LE GRAND-PARC
On commença à créer le Grand-Parc et à le planter en 1668. L'année suivante, on continua les plantations et on régala, les allées. Les genêts abondaient partout ; en 1675, on fut obligé d'arracher ceux qui couvraient les allées. En 1677, Louis XIV acheta de nombreuses terres pour compléter le Grand-Parc, et le fit entourer de murs', qui ne furent terminés, et les grilles posées, qu'en 1685^. Le Grand-Parc avait 19,345 arpents et 62 perches, soit 6614 hectares, et environ 22,500 toises (43,800 mètres) de tour. Le mur était percé de 25 portes ^, dont plusieurs existent encore, notamment celle de Bièvre, qui est intacte. A chaque porte il y avait un pavillon servant de logement au Suisse qui la gardait.
Le mur longeait le bois des Gonards, qu'il renfermait* ; il passait près de Trou -Salé, des Loges, deToussu, de Châteaufort, de Magny de Voisins-le-Bretonneux, de Montigny, de
* « Le Roi alla faire le tour de son nouveau parc, et trouva les murailles à hauteur presque partout. » (Dangeau, 1684, 22 août). — Le 8 décembre 1685, Louis XIV s'enferma avec M, de la Rochefoucauld pour voir le plan de son Grand-Parc et y faire faire tout ce qui pouvait l'embellir pour la chasse (Dangëau).
^ Les Suisses furent employés à ces travaux en 1679. ' Archives de Seine-et-Oise, A, 444, Flan du Grand-Parc par Matis,
* Les Gonards ont fait partie du parc jusqu'en 1777; alors Louis XVI les en a séparés par un mur (D'Yauville, Traité de vénerie, p. 301.)
* Port-Royal était un peu plus loin.
Trappes, des Clayes, de Valjoyeux, de Villepreux, de Saint- Nom-la-Bretesche.
A Marly, le mur séparait les deux parcs de Versailles et de Marly ; de là il arrivait à la Porte Saint-Antoine, bâtie en 4 678, mais reconstruite par Mique, sous Louis XVI *, en laissant en dehors Rocquencourt et le Chesnay.
Le Grand-Parc renfermait les villages de Bailly, de Boisd'Arcy, de Bouviers, de Bue, de Fontenay-le-Fleury , de Guyancourt, de la Minière, des Moulineaux, avec une faisanderie plus grande que les jardins de Versailles, de Noisy, de Rennemoulin, de Saint-Cyr, avec la Petite-Normandie, de Trou, de Vauluceau, de Villaroy, et les étangs de Bois-d'Arcy et de Bois-Robert, aujourd'hui cultivés, et ceux de Trappes et de Trou ^ Le Grand-Parc était percé de nombreuses avenues, parmi lesquelles il faut citer celle de Versailles à Marly. Il contenait plusieurs fermes, plusieurs pavillons de chasse, entre autres ceux de Fausse-Repose et des Butards ^.
Le Grand-Parc était rempli de buissons et de remises à gibier, qui y foisonnait. On y courait le cerf, le lièvre ; on y chassait à tir, et on y faisait aussi la chasse du vol avec les équipages entretenus par le Roi. Plusieurs grandes faisanderies étaient établies dans Tenceinte, aux Moulineaux, etc., et le nombre des faisans était prodigieux. Parlant de la chasse du 4 8 novembre 4707, Dangeau dit : « Jamais on ne vit tant de faisans en Tair ; le Roi en tua beaucoup et en donna à toutes les dames qui avoient suivi la duchesse de Bourgogne. »
Presque tout le Grand-Parc a été aliéné pendant la Révolution ; l'Etat n'a conservé que les bois et les dépendances du service des eaux, étangs et rigoles.
' Cicérone^ 1804.
' Cassini, Carte de France, feuille 1, Paris.
' Le pavillon des Butards date de Louis XV et renferme une jolie salle à manger, dont les boiseries sculptées sent fort belles. Il a été réparé, en 1871, après le départ des Prussiens, qui l'avaient sali.