LÉO
Vous avez été pour moi un second père. Assurer par lou.s les muyens qui sont en mon pouvoir, le bonheur à venir de d'Orbessoo est mon unique désir ; je ne puis remettre en des mains plus dignes de ma ronliaace de si cbers intérêts. Je vous laisse, messieurs. {Allant à Lucie et lui baisant la main ) Lucie, c'en vous seule qui prononcerez sur ma destinée.
Il »Vl<*igno UiiUnii-ni i-n rr^jnlaitt toujours m^deniui-
scilr «rOrhps^uu.
LUCIE, Û pari.
Lucie, a*l ildil! Quels regards il jelaitsur moi ! Ses yeux sont baignés de larmes! Il faut que j'éclaircisse cet étonnant mystère.
Lfî Mjri|uis pl Cna«4‘t|lrr «ont lurtii pjr la porte
■ (Irotle; ie Duc par L> ((«uclic.
MOUTalais, resté dans un coin du théâtre
La première entrevue a eu lieu. La jeune personne fialte dans uneindoctsion où, je crois, lecteur est pour beaucoup; le duc ne s'en est pas mal tiré: dans quelques minutes le contrai sera signé. Allons surveiller monsieur le docteur
il *orl.
MAGASIN THKATKAL.
SCKNE \V
LorisE, trciE.
LVCiB, à eUe-méme.
Cequi m’arrive me jette dans un étonnement 1... il n’est pas possible qu’il existe une pareille ressemblance... Mais Adrien» duc de Vcrneuiüie m’y perds.
LOülSI.
Mon Dieu, mademoiselle, comme vous voilà pensive et rêveuse! Est-ce qu'on est toujours comme ça quand on va se marier?
LtCIE.
Louise, dif>moi. Depuis long-temps lu connais le duc?
LOCISK.
Nous avons été élevés ensemble et nous ne nous sommes jamais quittés.
Lt'CiK, é(onnéf.
Le duc ne s'est jamais absenté de ce château ?
LOUSK.
Quelquefois, et seulement pour des parties de chasse de deux ou trois jours; voilà tout.
LVCIB.
U n’a point fait de voyage à Paris?
LOCIBE.
Non, mademoiselle; je l'aurais bien su Mais tenex, je devine où vous en voulez venir : vous ne seriez pas fâchée d’avoir quelques renseignemens sur votre futur époux; vous ne pouviez mieux vous adresser» car personne ne le connaît mieux que moi.
LUCIE
Voyons, parle. [A pan.) Peut-être apprendrai-je... •
LOUISE
D’abord, il a deux caractères.
LUCIE
Deux caractères !
LOUISE
Oui, mademoiselle, celui d’avant sa maladie et celui d’après. Avant il était joyeux, toujours content; il m'aimait, quoi! qu'il me cherchait partout pour me le dire. Maintenant il est grave, pensif ; il ne me dit plus du tout qu’il m’aime : et quand il me rencontre, car il ne me cherche plus, c'est : « Bonjour, mademoiselle Louise; comment vous portez-vous, mademoiselle Louise? a et voila tout. Pourriez-vous m'expliquer aussi, mademoiselle, comment il se fait que, ne vous ayant jamais vue, il me parlait sans cesse de vous comme s'il vous connaissait?
LUCIE, ^loiin/.e.
Comme s'il me connaissait?
LOUISE
Oui, mademoiselle, toujours de vous et jamais de moi. Je m'entends, c'est depui» sa nnladie , car avant c'était tout le contraire, il ne m'ouvrait jamais la bouche de vous.
I LUCIE, à part.
Plus de doute, c’csi lui qui m’a sauvé l.i vie. Ah! mon Dieu, serait-il vrai? Il faut que jeirras< sure .. (Haut.) Louise, ma bonne Louise, j’attends de loi un service, un grand service.
LOUISE
Que faut-i) faire, mademoiséllc?
LUCIE
Il faut aller trouver M. Léon. Tu lui diras, mais à lui seul, que je désire avoir avec lui un entretien secret.
LOUISE-
Oui, inndemoiseile ; j’y cours. {A pan en sert aUani.) C'csl pour ma sœur de lait maintenant les eiitretiens secrets; depuis sa maladie les miens sont bien passés. (JCUe »•« pour sortir et revient uiissitnt.) Mademoiselle, votre commission est toute faite. J’aperçois là M. Léon qui, je gage, guette aussi le inuinent d’avoir avec vous un entretien secret.
LUCIE
Laisse-nous, Louise.
LOUISE, an duc qui entre»
Monsieur le duc, on vous attend.
Klie s'éloï^oe.
SCLiNE \V1.