‹ Le château de VeloursChapitre 7 sur 27 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

On Ton dine.

Madame la vicomtesse de Margamel avait une robe de damas jaune qui coûtait vingt-huit livres dix sous l'aune. Elle ne le cacha point à madame la vicomtesse de Landivizy, qui lui déclara, en échange, que sa garniture de dentelles brabançon-

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nés valait soixante et quinze louis moins deux écus.

Madame la vicomtesse de Brec du Lartz de Cramayeul-en-Gévéson-les-Fossés-sur- Papayoux avait iiiit refaire sa robe de lampas à cœur, avec bouffants pareils. Sa ceinture était neuve.

Madame la vicomtesse du Honnihic, dans tout l'éclat d'une beauté qui avait mis huit lustres à s'épanouir, portait une obligeante de salin olive avec rubans mordorés.

Madame la vicomtesse de GJirouet, plaçant plus haut son orgueil, avait trouvé moyen de faire entrer deux douzaines de plumes d'autruches dans sa coiffure.

Elle portait très bien cela. Vous eussiez dit un vivant panache.

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Les autres Ticomtesses avaient fait ce qu'elles avaient pu.

Le chevalier de Badabrux, poudré comme une houppe, produisait pour la première fois un habit de satin tourterelle dont la coupe semblait remonter aux âges héroïques.

M. de Poilbriant avait ses mollets.

M. de la Guerche portait un solitaire de deux mille louis.

M. de Penvern, le bas breton, n'avait ni satin, ni mollets, ni manchettes ; mais un os de gigot qu'il avait mangé le mal4n, sans compliment, avec trois ou quatre chopines de cidre, l'entourait d'un parfum d'ail réellement appétissant.

Ce gentilhomme, du reste, le portait haut, mettait des clous h ses souliers,

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grasseyait d'une manière olfensante, et donnait des coups d'épée très crânement détachés à tous ceux qui n'aimaient pas le gigot à l'ail.

C'était sa m anière de voir. Il ne le cachait pas.

Nous devons pourtant avouer qu'il y avait là, chez M. le marquis de Noyai, des gens qui ne prêtaient point à rire.

A côté du bataillon un peu effrayant des vicomtesses, il y avait tout un essaim de jeunes femmes et de jeunes fUles, gaies, spirituelles, folles du plaisir, timides ou hardies, vives ou paresseusement gracieuses, toutes fraîches, toutes avides de plaire, toutes charmantes.

Un immense bouquet mouvant qui cha-

loyait et montrait tour à tour chacune de ses belles Heurs.

Mettez que les vicomtesses étaient les feuilles de choux qui entourent quelquelois les bouquets rustiques.

A côté du funeste Badabrux, qui était vicieux à ce point de déclamer des tirades de Crébillon, à côté de M. de la Guerche, ennemi de l'orthographe, à côté du Poilbriant ouaté et du Penvern, fanatique de présalé, il y avait, pardieu ! des cavaliers, et beaucoup, qui eussent fait, grand train, leur fortune à la cour de Paris.

11 y en avait d'autres qui n'avaient pas besoin de faire fortune.

Quelques-uns s'appelaientRieux, ou Rohan,.ou IVîontbourcher, ou La Houssaye, ou risle-Adam, ou Goulaine.

Vous eussiez trouvé là des fils de ce chevaleresque Hay, qui partagea sa descendance entre la France et l'Angleterre, du Boberil, La Chalotais, Chateaubriand, Derval, Argentré, Trédern, Broons, Cheffontaines, Labourdonnaye, Labédoyère, Duplessis de Grénédan, Coetquen, Pire, Guébriaut, — et d'autres.

Car il n'y a que Rennes, après Paris, pour posséder réunis tant de noms qui occupèrent leur page dans l'histoire.

Et tous, francs comme l'or, tous braves comme la pointe de leur épée.

Frédéric Soulié, ce grand «t dramatique esprit, ce cœur excellent, a peint une fois les jeunes gens de Rennes, gais sur le pré, gais à la danse. 11 a fait un chefd'œuvre.

C'est qu'il avait dansé, c'est qu'il

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s'était battu avec les jeunes gens de Rennes.

C'est que son cœur robuste ne s'était point affadi au contact de la vie parisienne, c'est que sa tête ardente ne s'était point refroidie parmi les glaciales imitations du high life anglais, qui fait depuis cinquante ans l'existence des jeunes gens parisiens.

C'est qu'il se souvenait des belles amitiés, des folles amours, des longs verres, des longues épées !

C'est qu'il n'avait jamais retrouvé dans les méchants braillards du Prado ou de la Chaumière ses étudiants bretons : cœur et bras de fer !

C'est que peut-être, dans les salons ni dans les théâtres de la capitale du monde, il n'avait pu rencontrer cette exquise

ileur de beauté... mais c'est qu'il n'avait pas bien cherché, .sans doute! Grâce à Dieu, la beauté est de tous les pays, et le monde entier s'agenouille devant les parisiennes.

La maison de M. le marquis de Noyai était tout à fait à la mode, mais on n'y subissait pas dans toute sa rigueur l'étiquette provinciale.

Madame la marquise était morte en donnant le jour à Blanche. L'hôtel de Noyai, dirigé par une jeune fille, une enfant et un marquis entre deux âges, lequel portait cent mille livres de diamants à la garniture de son habit, l'hôtel de Noyai gardait une physionomie toute particulière. On s'y amusait franchement, sans trop de façon, de bon cœur.

La langue fourchue des vicomtesses ne

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parvenait pas mémo à envenimer ces nobles joies. Et quoique le criminel Badabrux y déclamât des scènes de tragédie, l'ennui restait à la porte.

On s'arrangeait pour rire, malgré les Alexandrins malfaisants. On dansait trois fois mieux qu'ailleurs, à la barbe des vicomtesses.

Ceci n'est pas une métaphore vaine.

Les vicomtesses avaient de la barbe, et celle de madame de Galirouët était rousse.

Mon Dieu ! elles ne nous ont rien fait, ces bonnes femmes ! Mais c'étaient des bourgeoises^nobles !

Avouez qu'il n'y a rien d'odieux comme cela sous le ciel !

Quand les vicomtesses se mettent à être bourgeoises et commères elles le sont effroyablement.

Il y en a de jeunes; il y en a de vieilles; il y en a même de jolies, chose hideuse à penser !

Il y en a en province ; il y en a à Paris !

Ces médisances, qui ne sont charmantes qu'à la condition de rester légères comme des toiles d'araignées, nos vicomtesses en font delà toile de ménage. Elles ont la mission spéciale de mettre en loques le voile doré dont se pare le beau monde. Leur destin est de montrer la grimace sous le sourire, la jaunisse sous la pourpre.

Elles mordent, non pas av.;c des incisives mignonnes, mais avec de grandes dents maladroites, qui déchirent au lieu de couper.

Si madame de Margamel, après avoir eu des malheurs, se présentait à ma-

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dame de Galirouet pour cire sa femme de chambre, madame de Galirouet dirait :

— Fi î la vachère !

Et réciproquement.

Nous parlons au présent, notez bien, quand il s'agit de nos vicomtesses. C'est la force de la vérité, car elles existent ; elles ne mourront, hélas ! jamais. Elles seront éternelles comme les escargots de la vigne, comme les sauterelles des prés, comme les chenilles gourmandes attachées aux tiges des roses.

Auprès de la beauté qui charme, auprès de la gracieuse et noble élégance, il faut de ces difformités.

Cependant, on tue les sauterelles, on écrase les chenilles, et les escargots (sort

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[)lus lamentable) sont la pâture des Marseillais.

Que faire à nos vicomtesses ?

Nous proposons de les livrer, pieds et poings liés, au formidable Badabrux, qui est éternel aussi, et qui, profitant lâchement de leur position, leur déclamera le récit de Théramène jusqu'à la consomma- . îion des siècles.

Quand Lacuzan revint de son expédition auprès de Malbrouk, le dîner était commencé, — un très grand dîner, qui promettait de faire honneur au marquis de Noyai et h son cuisinier.

La place de Lacuzan était restée vide.

On avait remarqué son absence. Mais les vicomtesses avaient faim et ne mordaient encore que des relevées de potage

— Eh bien î s'écria le marquis, — vous êtes un drôle de corps, Lacuzan!... vous êtes arrivé le premier et vous vous mettez à table le dernier.

— Excusez-moi, je vous prie, M. le marquis, répondit Lacuzan ; — une aftaire d'une certaine importance...

— Je sais... je sais ! interrompit madame de Galirouet ; — en montant le perron, jVi vu, par dessus la muraille du jardin, M. le comte qui causait avec Malbrouk, le danseur de corde.

Madame la vicomtesse de Galirouet avait ce disant, un sourire à la fois innocent et pointu. On regarda Lacuzan qui salua la vicomtesse en silence.

A son entrée, Marielle avait rougi imperceptiblement.

Quant à mademoiselle Blanche, elle

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lui avait jeté un regard qui voulait dire :

— Est-ce fait?

Et comme le signe de tête de Lacuzan répondit :

— Cestfait!

Mademoiselle Blanche eut bien le courage de lui envoyer un baiser, à travers une table de soixante couverts. Nous ne pouvons qu'implorer pour elle l'indulgence du public.

Aucune des vicomtesses n'avait perdu ce mouvement.

Et toutes se promirent in petto d'en faire une bouchée pour leurs grandes dents, au dessert, quand le premier appétit serait passé.

Cependant, le héros Lacuzan se mit à table et mangea comme un simple dra-

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gon. Ainsi sont doués les amoureux de Bretagne. #

Les deux premiers services disparurent, après avoir rlc fêtés en conscience.

Tout était délicieux. On entendait déjà des hymnes à la louange du bordeaux de Noyai. Les langues se défutient. Blanche ri ai l trop haut avec ses" voisins. Badabrux, comme une cruche fêlée qui rend de vilams sons, laissait fuir quelques hémistiches.

L'orchestre jouait en sourdine les belles mélodies de Gluck, qui impatientaient les vicomtesses à l'unanimité. Elles disaient néanmoins que c'était sublime.

Jeunes femmes et jeunes fdles s'aniîTiaient à la pensée de la danse prochaine.

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Marielle causait et causait gaîment. Elle avait eu pour chacun des paroles gracieuses, excepté pour le comte Henri de Lacuzan.

C'était la faute de Lacuzan qui, seul, avait négligé de grossir sa cour avant le dîner.

Quant au marquis, ses yeux brillaient trois fois plus que les boutons de diamant de sa veste. Le marquis buvait peu; mais il avait la tête faible aux fumées de la gloire.

Ce fut le moment choisi par le tragique Badabrux pour parler un peu du mal d'enfer, que tout le monde tâchait d'oublier.

Car tout le monde avait peur du mal d'enfer.

îJepuis une semaine l'épidémie fai-

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sait, dans la ville même, des ravages effrayants.

— : Oui, madame, dit ce Badabrux, en élevant la voix de manière à couper net toutes les conversations particulières, — le pro-secrétaire de l'évêché n'avait aucun motif de me tromper... hier, le chiffre des décès montait à vingt-neuf.

Ce fut comme un coup de baguette.

Le silence se fit autour de l'énorme table ; un silence morne et complet.

Et par un singulier hasard, l'orchestre frappant le dernier accord d'un chant mineur, s'étouffa en un sourd gémissement.

Chacun se sentit un froid dans les veines.

Marielle tressaillit et pâlit. Le sourire

se glaça sur ses belles lèvres roses.

-- Vingt-neuf ! répéta-t-on à la ronde, quand le premier frisson eut passé.

Badabrux se rengorgea.

— C'est énorme! dii-on encore ; — sur une population de trente mille âmes!..

— Permettez! permettez!., reprit Badabrux avec un vivacité qui n'était pas exempte de satisfaction (car il y a du chacal dans le nouvelliste), -je n'ai pas dit vingt-neuf sur la population tout entière... j'ai dit vingt-neuf sur la seule paroisse de Saint-Étienne... Et il y a six paroisses à Rennes, sans compter Saint-Hdlier...

— Six fois vingt-neuf gronmiela M de la Guerche, cela fait...

Mais il n'était pas beaucoup plus fort sur le calcul que sur l'orthographe.

— Cela fait cent soixante-quatorze,

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acheva Badabrux qui mit ses mains on croix devant son assiette.

— Eh bien! dit Penvern le Bas-Breton, de ce Irain-là, ça ne durera pas longtemps, voilà tout!

— Cent soixante-quatorze... répétaient cependant les voix de femmes ; — en un seul jour !.. c'est la fin du monde !

Marielle avait les yeux baissés; des tressaillements sourds agitaient ses lèvres.

— Eh ! M. le chevalier ! s'écria le marquis en colère, — (jucl dessert nous donnez-vous là?... Ne pouviez-vous trouver un sujet moins lugubre ?...

— M. le chevalier aurait pu, du nioinsj y mettre moins d'exagération, dit Lacuzan, de sa voix sonore et timbrée.

C'était la première parole qu'il prononçait depuis qu'il avait pris place à table.

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— Il me semble, M. le comte, riposta Badabriix, piqué au vif, — que le pro-secrétaire de 1 evêché peut bien savoir... et que c'est un personnage assez posé pour...

— M. le chevalier, interrompit Lacuzan, hier, mon valet de chambre est arrivé au château du Grail en disant qu'on avait enterré irois cents personnes la nuit précédente.... Mille pardons, mesdames; la fin de mon histoire vaudra mieux que le commencemeui... je suis volontiers la marche de ce terrible mal d'enfer; parce que les premières victimes ont été mes pauvres sabotiers de la forêt de Rennes .

— Et Dieu sait combien vous en avez sauvé, Lacuzan ! dit Albert de Coëtlogon avec chaleur; — oui ! vous avez le droit de parler du mal d'enfer, vous !

Blanche remercia Albert du rei^ard.

Une teinte rosée reparut sur les joues de Marielle.

— S'il faut un droit pour parler de l'épidémie régnante, commença Barbadrux, — je crois que M. le pro- secrétaire- Mais un chœur de voix de femmes s'éleva :

— Parlez ! parlez ! M. de Lacuzan !

criaient-elles.

— Sur ce rapport, je suis venu aussitôt à Rennes, reprit ce dernier ; je me suis rendu chez les recteîurs des cinq paroisses principales, et j'ai appris qu'il était mort dix personnnes dans la journée d'hier.

Un long soupir de soulagement courut autour de la table,

— Je s.avais bien ! je savais bien ! s'écria le murquis enchanté. — Fables que lou( cel a!,. D'ailleurs, le mal d'enfer ne

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grimperait pas sur les hauteurs de Saint- Melaine, où nous sommes... A votre sauté Lacuzan, vous avez ramené le sourire sur les lèvres de nos dames.

Ces dames, eu eifet, souriaient. Badabrux tout seul avait l'air menaçant et sombre.

Mais Lacuzan secoua la tête.

Marielle le dévorait maintenant du regard.

— Le mal d'enfer n'est pas uue fable, dit Lacuzan d'une voix lenle el basse, — le mal d'enfer a gravi les hauteurs de Saint- Melaine.

Marielle devint plus blanche que la mousseline de sa robe.

11 y a un malade près d'ici ! murmura-t*elle...

Une heure après, l'orchestre jouait un menuet.

Les entremets et le dessert avaient passe sur ces quelques mots échangés à propos de l'épidémie. Le bon vin du marquis avait fini par ramener la gaîlé.

Dix personnes, c'est si loin de cent soixante-quatorze.

Et puis les dîners du marquis de Noyai vous eussent égayé les malades du mal d'enfer eux-mêmes. Personne ne songeait plus à ce cri de chouette que Badabrux avait poussé.

Seulement, pour le punir et pour ne pas tuer dans son germe la joie renaissante, on avait interdit à ce Badabrux funèbre toute espèce de fragment dramatique. 11 en avait apporté plusieurs. La Tem-

pèle de Crébilloii et le monologue de J/ithridate l'étouffaient.

Le Bas-Breton Penvern, qui aimait mieux la viande que la poésie, portait sa santé ironiquement, mais buvait pour tout de bon.

Et Badabrux souffrait comme un amateur que les hémistiches étranglent. Il trompait sa douleur en se récitant à luimême des tirades célèbres. Sa main habituée aux gestes traditionnels, se crispait sur son frac tourterelle, et ses yeux roulaient comme les yeux du propre serpent de Laocon.

S'il avait pu seulement saisir à la gorge une vicomtesse, une seule, pour la contraindre à écouter la scène d'Agamemnon et d'Achille? Mais les vicomtesses avaient bien d'autres choses à faire. Elles ren-

Iraient leurs dents et cherchaient laborieusement des danseurs.

Elles souriaient toutes, avenantes et gentilles à faire frémir les faux-mollets de Poilbrillant.

Badabrux, au désespoir, prit le bouton de M. de laGuerche, gentilhomme illettré et lui dit d'un air suppliant :

— Un bruit assez étrange est venu jusqu'à moi, seigneur...

— Ce n'est pas moi ! répliqua la Guerche en rougissant, car il se méprenait; ce doit être Penvern... Penvern n'en fait jamais d'autres !

Penvern n'était pas timide, néanmoins il rougit aussi, et Badabrux, méconnu, rabattit sa perruque sur son front. Cetéchec était au-dessus de ces forces.

Mon malheur, à la fin, passe mon

espérance, miirmiira-t-il en jetant au ciel le regard sarcasiique d'Oresîe; — merci î je suis content!..

Tout le monde se dirigeait vers les terrasses au bas desquelles était la salle de bal.

Mari elle se penchait au bras d'Albert de Coëtlogon, — et vraiment nous ne savons plus si madqinoiseHe Blanche avait raison de dire qu'Albert n'élaii pas là pour Marielle. ^

Ce n'étaient partout que jeunes couples souriants et heureux.

La petite main de Blanche toucha le bras de Lacuzan, qui restait seul et qui rêvait.

— Merci ! murmura-t-elle.

Lacuzan la regarda. — 11 y avait sur son visage une tristesse profonde.

— Tu es bon , reprit Blanche ; — tu seras heureux.

Puis elle ajouta :

— Ce Malbrouk a-t-il accepté?

— Oîii, répondit Lacùzan, — l'enfant ne dansera plus sur la corde.

Blanche se mit à sauter, tant elle était joyeuse.

— Oh ! Lacuzan ! mon Lacuzan ! s'écria-t-elle, —si tu savais comme je t'aime !

Elle pensait :

— Le pauvre Pichenet va être heureux avec ses vieux livres ..]>lus de coups, plus de larmes.

Et la joie débordait de son cœnr, tendre et bon autant que le cœur des anges.

En ce moment, vingt voix s'élevircnt

au dehors.

2t0 LE CHATEAU DE VELOURS.

— Venez! venez! criaient-elles, venez voir les danseurs de corde.

- Blanche sentit comme un poids sur sa poitrine. — Elle s'élança vers la fenêtre et poussa un cri en tournant vers Lacuzan son regard désolé.

Elle venait de voir Pichenet, le balancier à la main, bondir à quatre pieds audessus de la corde.

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