CHAPITRE Vllf
Le lunsiqiie rose.
— Lacuzan sait bien que je n*ai jamais
peur, reprit mademoiselle Blauche avec
une petite pointe d'orgueil. — Lacuzan
était sûr que je viendrais... Il m'attendait
au bout du pont-levis.
11 me tendit la main.
— Merci, Blanche, ma sœur, murmura-t-il .
Puis il ajouta, tandis que sa voix tremblait et s'étouffait dans sa gorge.
— Ma sœur! ma sœur! nous sommes bien malheureux !
Je prononçai le nom de Marielle.
Il se couvrit le visage de ses mains.
— Elle dort, repiit-il enfin; venez... je vais tout vous dire.
Ici, mademoiselle Blanche s'arrêta.
Picheiiet l'interrogea du regard.
— Je vous en prie, ne me cachez rien, dit-il.
— C'est que, répliqua Blanche, — Lacnzan est mon premier ami... Si Albert de Coëtlogon, que j'aime et dont je veux être
DK VFXOURS. 225
la femme, me demandait le secret de Lacuzan, je ne le lui dirais pas.
— Mademoiselle Blanche, répliqua Pichenet, dont les yeux parlaient plus éloquemment que la voix même, ■ — j'aime M. de Lacuzan comme s'il était mon frère ou mon père... je sais bien que je ne suis qu'un pauvre garçon et qu'il est un grand seigneur...Mais,encoreunefois,jevousen supplie, ne me cachez rien... J'ai deviné la moitié de ce secret... dites-moi le reste.
Blanche le regardait en face comme si elle eût voulu lire dans son cœur.
Maintenant qu'il fait grand jour et que le soleil glisse ses premiers rayons dans là chambre de mademoiselle de Noyai , nous pouvons bie.u parler un peu de ce qui se passait au fond du cœur de Piche-
224 LE CHATÊAl!
net. La situation n'a plus rien de périlleux. Le soleil est un tiers. M. Adrien et mademoiselle Blanche ne sont plus en tète à tête.
11 est convenu que M. Adrien ï\ aimait que sa mère, — Il adorait bien un peu le souvenir de Marielle, m'ais ce n'était pas de l'amour.
Il vous eût fait un mauvais parti, ce jeune médecin, si vous lui aviez dit : c'est de l'amour.
Quant à mademoiselle Blanche, vous voyez bien qu'il lui portait les messages de M. Albert de Coëtîogon, et qu'il l'entendait dire volontiers : Je veux être sa femme.
Mais, grand Dieu! pouvait- on être comme cela auprès do mademoiselle
DE VKLOURS. ^5r>
Blanche, subir l'altrait de son regard, le charme invincible de sa voix, sans être obligé de penser vingt fois par minute : Qu'elle est délicieuse et que je l'eusse aimée !...
Oui, malgré le souvenir de Marielle.
Pichenet, ce pauvre jeune cœur qui n'aimait ainsi jamais qu'au conditionnel, faisait des infidélités à sa première adoration.
11 comparait; il pensait que l'aînée était bien plus belle <lans sa mémoire, mais qu'elle n'avait point ce sourire enchanté, cette voix qui pénétrait l'àme, ce charme ' exquis, ce parfum d'amour...
Vrai ! c'est que notre petite Blanche avait tout cela.
Ce n'était point une merveille : c'était une jeune fille.
2il() LE CHATEAU *
Quelque chose de gracieux et d'alerte, avec du feu dans les yeux, de l'esprit dans le cœur, — de la vie partout.
Une jeune fille, enfin, tout l'opposé d'une pensionnaire, tout le contraire d'une poupée , une jeune fille en chair et en os , dont les lèvres n'étaient point du corail , dont la peau n'était pas du satin, LÎont les yeux n'étaient pas de l'émail, dont le front n'était pas de l'albâtre, dont les cheveux n'étaient pas de la soie, dont la taille fine n'était point une taille de (jnêpe.
Pourquoi un peintre ne s'amuse-t-il pas à jeter sur la toile cet idéal des poètes uitrà-naïfs? — Pourquoi Nadar ou Dauniier n'ont-ils pas encore esquissé ce parangon des princesses parnassiennes :
Lèvres de corail, peau de satin, yeux
1)E VELOCRS. 227
d'émail, front d'albâtre, cheveux de soie, taille de guêpe ?
Et pourquoi les marchands de jouets ne fabriquent -ils pas sur ce programme quelque chose à ressort que l'on puisse donner en étrennes aux poètes-Aacarons.
Ce serait fête aux rives du Permesse retraité. Apollon invalide aurait son rêve, et chaque Ti bulle à perruque, tranchant du Pygmalion, essaierait d'animer sa Galatée de papier mâché en lui récitant des alexandrins de carton.
Des alexandrins capables d'incommoder Badabrux lui-même, célibataire !
Hélas oui! le pauvre Pichenet trouvait Blanche bien jolie. Et quand il se demandait, toujours au conditionnel, laquelle aimerais'je le mieux, ma foi, il ne savait plus...
228 I.R CHATf AIT
Blanche, après avoir réfléchi un instant, lui prit la main et dit :
— Je crois en vous, Adrien, et je veux ne vous rien cacher. — Voici ce que m'apprit Lacuzan :
Il y a environ trois semaines, ma sœur Marielle sortit toute seule du château pour se promener dans le parc. — Le parc s'enfonce très loin dans la foret et il y a une brèche à la muraille de l'enclos.
Mais Lacuzan est l'idole du pays et jamais personne n'avait tenté de s'introduire dans le parc par cette brèche.
La nuit venait. Ma sœur reprenait la route du château, lorsque tout à coup une grande ombre noire s'élança hors d'un buisson et lui barra le passage.
Ce qui eut lieu, ma sœni le raconta le
DE VKLOUUS, 221)
soir même à son mari; mais je veux vous dire tout de suite que, depuis lors, elle a perdu tout souvenir de cet événement, bien que sa mémoire soit resiée fidèle pour les choses dès longtemps passées.
Toulfi circonstance (jui lui rappellerait la violence atroce dont elle a été l'objet, la ferait probablement retomber au plus bas de son mal.
Cette ombre noire qui se dressait devant Marielle, c'était Malbrouk, vous l'avez deviné.
Il eut un rire hideux et lui saisit les deux mains.
— Je te touche ! je le touche! s'écria-t-il avecune ivresse sauvage.
Et comme elle cherchait à se dégager, il lui meurtrit ses pauvres bras.
Puis, — commeul dire cela?--craigiiant de ne lui avoir pas assez sûrement inoculé son mal, il se pencha sur elle et la mordit, comme une béte féroce qu'il est, à la naissance du cou.
Puis encore il s'enfuit, sautant pardessus les arbustes et poussant de longs cris de Iriomphe.
Marielle revint folle au château.
Vers onze heures, avant minuit, les premiers symptômes du Mal d'Enfer la prirent.
Et pendant toute celte nuit et les suivantes, elle put entendre les sauvages hurlements de son bourreau qui criait, caché dans les hauts chênes de la forêt :
— Je l'ai touchée ! je l'ai touchée!
Jamais on u^a pu s'emparer de cet
!>!•: vKLOtns. ^51
homme qui possède une agilité infernale. Pendant huit jours, Marielle a été entre la vieetla mort...
— Mais... interrompit ici Adrien; — qui est-ce qui Ta soignée ?
— Son mari.
— M. de Lacuzan !
— Vous ne le connaissez pas!... il a été le premier de tous dans la confidence des pressentiments de Marielle... Il a épousé Marielle avec la conviction qu'elle était prédestinée à subir l'attaque du Mal d'Enfer.
Longtemps après que Marielle, heureuse, eut oublié ces pressentiments de jeune fille, ces craintes qu'elle avait reconnu folles, Lacuzan garda ces pressentiments et ces craintes.
LIi ClIATliAU
Comme il aime ma sœur au point de vivre en elle et pour elle seulement, cette crainte devint îa préoccupation de toutes ses heures, — et comme il n'est pas homme à fuir devant une crainte, il chercha les moyens de lutter.
Vous savez que depuis l'invasion du Mal d'Enfer, il avait affronté les dangers de la contagion si audacieusement que le peuple ingrat l'accusait d'être sorcier. Il voulut unir l'étude scientifique à l'expérience; il se fit médecin.
— Médecin! s'écria Pichenet stupéfoit.
11 mesurait avec étonnement et respect la profondeur de cet immense amour.
Il en était heureux, — il en était fier.
Car il laisonnait ou plutôt il sentait cunnne si un lien iraternel l'eût uni à
lîli VELOIKS. )17u)
cette feaiiuc, idole de ses rêves d'enfaiii.
— Médecin, répéta Blanche, — non point de par la Faculté, mais de par les veilles I)atientes et l'étude obstinée.
Médecin hardi et savant.
Médecin capable de réduiie le Mal d'Enfe4' en huit jours!
Marielle est guérie; sa convalescence s'achève; Marielle est presque aussi forte qu'avant son malheur...
Blanche s'interrompit.
Pichenet pressentait bien qu'il y avait autre chose.
— Alors, dit-ii, pouiquoi ces mystères?... pourquoi?...
— Vous savez quelles traces laisse après soi le Mal d'Enfer, répondit Blanche lentement eî à voix basse; vous savez ou
«5i Li; CHAÏEAD
VOUS ne savez pas que i)îa sœuj' tient a sa beauté..,
— Héîas! sa beauté!... s'interrompitelle avec des larmes dans les yeux.
Pichenet comprenait.
— Elle ne sait pas encore? demandat-il. »
— Lacuzan veut qu'elle ne sache jamais ! répliqua Blanche. Et c'est à cette entreprise insensée qu'il dépense maintenant sa force héroïque et son indomptable volonté... Marielle est prisonnière pour que personne ne puisse la voir, pour que jamais un geste imprudent, une exclamation, une parole de surprise ne vienne lui révéler le changement cruel qui s'est opéré en elle.
— Elle est donc bien changée! ne put s'empêcher de dire Pichenet.
LF (:;iAT.:.u' toi)
— Je n'ai pu me résoudre à la voir , repartit Blanche en détournant les yeux; — mais quand Lacuzan se croit seul, il répète bien souvent : Elle en mourra! elle en mourra!
•—C'est une façon de parler, peut-être... murmura le jeune médecin.
Blanche lui prit le bras et le serra fortement.
— Il y a des douleurs qui brisent les cœuis les plus robustes, dit-elle, — qui égarent les raisons les plus hautes... Lacuzan a dit autrefois à Marielle que si elle ne pouvait plus être heureuse en ce monde et qu'il le^sût, il la tuerait... Oui, j'étais là quand il le lui dit... et c'était dans une circonstance presque solennelle... Or, Lacuzan sait bien qu'il ne peut prolonger longtemps désormais le mensonge de celte
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comédie impossible... Laciizan est las... Lacuzau voit; il entend Rennes tout entier, affolé par sa puérile passion desavoir, qui frémit, impatient et curieux, à la porte du château de Barbebleue... car ils l'appellent Barbebleue, justice du ciel!... Lacuzan a la lièvre; Lacuzan devient fou; — Lacuzan tuera sa femme!
Blanche se tut et cacha sa tète entre ses mains.
Pichenet garda le silence. — Sept heures sonnèrent à la pendule qui était sur la cheminée.
. Blanche tressaillit et sembla s'éveiller en sursaut.
— H laut partir, maintenant, s'écria-telie: vous n'avez que trop tardé, M, Adrien... il faut vous relirci" sur le champ... Vous
avez vu votre mère; vous savez qu'elle est en sûreté ici... Je vous charge de dire h M. Albert de Coëtlogon que je lui détends de venir ainsi rôder autour du château... Il lui arriverait malheur!... S'il vous demande de mes nouvelles, dites-lui que je suis bien... et que je pense à lui. . quelquefois...
Elle se leva; elle ouvrit la porte.
Pichenet ne bougea pas.
— Eh bien! tîi-elle, non sans une légère impatience.
— Et vous croyez, dit le jeune médecin en se redressant, — que je vais vous quitter ainsi !
— Mais...
— Après tou( ce que vous venez de me dire !
^8 LK CHATFAU
— Il le faudra bien!
— Non, mademoiselle Blanche, je reste.
— Vous restez ! fit la jeune fille effrayée; si Lacuzan savait,..
— M. de Lacuzan ne saura pas.
— Comment lui cacher?... et pourquoi ?
ajouta- t-el le par réflexion.
— 11 ne faut pas avoir confiance à demi, mademoiselle Blanche, répondit Pichenet; vous m'avez dit tout à l'heure que vous croyiez en moi : prouvez-le moi.
Comme Blanche ne répondait pas , il ajouta d'un accent résolu et presque impérieux :
— il faut que je voie madame la comtesse de Lacuzan.
Blanche tressaillit.
— Yoir ma sœur î s'écria-t-elle ; — vous lia savez donc pas qu'un meurtre ne coule rien à celui qui est désespéré! Je vous ai dit, et puissé-je me tromper, mon Dieu ! que Lacuzan tuerait sa femme... croyezvous qu'il vous épargnerait?
Pichenet sourit doucement.
— Je suis bien sûr que vous n'abandonneriez pas ma mère, mademoiselle Blanche, dit-il.
Il y avait dans ces simples paroles une résignation si belle et si grande que Blanche fut touchée jusqu'au fond du cœur.
—Vous êtes bon, Adrien, dil-elle sans dissimuler son émotion; —mais Lacuzan n'est pas un homme que l'on puisse ainsi servir malgré lui-même... Vous êtes tout
2'iO LE CHATEAU
jeune... l'avenir est brillant devant vous... allez, et que Dieu vous récompense (l'avoir voulu vous dévouer pour nous!
Pichenet, au lieu de se retirer et de répondre, ouvrit les revers boutonnés de son frac de velours noir et tira de sa poche une boîte plate en maroquin.
—Vous prenez vos repas avec monsieur le comte et madame la comtesse? <lemanda-l-il.
— Oui... Pourquoi?
— Parce que celle (circonstance nous servira, mademoiselle Blanche.
11 choisit dans sa boîte de maroquin un petit flacon, étiqueté d'un mot latin.
— Une goutte dans le verre de monsieur le comte, une goutte dans le verre de madame la comtesse, dit- il avec calme; ils s'endormiront loiis deux.
DE VELOÏÏKS. 241
Blanche ne répondait point. Pichenet lui lendit la fiole.
— Si vous ne voulez pas, prononça-t-il tout bas et d'un Ion décidé, — j'essayerai d'un autre moyen... car, je vous le répète, mademoiselle Blanche, il faut que je voie madame la comtesse.
Blanche hésita un instant, puis elle prit le flacon.
Nous avons vu l'usage qu'elle en avait fait.
Quand Pichenet fut introduit dans le petit salon où Marielle et I.acuzan prenaient leurs repas, il était environ deux heures après midi.
Blanche était toute pâle de l'action qu'elle venait d'oser.
Le comte Henri avait la tète penchée lï. le
i:!4i LE CHATKAU
sur sa. poitrine. Le sommeil irrésistible l'avait saisi à l'improviste. On voyait au mouvement de ses bras, posés avec force contre ses genoux, qu'il avait essayé de lutter.
Marielle^ au contraire, avait la tête renversée sur le dos de son fauteuil, parmi les boucles de ses beaux cheveux blonds.
Pichenet traversa le salon sur la pointe des pieds. Il était plus paie que Blanche et ïllanche entendait son cœur battre dans sa poitrine.
— S'ils allaient s'éveiller! murmura la jeune fille.
Pichenet prit une des mains du comte, réleva, puis la lâcha tout à cou[).
La main retomba inerte.
Et le comte ne bougea pas.
Blanche ne dit plus rien. Mais une autre lirreur lui venait : ce sommeil ressemblait à la mort.
Elle mit la main sur le cœur de Laclizan, qui battait doucement et régulièrement.
Pichenet vit, devina et sourit avec tristesse.
11 s'avança vers Marielle et tâcha de dénouer les cordons de son masque.
Mais ses doigts tremblaient trop.
— Aidez-moi, mademoiselle Blanche, dit-il en essuyant la sueur qui coulait déjà de son front.
Blanche obéit.
Mais ses pauvres doigts tremblaient encore plus que ceux du jeune médecin.
Les cordons du masque furent néan-
-i4 LE CHATEAU
moins dénoués. 11 n'y avait plus qu'à le soulever.
Blanche et Pichenet se regardèrent.
Ils n'osaient plus.
Par la porte ouverte, leurs yeux se tournèrent instinctivement vers le salon de velours bleu.
On voyait, juste en face de la porte, le portrait de Marielle.
Un rayon de jour plus vif éclairait sa céleste beauté.
Pichenet enleva le masque.
Blanche poussa un cri étouffé et tomba raide sur le tapis.
Pichenet lui-même chancela et fut obligé de s'appuyer à la table.
Pourquoi décrire ce qui est poignant jusqu'à bi'iser le cœur? Nous ne dirons point ce qu'ils virent, Blanche et Piche-
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net, sous \e masque de satin rose. — Hélas! le portrait était là, toujours brillant de sa beauté divine; il était là, raillerie amère et cruelle ; le rayon de soleil le faisait doucement sourire.
Pichenet prit Blancbe entre ses bras et la porta jusqu'à sa chambre. Il appela sa mère et lui dit :
— Tiens, mère, soigne-la... Quand elle s'éveillera, di.s"-lui qu'elle a fait un rêve.
Il s'élança de nouveau dans le petit salon et se mit à genoux devant Marielle.
Les larmes jaillissaient de son cœur et se séchaient sous ses paupières brûlantes.
Et quand , pour la seconde fois, il regarda ce radieux portrait qui était ^ans la chambre voisine, son souffle râla dans sa gorge.
240 Lt CIIAIKAU
Le coiilraste était horrible et navrant. Pichenet ferma la porte pour ne plus voir ce sourire du passé <|ui insultait à la désolation présente.
Lacuzan s'agitait dans son sonnueil.
Des paroles confuses venaient à ses lèvres.
Pichenet crut l'entendre qui murmurait :
— 11 l'a touchée! il l'a touchée!...
Un éclair brilla dans les yeux du jeune médecin. Avant de se relever, il joignit ses mains tendues vers le ciel et pria ardemment.
Puis il choisit diverses substances dans sa boîte de maroquin, les mélangea, les ver^ dans un verre avec de l'eau pure et commença une sorte de pansement.
Ce mélange devait avoir une action vio-
])!■: Yi-i.ori'.s. "247
lente, car M;niclle se pliiignait dans son sommeil.
Pichenet lui lotiona le visage tout entier, le cou et le sein.
Quand il eut achevé, il brûla les linges qui lui avaient servi, et se lava les mains dans de l'eau chargée de cendres.
Puis il jeta sur la pelle rougie une goutte d'essence qui chassa les parfums acres de la lotion et reudil à l'atmosphère sa pureté première.
Lacuzan s'éveilla vers ia brune.
Marielle était étendue sur son fauteuil dans l'état où il l'avait laissée, avec son masque de soie rose sur le visage.
La présence de Pichenet n'avait point laissé de traces.