‹ Le chateau de Verneuil drame en cinq actes (volume 2)Chapitre 76 sur 86 · HENRI, M. DAUBE, AMÉLIE · texte numérisé non relu

HENRI, M. DAUBE, AMÉLIE

HENRI, sans voir Ami'lie.

Ah ! mon oncle! ma surprise égale mon ravis- I sement.

AMÉLIE, à pari.

Mais Toilà qui commence très-bien.

M. DAUBE

Tu vois donc bien que je ne suis pas aussi diable qu’on me fait noir, et que M. Daube, ce

• C'iiHUnl, Henry, M. I)aul>c.

AïAfrASIN THEATRAL.

disputeur éternel, comme disent certaines gens... {Apercevant Amclie.) Kli mais! approche donc, ma tille. Voici Henri, ton cousin ; n'es-lu pas bien aise de le reroir?

AMéLIK.

Ah! si fait, mon père.

ai. DAUBB.

Et toi, Henri, n'as-tu rien à dire à ta cousine, après trois ans d'absence?

Au contraire, mon oncle; mais c'est que, voyezvous. l'émotion que j'éprouve d'un accueil que je devais si peu attendre...

AMtLlB.

Pourquoi donc, Henri? Auriez-vous douté de l'amitié de mon père, de U mienne, du plaisir que nous aurions à vous rooir?

M. DAl'BB.

Et de l'intérêt que nous n'avons cessé de pren> dre à l’eipédilion scienliûque dont tu faisais partie?

iiinnt.

Vraiment vous songiez quelquefois à moi !

M. DAIBR.

Je t’en réponds. Jamais Amélie n'a feuilleté autant de livres et déroulé autant de cartes de géographie que depuis ton départ.

Air : l’raitant Camour sam pttic.

Jaüi* elle aimait fort peu l)cs caries TetuJe aridr,

MjiatcBaul sou a*il atiJc \ suit tes pas eu tuut lieu.

Pa«sjDt il'Europe en Afrique,

Puisü'Asie en Amérique,

Et traversant l'Ail >iitiq<tf.

Elle a pour toi, muu neveu.

Dans son ardeur sans seconde.

Fait dix fuis le tour du monde...

Sans quitter le cuin du feu.

niRRi.

Cette chère Amélie!

M. DAUBE

Ah çà! dis-moi, dans quel but aviez-vous en* trepris uu voyages! long et si pénible?

UBRRI,

Nous avions à vériGcr d'abord les ebangemens qu’éprouve la température du globe, à mesure qu'on pénètre dans ses profondeurs.

M. DAUBE

Comme si Buffon n’avait pas décidé nettement la question dans sa théorie de la terre!

UEfcni.

BufTon est admirable sans doute comme écrivain; mais comme géologue, c’est diiïérent, et l’on peut dire, sans s'écarter du respect dû à .*on génie, que s’il était un peu avancé pour son époque ..

H. DADBB.

Il serait furieusement arriéré pour la ntMre. Eb bien ! attends seulement une vingtaine d'années ; et quand lu te reposeras, les pieds sur les chenets, ravi de tes découvertes, de nouveaux-venus dans les sciences te prouveront que tu as

observé tout de travers; et ceux-ci, à leur tour, seront regardés en pitié par les observateurs qui leur succéderont ; cl ainsi en ira-t-il tant que la machine ronde existera et tournera... si toutefois elle tourne; car on pourrait soutenir a la rigueur...

UEHRI.

Par exemple, mon oncle, s’il y a une vérité démontrée...!

M. DAUBB, s*échauffant par degrés.

Démontrée, démontrée!... pas pour tout le monde.

DENBl.

Quoi qu’il en soit, les derniers venus auront peut-être raison alors, comme je l’ai aujourd'hui.

M. DAUBB.

De dire que BufTon était un ignorant!

ub:<ri*.

Non, mais qu’il a bûti un système plus ingénieux que solide, et qui n'est plus aujourd'hui qu'une ruine vénéroble.

U. DAUBB.

Une ruine! le système de BufTon une ruine !

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