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Vue yen raie. — 2. lùjlise el presbytère

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Monseigneur contera le sacrement de confirmation à plus de mil personnes tant de la paroisse de Larçay que de celle d'Azav sur Cher, mais il y en eut de ce nombre environ de six cents de cette paroisse, qui estant la plus part repus du très adorable sacrement de l’autel, furent confirmés; la solennité commença à huict heures du matin et finit à une heure et demie. (Signé) Coueseau curé de Véretz »

A l’occasion de sa visite, l’archevêque rendit l’ordonnance suivante, écrite au registre paroissial : « Primo, que l’autel portatif de la chapelle de saint Clément sera fixé. Secundo, que la face de l’image de saint Etienne sera racommodée. Tertio, que le vaisseau du baptistère sera changé en un autre de cuivre estamé. Quarto, qu’une patine que nous avons trouvée gravée sera changée au plutost et que le croissant du soleil pour exposer le St-Sacrement sera doré. Quinto, qu’il sera faict un dais pour porter le St-Sacrement aux malades dans Je bourg. Sexto, que dorénavant il ne sera plus allumé que deux cierges sur le grand autel pendant l'office divin, sinon ès Testes solennelles, où en sera allumé six, et n'en sera plus mis sur les autres autels, sinon les d. jours de lestes solennelles. Septimo, deffendoos au curé de ne plus aller en procession avec ses paroissiens en l’église d’Esvre, laquelle procession nous avons retranchée pour estre la d. église d’Esvre trop esloignée de celle du d. Véretz.

« Octavo, faisons défense aux habitans de la d. paroisse de plus à l’avenir envoyer leurs garçons chez les maîtresses d’échollc pour apprendre à lire, lorsqu ils auront atteint l’aagc de sept ans, ainsi leur enjoignons de les envoyerchez le vicaire de la d. paroisseou aux maistres d’escholle résidents. Nono,deffendons aussi soubz peine d excommunication à tous les habitants de fréquenter les cabarets les jours de dimanches et festes particulièrement pendant la grande messe et vespres, exhortons les juges des lieux de tenir la main à l’ordonnance l'aie te sur ce sujet. Decimo, ordonnons au curé de publier les ordonnances ci-dessus au prosne de la messe paroissiale, lesquelles luy seront cyaprès envoyées, et ce le dimanche immédiatement suivant la réception d’icelles et de les transcrire dans le registre ordinaire de la d. églize.

« Après quoy avons donné le sacrement de confirmation aux personnes à nous présentées par le d. curé et lui avons gratuitement remis nos droits de visiltc et de procuration pour cette fois seulement sans tirera conséquence. »

C’est sans doute au passage de l’archevêque et au souvenir d’une cérémonie solennelle de ce genre (pie se rattache le nom « d allée de la

MOEURS, FETES ET COUTUMES

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Confirmation, » conservé par une des avenues du parc. Quoiqu'il en soit, les cérémonies baptismales continuèrent d’apporter la joie aux foyers domestiques et, dans le second tiers du xvnR siècle, nous voyons auprès des fonts : Louis Renard, « gentilhomme de la grande vénerie du roi, demeurant au chasteau de Véretz, » avec la femme du capitaine (1672) ; Marguerite, fille de feu Charles Gauvain, chevalier, seigneur de Boisrenault (1680). Notons en passant qu’en 1685, on enterrait un fils de René Lorin, « marchand m6 enjolliveur, demeurant à Tours, paroisse Saint Pierre du Boile. » En 1693, la fonction de parrain est remplie, à deux reprises, par Mie Claude Bertrand le Picart chevalier, « seigneur de Maupertuis Rougemont et autres lieux, » que nous retrouvons parrain deux ans plus tard. Le 13 septembre, il paraît avec le titre de « chevalier de l’ordre de Nostre-Dame de Montcarmel et de Saint-Lazare, » et signe: « Le chevalier le Picart de Montreuille. » Le même personnage assiste à un mariage, le 1er mars 1696; à une abjuration religieuse, le 5 juin, et présente des enfants au baptême dans les mois de juin et d’août. Le 29 octobre 1698, est parrain « noble Pierre Soulet, lieutenant au régiment du colonel général de la cavalerie, de présent en ce lieu, » et, le 5 mars 1700, c’est le tour de Paul-Armand Gautier, « me d’hostel de Msrle cardinal deFurstenberg, de la paroisse de Montlouis. »

Durant les dernières années du duc de Mazarin, que d’ailleurs nous avons vu plus d’une fois remplir la charge de parrain, nous glanons dans les registres quelques indications. Le 17 mai 1701, on enterra devant l’autel de Saint-Roc Mathurin Ilautevieux, «prestre prieur de Saint-Roc, malade, » et dans l’assistance se trouvait Mre Chauveau, chapelain de Saint-Jean du Grès. Cette même année, il est fait mention du « serviteur de M. de Ris, demeurant à Azay, » et de M. Carreau, « sccrélairedc Mer l’archevêque. » Lc31 janvier 1703, fut inhumé Claude Bertrand, « dit le Chevalier Picart, âgé environ de 50 ans, après avoir reçu tous les sacrements, en présence de M*1' le duc de Mazarin, son bienfaiteur, de M.le Coq, secrétaire de sa maison, deM. de Beauregard, maistre d’hôtel, de M. Dupré, valel de chambre, et deM. Petit, maistre d’escole. » Le 10 février 1706, eut lieu la sépulture de Marie Soulet, veuve de Joseph Boulet, sieur de la Pidellcriect de Beauregard, « en présencede M. de Beauregard. » François Olivier, seigneur de Beauregard et officier du duc, ayant eu une fille de sa femme Marguerite Bourgeois, l’enfant fut baptisée, le 13 décembre 1712, avec pour parrain Nicolas Perrin, ingénieur du roi, de la paroisse Notre-Dame de l’Ecrignolc à Tours.

Au temps des ducs d’Aiguillou, nous ne sommes pas moins heureux dans notre collecte à travers les actes religieux. Le 8 février 1714, Charles, fils de Pierre Boutet, sieur de Briou, et de Marie Barthe, est tenu surles fonts par les procureurs et représentants de François Milon, seigneur de Bellenoue, conseiller du roi, président trésorier général de France au bureau des finances de Bourges, et de dame Marie-Catherine Charlotte, comtesse de Furstenberg, née comtesse de Vollenwods, paroisse de Montlouis, « absents; » la procuration avait été donnée le 19 décembre 1713. Le 18 juillet 1726, eut lieu la sépulture de Georges Terrien, huissier royal, âgé de 74 ans. Le 5 décembre 1731, on enterra dans l'église Louis Macicault, « cy devant maréchal des logis de S. A. R. Mër le duc d’Orléans, et bourgeois de Tours. » Nous voyons ensuite comme parrains Mre Jacques Ignace François deGorre, prêtre prieur de Marigny (1745) ; Faucillon, bénéficier de l’église de Tours et aumônier de l’archevêque (1750) ; Pierre Antoine de Catalde, « gentilhomme demeurant à Tours » (1752). En 1757, à un mariage assista Boulard, « maistre de musique de l’église de Tours, » et, au mois d’août, Jean de la Motte. « m° d’hoslel de M«r le duc d’Aiguillon, de la paroisse Saint-Sulpice de Paris, » est parrain avec la femme du concierge.

Pendant la seconde moitié du \vmfi siècle les fonctions de parrain et de marraine furent fréquemment remplies parla famille du régisseur et du concierge. Le 23 avril 1773 notamment, nous relevons « damoiselle Louise Angebert, veuve du sieur François-Joseph Welcher,de son vivant organiste de Marmoutier ; » elle décéda en 1779 à Véretz, où elle faisait sa résidence. Le 29 juin 1777. se fit la sépulture de Robert Le Meigncn, « ancien exempt de la maréchaussée, lieutenant invalide et pensionné du roi, » décédé à l àgc d’environ 68 ans; une des signatures porte : « Le Meignan. » Enfin, le 10 novembre 1780, eut lieu l’inhumation de Christophe Labat, concierge du château, en présence de Jean Mathias Chique, intendant de Ms‘ le duc d’Aiguillon, de François Bclluot, ancien notaire, et de Louis Pauvert, garde des chasses du château.

Ces cérémonies baptismales étaient fréquentes, mais il est telle solennité dont l’église ne fut que rarement le théâtre. L’Editde Nantes, nous l’avons dit, fut rédigé et signé au château et par le seigneur de Véretz, d’accord avec un député de la Réforme. Après tantôt un siècle de trêve plus apparente que réelle, Louis XIV jugea que l’unité politique de la France de concert avec l’unité religieuse réclamait la révo-

Moeurs, fêtes et coutumes

cation des concessions accordées aux protestants. Nous n’entrerons pas ici dans l’appréciation des circonstances qui précédèrent, accompagnèrent et suivirent cet acte considérable du monarque absolu. La paroisse de Véretz nous offre en miniature ce qui se passa dans le reste de la France. Parmi les huguenots, les uns demeurèrent attachés à leur culte et s’éloignèrent ; les autres acceptèrent la religion nationale et, après avoir été instruits des croyances catholiques, firent l’abjuration des idées réformées, dans lesquelles d’ailleurs plus d’un n’avait vu qu’un instrument d opposition politique.

Les registres paroissiaux nous ont conservé le souvenir de ces actes accomplis devant quelques témoins, et nous les arrachons à l’oubli en les transcrivant dans le texte. « Le 12 décembre 1685, le sieur Pierre Soulet, et delle Marguerite Soulet sa sœur et Catherine Guiot leur servante ont fait abjuration de leur herezie en la chapelle du chasteau de Veretz et se sont convertis à la foy catholique, apostolique et romaine par devant M. François Coueseau prestre curé de Véretz, en présence de vénérable et discrète personne Pierre Bonneau prestre curé de Larçay, de Me Nicolas Deschamps advocatau parlement et de François Pisneau, huissier royal et archer de la maréchaussée de Touraine, et de Charles Rouillé, couvreur charpentier, qui ont signé. » — Le même jour « Louise Soulet a fait abjuration de son hérésie en sa maison de Beauregard par devant Messire Coueseau curé de Véretz » et d’autres témoins, parmi lesquels « Nicolas de Montigny, lieutenant d’une compagnie de dragons du régiment de Grandmont. » Disons de suite que Pierre Soulet décéda à Beauregard, le 6 août 1687, et fut enterré le lendemain « en l’église, » en présence de Marie Soulet, veuve de Joseph Boutet, sieur de la Pidellerie, sa nièce. Quelque dix ans plus tard, l’église de Véretz vit l’abjuration d’un protestant allemand, attaché sans doute à la maison du duc de Mazarin. Le 5 juin 1696, Barthélemy Granier, prêtre de l’Oratoire etsupérieur de la Maison de Tours, « en vertu de la commission émanée de M. Jouan, vicaire général, » reçut l’abjuration de Paul Borscher, fils de Salomon Borscher et d’Anne Catherine Veroève, « natif de la ville de Magdebourg en Allemagne, âgé de 26 ans, qui l'ut de la religion prétendue réformée. » Outre les signatures du supérieur, du curé et du converti, Pacte porte celles du seigneur de Véretz, de Duvau, « aumosnier de l hostel de Mazarin, » de Blanchanl, son maître d’hôtel, de l’oratorien J. de la Roche et du chevalier le Picart.

A Véretz, les fêles civiles et les divertissements du monde alternaient agréablement avec les solennités religieuses. Le château, nous l’avons vu, fut pendant deux siècles le rendez-vous de la société la plus distinguée. Si nous suivons l’une des dames les plus entourées qui fréquentaient le manoir nous arrivons, en descendant le Cher durant environ une heure, au seuil d'un monastère, bâti sur la rive droite. 11 n’est pas question d’un couvent à l’aspect moyenâgeux, hanté par des moines à la sombre robe de bure. Sous des cloîtres clairs et bien ensoleillés, au milieu de jardins diaprés des plus jolies (leurs, se promènent des religieuses à l’allure de grandes dames. Leur abbesse ou supérieure est d’ordinaire quelque duchesse, quand ce n’est pas une princesse de sang royal. De fait, l’abbaye de Beaumont, c’est d’elle qu’il s’agit, à l’heure où nous y entrons était dirigée par une princesse de Bourbon. Parmi les délices du séjour de Véretz, on s’en souvient, nous avons salué la princesse de Conti. Ici, nous offrons nos hommages à sa

sœur , Henriette - Louise -Françoise- Gabrielie de Boubon-Condé, dite i\lme de Vermandois.

A peine Henriette avait elle fait son entrée dans la vie, le 14 janvier 1703, que l’abbesse de Beaumont, alors Gabrielle de Rocliechouart de Mortemart, se rappelant que son couvent partageait avec celui de Fontevrault le privilège de recevoir les princesses de sang royal, s’adressa aux parents, le duc Louis de Bourbon III, prince de Condé, ella duchesse Louise- Françoise, fille de Louis XIV, et exprima le désir de se voir confier l’enfant. Henriette arriva à Beaumontle IGjuillet 1705, et y fut élevée avec tous les soins dus à son rang aussi bien qu’aux dons heureux qu’elle avait reçus de la Providence. Elle se distingua par la solidité de sa piété, le sérieux de son caractère, la fermeté de sa volonté et l’éloignement des frivolités au point que la remarquable beauté de son visage lui parut presque un

Ancienne abbaye de Beaumont.

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