M0>TALA1S
Se trahir! il a trop d'esprit, d'adresse et d'amour... Se rappeler ce qu il a Eliî monsieur le marquis le manant qu'un gros héritage emoie à la ville sc rappclle-l-il qu’il a labouré le champ d'un autre? La griscUe qui saule d’uiie mansarde dans un Lrillanl équipage se rappelle-l-ellc qu'elle raccommodait le linge d’un pauvre éiudtani? Le gros banquier ne se souvient jamais qu'il allait toiirber pour un patron les billets qu'il fait aujourd’hui recevoir pour enfler son portefeuille; et le fermier général, as>is à une table splendide, n’a jamais pensé qu’il avait, dix ans de sa vie. pris un modeste repas dans un restaurant encore plus iiiodfslc. Il assurez-vous <looc; je gage qu'avant quin2e j<»urs le dur de Verneuil de ma façon lirer.vil I épee contre celui qui voudrait lui renier sou illustre naissante.
i.B siAuqniA.
Mais comment peux tu croire que dans ce château personne ne s'aperçoive...?
MOMTALAIS.
Vous-méme, le premier, vous n’eussiez rien vu... Mais récapitulons, s'il vous plaît, les chances pour ou contre. Vous dites que dans ce chUleaii on pourra s’apercevoir... qui? Le jeune due est malade depuis plus d'un mois .. deux seules personnes de conliance rapprochent ; mais la maladie a changé le duc; son rclablisscmenl doit le changer encore davantage. Son précepteur est parti; et les autres gens du château, qui ne l’ont pas vu depuis long-temps, racceplcronl comme une vieille connaissance. Craignez-vous les voisins? Il en vient si peu ici! cl d’ailleurs, je lui ferai si bien sa leçon, je lui donnerai tant de renseigncnicns sur eut. sur leurs familles et leurs petites intrigue.sl Eiiliti, je le mettrai si parfaiteineiit au courant des années de .«on enfance, que je veut perdre mon nom... ce qui ne serait pas grand' chose, si le père du duc. revenant a la vie, n einbrassail pas notre nouveau Léon comme son propre liis.
LE MAngtis.
Mais lu ignores que mon pupille vient de rendre le dernier soupir en présence de Louise et de plusieurs de mes gens, et que cci événement fatal doit être déjà répandu dans tout le château ?
MONTALAIS
Eh bien! nous allons répandre le bruit contraire... Le dur a eu une crise violente suivie d un long évanouissement avant toutes les apparences de la mort, cl c’est prédsémcul cetie crise qui l’a sauvé.
LB MABOns.
Et que faire de ce pauvre Léon que la mort a réellement frappé?
MOMTALAIS.
Ne m’avez-vou.* pas dit que le mystère avait présidé à sa naissance? ,
LB MAROriS.
Oui, c’est dans cette chambre qn’il a reçu le jour ... Son père, qui n'éiail alors que marquis de Vcriieuil. avait contracté une union secrète avec une jeune personne noble, mais san.s fortune. Ce château servait d’osile à la jeune épouse; et fomme le vieux duc. dans ses parties de clia se, venait so uveni y passer des semainei entières, le marquis lit réparer cel appartement secret, ainsi que le souterrain qui a son entrée dans le parc. On dit que cette construction mystérieuse date du temps de la ligue. Ce fut pendant un séjour que le duc (il ici que la jeune marquise, soustraite à ses regards, et caibée dans cette p.irlie de bâtiment inconnue à tout le monde, donna le jour a Léon. Le vieux duc mourut, et alors le marquis, devenu l’héritier des ti- Ire.s et des biens de son père, déclara son union et tu connaître Léon pour son tlls. C'est lui-tnéme qui me cunlia ce que je viens de le dire et qui me révéla l'existence de cet appartement secret.
MOIS'TALAIS.
O bizarre destinée ! la même chambre qui a tu naître mystérieusement Léon va encore recevoir mystérieusement sa dépouille mortelle ; et c'est de là. lorsque In nuit sera plus avancée, que le jeune duc de Verneuil ira. dans un des r.iveaux qui longent le souicrrain, reposer tranquillement... et bien obscurément dans le château de ses pères.
LB MARQUIS
Quoi!... tu oseras?
UO:VTAI.AIS.
Nous avons maintenant deux ducs : est-ce le mort ou le vivant que vous voulez garder?
LB MARQUIS
Mais...
MOBTAI.AIS.
Mais j aurai du courage pour vous et pour moi.% {On enteini un g/mhifemem pariant de la chambre secréte.) Silence’... le breuvage cesse d'agir... Le nouveau duc va se réveiller. Laissez moi seul avec lui... Je vais achever mou ouvrage. ( Afon- (rmu la chambre où est Léon. ) Ketirez-vous dans cet appariement, et veillez a ce que personne ne puisse venir ici.
LK MARQUIS
Moi! rester près du lit de mort de mon pupille? Ah ! grand Dieu !
MORTALAIS.
Monsieur le marquis, je ne pui« être partout. Répondez-moi du duc mort; moi. je vous réponds du duc vivant .:.. Il s'éveille... sortez vite.
Lk Marqut» m ralîrn JaDï rapp^rlwnirnl riu Duc,