
mère, leurs douleurs poignantes, leurs pauvres joies.
Malbrouck vivait au cabaret. La mère et le fils avaient' de bonnes heures. Le pain manquait parfois dans la cabane; mais une assistance mystérieuse venait toujours aux heures de dénûment absolu.
Pichenet et sa mère bénissaient la providence inconnue, et Blanche souriait en pleurant à les voir dévorer avidement tous les deux.
Puis elle descendait, le cœur content, et ses chants joyeux retentissaient sous la charmille.
Après le repas, Pichenet se retirait toujours dans le pauvre réduit qui lui servait de chambre. 11 y avait là une de-' mi-douznino do bouquins poudreux. Pi-
5e^ Lt t HA T1.au '
chenet iravaillait avec luie ardeur de fiévreux, jusqu'à ce que Malbrouk vint l'arracher brutalement à son étude en lui criant :
— A ta corde, fainéant !
0« bien encore jusqu'à ce que Piehenet lui-même» tombant dans une distra^^ tion irrésistible, laissât aller son regard (jui taujoiM's se dirigeait (hi mêfftt*f éôlê.
Mariielie,la blonde merveille de KeûBés, avait son coin favori comme sa petite soeur Blanche.
Elle s'asseyait d'ordinaire sur un banc de gazon qui était juste en face de la fenêtre de Pichenet.
Tantôt seule et rêveuse, tantôt parcourant un volume de poésie, tantôt entourée d'adorateurs et sans rivale au milieu de ses compagnes.
Une fois que le regard dePichenet avait rencontré ce banc de gazon, il ne s'en détachait plus.
Tout était oublié ; la science ardemment convoité et qui devait être le salut de sa mère, la misère supportée avec courage, les regrets d'un passé moins triste, les espérances et les douleurs, tout!
Pichenet regardait.
Le pauvre enfant affamé, la victime d'un despotisme odieux et brutal, l'esclave voué malgré lui à un métier infôme, restait là de longues heures a contempler celle qui régnait par la beauté, par la grâce, par la noblesse, sur la foule opulente.
Celle dont le .sourire étail roninie lui
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prix ineffable, disputé entre des centaines d'adorateurs.
Marîelle de JNoyaî, la fille aînée du marquis de Noyai, Ihéritière, la iière, l'heureuse entre toutes, — la reine des vierges nobles, le diamant de cet écrin de beautés.
Marielle, qui refusait la main des priu' ces !
Pichenet Taimait.
Ou plutôt Pichenet l'adorait, car il n'y avait rien de terrestre dans cette contemplation exaltée qui ressemblait à un
culte.
Souvent la Chaumel venait voir tout doucement et sans bruit si son fils ne se fatiguait point trop à son travail.
Elle avaii beau marcher sur la pointe de^ !>ieds,Picheuet l'entendait et remettait
ses yeux siir son i>ouquin avec pre'cipilation.
Mais une fois, il y avait de grands éclats de joie dans le jardin de riiôtel. On riait à gorge déployée, et le bruit qui arrivait jusqu'au trou de Pichenet, l'empêcha d'eutendre sa mère.
La Chaumel s'arrêta sur le seuil, et ses yeux se niouillèrent.
Elle avait vu Pichenet, pâle, le regard ardent, la bouche entr'ouverte.
Et ce regard ardent, elle l'avait suivi.
— Pauvi-e enfant!... oh! pauvre enftuu!
murmura-t-elle.
Pichenet tressaillit et demeura comme altéré.
Puis il se jeta dans les bras de la Chaumel en disant :
— Je n'aime <|ue lui, ma mère. î
-i- Lv <:hati:au
Et c*ctait bien vrai, du moins Pichenet le croyait. 11 n'aimait que sa mère.
Le reste, c'était comme un rêve féeriqfie qui éblouissait sa têle et son cœur.
Cette Marielle était une enchanteresse.
Dès qu'elle apparaissait, un rayon illuminait la sombre tristesse de la retraite de Pichenet.
Croyez-le : un rayon plus vif et plus chaud que les rayons du soleil.
Et pourtant Pichenet ne mentait pas. Il n'aimait que sa mère.
Si sa mère lui avait dit : Je ne veux plus que tu la reg;ardes, il aurait laissé tomber la serpillière qui servait de châssis à sa croisée, et. 11 se serait engourdi dans son sacrifice.
DE VELOÎJllS. Ao
Maisla Cliaumelene lui dit point cela.
Elle ne dit que : — Pauvre enfant! oh ! pauvre enfant !
Le soir, sa prière monta vers Dieu avec ses larmes.
Pichenet qui l'entendit pleurer, mit saléte entre ses mains et s'interrogea luimême pour la première fois.
Mais écoutez, il n'avait que quatorze ans.
Il pleura, lui aussi, et répéta en pleurant:
— Non, non ! je n'aime que ma mère !
Par un beau jour du mois de mai,Malbrouk dit à l'enfant :
— A ta corde!
Et comme Pichenet ne quittait pas ses
iiouquins assez vile, il le poussa rudonienl.
Picheiiet nioiila sur la corde leiidiic, rnaudissani son s )rt et se deniaudaiU combien durerait son martyre.
Sans sa mère, depuis bien longtemps, il se serait enfui. Mais laisser sa mère toute seule en lace de cette béi(.* lèi-oce de Malbrouk! il restait et obéissait pour que sa résistance ne retombât pas sur sa mère.
•' Le voilà donc sur sa cord<\ le cœur bien gros et le balancier a la main.
Jusqu'alors, il n'avait lait qu'obéir et ses efforts tendaient uniquement à ne jioinl tomber du haut de l'appareil sur le sable.
Mais ce jour-là. Marielle était sur le banc de gazon.
DK VELOLRS. 45
Pithenêt vit bien qu'elle le regardait.
Il eût voulu rentrer sous terre, car il était noble de cœur autant que pas un fils de gentilhomme, et la conscience de sa misère l'écrasa.
Mais il n'avait que quatorze ans.
Et il lui sembla que les beaux yeux de Marielle s'attachaient sur lui avec curiosité, avec intérêt, peut-être.
11 y a des hommes graves, établis, bien posés, qui font des folies pour des femmes laides.
Ceci n'est pas contestable.
Ayez donc pitié, je vous prie, du pauvre Pichenet, s'il devint fou pour l'amour de la plus belle fille du monde!
X quatorze ans ! vous trouvez que c'est beaucoup trop tôt?
Hélas! il m'est arrivé si souvent, en
|if> LE CHATIÎAU
voyant les vilaines amours des hommes graves, Je m'écrier : C'est trop tard. D'ailleurs, Pichenet était bien malheureux. Cela vieillit.
Toujours est-il que le vertige le prit, le pauvre petit; non point ce vertige qui tourne la tête et précipite en bas, mais ce vertige qui tourne la tête et soutient, et pousse en avant, — le vertige des audacieux et des glorieux.
Une chaleur enivrante lui monta du cœur à la tête.
il se sentit tout à coup si robuste qu'il eût brisé son lourd balancier comme un brin de paille séchée.
Et dans ce qui faisait tout à l'heure son humiliation, il plaça fougueusement toute sa vanité.
Orgueil et honte ! Deux maladies pa-
λF. VKl.iU'RS. ^tl
reilles qui oui des symptômes contraires.
Marielle l'avait regardé. Il fallait mourir ou briller.
Ah! si vous l'aviez vu bondir et sourire.
Malbrouk n'en revenait pas.
Les poteaux gémissaient, la corde chantait; Pichenet, lancé comme une flèche, cabriolait à trente pieds de terr^.
Marielle fit un petit signe de tête amateur et approbateur.
Ma foi, c'était trop!
Pichenet roula sur le sable comme si la foudre Teùt frappé.
Pense/ 1 il avait eu un sourire de Marielle !
Et Blanche , la bnmette. cachée dans
sa tonnelle, poussa un gi-antl cri en voyant tomber le pauvre Pichenet.
Il faut croire que la charmante Maj'ielle aimait ce bel art des danseurs de corde. Elle revint voir Pichenet. Et Pichenet, encouragé par cette atlenlion, acquit bientôt un certain aplonil).
Il avait la jambe fine, le pied sûr et des dispositions.
Malbrouk n'avait plus besoin de jurer si fort pour l'arracher à ses bouquins. La fièvre d'étude s'était déjà calmée. — Et pendant une semaine entière, certaine corne qui, d'ordinaire, marchait de page en page, resta complètement stationnaire.
i,a Chaumel ne savait pas lire, mais
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elle s'apercevait bien que la corne ne marchait pas; elle était plus triste encore que de coutume.
Elle aussi regardait Maiielle à la dérobée, quand la belle venait s'asseoir sur son banc de gazon.
II est bien certain, n'est-ce pas, que les femmes se jugent entre elles avec une sévérité clairvoyante et rigoureuse? La pauvre Chaumel était iemme, et bien qu'elle fût plus âgée que son second mari, son visage triste gardait quelque reste de beauté. Or, une femme qui fut jolie est encore plus sévère que les autres femmes.
Et pourtant, la Chaumel avait beau
chercher un défaut, moins que cela une
imperfection, moins que cela encore, une
lâche grosse comme la pointe d'une ai- 1 4
gulile, parmi cet ensemble déiicieux de grâces, de sourires, d'harmonies, qui s'appelait Marielle de Noyai, elle n'en trouvait point.
Rien, absolument rien! tout était adorable.
La Chaumel soupirait. Elle était plus folle encore qug Pichenet, la bonne femme ! Elle soupirait en pensant :
— Ah! si je pouvais m'asseoir un malin au chevet de mon fds, attendre son réveil el lui dire, quand il ouvrirait les yeux : Tiens, la voilà, prends-la, je le
ia donne sois son amant et son
mari
— Doux Jésus! ajoutait-elle, — seraitil heureux ! serait-il heureux î
Je vous dis qu'elle était folle.
Dlî YELOURS. 51
Lacuzan fit faire, une fois, le portrait de Marielle par un de ces pauvres diables de peintres qui n'ont point laissé de nom, mais qui ont semé par la province, au XVIII® siècle, des miniatures inimitables.
Peut-être que ce peintre s'appelait Godard, tout bravement.
Quoiqu'il en soit, la miniature de Lacuzan était un émail, et jamais Petite n'en mit au four de plus merveilleusement délicat.
Marielle était représentée en Hébé. — Que voulez-vous ! — Elle aspirait le parfum d'une rose.
Impossible de sortir de là.
Mais que cette Hébé était miraculeusement blonde et blanche! Comme ses cheveux légers, soyeux, transparents, s'arron-
(Jissaient voluptueusement sur l'ivoire mid de son front !
Quelle fleur que sa bouche !
Et son sourire ! que! enchantement !
Quant aux contours de ce visage, quant à la courbe antique de ce cou attaché savamment à ces épaules divines, brisons notre plume une bonne fois, car notre plume trace ici une esquisse de rapin, fils de portier, à côté d'un tableau de maître !
Oui, cet ovale riche et mignon, ce cou, ces épaules splendides, nulle parole ne peut rendre leur exquise pureté, — nulle parole î
Mais c'était la main, — la main qui tenait la rose.
Si vous aviez vu le satin de cette peau diaphane, la suavité souveraine de ce
HE YliLUUIiS. Îi5
geste. Et les veines bleues, et le bras qui cachait à demi un sein, voile chastement !
Je vous entends. — L'n peu de ladeur, dites-vous? — On baille à contempler ces suprêmes perfections...
Non, madame.
Pas la moindre ladeur!
Parce que, sous l'or de cette chevelure blonde, parmi la blancheur rosée de ce teint, il y avait deux yeux noirs, avec leurs sourcils tiers, déliés, allongés hardiment sur la tempe. Deux yeux qui raillaient, qui brûlaient, qui souriaient, qui avaient de l'esprit comme des diables, du cœur comme des anges!
Plus d'esprit peut-être et plus de cœur (|ue la chère Mariellc,
Quand on est belle à ce point, le moyen de ne pas tenir à sa beauté
Marielle y tenait, mais si fort, si fort, que Lacuzan n'y tenait pas plus qu'elle.
Lacuzan, l'amoureux, qui avait fait faire ce miracle d'émail.
Jugez, cependant, si le pauvre Pichenet ne devait pas perdre cent fois la tête, et si la Chaumel n'avait pas raison de pleurer!
Nous allions oublier de vous dire, et c'eût été pour nous un remords éternel que Marielle de Noyai était cent fois plus belle encore que son portrait.
Mais alors, n'est-ce pas, elle était trop belle?
Eh bien, oui.
Positivement.
Elle était beaucoup trop belle.
DH VELOUUS. 55
Ce n'est pas un déshonneur, assurément, mais c'est peut-être un malheur.
Comment garder intacte sa simplicité de jeûner fdle, sa naïveté, sa candeur modeste? Comment garder même sa gaîté insoucieuse et bonne, quand l'admiration brutale du vulgaire vous entoure et vous assaille, vous poursuit, vous presse, vous enivre? Quand la gloire, car c'est une gloire, cela, change en triomphe solennel votre promenade du soir ?
Toute royauté a ses dangers. La poésie banale qui cherche toutes ses métaphores dans le ciel, brise son encensoir sur un beau front comme sur une tète couronnée.
Détestables iïalteurs!,.. a dit la tragédie.
5(» LE CHAIEAL
Hélas! mon Dieu! détestable tragédie ! nous sommes tous flatteurs, depuis le tragique, mourant faute d'un regard royal, jusqu'au valet de théâtre, forcé d'adorei' à genoux la tragédie.
rsous flattons de bonne foi, nous flattons de mauvaise foi.
Nous flattons par enthousiasme et par haine.
Nos bouches sont des encensoirs portatifs qui ne s'éteignent jamais.
Et les idoles respirent avidement toute cette fumée.
Et la tète tourne sous la tiare, sous la couronne des rois, sous le chapeau, voire sous la casquette.
Comment ne tournerait-elle pas sous le diadème de la beauté!
Maiiellr avait de l'esprit, de la bouté.
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de la sensibilité, de la raison, du lact, — mais elle était trop belle.
Voyez notre petite Blancbe, coite chère enfant, qui ne vaut certes pas la peine qu'on (àsse son portrait avec soin. Voyez, elle est juste assez jolie pour que nous l'aimions à la fureur l'un ou l'autre. Elle n'a point le diadème, et comme le diadème gênerait la mutinerie libre de sou front î
Je vous défie de lui faire tenir une rose assez longtemps pour que le peijitre esquisse seulement le bout de ses doigts ?
Elle est hardie, — et si timide !
Elle a le cœur sur le visage et sur !a main. Ses yeux se mouillent, puis vous voyez les larmes céder au sourire.
Ses cheveux bruns (lottent an vent.
58 LE CHATKAU
Cest le matin qu'elle va chercher de gros bouquets dans la rosée.
Oh ! la vive et la folle, qui rit à gorge déployée, qui chante mieux que les rossignols!
L'imprudente qui sort toute seule et en cachette ! — une demoiselle ! — pour glisser son offrande sous la porte du pauvre, et qui revient s'agenouiller et prier, les mains jointes, les yeux au ciel.
La coquette, qui envoie de loin des baisers au beau Lacuzan, des sourires à M. Albert de Coëtlogon, et qui guette Pichenet derrière les feuilles!
L'étourdie qui se battrait, mais tout de bon, pour ceux qu'elle aime !
Fi ! laissons là cette échappée de pension, ou attendons du moins qu'elle se
Dlî VELOU! S. 59
tienne droit, les yeux baissés et la bouche en cœur, comme une demoiselle raisonnable.
Au bout du jardin de l'hôtel de Noyai passait la rue Hue, qui s'appelle maintenant le faubourg de Paris.
Quelques champs cultivés séparaient la rue Hue du mail d'Onges, étroite et sombre vallée qui suivait la rivière.
En remontant le cours sinueux de la "Vilaine, on traverse un valon riant, parsemé de villas bourgeoises. Une chaîne de collines qu'on appelle les buttes des Couasmes, coupe la vallée par le sud -est, et par dessus leurs croupes abaissées, l'œil distingue une autre chaîne de pe-
<)(> Lli CMATEAi;
lites montagnes, perdues à l'horizon brumeux.
Au milieu du XVI lî" siècle, la lorrt de Rennes étendait jusque-là ses i'ulaies.
Des terrasses éiagées de riiùlel de PSoyal, on pouvait voir, au devant des derniers arbres de la forêt, la façade d'un château de grand style qui semblait dominer tout le paysage.
C'était le beau château du Grail, qui fut appelé depuis le château de velours. H appartenait à Henri du Giail, comte de Lacitzan, lieutenant-solonel des dragons deConti.
Le comte Henri, car il faut bien enfin que nous fassions connaissance avec ce cher seigneur, avait vingt-cinq ans h l'époque où commcucc noire liistoiic. il
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venait de recevoir le cordon de l'ordre pour des laits militaires passablement brillants, accomplis à l'étranger.
Ce n'était pas du tout un olïicier de fortune, puisque son père avait été comte avant lui et brigadier des armées du roi. Néanmoins, les du Grail n'appartenaient pas à la plus haute noblesse du pays, et le comte Henri pouvait attribuer pour une bonne part sa position à son mérite.
Sa bonne mine, il est vrai, ne gâtait rien, non plus que les châteaux, fermes, moulins, prés, guérets et futaies qu'il possédait à foison.
Il avait suivi la cour de Paris. It savait le monde en perfection. Il l'estait Breton parce qu'il le voulait bien.
A Rennes, comme ailleurs, on s'occupe
volontiers du prochain plus qu'il n'est indispensable. On s'occupait énormément du comte Henri.
Le temps qu'il avait passé à la cour fournissait le texte de plusieurs douzai-nés d'histoires où Lacuzan jouait un rôle tout galant.
Le bavardage public fit de lui un bourreau de femmes. Aussitôt, les femmes se mirent à l'adorer. C'est la loi. Quiconque peut se vanter d'avoir arraché un nombre honorable de cœurs, a sur le champ, tous les cœurs à sa disposition. La clientèle d'amour se fait comme la clientèle d'un dentiste.