‹ Le chateau de VersaillesChapitre 7 sur 56 · SALLE DE COMÉDIE DE L'AILE GABRIEL · texte numérisé non relu

SALLE DE COMÉDIE DE L'AILE GABRIEL

Lorsque Gabriel eut construit, en 1772, Faile du château qui porte son nom, on commença à y construire un grand escalier qui devait remplacer l'escalier des Ambassadeurs, détruit vingt ans auparavant. Mais, dès les premières années du règne de Louis XVI, Marie-Antoinette voulut faire établir, dans Taile Gabriel, une salle de spectacle. Le projet date de 1774 mais les travaux ne commencèrent que plus tard. On détruisit les naissances des voûtes destinées au grand escalier, et on construisit, sur les dessins des Inspecteurs des Menus-Piaisirs, la salle de spectacle que désirait la Reine.

Elle occupait le premier et le second étage -, avait deux rangs de loges et un grand foyer ^, qui servait d'entrée aux spectateurs. Les acteurs et le service entraient par la cour, la porte étant pratiquée au rez-de-chaussée du pavillon Gabriel. L'intérieur fut peint, dans le genre arabesque, par Deleuze, sur les dessins de Robert et de Lagrenée*.

Nous savons par le journal de Louis XVI ^, que la première représentation eut lieu le 4 janvier 1784.

En 1794, cette salle de spectacle fut mise à la disposition du directeur du théâtre de la ville ®, et en 1800 elle fut cédée à la Comédie française par le ministère de l'intérieur ; elle

* Archives nationales, carton 1784. — Le projet s'y trouve avec la <late et divers dessins assez élégants.

' Voir les plans conservés au bureau de l'architecte du palais. ^ Salle 139.

'* Cicérone.

* Page 80.

^ Cicérone»

prit alors le nom de Théâtre du palais national de Versailles.

On lit dans le Moniteur du 14 vendémiaire an IX (6 octobre 1800), que le Gouvernement, cherchant à consoler l'intéressante commune de Versailles des pertes que lui a causées la Révolution, vient d'ajouter aux divers établissements publics qu'il y a établis (Musée, bibliothèque, école centrale], le bienfait d'un spectacle français vraiment digne de ce nom. Le Moniteur annonce que la salle du petit théâtre du château vient d'être accordée aux comédiens français sous la condition d'y jouer deux fois par décade ; que, le 15 vendémiaire (7 octobre), ils en feront l'ouverture, en présence du ministre de l'Intérieur, par la tragédie de Zaïre ; que le citoyen Larive jouera le rôle d'Orosmane ; que celui de Zaïre sera rempli par une élève de la Comédie française, âgée de quatorze ans et qui n'avait encore paru sur aucun théâtre.

La jeune actrice, douée d'une belle voix et d'un grand talent, était Volnais, qui eut beaucoup de succès dans le rôle de Zaïre, et bientôt après un nouveau triomphe dans Britannicus, où elle remplissait le rôle de Junie. Parmi les débutants les plus célèbres qui se firent connaître à Versailles, il faut citer M^^^ Duchesnois, dans le rôle de Phèdre, la belle M''^ Georges, qui joua le rôle de Rodogune, M'i« Raucourt faisant Gléopâtre. A cette représentation (19 avril 1801), toutes les loges avaient été louées par les Parisiens, et il n'y eut pas de place pour les amateurs de Versailles. La beauté de M"e. Georges fit plus d'effet que son talent ; on la trouva un peu froide. En 1805, Michelot débuta dans Britannicus. Toutes les célébrités de la Comédie française : Lafond, Talma, Saint-Prix, Monvel, M'i« Raucourt vinrent jouer sur cette scène les plus belles pièces de Corneille, de Racine et de Voltaire ; mais, vers la fin de 1805, faute de recettes suffisantes, la Comédie française ne vint plus à Versailles, et le théâtre fut fermé *.

La salle a été détruite par Louis-Philippe, et l'emplacement u'elle occupait est complètement vide depuis lors.

* Journal de Seine-et-Oise, 180b, 26 décembre.

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