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CHAPITRE II

LES ÉCURIES DU ROI

Avant la construction des écuries de Mansart, les chevaux et les carrosses du Roi étaient placés rue de la Pompe, n^ 7, à Tancien pavillon de La Vallière^. Ce ne fut qu'en 1679 que l'on commença à bâtir la Grande et la Petite-Ecurie, qui ne furent achevées qu'en 1682^

Le Mercure Galant * nous apprend qu'en décembre 1 682, Louis XIV, accompagné de Monseigneur et de la Dauphine, alla visiter les nouvelles écuries. On admira leur grandeur, leur magnificence, leur extrême propreté et la beauté des nombreux chevaux étrangers qui s'y trouvaient réunis pour les carrosses du Roi ; mais ce n'est qu'en 1686, à propos de la

* Les chevaux de la Reine et ceux de la Dauphine formaient des écuries

séparées (Luynes, X, 369).

^ Après l'achèvement des nouvelles écuries, celles de la rue de la Pompe devinrent les écuries de la Reine, de la Dauphine et de la duchesse de Bourgogne.

^ Toutefois, Mansart ne construisit le manège de la Grande-Ecurie qu'en 1685, et agrandit notablement la Petite-Ecurie la même année. Disons encore que le manège de la Grande-Ecurie a été reconstruit en 1855 par M. Questel. — La dépense générale de la Grande-Ecurie s'éleva à 1,451,440 livres, et celle de la Petite-Ecurie à 1,601,981 livres, ce qui fait pour les deux bâtiments 3,053,281 livres, en comptant 12,000 livres de gratification données aux entrepreneurs de maçonnerie « en considération de la précipitation et frais extraordinaires pour rendre les ouvrages et finis et parfaits dans le temps que S. M. l'avoit ordonné ». (Le Roi, t. II, p. 117, d'après les Comptes des Bâtiments.)

* 1683, janvier, p. 148.

visite des ambassadeurs de Siam à Versailles, que le Mercure fit des nouvelles constructions une description complète, que nous reproduisons.

Ce sont deux grands corps de bâtimens séparés l'un de l'autre, regardant le château en face. Ils sont situés entre les trois avenues qui forment une patte d'oie, par laquelle on arrive à Versailles Ces écuries font partie de la clôture de la grande avant-cour ou place d'Armes. Elles consistent chacune en cinq cours, dont la grande, plus étroite à l'entrée que dans le fond, n'est fermée devant que par une grille de 32 toises de long^ ; et les pavillons de 9 toises, qui flanquent les ailes de 37 toises de long, retournent vers le fond de la cour poUr la terminer en demi-lune par deux portions de cercle d'ouverture, de 34 toises, qui se vont joindre à un grand avant-corps où. est la principale porte. Après sont les deux moyennes cours entourées de bâtimens de 20 toises sur 12. Aux côtés du dehors paroissent les deux petites cours pour les fumiers, de 20 toises de long sur 9 de large, fermées par devant d'un mur de clôture, de la hauteur du premier étage.

Toute la décoration du dehors n'est que de bossage ou de pierres de refend. Les croisées des rez-de-chaussée sont bombées et prises dans des arcades, et celles du premier étage sont carrées-longues en hauteur. Il y a des tables de briques dans les trumeaux des ailes. Les combles 'sont d'une belle proportion, et les lucarnes qui éclairent l'étage en galetas sont de plomb. Ces bâtimens sont assez bas pour ne point empêcher la vue du château ; ainsi le niveau des faîtes répond à peu près au pavé de marbre de la petite cour; outre qu'il n'y a point de souches de cheminées apparentes au dehors. Le plan des grilles est aussi cintré, en sorte que de quelque aspect qu'on regarde les Ecuries, on voit les quatre pavillons des ailes.

Voilà ce qui concerne la décoration des dehors qu'elles ont commune. Quant à la distribution du plan, il est différent en ce que ces deux écuries ont leur usage particulier. La plus grande renferme les chevaux de main. De la grande arcade qui est au fond de la cour et dans le milieu de l'avant-corps, on entre dans un grand manège couvert, de 20 toises sur 8, aux côtés duquel sont deux écuries. Derrière l'écurie est un grand manège pour les joùtes et tournois, au-devant duquel est le Chenil. La sculpture de l'avantcorps du milieu renferme de grands bas-reliefs, des trophées

* La Grande-Ecurie, construite sur l'emplacement de l'hôtel de Noailles est entre l'avenue de Saint-Cloud et l'avenue de Paris ; — la Petite- Ecurie, située sur l'emplacement des hôtels de Lauzun et de Guitry, est entre les avenues de Paris et de Sceaux.

^ Les grilles actuelles datent de la Restauration ; les anciennes étaient décorées de trophées dorés et fort belles.

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d'armes, des harnois et autres ouvrages de cette nature et dans les pilastres de la grille de devant sont les épées du grand écuyer.

Quant à la Petite-Ecurie, les remises des carrosses sont dans les arcades de la demi-lune du fond de la cour, au nombre de huit à neuf de chaque côté. De la porte de l'avant-corps du milieu ^ on entre dans la plus large écurie à deux rangs, chacun de 25 chevaux, entre lesquels on passe; et au bout est une grande coupe ou voiite sphérique, de 12 toises de diamètre, qui sépare les deux autres écuries où les chevaux de chacune sont sur deux rangs de 34 chevaux chacun. Les râteliers sont le long des piliers qui la séparent en deux berceaux, et laissent encore assez d'espace derrière les chevaux pour y pouvoir aller en carrosse ; et en retour, au bout de celle-ci sont deux écuries à un rang, chacun de 47 chevaux. Le dôme est porté sur quatre pendentifs; il est voûté de pierres et éclairé par un jour au milieu, dont le châssis de fer, un peu cintré, porte les vitres.

Derrière cette écurie est encore une entrée principale au milieu d'un grand avant-corps environné d'un fronton triangulaire, dans lequel est un bas-relief qui représente Alexandre qui dompte Bucéphale. Ce bas-relief est de M. Girardon.

Derrière cette écurie sont deux autres grandes écuries de 54 chevaux chacune; et dans la cour qui est interposée entre cette augmentation et le corps de la Petite-Ecurie, est un petit manège.

Outre ces écuries il y a une cour derrière, où est l'infirmerie des chevaux; ce sont de petites écuries de 2, de 4, et de 6 chevaux.

Les ambassadeurs entrèrent dans la Petite-Ecurie par la grille et furent reçus, à la porte de l'écurie, par M. le marquis de Beringhen ^, premier écuyer du Roi. Il étoit suivi de M. de Cabanac et de deux autres écuyers, du gouverneur des pages, avec la plus grande partie de cette noblesse, le reste étant au rendez-vous de chasse avec Monseigneur. 11 y avoit aussi beaucoup de valets de pied et un nombre presque infini de personnes de livrée.

Après que les ambassadeurs et M. de Beringhen se furent salués, et que les complimens de civilités eurent été faits, on entra dans le double rang, où l'on fit voir d'abord aux ambassadeurs cinq attelages à 10 chevaux, entre lesquels ils remarquèrent : ceux d'Espagne, de poil noir ; — les Brandebourg, de poil bai, qui viennent de la Prusse ducale et dont M. l'Electeur de Brandebourg fit présent au Roi il y a environ cinq ans ; — les gris de perle, qui sont

* Ces sculptures sont de Granier, Raon et Mazière.

^ Le fronton, sculpté par Lecomte, représente des chevaux conduits par un cocher du cirque.

* On prononçait Bélingan.

de Irès-nobles chevaux sortis du haras du comte d'Oldenbourg ; — les tigres, qui viennent du côté de Pologne ; — les feuilles-mortes, qui sont d'un poil très-rare et très-beau, et qui viennent du même pays que les gris-perle.

Les ambassadeurs n'admirèrent pas seulement la fierté de tous ces chevaux ; mais encore la beauté et la diversité de leur poil. Ils passèrent de là au rang des montures de Monseigneur, où ils virent un fort grand nombre de très-beaux chevaux, tant de France * que d'Angleterre. Ils étoient tous en bridons blancs, avec des rubans couleur de feu à la tête, ainsi que les chevaux de carrosse qu'ils avoient déjà vus, et dont les queues étoient pareillement garnies de rubans.

Ils allèrent ensuite à la sellerie de Monseigneur, dans laquelle sont cinq grandes armoires à deux battans. Dans celle du milieu sont toutes les lances, les dards, toutes les brides d'argent et de vermeil doré, et tout ce qu'il y a de plus riche dans ces sortes de harnois. Celles qui sont à droite et à gauche de cette armoire, sont remplies de housses, de croupes et de chaperons de pistolets, trèsriches. Au haut des mêmes armoires sont encore quantité de selles enrichies de toutes sortes de broderies Dans la quatrième armoire, et qui est à droite, sont les selles à l'angloise, avec leurs petites housses ; elles sont aussi propres que riches. Dans la cinquième, et qu'on trouve à gauche, sont toutes les housses en souliers. Elles sont d'une très-grande richesse, et servent pour les cavalcades et promenades avec les dames.

Dans le pourtour du reste de la sellerie, sont des poteaux triangulaires, sur lesquels les selles des chevaux de Monseigneur sont toujours en état, et sur le bout de chaque poteau est le nom du cheval auquel doit servir la selle.

Au-dessous de ces poteaux règne encore un cordon d'autres poteaux ronds, sur lesquels on met les brides dans le même ordre ; et comme elles ne suffisent pas pour les remplir, on voit sur ceux qui restent quantité de harnois neufs qu'on tient tout prêts pour le besoin que les chevaux de monture de Monseigneur en peuvent avoir. Il y a encore une autre sellerie pour les chevaux de suite.

Les ambassadeurs furent ensuite conduits dans le rang des attelages, qu'ils n'avoient pas encore vu. Ce rang étoit tout rempli de très-beaux chevaux. Leur grandeur et leur épaisseur les surprirent tellement, qu'ils en mesurèrent quelques-uns, et particulièrement de ceux de l'attelage qui ne sert qu'aux entrées des ambasiadeurs avec un carrosse très-riche qui n'est destiné qu'à ce seul

* Monseigneur avait un haras en Basse-Normandie [Mercure Galant^ 1697, juin, p. 255).

Le musée des voitures à Trianon possède un tableau de Van der Meuler représentant 4 selles à la française.

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usage. Le dedans est d'un velours cramoisi, brodé d'or, d'un trèsbeau travail. Le dehors est peint et doré dans tous les endroits qui peuvent souffrir la peinture et la dorure. L'attelage de ce carrosse est de 12 chevaux.

Les autres qu'ils mesurèrent, et qu'ils trouvèrent très-beaux et très-grands, furent les chevaux du Corps, qu sont gris et pommelés.

Après qu'ils curent passé dans tous les rangs d'attelages, on les mena dans celui des montures de Sa Majesté, où tous les chevaux étoient aussi en bridons et en rubans. Il est de pareille longueur que celui de Monseigneur et tient 48 places. La plupart de ces chevaux de monture sont de France et d'Angleterre.

Ils allèrent après dans la sellerie du Roi ; elle est grande et fort belle, et toute lambrissée de menuiserie. Il y a quantité d'armoires très-grandes qui en occupent toute une face. Dans celle du milieu sont les housses en souliers, qui sont très-belles et en très-grand nombre. Il y en a une fort remarquable et tout-à-fait singulière. Le fond est d'un velours violet, enrichi d'un travail d'acier plus beau et plus délicat que la plus belle et plus fine broderie. Dans les autres armoires sont les housses en bottines, avec les fourreaux et les custodes de pistolets extrêmement riches, et dont le nombre est fort grand.

Dans une autre sont les housses en broderie, qui servent aux dames lorsqu'elles montent à cheval. La dernière est remplie de housses, de croupes et d'équipages à la persane. Le reste du contour de la sellerie est garni de porte-selles triangulaires, sur lesquels sont les selles des montures, avec le nom des chevaux auxquels elles servent. Les râteliers sont au-dessous et tout tournés ; ils sont remplis d'une grande quantité de brides garnies d'argent et d'or moulu, qui servent aux montures, sans compter un fort grand nombre d'autres brides toujours en état de servir.

Il y a encore deux autres selleries dont je ne parle point. On y met tous les équipages du reste des chevaux qui sont à la Petite- Ecurie. Les ambassadeurs virent aussi les montures de tous les officiers à qui le Roi en fournit ; les chevaux persans ^ et les chevaux découplés, dont on fit même sortir quelques-uns, ainsi qu'ils le souhaitèrent, afin qu'ils les pussent mieux voir.

On compte plus de 600 chevaux dans tous les lieux qui forment la Petite-Ecurie. Le nombre des carrosses, calèches, soufflets et calèches nommées diligentes à cause de leur vitesse, est grand à proportion, et tout cela est fort riche. Il y en a pour le Roi, pour Monseigneur, pour M^'" le duc de Bourgogne, et pour leur suite. Entre les calèches, on en voit une pour le Roi, à trois bancs, dans

* Ces chevaux avaient été amenés à Louis XIV en 1685, par un Persan nommé Roupli (Dangeau, 31 décembre 1685).

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laquelle il y a place pour seize personnes. Il y a aussi un carrosse de parade pour Sa Majesté, d'une magnificence extraordinaire, tout brodé dedans et dehors, dont le train est très-beau et les harnois extrêmement riches. Elle a encore beaucoup d'autres carrosses en divers endroits, et particulièrement dans les remises de Paris et de Vincennes *.

Les ambassadeurs allèrent le même jour à la Grande-Ecurie. M. le comte de Brionne, reçu en survivance de la charge de grandécuyer que possède M. le comte d'Armagnac son père, les y reçut. Il étoit accompagné de ses écuyers, sous-écuyers, gouverneurs des pages, de plusieurs autres officiers, de 50 à 60 pages et valets de pied, d'un très-grand nombre d'autres gens de livrée servant aux carrosses et aux chevaux, et d'autres qui ont diverses fonctions dans les écuries. Ils furent d'autant plus surpris de voir tant de personnes vêtues de livrée, qu'ils en venoient de voir à la Petite- Ecurie un nombre qui leur avoit paru infini. Cependant ils auroient été moins étonnés, s'ils avoient su que plusieurs voyageurs ont remarqué, et même fait imprimer dans les livres de voyage qu'ils ont donnés au public, qu'il y a peu de souverains en Europe, même parmi les plus puissans, dont la Maison soit composée d'autant d'officiers que le roi de France a seulement de personnes de livrée à son service. Les ambassadeurs remarquèrent d'abord la beauté du bâtiment, dont ils s'entretinrent avec M. le comte de Brionne. Ils firent le tour des écuries et virent plus de 200 chevaux de manège, attachés aux râteliers avec des bridons à l'angloise. Ces chevaux avoient des rubans comme ceux de la Petite-Ecurie. Parmi ce nombre il y en avoit beaucoup des haras du roi d'Espagne, d'autres d'Italie et des Barbes de difTérent poil, des plus beaux qu'il y ait au monde, que Sa Majesté entretient, tant pour sa personne dans le temps de guerre, que pour faire apprendre à ses pages à monter à cheval. Ils virent ensuite 100 très-beaux coureurs anglois ^ que le Roi entretient pour la chasse. ... On leur montra aussi la sellerie. Je ne vous en dis rien, parce que je viens de vous en décrire deux. Vous pouvez par là vous représenter cette dernière ; elle est au Roi, et toutes les choses qui appartiennent à ce monarque sont également belles.

* On peut voir la représentation de ces carrosses sur divers tableaux de Van der Meulen : l'entrée de Louis XIV et de Marie-Thérèse à Douai, en 1667, une vue du château de Versailles (.n°^ 2078 et 2145 du Musée de Versailles), un tableau du musée des voitures à Trianon, etc. Le musée de Cluny possède aussi plusieurs carrosses anciens. — Des artistes d'une certaine valeur peignaient les panneaux de ces riches voitures, par exemple Lucas Auge, mort en 1765 (voir Mariette, Ahecedario).

' Le 11 juillet 1691, Louis XIV mena le roi et la reine d'Angleterre voir les Ecuries. Le roi d'Angleterre dit qu'il n'avait jamais vu tant de beaux chevaux anglais ensemble (Dangeàu).

LES ÉCURIES DU ROI

Les écuries du Roi et le haras royal de Saint-Léger * étaient sous les ordres du grand écuyer de France, successeur des anciens connétables [cornes staàuH), et qu'on appelait tout court Monsieur le Grand. Il avait sous ses ordres : le premier écuyer de la Grande-Ecurie, les 3 écuyers ordinaires et les 3 écuyers cavalcadours, les porte-épées de parement, 30 hérauts d'armes, poursuivants d'armes, porte-manteaux, portecabans, 46 pages, leur gouverneur et leur précepteur, 42 grands valets de pied, 8 fourriers, des cochers, des maréchaux de forge, 40 palefreniers, des chevaucheurs, 12 grands hautbois et violons, 12 trompettes, 8 joueurs de fifres ou tabourins, 6 hautbois et musettes de Poitou, 6 cromornes et trompettes-marines, plusieurs saqueboutes et cornets, qui servaient en différentes cérémonies « pour rendre la fête plus célèbre ; » venaient ensuite : les médecins, apothicaires et chirurgiens des écuries, des tireurs d'armes, des voltigeurs, des courretiers, des cuisiniers et autres officiers de bouche et de sommellerie, des lavandiers, des tailleurs, 1 sellier,

I éperonnier, 1 brodeur, 1 charron, 'I bourrelier, 1 menuisier, 1 garde-meuble, 1 garde-malade, etc.

Le grand écuyer réglait toutes les dépenses de la Grande- Ecurie ; il recevait le serment de tous ceux qui dépendaient de son service. Un de ses principaux privilèges était de marcher devant le Roi, portant l'épée royale dans le fourreau de velours bleu fleurdelisé d'or, et pendue au baudrier de même étoffe, son cheval caparaçonné de même, lorsque le Roi faisait une première entrée à cheval dans les villes de son royaume.

II portait aussi l'épée royale aux pompes funèbres. A la mort du Roi, tous les chevaux de l'écurie et du haras devenaient sa propriété.

La Grande-Ecurie renfermait 300 chevaux : chevaux de main du Roi et des princes, et coureurs'.

Le premier écuyer, qu'on appelait tout court Monsieur le Premier, commandait la Petite-Ecurie ; il avait dans son

* Près de Montfort- l'Amaury. Ce haras figure dans les Comptes des Bâtiments dès 1666. Il fut transféré en 1715 au Buisson d'Exmes et Terres du Pin situés en Normandie [Etat de la France].

^ On trouve aux Archives nationales 6 cartons contenant les achats et noms de chevaux de 1613 à 1792 (0 * 895-900).

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service les carrosses, les calèches, les chaises roulantes, les chaises à porteurs. Il était sans cesse en lutte avec M. le Grand, qui prétendait avoir la haute direction de la Petite- Ecurie; aussi les Archives nationales renferment-elles deux cartons relatifs aux contestations entre le grand et le premier écuyer

Le personne] de la Petite-Ecurie se composait de 20 écuyers pour accompagner le Roi à la guerre et à la chasse, ou le suivre quand il allait en carrosse, de 3 écuyers de la Petile- Ecurie, de 32 pages, de 15 valets de pied, de 12 maîtres palefreniers, de 4 maréchaux de forge, de 4 porte-chaises, de 4 cochers du Corps, de cochers des carrosses, et de postillons. En 1712, le Roi avait 25 beaux attelages, chacun de 10 chevaux.

Le nombre des chevaux sous Louis XV était, en 1750, de 2200, dans la Grande et la Petite-Ecurie, sans compter les 300 chevaux de la Vénerie ^.

Les pages de la Chambre du Roi et ceux des deux écuries appartenaient tous à la noblesse. Ils étaient instruits à toutes sortes d'exercices, à monter à cheval, à voltiger^ à tirer des armes, aux exercices de guerre, à la danse, gymnastique du temps. Ils avaient un gouverneur et des précepteurs, des maîtres, comme on disait alors, pour les mathématiques, le dessin, l'histoire et la géographie. Les fonctions des pages auprès du Roi étaient nombreuses ; ils accompagnaient S. M. à la guerre et étaient attachés à son service et à celui des aides de camp du Roi. Le soir, ils éclairaient le Roi en portant un flambeau de poing en cire blanche.

Quand le Roi va tirer, quatre pages de la Grande-Ecurie sont détachés pour être auprès de S. M., et on les appelle les quatre Ordinaires. Ils suivent le Roi et lui portent ses chiens sur des coussins. Six pages de la Petite-Ecurie suivent aussi. Si quelques dames, pour aller avec le Roi, montoient des coureurs de la Grande- Ecurie, des pages de la Grande-Ecurie accompagneroient ces dames.

Lorsque le Roi donne à manger à quelques seigneurs ou à quelques dames en public, les pages de la Grande et de la Petite-Ecu-

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