LA VÉNERIE
Louis XV fut moins féru de chasse que Louis XIV; une autre passion, peu avouable, l'absorbait trop. Son fils, le Dauphin, n'y eut aucun goût. Ses filles y prirent quelque plaisir, l'une surtout, Madame Adélaïde, qui était bien faite, avait l'air léger et était parfaitement bien à cheval. (Luynes.)
Nous n'entrerons pas ici dans le détail sur la vénerie de ce temps, sujet sur lequel se complaît le duc de Luynes ' ; il est bon de dire pourtant que c'est à Louis XV qu'on doit le pavillon de chasse de Saint-Hubert, entre la forêt de Rambouillet et celle de Saint-Léger, ainsi que ceux du Butard, de Verrières et de Fausses-Reposes.
Louis XVI fit bâtir le pavillon des coteaux de Jouy, audessus du Pont-Colbert. Il fut chasseur plus ardent que roi énergique; témoin son Journal (du 1er janvier 1766 au 31 juillet 1792 , dont la chasse occupe une place considérable. En treize ans, il tua 1,274 cerfs et 189,251 pièces de gibier de toutes sortes2.
Depuis la Révolution, les domaines de Versailles et de Marly n'ont plus été que les théâtres de simples chasses au rabat. Les tirés de Marly sont réservés pour le Président de la République.
1 Luynes, Mémoires, t. Ier.
2 D'après son Journal, publié en 1873, par M. Nicolardot.