MORT DU DUC DE BERRY
En 1714, le 4 mai, la mort frappait le dernier petit-fils du vieux Roi, le troisième fils du Grand Dauphin, Charles, duc de Berry. Un enfant de quatre ans restait l'unique espérance du trùne.
l'histoire. — LOUIS XIV. 343
Et. en prévision de la régence, il prit des dispositions testamentaires. Sans doute, il restait de légitimes héritiers de la couronne, le duc d'Orléans et son fils et les deux jeunes princes de Bourbon-Condé; mais ils pouvaient disparaître. et, d'autre part, ils n'étaient pas de son sang personnel. C'est alors qu'il confirma l'édit de 1694. par lequel il avait donné rang à ses deux bâtards, le duc du Maine et le comte de Toulouse, après les princes du sang, et décida que les fils du duc du Maine auraient les mêmes honneurs que leur peu' : et, comme couronnement, il ordonna ledit de juillet 1714) qu'ils hériteraient de la couronne, au défaut de princes légitimes.
C'était aller à rencontre de cette maxime fondamentale de la monarchie française, que la couronne se transmettait de mâle en mâle dans la descendance légitime; mais, en ce moment, le pouvoir absolu avait tout retourné et l'on pouvait répéter, avec une .application un peu différente, le mot des vieux légistes : Si veut le Roi, si veut la loi. Si l'édit indigna Saint-Simon, il fut enregistré' sans difficulté par le Parlement, qui était l'interprète de l'opinion publique.
Louis XIV régla en même temps la question de la régence dans son testament daté du '1 août 1714. Nous y reviendrons plus loin.