‹ Le château de Versailles et ses dépendancesChapitre 72 sur 166 · L'AMBASSADE DE SIAM · texte numérisé non relu

L'AMBASSADE DE SIAM

« L'extrême goût que Louis XIV avait pour les choses d'éclat » trouva une pleine satisfaction par l'ambassade qu'il reçut du Siam. Ce pays, l'un des plus lointains de l'Asie, venait de voir les Français établir des comptoirs sur les eûtes de Coromandel et porter dans ces régions la réputation de leur roi. Le grand vizir du royaume de Siam, Grec d'origine. chargea les ambassadeurs, parmi lesquels se trouvaient deux jésuites, de grands présents à Louis XIY, avec mission de dire que ce roi indien ne voulait faire de traité de commerce qu'avec la nation française et qu'il n'était pas même éloigné de se faire chrétien.

Le 1er septembre 1086, le Roi donna audience aux ambassadeurs sur un trône qui fut élevé dans le salon de la Paix. « Il avait un habit à fond d'or, tout chamarré de diamant s d'une grosseur prodigieuse '. » M. d'Aumont. premier gentilhomme de la chambre, avait réglé la cérémonie, qui fut fort belle. « Les ambassadeurs, dit Uangeau, parlèrent fort bien : l'abbé de Lyonne, le missionnaire, leur servit d'interprète; ils demeurèrent au pied du trùne jusqu'au moment qu'ils présentèrent au Roi la lettre de leur maître; ils montèrent pour la lui rendre jusqu'à la dernière marche. Les Siamois témoignèrent un profond respect par toutes leurs mines, et s'en retournèrent jusqu'au bout de la Galerie, toujours à reculons, ne voulant pas tourner le dos au Roi. »

Cette ambassade siamoise eut d'ailleurs plus d'éclat que de résultat '-.

1 Marquis de Sourches, Mémoires.

- Une gravure de Sébastien Leclerc a conservé le souvenir de cette réception.

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