‹ Le chateau de VeretzChapitre 10 sur 42 · LA PAIX DE VERETZ · texte numérisé non relu

LA PAIX DE VERETZ

Mes poussées jusqu’à l’extrême limite. Une fois d’accord sur les grandes lignes et sur l’ensemble des points débattus, on rédigea la teneur de l’acte et, après lecture, le (exte fut signé conjointement par Pierre Forget et Daniel Charnier. C’est précisément le sens de l'observation que nous avons relevée sur le registre paroissial.

L’édit, remis aux mains du roi, fut revêtu de sa signature. On sait qu'après avoir reçu la soumission du duc de Mercœur à Angers et signé avec lui, le 28 mars, le contrat de mariage de la fille du duc et de son fils bâtard, Henri I V se rendit à Nantes où il entra solennellement. On conserve au Musée d’antiquités de cette ville le dais en velours rouge avec riches broderies sous lequel le roi fit son entrée. Le prince profita de son séjour dans cette cité pour rendre publique et obligatoire l’ordonnance royale, qui par suite a pris et, conservé le titred ’Edit de Nantes et dont nous connaissons maintenant le lieu d’origine, ignoré jusqu’ici. A son retour de Bretagne,

Henri IV s’arrêta à Tours et vint à Chenonceaux avec les Mercœur. La reine Louise acheva de sceller la réconciliation en mettant comme cadeau dans la corbeille nuptiale le domaine de Chenonceaux , présent vraiment royal.

De son côté, le seigneur de Véretz voulutil rappeler par un solive n i r permanent la mémoire de l’acte important qui avait été réalisé sous son toit?

On serait tenté de le croire en le voyant offrir à l’église une cloche, qui eut les châtelains pour parrain et marraine. La mention, écrite par le curé précisément en marge de l’acte « baptistaire », nous inclinerait à admettre que cette intention n’était pas étrangère à la pensée du seigneur. Sur le papier jauni par les ans, mais en une écri-

Chevet de l’église de Vcretz.

ture forme et nette, on lit : « Le dimanche deulxiesme jour d’aoust mil 5C IIIIXX dix-lmit, à l issue de la première messe en l’église de Veretz a esté bénite et baptizée la cloche faite naguères au d, lieu, et laquelle a été nommée Pierre et ont esté ses parrains et marraines, M” Pierre Le Roi esleu en l’eslection de Touraine et dame Claude Freslon femme de Charles, concierge du chasteau, pour l’absence de Monseigneur et Madame de Fresnes, seigneur du dict Veretz. » (Signé) « Leroy, Claude Freslon, Richoux. » — C’est en marge de cet acte, nous le répétons, qu’est inscrite la note contemporaine rappelant que c’est « l’année que la paix fut signée au chasteau dudict Veretz. » Le manoir qui fait l'objet de ce livre peut ainsi revendiquer l’honneur d’avoir vu conclure et fixer l’édit, qui a été l’un des actes les plus considérables du xvie siècle et l’un des plus mémorables de notre histoire nationale, quelle que soit l’appréciation que l’on porte sur son caractère et sur ses résultats.

Pierre Forget était particulièremen l attaché à son domaine des bords du Cher. Au cours de l’année 1601, « le chevalier, seigneur de Fresnes, baron de Véretz, la Ferté-IIubert, cer du roy en ses conseils, secrétaire de ses commandemens », fit faire l’arpentage de ses terres « de la Gaingnerie, la Seguinière, la Berthonnière et Villiers, paroisse de Veretz ». La même année, le même « baron de Véretz, la Ferté, la Salle et le Fau, seigneur chastelain de Fresne, » acheta dix-huit arpents de pré, en la prairie de l’Àubraye paroisse de Larçay ; le prix d’acquisition était de 1.520 écus et le vendeur n’était autre que Austremoine du Bois, chevalier, sieur de Sonzay et capitaine de cinquante hommes d’armes des ordonnances du roi. L’acheteur paya une partie de la somme comptant; en l’année 1608,1e reste du prix avec « les arrérages de sept années » fut soldé par « Pierre Forget, chevalier, seigneur baron de Fresnes et de Vérelz, la Ferté, la Salle et du Fau, conseiller du roi en ses conseils d’estat et privé, et secrétaire de ses commandements, » à « Austremoine du Bois, chevalier, seigneur de Sonzay, lieutenant de 50 hommes d’armes des ordonnances du roy, demeurant en sa maison seigneuriale de Mouzay » (1).

La châtelaine ne goûtait pas moins que son mari les douceurs de cette résidence. Elle aimait à y vivre entourée des membres de sa famille. Les habitants lui rendaient en sympathie l’attachement qu’elle

(1) Archives d’Indre-et-Loire , E. 147. — Bibliothèque de Tours, ms. 1315.

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