LES ÉCURIES
Le 13 février, fut jouée au Manège l'Année galante, dont la musique était de Mion, favori de Mme de Pompadour, ce qui tlisposa le Roi à goûter ce spectacle.
La dernière fête qui devait y être donnée fut celle du lundi gras de 1775. Les frères de Louis XVI y offrirent à l'un des frères de Marie-Antoinette, l'archiduc Maximilien, un grand bal, qui attira beaucoup de Parisiens.
Quand la salle de l'Opéra fut construite au Château, le Manège cessa d'être le théâtre des grandes fêtes de la Cour. Quand vint la Révolution, les Ecuries royales finirent d'exister et tout fut dispersé.
En Tan IX, la Grande-Ecurie devint une école de trompettes.
Pendant l'Empire et la Restauration, on y installa de nouveau les pages, et on y logea divers officiers des écuries de l'Empereur et du Roi.
De 1830 à 1848, elle servit de magasins et de logements à quelques employés du Château.
En 1849, elle devint le siège de l'Institut agronomique, qu'une loi de l'Assemblée nationale de 1848 avait heureusement créé; il avait le domaine de A'ersailles tout entier pour théâtre de ses cultures et de ses expériences. Mais il fut supprimé en 1832, sous la présidence de Louis-Napoléon, et le domaine servit aux chasses. La Grande-Ecurie devint alors une caserne pour les Cent-Gardes, et un peu plus tard on y installa l'Ecole et le mess des officiers de l'artillerie de la Garde.
En 1871, on y établit une partie des bureaux de la justice militaire et des conseils de guerre chargés de juger les communales. Aujourd'hui enfin, on y trouve, sur l'emplacement des anciens manèges, une caserne d'artillerie, bâtie sous Napoléon III, les bureaux de la Subdivision militaire de Seine-et-Oise et ceux de la place de Versailles, et on y a établi de grands ateliers de construction d'affûts pour l'artillerie. On ne peut que déplorer, au point de vue esthétique, les deux cheminées d'usine qui se dressent, dans toute leur laideur, au-dessus de ces beaux édifices de- la place d'Armes, et qui font pendant au nouvel Hôtel de Ville, dont la hauteur démesurée contrarie la symétrie du style de Louis XIV.
o30 LE CHATEAU DE VERSAILLES.