‹ Le château de Versailles; histoire et descriptionChapitre 35 sur 54 · L. SaJle de bains de Madame Ad6l»Ida (laa tû · texte numérisé non relu

L. SaJle de bains de Madame Ad6l»Ida (laa tû

La salle de bains de Madame Adélaïde date de 1765*. Ses lambris sont décorés de charmantes sculptures dorées représentant les attributs de la pëcbe et de la chasse sur l'eau. La fenêtre, gui ouvrait alors sur une petite cour, et qui donne aujourd'hui sur l'escalier des Ambassadeurs de Louis- Philippe, cette fenêtre, disons-nous, a été en grande partie bouchée par M. Nepveu pour encastrer un grand tableau sur le mur de l'escalier. Le cabinet est devenu un cabinet noir,

' BàrbIBR, V, 173. — D'AnaKKaoN, III, 405; VII, l!l, — dtnA iVirtcht, 1752, ■a" 18.

* XI, Ui- Mars 1752.

* Les IroiB arcades du Testibals da l'andBa CBcalier. — L'aile de U' le comte de Noailles fut abttlue en ITTl et remplacée par l'aita Gibrial •» 1772, avant qu'oa lit coDsltiùt l'escalier projeld. Gabriel dut Taire ua esrali" dîne le nouvelle ule, msia Uarie-Aatai nette fit coailruire une laUt ^' •pectacle sur l'emplacement réservé. Louis- Philippe a fait abaU» Il m"' de spectacle, remplacée aujourd'hui par dea magasina.

* Archives natioualei, cirtoo O' 1773.

mais le tableau est placé. Sous Louis XYI, ce cabinet était devenu le eoHnet de la cassette du Roi.

Petite oonr (186) et escalier de Meedames (135 hU).

La petite cour et Tescalier de Mesdames ont été à leur tour détruits sous Louis-Pbilippe, qui les a remplacés par rescalier appelé à tort Tescalier des Ambassadeurs, et destiné à conduire, au premier étage, aux salons de Diane et de Vénus.

Antichambre de Madame Adélaïde (196).

L^antichambre de Madame Adélaïde a été établie sur une X>artie du palier oriental du véritable escalier des Ambassadeurs, celui de Louis XIY . On admire encore dans cette antichambre une des deux portes de Tancien escalier des Ambassadeurs, celle qui ouvre sur le salon de Vénus; ses sculptures dorées, la serrure et le verrou en cuivre ciselé par Gucci font de cette porte une des plus belles œuvres décoratives du château. Quant à Tantichambre elle-même, il n*y a rien à en dire.

Salon de Madame Adélaïde (13S).

L'autre partie de Tappartement de Madame Adélaïde, — le salon, la chambre à coucher et la salle à manger, — fut établie sur l'emplacement de la galerie de Mignard.

Cette galerie avait subi une première attaque en 4736, et avait perdu sa voûte et ses peintures, parce que Louis XV faisait faire à cette époque Tappartement des maltresses, situé au-dessus de cette galerie et d'une partie de ses appartements particuliers ^ La Martinière nous apprend qu'on fit alors une décoration nouvelle de la galerie*. On y posa des glaces et des tentures de damas rouge ; Verberckt et Dugoulon, c nos plus excellents sculpteurs en ce genre i», déco-

* Sallw 126, ir, 130.

* JHct, §éo$rapk*, art. Vkrsaillxs, 101, 1^ colonne.

rèrent de leurs élégants bas-reliefs en bois el en sluc les trumeaux, les corniches et les plafonds ; quarante-quatre tableaui des plus grands maîtres furent placés dans la galerie, ainsi que des tables eux pieds dorés couvertes de brèche violette, sur lesquelles on plaçait do précieux objets en cristal de roche. La Petile-Galerie ainsi transformée fut choisie par le Roi pour servir aux représentations des petits cabinets peadant les années 1747 et 1748,

En 1750 on la démolit complètement et on la remplaça par trois pièces nouvelles, dont deux (133 et 131) furent agrandies aux dépens de l'escalier des Ambassadeurs.

Le salon de Madame Adélaïde (132) est l'une des salles les plus richement décorées des petits appartements. Tout est sculpté et doré, et d'un goût exquis : cheminée, lambris, portes, volets, cadres des glaces, voussure du plafond, plafond, et il est bien regrettable de ne pas connaître avec certitude le nom du grand artiste à qui l'on doit ce chef-d'œuvre. On peut cependant, sans risquer trop de se tromper, l'attribuer à Verberckt, Les motifs des sculptures des lambris sont des instruments de musique, ce qui permet de croire que c'était le salon de musique de Madame Adélaïde, qui se plaisait à jouer du violoncelle.

Le lustre est du temps de Louis XV. Les chenets représentant des Chinois, et les appliques de la cheminée, en cuivre ciselé doré et du temps de Louis XVI, sont des échantilloas à signaler de l'art du bronzier à cette époque.

A la mort de Louis XT, Louis XVI réunit l'appartement ^ Madame Adélaïde à ses petits appartements. Le salon de musique ((32] devint alors le caHnel des Bijoux; la cbamlire à coucher (133). la HHiotMqui du nouveau roi; la salle' manger (1 34), le s<Uo» du Porcelaines, et le cabinet de Hadaaie Adélaïde (137), une salle de billard.

A son avènement (1774), Louis XVI donna l'ordre d'étatilir SB bibliothèque dans la chambre à coucher de UadameAd^-

laide % et chargea Rousseau d'exécuter les sculptures de la salle*.

La salle est entourée de corps de bibliothèque, au-dessus desquels on voit plusieurs grands bas-reliefs dorés. Ces sculptures n'ont rien de bien remarquable ; au contraire, la cheminée, en marbre blanc, avec ses enfants sculptés et ses cuivres ciselés et dorés, est im chef-d'œuvre qui fait le plus grand honneur à Rousseau *.

On remarque sur la cheminée ime pendule de Boule, et, dans le reste de la pièce, deux bustes de Louis XV et de Marie Leczinska, en faïence émaillée, et un bureau avec cuivres ciselés que la tradition assure être celui de Louis XVL

SaUa à manarer de Madame Adélaïde (134).

La salle à manger de Madame Adélaïde devint sous Louis XVI le salon des Porcelaines, mais sa décoration n'a pas été changée. La cheminée est en brèche violette; on y a placé une pendule Louis XV ; les chenets, représentant des lions accroupis, sont des bronzes dorés de style Louis XV, ainsi que les fermetures des fenêtres et un verrou aux fines ciselures. Les lambris et leurs sculptures sont blancs avec peu de dorure. Quatre dessus de porte, représentant des sièges de Tilles du temps de Louis XIV et dus au pinceau d'un artiste de récole de Van der Meulen, sont bordés de cadres trèsriches et encore plus élégants, car les décorateurs de ce temps savaient allier la richesse et la légèreté. Les motifs de leurs sculptures sont en même temps d'une extrême

' Aich. nat., carton 0* 1773 ; ordre du Roi du 10 Juin 1774.

* Lm Rousseau ont formé une famille de sculpteurs du Roi depuis Lo«iis XIV Jusqu'à la Résolution. Celui dont nous parlons ici doit être AmUnmê Bimtseau^ qui a été Tun des principaux ornemanistes de la fin du rèfrne da I^nis XV et du règne de Louis XVI.

* Le BuUeti» du BihliophiU (1859, p. 817) contient l'analyse d'un ma- Boscril intitulé Caiûlopn du litres du cabinet du Roi à Versailles, #775. Ce manuscrit, relié en maroquin rouge, appartenait alors au libraire Teehaiiar. L'analyse donnée par le Bulletin nous apprend que la bibliothèque do cabinet contenait près de 4000 volumes, dont 72 volumes in-folio rBDMrmant des gravures de cérémonies, fêtas, etc. La plupart de ces derniars volnmaa soot aujourd'hui à la bibÛothèqua de Versaillea.

LE CHATEAU DE VERSAILLES variété ; ce sont des amours, des rosaces, des coquilles, des arabesques, des enroulemenls, des guirlandes, des bouquels de fleurs, des armes, des iostrumeats de musique, de jardinage, de pèche el de science, des couronnes, des Beurs de lys, le chiffre du Roi, des culs de lampe, des médaillons avec amours, jeux d'enfants, etc., le tout bien français, bien moderne, sans aucune influence étrangère el en dehors de toute préoccupation de l'antique.

On remarque dans cetle salle quatre bustes en terre cuile peinte représentant Louis XV, Louis SVI, Marie-Antoinelle et le comte de Provence. Il faut citer aussi une tapisserie faite en 1T7< par Cozelte d'après le portrait orBciel de Louis XV par L.-M, Vanloo.

Cabinet de Madame Adélaïde [VJn).

Le cabinet de Madame Adélaïde avait été sous Louis Xl^ le cabinet des Médailles et des Curiosités. Il avait servi aiu spectacles des pelils appartements en 1747-i8, Louis SVI en lit une salle de billard'. C'est aujourd'hui la salle qui renferme les gouaches de Van Blarenbergbc représentant les coni^uétes de Louis XV. La décoration de la pitee esl tout entière en style Louis XV, sauf la porte, couverte de sculptures dorées, placée en face de la fenêtre et qui ouvn sur lo salon de l'Abondance. Cette porte est du temps de Louis XIV. Il ne faut pas oublier de signaler la ciselure de l'espagnolette de style Louis XV,

Disons pour terminer ce chapitre que les précautions étaient prises en cas d'incendie. Le 1 i décembre 47i9, le feu se déclara dans les cabinets du Roi et fut éteint aussitAt. ■ II y a, dit le duc de Luynes *, un réservoir d'eau toujours plein au dessus de l'appartement du Roi, et une pompe pour le remplir. »

* PUu mM. des arclÙTes du baresu de l'urehitecte du p«]ai« da Vtt- ' IX, S3.

GaUiiflita des combles et de la cour des Gerfti.

Du c6té de la cour des Cerfs se trouvaient les dépendances de la maison bourgeoise de Louis XV. n y avait autour de cette cour (piatre étages de petits cabinets, de cuisines^ offices, lingeries, confitureries, pâtisseries^ rôtisseries, logements affectés à quelques serviteurs, le tout terminé par une terrasse sur laquelle s'élevait une volière ^ Divers plans et notes des Archives nationales * indiquent qu'il y avait un étage de cuisines contenant un lavoir, une grande cuisine, une rôtisserie et une pâtisserie, et qu'au dessus était situé rétage des offices et du linge. On arrivait à cette partie du château par l'escalier des petits appartements, et par l'escalier en vis i. Cinq portes-fenêtres établies sur le balcon du premier étage de la cour des Cerfs ouvraient de faciles communications entre les appartements particuliers de Louis XY et les dépendances construites autour de ladite eour. Plusieurs escaliers, en partie détruits aujourd'hui. Tendaient facile le service dans toutes les parties de ces dépendances.

Cest évidemment dans les étages de la cour des Cerfs que

Louis XV 8*amusait à faire la cuisine, ragoûts et pâtisseries,

qu'on servait à ses invités. Le comte de Lauraguais composa

à ce 8i:get une comédie appelée la Cour du roi Pétaud^ que

nous ne connaissons que par l'analyse donnée par Collé *.

On ignore ce qu'il y avait là au temps de Louis XIV, et il n'est pas facile de dire exactement ce que Louis XV y fit de modifications ou de nouvelles constructions. Ce qui parait certain, d'après les registres des Bâtiments, c'est qu'il comiDença à s'occuper de ses petits cabinets des combles et de la sourdes Cerfs dès 1732. Les registres nous apprennent que ^ sculpteur Mathéant reçut 345 livres pour les ouvrages de sculpture en marbre qu'il avait faits à la cheminée d'un cabi-

U carton O' 1773 (Arch. nation.) renferme un dessin lavé en vert "^Ç^^tant cette volière.

, tfdme carton, plans de 1763.

^oir le Journal de ColU, édit. Honoré Bonhomme, III, 47.

LE CHATEAi! DE VERSAILLES net du Roi (1732); que Verberckt reçut, en 1734, (2,iit livres 18 sols pour les ouvrages de sculpture par lui exécutés, en nsï, aux boiseries des cabinets et bibliothèque du Roi; qne le ferblantier Moreau fut aussi payi en 1734 des ouvrages en fil de laiton, prolablement exécutés à la volière.

Piganiol ' complète ces renseignements. Il nous dit quo l'on a fait dans l'attique des bStiments de la cour des Cerfs plusieurs cabinets où le Boi se relire quand il veut être en particulier. L'un de ces cabinets est une bibliothèque deià 5000 volumes, dirigiîe par Hardioo, de l'Académie française, et l'un des volumes était les Heures d'Anne de Bretagne*.

La Martinière donne aussi quelques détails sur cette partie des petits cabinets :

Montons à présent, dit-il, dans ce qu'on appelle les potils apputemcUK que le Roi a l^it construire dans les combles en mansoide, pour s'y délasser quelquefois après ses retours de chasse; on j monte par un petit de(;ré ovale particulier ' ; il y en a un autre de dégagement pour le service (escalier i). Toutes les pièces de aa petite appartemens n'ont que 9 & 10 pieds do hauteur, et forment dans ime suite asacK étendue plusieurs cabinets de diffêreotti conâgnrations : les une servent à des bibliothèques, les autres d> galles à maiipur. d'autres sont destinés pour le jeu; il y en an en galerie ; le Roi j a un tour ; dans un bout séparé on trouve nu cuisine; il ; a des pièces séparées qui sont destinées pour distilla, avec un grand lahoratoire.

La plus grande partie de ces pièces est décorée de lambris d< menuiserie ornés de sculpture d'un goût délicat proportionné tu peu de hauteur : le travail en est exquis ; les cheminées, de marbre rare, sont de forme singulière avec des glaces aa-deam ainsi qu'à d'autres trémeaux en différentes parties. La prindpale des pièces qui servent & la bibliothèque est distribuée par aimoirtf KQ pourtour ; les cadres dea vantaux qui s'ouvrent renferment da glaces blanches, & travers lesquelles on voit les livres qnl saot très-bien choisis et trÈs-bien reliés. 11 ; a une pièce en petiu galerie qui communique à celle que noua quittons ; elle «st oodbtruite avec des compartimens d'armoires sans portes, au fond doquelles sont de très-belles cartes, qui se développent avec dei

' Edition de ITU. I, 317.

* Pigaoiol sa trompe quaad il attribua Im HnlpturM de cette UbliotUipi k Dugoulon et à Romid ou Hoamier ; on sait pu le* T«giatrca dea BMr menU qu'elles sont de Veitterckt.

* L'sKslier des pe tils ipperleiiienl*.

LES APPARTEBŒNTS 327

rouleaux montés sur des ressorts : rien n*est doré que les moulures les glaces, les omemens de dessus, les cheminées, ceux des trémeaux et les bordures de plusieurs tableaux ; tout le reste dos lambris est peint de dififérentes couleurs tendres appliquées ayec on Ternis particulier fait exprès, qui se polit et se rend brillant par le mélange de huit ou dix couches les unes sur les autres. Les tableaux que Ton y Toit sont des ouyertures d'huîtres à des déjeuners de seigneurs autour d*une table, par Detroy ' ; des conyiTes dans la Joie, par Lancret *. Dans la pièce en galerie, il y en a six autres représentant dififérentes chasses d'animaux féroces étrangers, comme celles du lion, du tigre*, de la panthère, de l'éléphant, du taureau sauvage et de l'ours. Ces tableaux sont sortis du pinceau de Detroy, de Boucher, de Vanloo, qui en a fait deux, de Parrocel et de Lancret. Ils sont tous d'une très-belle composition et très-bien traités. On y en remarque encore d'autres petits qui servent d'omemens dans dififérens endroits de ces petits appartemens, dans lesquels il est facile de reconnoltrc le caractère de gaieté de Lancret.

Tout cela est détruit ou a été remanié. La volière a disparu depuis longtemps; les cabinets de Tétage supérieur de la cour des Cerfs ont disparu aussi vers 4855, quand M. Questel I démoli le quatrième étage des bâtiments de cette cour^, dont [a toiture était en très-mauvais état, et c*est alors qu*a été enlevé le balcon qui régnait à Tétage démoli '. Enfin la biblioibèque actuelle de Louis XV et Tappartement de M™« Du- !>arry ont remplacé les premiers cabinets du second étage de !a cour de Marbre.

Appartement des maîtresses.

L^appartement des maîtresses, qu'on appelle ordinairement

* Ce taUeaa, conna sous le nom du Déjeuner d*huUr$Sf appartient au- |oiiid*hai au dac d*Acimale.

' Ce tabletu, connu sous le nom du Déjeuner de Jambon, appartient aussi m due d'Aumale.

* La Chasse du tigre se trouve aojourdliui à Fontainebleau ; elle ef t ligDée Ltmeret, 4750.

^ Tootea lea pièces détruites étaient de petits cabinets, dont les lambns •eolptés avaient déjà été enlevés lors de la création du musée. Ce qui reste des étages de la cour des Cerfs ne se compose que de corridors et de petites pièces sans intérêt.

* Ce balcon a été placé au premier étage de la cour des Cerfs, en remplacement de l'ancien qui était en mauvais état.

LE CEATEAII BE \'ERSAILLE3

l'appartement de H"' Dubarry, était situé au-dessus des ap parlementa particuliers de Louis XV' el comprenait plusieurs pièces éclairées sur les cours intérieures el situées au-dessus des salles 13S, 129 et <31.0n y accédait par le petit escalier du Roi. Les femiDes qui l'ont occupé sont : M™ de Mailly, pour laquelle il fut établi en 1736. M"" de Châteauroux, M"" de Pompadour, qui y demeura jusqu'en (752, et M™ Dubarry.

Nous renvoyons, pour la description de cet appartement au chapitre relatif à M™ Dubarry. Ajoutons que Madame Ad^ laide, après le départ de M™" de Pompadour, avait établi sa bibliothèque dans la partie de l'appartement des mailresses située au-dessus des salles 133, t33 et 134.

Blbllothéijne de LodIb XV.

On a vu que Louis XV, en I73î, s'était fait faire une bibliothèque dans les nouveaux petits appartements. En 1764, il en fit établir une autre' sur ta cour de Marbre, au-dessus de la salle du Conseil (125), sur l'emplacement de son cabinet des bains qui fut reporté au premier étage. Cette bibliothèque existe encore et sert aujourd'hui de bibliothèque au château. Elle est éclairée par trois lucarnes ovales ouvrant sur la com de Marbre. De ces fenêtres on jouit d'une très-belle vue sur la place d'Armes et l'avenue de Paris. A l'une d'elles il y avait une glace percée d'un trou circulaire, par lequel Louis XT faisait passer sa lunette d'approche pour voir jusqu'au bout de l'avenue de Paris. Dans le travail de restauration de II façade occidentale de la cour de Marbre, exécuté par U. Qae6tel, cette glace a été déplacée et posée à l'une des lucarnes qui éclairent la voussure de l'Œil-de-Bœuf.

La décoration de cette bibliothèque est fort simple ; la ebemloée est en marbre ; les boiseries sont décorées de quelques sculptures ; la tablette qui supporte les armoires supérieures est toute de marbre, et les armoires sont encore celles de Louis XV.

fl tu, m, m, 131. 133, m.

Appartement des petites maltreeees.

Louis XV fit établir, au second étage du corps principal du palais, du côté du parc et de la chapelle, un appartement pour les petites maîtresses (pi'on lui amenait au château. Mous reparlerons plus loin de cet appartement.

Les toits.

Louis XY aimait à s'y promener. On lit dans le duc de Luynes * :

Depuis qpielqae temps le Roi monte après souper sur les toits du château, et se promène avec ceux qui ont eu Tbonneur de souper ayec lui jusqu'au bout de Taile Neuve, et de là jusqu'à celui de Taile des Princes. Il a été plusieurs fois faire la conversation chez M°^ de Chalais, par une fenêtre qui donne sur le toit, et chez M°^ de Tallard *, par la cheminée. Il y eut môme une conversation assez plaisante chez M^^ de Tallard, et qui fut remarquée ; mais comme je n'y étois pas, et qu'on n'a pas pu m'en dire les termes précis, je ne l'écrirai point. Il m'a paru seulement, par ce que j'en ai appris, que le Roi avoit parlé assez naturellement sur son goût et son caractère par rapport à la société. Le jour môme de cette conversation, ou le souper d'après, il descendit, avec tous ceux qui le soivoient, de dessus le toit par une fenôtre qui n'est point grillée et par une échelle. Il joua à cavagnole pendant une heure ou environ, et descendit ensuite chez W^^ de Clermont, où il ne fut qu'un qiiart d'heure. Lundi dernier, il retourna encore à la môme cheminée de M™* de Tallard, et ayant voulu descendre par la môme fenôtre, U trouva les barreaux mis. Il envoya quérir un couperet, qui fût ce que l'on put trouver de plus près ; mais ce fut inutilement qu'on essaya de faire une ouverture. Le Roi vint regagner ses cabinets, et étant redescendu dans la cour, il traversa celle des Princes, et alla chez M°^^ de Tallard, ayant laissé M. de Souvré * et un autre auprès de la cheminée, faisant la conversation poiir que Ton ne se doutât point qu'il fût parti.

L*on a beaucoup raisonné sur cette fenôtre fermée d'un souper à Tautre. J'en ai parlé aujourd'hui à Gabriel le fils, qui m'a dit qu'entendant parler le Roi de sa promenade sur les toits et de ce

* I, »?, juiUet 1737.

* Gouvernante des Enfants de France.

* llaltre de la Garde-Robe.

qu'il ôtoit descendu par une Tenêtrc chci M"* de Tsllard, il lui avoil dil que. no connoissasl poinL de passage oavort, il ne comprecoil poinl par oii Sa Majc5l4 avoil pu descoodre ; que le Roi lui sjant dil par cpicUe Tûnaire, il lui avoit répondu : « Sire, c'est ma laule ; celle fenêtre devpoïl Blro fermée, el je Taia donner ordre ipi'oD [g ferme ; >> que le Roi ne lui a^anl point donné d'ordre contriiirv. il avoil dil le lendemain qu'on fermSl la fcaêlre, et que la grille s'étaiit trouvée toute prête, \a fenêtre avoit él4 Terniéu avec beaacoup de diligence ; que M*"" de la Lande *, dans l'apparlemesl de laqrielle donne ceUe fenêtre a'avoil pas été fâchée non plua qu'elle le fût promptement.

T juillet. — Le Roiaoupa hjer daae ses cabincls au retour de 1) cliBfise. Âpres souper il se promena sur les toits du c3té de l'aile Neuve et envoya M. de Boubiso à la cbeminéc de M™* de Talliid faire la conversation, pendant que Sa Majesté passa par les conrs. Il passa b la porle de M"" de Luynes qu'il ouvrit lui-même ; la suisse, b moitié endormi, ayant voulu ouvrir los deux baltanis, It Roi s'en alla chez M""" de Tallard où il y eut un catagnole. Sa Majesté y gagna environ lOO louis.

Louis XVI se plaisait aussi à se promcDer sur les toits do chûtcau, el il est de fait qu'oa y jouit d'une très-belle vue el qu'on y fait de charmantes promenades '.

^^ Cabinets de Lonls XTI et la Torse.

Louis XVt conserva tous les petits cabinets que Louis XV avait établis dans les bauts du cbâteau ; il mil toutefois st bibliothèque auplainpied de son appartement, c'est-à-dire la premier étage*. Le comte d'Hézecques nous parle des cabinels de la cour des Cerfs, où Louis XVI avait une suite de cartes de géographie, des plans en relief, des modèles de Taissesuz, un petit observatoire et sa forge.

Louis XV faisait la cuisine; le Dauphin son fils, du plain chant; Louis XVI, de la serrurerie. Sa forge était établie dam les combles de la façade principale de ta cour de Marbre, i droite de l'horloge et à cAté de la bibliothèque de Louis XV. Elle existe encore. On y voit l'âtre garni de plaques de foote

' ADdeone lous-gouvemanta da Rai, aoiu-gouvamut« dM EdIidIb i'

' D'HincauBS, Sauvtiiirt ifv» pag» iê la Cour de Letiii XVI, p. lit' ' SiUb 193.

ornées et la hotte. L'entrée de la hotte est décorée d'un bandeau mouluré et supporté par deux consoles de style Louis XVI. k droite de la hotte il y a un petit four, dont l'ouverture inclinée est fermée par un couvercle en fer à poignée. (Test là que le roi de France, aidé par le serrurier Gamain, qui devait jouer à la Révolution un si triste rôle, forgeait dafe, marteaux et verroux, et fabriquait des serrures.

Appartements de la Reine.

On fity pendant le règne de Louis XY, quelques change* ments à l'appartement de la Reine, à la chamhre à coucher surtout, et aux petits appartements.

Ce fut en 4734 que Ton exécuta les travaux de la chamhre de la Reine. Le plafond fut presque totalement refait. Les peintures de De Sève étaient devenues noires, ce qui rendait la chambre sombre et triste. On enleva ces peintures et l'on changea toute la disposition du plafond ; on figura, dans la partie supérieure, une coupole en perspective, remplie d'une mosaïque garnie de roses fleuronnées. Les peintures de De Sève furent remplacées par quatre grisailles de Boucher r^résentant la Charité^ V Abondance, la Fidélité et la Prudence; elles furent peintes en 1734 et payées 1000 livres ^ Toutes les dorures du plafond ont été faites par Lemaire '. Les tableaux placés au-dessus des portes sont entourés d'élégantes bordures et ont pour sujet : l'un, la Jeunesse et la Vertu présentant à ïçl France les deux jeunes princesses jumelles, Mesdames Elisabeth et; Henriette, nées en 4727; l'autre, la ffloire s'emparant des Enfants de France, le Dauphin et ses deux sœurs. Le premier de ces deux charmants tableaux est de Natoire; le second de Detroy. Chacun fut payé 4800 livres*.

Le haut des bordures des glaces détruites par Louis- Philippe renfermait les portraits de Louis XY et de Marie Lecxinska. Il y avait en haut de la bordure de la glace qui est

* Regiftre des Bttimente de 1735.

* Registre dee Bâlimentf de m4.

entre les deux fenêtres, le porlrait du roi de Pologne père de la Reine, peint par Belle '. On y voit aujourd'hui un portrait de Marie-Thérèse, femme de Louis XïV.

Le duc de Luynes nous donne quelques détails surTameubiement de la chambre de la Reine, en 17i3.

L'on commença à tendre liïcr matin * un nouveau roenbk dans la chambre de In Reine ; c'ysl un meuble d'été complet, lit. Upisaerie, (Suteuils, pliants, portières. II n'y a que deui fauteuils; l'oii n'en met pas davantage dans la chambre do la Reine. Le meuble val de p'os de Tours, blanc, brodé et peint. Le lit n'est point h quatre qiienoullleg, comme tous les lils de la Reine ont été jusqu'i présent ; il cat ce qu'on appelle à la duchesse. Le lit et les purtiârM Bont b(raux et agrénbles. U y a dans te milieu de cliaqne pièce dt tapisserie un grand vase, qui fait uu fort bel effet ; mais les ornemens qui l'accompagnent sont tout de travers suivant le go&t nau'

Eu ^T70, l'année même de son mariage, la dauphine Merie- Autoinette Qt placer ans quatre angles du plafond de sa chambre à coucher l'aigle autrichienne. On fit disparaître les anciennes sculptures, et Rousseau exécuta les quatre beam ouvrages en ronde bosse, qui furent dorés par Brancourt et par Gohert*. Ils représentent des sphinx, des lions, des enfanta et des trépieds; les couronnes, que des Amours tieiment au-dessus des aigles, sont terminées par des dauphins, qui certifient la date du travail et ne permettent pas d'attribuer ces aigles à Marie-Thérèse, femme de LotUs XIV. Forestier Qt alors pour cette chambre plusieurs bromes dorés *.

Marie Leczlnska s'occupa beaucoup de ses petits appart^ ments, où elle avait ses bains, un atelier de peinture el ud oratoire. Coypel fit plusieurs tableaux pour Uarie Leczinslca : Une Salutatiô% angilique et le Pire Btemel qui furent placés dans son oratoire (1730); l'Ange gardien qui enlève Madame Troisième au ciel (1733). Galloche peignit aussi pour les petits appartements de la Reine l'Âvrore sortant dm tei* it

' Registre des Bfliimeatt du Roi t730.

' Registre des BStîmeata du Roi, 1770.

' Regi*tre daa BStimenta du Roi, 1770.

Tkétis, Roland attendant Angélique, et Dorindi guérie par SUvioK

Appartement dn Danphin.

n ne reste plus rien aujourd'hui de Tancien appartement de Monseigneur, fils de Louis XIV. Louis XV et Louis-Philippe ont tout détruit, sauf (quelques balcons des fenêtres.

C'est en 1746, ainsi que nous l'apprennent le duc de Luynes et les registres des Bâtiments du Roi, que commença la transrormation des appartements de Monseigneur, c Cet arrangement, dit le duc de Luynes ', donne occasion de demander pourquoi Ton fait un nouvel appartement pour M. le Dauphin et W^^ la Dauphine, puisque celui qu^ils ont est beau et convenable. Il y a des gens qui répondent à cette (question, que Binet, premier valet de chambre de M. le Dauphin, est la principale cause du grand ouvrage que Ton fait actuellement pour le nouvel appartement de M. le Dauphin, parce qu'il est ictuellement fort mal logé et qu'il le sera fort bien dans le Aouveau. > Le nouvel appartement devait comprendre l'appartement de Monseigneur et celui du duc de Ghâtillon, qui avait §té le gouverneur du Dauphin.

Le %\ novembre 4747 le duc de Luynes écrivait* :

Comme on a travaillé sans relâche, et môme les fdtes et diman- :he8, à Tappartement de M. le Dauphin et de M*"" la Dauphine, il ï8t prôt actuellement, ou au moins le sera demain. L'appartement le M. le Dauphin est composé d'une salle des Gardes ^, à laquelle m arrive par la cour de Marbre en descendant quatre ou cinq narches, ou bien par l'autre côté en traversant une petite cour et Murtle d'une autre qui sont sous les cabinets de la Reine. Le reste le cette seconde cour est actuellement fermé par une grille '. De a salle des Gardes on entre dans une antichambre ' qui n'est pas

' Registres des BAtiments du Roi, 1730, 1733, 1734.

^ Salle 34. — Cette salle des Gardes et sa première antichambre formaient *ap|>artement du duc de ChAtillon, gouverneur du Dauphin (Lutkbs, 382).

* On voit encore sur le mur méridional de la cour, au milieu, les traces Sridentes du scellement de la grille.

* Partie méridionale de la salle 33, formée de plusieurs pièces remaniées MHis Louis XVI, et détruites sous Louis- Philippe pour former la salle 33.

LE CffiATEAU DE VERSAILLES

forl grande, ù droite do laquelle est le logement deBinet'.et i gBucte la porte qui donne dans l'eBcalier nouveau '. leqpiel pend dans l'Œil-de-BcDuf. La Balk des Gardes et Tant [chambre sont loutos doux le long de la cour de Marbre '. Après cette antichambre, on en Ire dans une seconde*, qui a deux croisfea; ensuite la chambra à coucher de M. le Dauphin', aussi & deoi croisées. Ces quatre croisées sont soua la galerie. Apr&s la cL«mbrc de M. le Dauphin est sou grand cabinet °, qui esl aoua le salon où la Reine joue. On n'a rien changé dans cette pièce ; on l'a eealemcnt décorûa par une belle cheminée et beaucoup de dorures. C'csl dans ce cabinet que M. le Dauphin a désiré qu'il y eût uno porte qui donne dann un petit onronccment où l'on va placer nu cabinet d'orgue asaet considérable '. De ce cabinet, en rctouroul du cOld de la terrasse, ou outre dans un petit cabinet particiiUer pour M. le Dauphin, qui est jieial on vert, comme il l'a désirt'. De ce cabinet on entre dan.s un autre petit cabinet, qui c«l cdiii do M™* la Daupbino ' : celui-ci esl peint trèa-agi*ablomcul avec dM petits cartouches et des dessins de Bérain, des Heurs, des oiseau, etc., en miniatura ". Ou y a fait une niche avec une grande glaai dans le Coud oii U y a beaucoup de dorures. Après ce cabluel est it

' Biact occupait tout la reste de la salle 33.

* Cot eacaliai est à cOléde celui de la Jauruéo des Dupes, que le Dinphâ dwtit trouver pau commode pour meuter chei le Bol-

* Le duc d« LuyuBs se trompe ii:i : l'euticbembre ftait Éclairia lur li cour du DauphiD.

' Salle 50.

> SalU a. — Elle fut formée de l'aDCien Mbluel de OlaeM at d'oa ptU CBbiuet de Uaaieigneur (Lutnes, 3S2].

' Salle M.

' Cette deatinilioD a i\é chaogfe depuis. U. le Dtnpbin a fait i^tmA \ la paroisie de Saint-Looia da l'orgue qae l'un destinoît pour aou ctbiail (Àiiitùm d» due dt Luyiut, datée du 13 aoQt ITta).

* Salle t7. — Cette salle et la salle te ne farmaient i l'4poqi;a de UnaeiKneut qu'une seule piic«, qui était » chambra i coucbsr.

' SaUe tS.

" ■ La décoration de ce cabiceta étéchsugée.Lt pTamptitudeavaelaqniUt cet ouvrage avoit été fait n'ayant pas permis de laisser Bécber lea tailM autant qu'il «uroit tté nécsuaire, ellaa s'étoient grippées, ce qui fUaoitin eSet dJaigréabla, quoique lea dessins fussent charmauts. Ou a loat M, i^ à la place on a mis da la menuiseiie avec da la scalptuie, et de fort Im goût. Tous les fonda sont en blanc, et la sculpture est peinte en Mt iTtc UD vernis par dessus. Cette espèce de décoration est riche et ■griaUe. I' prétende, et peut-Stre avec fondement, que le modela de cas menaiseriM blanches avec les sculptures vertes, est ua siIod que U°" de Layoei £< faire à Dampjene, il ; a sept ou huit ma.... ■ {ÀdJitùm d» imc i* LwpUi datée du ISaoQt 17IS). Ce fut Martin qui £t oet Duvrigs de vanûa;!] towb USB livrée [Btgitiru du BatimtiUi]. — Çà «t U, on ratrouv» an cUimi, BOUS Isa badigeouB de Louia- Philippe, dea tiaeei de om Tornii vsrtt "^ senlptnres et au monliires des boiseries.

diambre à coucher de M"^* la Dauphine \ qui est grande ; ensuite ion grand cabinet ', qui a trois croisées.... Après ce cabinet, il y a ieuz grandes antichambres ', dont Tune donne au pied du grand ascalier de marbre, et l'autre, une arcade plus loin, donne dans la

xmr ^ Du grand cabinet de M. le Dauphin, on a pratiqué un

Dorridor de communication' pour aller dans la chambre do M*°® la Dauphine par derrière les cabinets ; et do ce corridor on entre dans plusieurs petites pièces pour la commodité desdits appartemens : une garde-robe de commodité pour M. le Dauphin, fort joliment peinte en camaïeu; des bains pour M°^® la Dauphine*, qui serviront aussi à M. le Dauphin, et qui sont fort joliment peints; une garderobe pour W^^ la Dauphine ; un petit cabinet en entre-sol ; une petite bibliothèque pour M. le Dauphin, et une pièce encore après. uette bibliothèque étoit ce qui faisoit le cabinet particulier do If. de Ghûtillon ' pendant l'éducation. On estime que tout l'onrrage que l'on a lait pour ces deux appartemens montera à 100,000 6cu8 de dépenses *.

Les registres des Bâtiments nous donnent les noms de (pielques artistes qui ont travaillé à cet appartement. Pour les sculptures en bois, nous trouvons Maurisan, Verberckt ;i7A5}, Haize, Poulet; — pour les bronzes ciselés et dorés, 3k>bert (4746) et Yarin (4747), ce dernier mentionné spécialement iK)ur les bronzes faits à Tappartement de la Dauphine; — pour quatre dessus de porte peints à Tappartement de la Dauphine, Aubert, qui toucha 240 livres.

L*ameublement de la chambre de la Dauphine, posé en 1747, était en gros de Tours ; on avait employé 800 aunes de :ette belle étoffe à 33 livres Faune *.

* Salle 45. — Ancieiine antichambre de l'appartement de Monseigneur.

* Salla 44. — Céttit rancienne salle des Gardes du Dauphin [Limas, 381).

' Salles 43, 4t et 41. — On snpprima alors les colonnes qui existaient ittw l'antîchémbre 43 (Luinis, 382). — La seconde antichambre forme avjonrd'hai les salles 42 et 41.

* A c8lé de cette pièce se trouTaient trois petites pièces occupées par II"* de Brancas, dame d*honneur de la Dauphine, pour la mettre plus 4 portée du serrice de la Dauphine (Lutnss, 382). Elles étaient situées au^ isMons de la salle 142 (Appartement de M°^* de Maintenon).

' Qui existe encore.

* Cee bains existent encore en partie, et on retrouTe snr les boiseries le Mtbt da Daaphin (L) et celui de la Dauphine (M.-J.)*

^ Partie la plus méridionale de la galerie de Louis XllI. ' O'Argenson (V, 180) éralne les dépenses à 1,800,000 livres.

* Lums, YUI, 243.

LE CHATEAU DE VXRSAniLES

Appartemeat -de H»* de Fompadoor.

Dès le mois de décembre 1749, M"" de Pompadour, toutepuissanle, ne voulut plus se contenter de l'appartemenl qu'elle avait jusqu'alors occupé au second étage du cbâieau. AprÈs une lutte IrÈs-vive soutenue contre Madame Adélaïde, elle obtint un bel appartement, au rez-de-chaussée, danj l'aucien appartement des Bains, jusqu'alors occupé par la comtesse de Toulouse et M. de Penlhièvre '.

U BBt fort questmn ici, depuis quelques jours, écrit le duc de LuyDes ', d'un chaDgcmcnl d'à pp a r te mens, et môme ce nooTd arrangement est corfaia, quoiqu'on ne le dise pas encore toni bout. M'°" de Pumpadour va loger oii logEul actuellement U. lA M"" de l'enibièvre. Les apportcmena de M, et do M"* dsPeullûËTR et de M"'" la comtesse de Toulouse comprennent tout ce qui Ml depuis la voiïte de la chapelle jusqu'à l'encoignure du chll<*a BUr la terrasse RiJsaut face au parterre du Nord, el dans le TvUlW sept croisées sur la face du cliQleau du cdté de la terrasse, c'est-t-

dire tout le dessous de l'appartement du Boi C'est dans cclet'

rain que l'on arrange un appartement pour M. el M"' de PenlMënt, BUT le double duquel il y aura un petit appartement complet pou U'"" la comtesse de Toulouse, qui ce l'iialiile plus ; elle loge diiu une petite maison prbs de la Paroisse, cl uc vient au chOleauque pour voir le Roi, qui descend chez elle lea jours de grand couveii, après souper. Elle vient aussi voir la Reine de temps en tempt dans ses cabinets. La partie la plus procbe de U Toikte va Sbc accommodée pour M™" de Pompadour, et dans celle entre U. de Penthiévre et M'°' de Pompadour on va faire des petits cabiaets oii te Roi ira souper. Voilà le projet jusqu'à présent ; on n'en dil pas la raison, mais il n'est pas difficile d'eu juger.

M*" de Pompadour connolt le Roi ; elle sait qu'il a de la leligioD, et que les réilexions qu'il fait, les sermons qu'il entend, peuvent lui donner des remords et dea inquiétudes ; qu'il l'aiiDe i la vérité de bonne foi, mais que tout cède à des réflexions sérieuses, d'autant plus qu'il a plus d'habitude que de tempéranenl, et que s'il lui arrivoit de trouver dans sa famille une compagnie qui s'occupât avec douceur et gaieté de ce qui pourroit l'amuseî, peut-être que n'a;ant paa une passion violente à vaincre, il lèroii céder son goût présent à bod devoir. Elle a remarqué le goût da Boi pour Mesdames. Le séjour de Madame Infante dans l'epparte-

hBS APPâR1*£MENTS 337

leni de M°^ la comtesse de Toulouse a fait connottro encore avantage au Roi la facilité de faire usage de cet appartement par n ]>etit escalier dérobé qui avoit été fait du temps de M"*^ de lontcspan ' ; c*est par cet escalier que le Roi descendoit souvent hex Madame Infante, avec laquelle il avoit de fréquentes couver^ aiions.

Comme il est vraisemblable que Madame Sophie et Madame Louise e seront pas longtemps sans revenir de Fontevrault, et que cela fera ne augmentation de logemens, il étoit aisé de prévoir que le Roi, ni a pris l'habitude, depuis environ quatre mois, de faire revenir [esdames sans panier chez lui après souper, et les jours de chasse ans ses cabinets faire une espèce de retour de chasse, pourroit ien loger Madame Henriette et Madame Adélaïde dans cet apparsment, et s*accoutumer à y descendre et même à y souper. Voilà récisément ce qu'elle a voulu éviter.

J*ai su depuis que M°*® de Pompadour dit que c'est le Roi qui a onlu cet arrangement.

Le bel appartement que M"*^ de Pompadour occupe au haut du hflteaa, près des cabinets, est destiné à M. le Duc et à M*°* la ochesse d'Ayen.

M"^ de Pompadour remporta sur la Reine et sur Mesames; elle obtint Tappartement désiré, et Ton sent une sorte 6 cri de Tictoire dans la lettre qu'elle écrivit à ce sujet à I^de Lutzelbourg : « Le Roi m*a donné le logement de M. et è M"^ de Penthièvre, qui me sera très-commode ; ils passent ans celui de M°^« la comtesse de Toulouse, qui en garde une etite partie pour voir le Roi tous les soirs. Ils sont tous (rèsontens, eê mai austi^ et c'est par conséquent une chose gréable. Je ne pourrai y être qu'après Fontainebleau, parce ii*il faut l'accommoder '. »

Les travaux commencèrent en janvier 1750'. Ce fut alors ii*on trouva, sous une estrade, la grande cuve octogone en oarbre de Rance qu'on avait placée dans l'appartement des Kalns, sous Louis XIV, afin que plusieurs personnes pussent e baigner ensemble, comme c'était alors l'usage ^. M™^ de ^ompadour occupait son nouvel appartement au commence-

' Gomme tant d'autres, cet eectlier a ét^ démoli.

* Prtmitrt wtéUnga de la Société iet Bibliophiles français, VI.

* Lut:ii8. X, 179.

^ Cette cuve fut tranaportée à l'Ermitage de M<"® de Pompadour et lacée dans le JsidîD, où elle est encore (Luthbs, X, 188).

meulde 1753.11 se composait des salles des Maréchaux 56,67,

68 et 69.

La salle 56 était sous Louis XIV, comme aujourd'liui, im grand vestibule décoré de huit colonnes en marbre rouge de Flandre. Sous Louia XV on en fit, à l'aide de cloisons établies entre les colonnes, trois pièces : l'une, du cAté de 11 salle 55, et celle du milieu furent données à la comtesse ât Toulouse ; la Iroisiëmc, qui est adjacente à la salle 57 commençait l'appartement de M"" de Pompadour. Toutes ces cloisons ont été abattues par Louis-Pliilippe, qui a rétabli l'aocien vestibule. Les volets et les espagnolettes sont encoredu temps de Louis XV, — La salle 37 était la chambre à coucher de la marquise. C'est là que Louis XV faillit mourir d'uni indigestion. Il faut lire dans les Mémoires de M"* Duhaussel, femme de chambre de M™ de Pompadour, le récit des terreura de sa maîtresse à cette occasion. La gorge du plafond, lu volets, les espagnolettes,' quelques boiseries dans les encoignures sont du temps de la marquise. Les lambris stulplâ ont été malheureusement détruits sous Louis-Philippe poui placer des portraits. Les serrures sont encore celles de CuiXi. — La salle 58 était le cabinet de M""" de Pompadour. La gorgt du plafond, décorée d'Amours tenant des guirlandes, l« volets sculptés, les fermetures des fenêtres sont du temps de Louis XV. Uue serrure Louis XV et deux boutons de porte de Cucci sont les seuls restes de l'ancienne décoration. Les lambris sculptés ont également disparu, sous Louis-Philippe, pour faire place à de médiocres portraits. — La salle 59 était alors coupée eu deux et formait deux antichambres.

Opér».

L'Opéra, commencé en 1753 sur les dessins de Qabrïel, p^^ mier architecte du Roi, fut acbevé en 4770. Nous décrirons plus loin cette salle de spectacle. Disons seulement ici que presque tout ce qu'elle coûta ne fut jamais payé. En (7!}, j Arnoult, le constructeur de la charpente et des macbia^ l'entrepreneur de maçonnerie, l'entrepreneur de serrurerie, les sculpteurs Pajou, GuilMrt, Rémy et Absile, le vérificateur des comptes, réclamaient encore el toujours vaineneal

oe qui leur était dû, et M. d'Angivilliers répondait imperturbablement à tous ces réclamants que le manque de ressources Tempéchait de satisfaire à leurs justes demandes. Le carton 0^ 1783 des Archives nationales ' renferme une liasse de lettres lamentables écrites par ces pauvres gens, vieux, rainés au service du Roi, disent-ils, tombés dans la misère, ayant perdu le fruit de leur travail, capital et intérêts de dix-neuf ans, et sollicitant au moins un à-compte.

Alla OabrieL

Dès le règne de Louis XY on forma le projet de refaire à la grecque les façades du château sur les cours, et d*y mettre les frontons et les colonnes que le goût d'alors exigeait dans les bâtiments de grand style. Nous verrons ce projet reparaître sous Napoléon I«'. En 4 774 , Gabriel démolit l'aile qu'on appelait souvent alors Taile de M. le comte de Noailles*; il la rebâtit à grands frais en 4772-73'. On devait y faire un escalier d'apparat destiné à remplacer l'escalier des Ambassadeurs, mais remplacement est encore vide^.

Sous Louis XVI, le comte d'Angivilliers reprit le projet de Gabriel; 11 demanda des plans à six architectes*, mais le mauvais état des finances empêcha de mettre à exécution ce projet détestable.

Artistes de la fin dn règne.

Aux noms d'artistes que nous avons déjà cités, il convient d'ajouter, pour la fin du règne de Louis XY, ceux que nous font connaître les registres des Bâtiments des dernières

' StllM de spectacle.

* Eepstre des BtUmente de 1771.

* Begistres des Bfttiments de 1772-73.

^ Ba étudiant de près et avec soin la partie ocddentale de l'aile Gabriel, oo yoit qa*eUe devait se terminer là où elle s'arrdte, évidemment sur un grand passage à del ouvert. Des traces de fendlres à Tattique de celte Ciçade occidentale donnent une grande probabilité à cette opinion. Ce n'est i|iie sous Louis XVIII que l'aile Gabridi a été rejointe eux constructions de Louis XIV par on petit bâtiment eoMlniit par M. Dufbnr (Voir notre plan historique du ebftteaa).

* Le Cicêmiê iê T$nêSU§i.

310 LE CHiTEAD DE VERSAILLES

aanées. Nous citeroDS donc : les sculpteurs Rousseau pÈre et (ils, Pajou, Guifaert, Riîmy, Absile ; — les veuves Gobert et Forestier, qui coDtinueat à diriger les ateliers de fabrication de bronzes ciselés et dorés de leurs maris; — les doreurs Dutems et Vernet.

Hntrotleii du ob&teaa et dn parc.

Les registres des Bâtiments nous apprennent que l'entretien du palais, de Trianon, de la Ménagerie et du parc éiail l'objet de grands soins. Il y avait tout un personnel chargé de restaurer, d'enlreteniroude repeindre les sculptures ei IfS marbres, les dorures, les glaces, les tableaux du cbâlean, les statues eu marbre et en bronze, et les sculptures en plomb bronzé des jardins.

Popalktlon Aa cb&teaa.

Narbonne, premier commissaire de police de Versailles, donne dans une pii^cc manuscrite conservée à la bibliotbè<iUB de la ville', la population du chiSleau en 1744. Elle était de 40,000 personnes, y compris les troupes de la Garde, les Écuries, le Grand-Commun, l'b&tel du Grand-Maître, l'bAtel de Limoges, les hâtels particuliers et maisons qui appartiennent au Roi, les hôtels des princes et seigneurs qui sont sitaés dans l'éteodue de la ville. La population de la ville était alors de 50,000 liabitants.

Un pareil recensement, en 1722, donnait au château iOOO btbltants : princes, seigneurs, officiers, domestiques, et 4160 pe^ sonnes aux dépendances : Gardes, 1 i3D ; Écuries, 800 ; Grand- Commun, 1500; Chenil, 200; Qrand-Maltre, 30; hâtel de Limoges, 100; cbâteau de Clagny, 100. Total, 4160 pour les dépendances. En 1744, le château devait conteoir environ SOOO personnes*.

' H. Le Roi • publi4, d'spiia le* msDucciita de la lùbliolhtqae d« Ve^ uiUei, liJ<mmttlJ$t rlgti d» LmùIIF et dtlouù XV, 1701-IJU, I «1in-g", ««.

' Eu 1722, U popnlition de U fille était de 1T,O0a hi

SÉJOUR DE LA COUR A PARIS a41

Pendant le séjour de la Cour à Paris, Versailles fut assez négligé, c II y avoit, dit Dangeau, le 20 août 4747, un fonds de 400,000 écus par an pour les bâtimens ; on le réduit à 200,000 écus, quoi(iue la dépense eût encore beaucoup excédé les 400,000 écus depuis la mort du Roi ; il est à craindre que les maisons du Roi ne soient pas si bien entretenues qu*ellea ont été jusqu'ici. »

Le seul événement que Ton ait à signaler pendant cette époque est la visite que Pierre le Grand fît à Tancien palais de Louis XIY en 4747. Le 24 mai, le Gzar partit de Paris, où il était logé à Tbôtel de Lesdiguières, pour aller voir Versailles, accompagné du maréchal de Tessé et du duc d*Antin.

11 y arriva d'assez bonne heure, pour voir le môme jour le chôteau et les appartemens. Le lendemain matin, il se promena dans les jardins et dans les bosquets, où il vît jouer les eaux. Le soir, il alla à Trianon, d'où il passa à la Ménagerie, ayant traversé le canal en gondole. Le 26, il alla dîner au château de Marly ; et, s'étant promené le matin dans tous les jardins, où les eaux jouèrent, il descendit Taprès-midi à Taqueduc et à la machine. 11 revint le soir à Versailles, d'où il revint à Paris le 27, sur les dix heures du matin*.

Le 3 juin, Pierre le Grand fit un second voyage à Versailles, en compagnie du maréchal de Tessé et du marquis de Bellegarde, second fils du duc d'Antin, chargé de faire les honneurs des maisons royales à la place de son père retenu à Paris par quelques affaires importantes.

Le Czar avoit compté passer quelques jours à Versailles, et même on s'étoit préparé à Ty recevoir ; mais il ne s'y arrêta qu'un moment, étant allé coucher à Trianon, où il a occupé, avec toute sa

' Ga§ettê de France, 1717, p. 276,

suite, les apparl^mens du Corridor qui donne sur les Oaidatlei '. Pendant le séjour qu'il a fait à Trianon, il prcnoil surtout le plaisir de la promenade dans les Jardins en calèche, et sur le cbdbI en gondole ; il a visité tous les endroits les plus remarquables des eo'i-

Le G, il partit de Trianon pour aller au cb9tcau de Clagny; il monta au grand aquednc, cl de là il ae rendit à Uarlj. Il a employé ie temps qu'il y a demeuré il peu près comme à Trianon, se promenant presque tout le jour, et eiamiaant les jets d'eau, les cascades et Iw statues avec une attention surprenante, il alloit surtout i chaque instant voir la cascade d'Agrippine.

Le 10, M. de VertoD, maître d'hdtel du Roi, qui est chai^ ptt ordre de la Cour de servir le Czar, ajant ordonné ua tiÈ»-boau [en d'artilicc, avoit placé dans le bosquet de Marlj une grande quantité de hautbois et de toutes sortes d'instrumens qui daanërenl uni sérénade qni dura près d'une heure; après quoi on lira le feu d'ar- Uflce, lequel rut suivi d'une trës-beile illuminatioD. que il. le mwquis de Bellegardc avoit Tail préparer dans les bosquets des Baim d'Agrippine et dans celui da la Cascade ; la fSte flnit par une espèce de bel. Toutes les dames, que la curiosité avait attiras k Uarlj, dansèrent dans le salon, bien avant dans la nuit. Le dai fui ti content de cette galanterie, qu'il se coucha très-lard, contre son o^ dîne ire.

Le 11, étant allé le matin h Sainl-GennalD-en-Layc, il esamiu le chSleau vieux et le neuf, et resta fort longtemps sur la temsK. Jl desceudit au Val et de là au monastère de Saint-Cjc, où il rit M"'° de MaiutcnoD, qui reçut sa visite sur son lit ; il dumaads t voir les cinq classes et toutes les Demoisellea, chacune duu lear place. Le prince fut fort édiBé de l'utilité et de la magnifiocaoe dt l'établissement de celle maison, et de la manière dont les fiUaj étaient élevées. Après s'âtre beaucoup promené, il remonta en owlosse et revint coucher à Trianon,

Le 13, il quilta avec regret ces lieux enchantés pour terenit à Paria. 11 passa par Versailles, où il dîna. Avant que de se metlnà table, il vit tons les appartemens et le cabinet des Curiosités, qni est auprès de la pièce de la chapelle*; on lui montra les médaiSes et les coquillageB. Les livres curieux et les estampes magmflqiuf des anciens ballets du Roi l'occupèrent plus agréablement que toaifi autre chose. 11 descendit à la Qrande et b, la Petite-Ecurie; il vit travailler, dans l'une et dans l'autre, plusieurs cberanx qat In écuyers monlërenl en sa présence. Il monta en carrosse snr le* cinq heures '.

' La TriiDon-M

* Celte pOtt éê U Chapilh est le salon d'Hercule qid n'a pta « décoration ictuelle-

* Merairt ii Franc*, 1717, Juin, p. t(S. ■

RETOUR DE LA OOUR A VERSAILLES U BÉGENT, LE DUC DE BOURBON, LE CARDINAL FLEURT

La Cour revint à Versailles le 45 juin 4722. Le Roi avait alors douze ans et demi ; il était fiancé depuis un an à Tinfaute d*B8pagne Marie-Ajine- Victoire, fille de Philippe V, figée de quatre ans. Le duc d*Orléans était régent de France avec le cardinal Dubois pour premier ministre.

On résolut, dit Saint-Simon^, que le Roi abandonnerolt Paris pour toujours, et que la Cour se tiondroit à Versailles. Le Roi s'y rendit en pompe le 15 juin, et Tlnfante le lendemain. Ils j occupéerent les appartemens du feu Roi et de la feue Reine, et le maréc^ de ViUeroy ' tai logé dans les derrières des cabinets du Roi. Le cardinal Dubois eut toute la Surintendance entière pour lui seul, comme M. Colbert Tavoit eue, et après lui M. de Louyois... M. le duc d'Orléms prit l'appartement de feu Monseigneur en bas, et M"^ la auohesse d'Orléans demeura dans celui qu'elle avoit en banc' auprès du sien et qui resta vide.

Le 9 août, le Roi fut confirmé dans la chapelle du château, et, le 15, il fit sa première communion à la Paroisse. Le même mois, le Régent chargea M. Le Blanc, ministre de la guerre, de faire bfitir un fort à Montreuil et dresser un camp à Porcihéfontaine pour exercer Louis XV au métier de la guerre. Le maroQiis de Pezé, inspecteur du régiment du Roi, dirigeait les oi>érations du siège sous les ordres de S. M. Le fort était oootimandé par un brigadier, M. do Chazelles. Le régiment du Roi-infanterie et les mousquetaires composaient les troupes assiégeantes. On fit le siège dans toutes les règles. Le 49 sep-

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