LE PETIT-PARC
Le Petit-Parc de Louis XIV existe encore avec son mur • percé de 16 portes ou grilles. Il renfermait la Ménagerie et sa ferme, le village de Choisy (détruit], la mare aux Bœufs, devenue le bassin de Choisy, le Grand-Canal, l'Etoile- Royale, au bout du Canal, d'où partaient la grande avenue de Villepreux et huit allées, la ferme de Galie, Trianon, le plateau, la ferme et les bois de Satory, le bois du Cerf- Volant et la pièce d'eau des Suisses. Sa contenance est de 5083 arpents et 50 perches, soit 1738 hectares ^
On ne peut qu'admirer, en s'y promenant, le grand parti pris de son tracé et la beauté des allées qui le traversent. La route de Saint-Cyr, qui le coupe presque en deux, est bordée de bouquets d'arbres plantés vers la fin du règne de Louis- Philippe par les soins de M. Massey, directeur du Potager. On y remarque aussi une jolie maison de garde, vis-à-vis de la Faisanderie construite par M. Questel.
Les fermes de Galie et de Ghèvreloup avaient été vendues
* Voir le plan de l'abbé de la Grive publié en 1746, que nous reproduisons d'après la gravure de la Chalcographie n" 2971.
^ D'après les calculs de Laseigne, géographe des Bâtiments du Roi en 1784, cités par Eckard, dans ses Recherches historiqties et biographiques sur Versailles, 1836, in-8°, p. 88. — Le bureau de l'architecte du palais de Versailles possède un très-beau plan du Petit-Parc, fait en 1825 par le chevalier de Moléon, avec l'indication des tirés.
^ La Faisanderie est depuis 1871 une caserne, occupée actuellement par deux sections d'infirmiers militaires.
pendant la Révolution, le 19 mars 1797, parles administrateurs du département de Seine-et-Oise ; elles furent rachetées, le 25 février 1806, par Napoléon P»-, représenté par le comte Daru, intendant général de la Maison de l'Empereur *.
Le Petit-Parc a toujours servi aux chasses des rois ou des empereurs. L'abondance du gibier y était telle sous Louis XV, qu'en 17S0 le Roi tua lui seul, en trois heures, 318 pièces, bien que cette année on ne comptât dans le Petit- Parc que le tiers de ce qu'il y avait de gibier dans une année abondante ^
Aujourd'hui la guerre a remplacé la chasse. Un polygone, ou école de chemins de fer, a été établi, en 1875, à côté de la gare des Matelots, sur le chemin de fer de l'Ouest. On y trouve des docks renfermant le matériel nécessaire à l'instruction des hommes. C'est là que l'on forme les 4 compagnies d'ouvriers militaires de chemins de fer, fortes chacune de 600 hommes ; mais c'est à la gare civile des Matelots que se font les écoles d'embarquement de troupes de toutes armes.
Dès le règne de Napoléon III, la ferme de Satory fut cédée à la Guerre, qui construisit sur le plateau les docks du Génie. Ces docks renferment de vastes magasins, des ateliers de réparation et les parcs du Génie pour les 4^, 5®, 9^ 10*^ et 11 « corps d'armée. En 1874, on créa les docks de l'artillerie, où se trouvent des ateliers de réparation et des parcs renfermant les affûts neufs destinés à former les batteries de réserve pour l'Ouest de la France. Aujourd'hui le plateau de Satory est occupé par un polygone d'artillerie, un autre pour le Génie, un troisième pour l'infanterie, une butte de tir pour toute la garnison, une butte d'école à feu pour l'artillerie, par l'ouvrage des docks qui défend le Haut-Buc, par la lunette de la porte du Désert et par la lunette de Bois- Robert.
Enfin, en 1878, le tir [Stand] de Versailles a été établi dans la plaine du Mail.
* Archives de V administration des Domaines, à Versailles. — La ferme de Satory fut aussi rachetée par Napoléon P'". LuYNES, 22 août 1750.