‹ Le château de Versailles; histoire et descriptionChapitre 44 sur 54 · XII · texte numérisé non relu

XII

' Barbisr, V, 8.

^ Elle fit une troisième feasie couche en avril 1740 (Lutnbs, X, 110'

' VI, 78. 1749, 21 novembre.

LE CHÂTEAU DE VERSATtXES 100,000 Uvreg. Le public blâmait ces voyages Incessaols, soit ô couse des frais qu'ils cnlraloaienl, soit à cause du lorl évident qu'ils taisaient aux aiïaires. En 1753, la guerre centre l'Angleterre forçant le Boi à réduire ses dépenses.ou diminua les voyages ' ; mais le public continuant à jaser, le Boi fil défendre à la Oaiellede parler de ses voyages'. Il fautajoular que le Boi bâtissait partout, soil pour lui, soil pour la Pompadour : une belle salle d'opÉra et uno aile à Choisy, un hûtel à Fontainebleau pour la marquise, le cbâieau de la Meuttc qu'on refit eo entier en 1717, et qu'on agrandit en ITSI et (751, un pavillon de chasse à Verrières, une maison à Saiat^ Hubert dans la forêt de Fontainebleau, etc. Ces constructions amusaient beaucoup S. M. *.

Louis XV allait, suivant l'usage, à Fontaiaebleau en automne, et à Compiègne au printemps ou pendant l'été, peu à Uarly, assez souvent à Trianoo. M'"' de Pompadour trônait à Fontainebleau encore plus qu'à Versailles. Elle s'y était fait bOtir aussi un hAlcl ou ernaitage, dans lequel le Roi faisait lui-même la cuisine pour son souper *. Louis XV ne restait pas plus en place â Fontainebleau qu'à VersaiUes ; il allait de temps en temps faire un séjour à Cboisy, Fendant le voyage do t7«3, il vint même passer quelques jours à Versailles*. A Compiègne on avait aussi construit un ertoitage pour la marquise". Au Compiègne de 1791, le Boi s'ennuya mortellement, et tout le monde avec lui '. En 1 755, pendant le séjour, il alla à la Meutte, à Versailles, et en revenant à Compiègne, il chassa et soupa à Saint-Ouen, chez M. de Soubise, qui dëji lui avait donné une belle fôte dans cette maison en 1750 *.

Le château préféré était toujours Choisy, où il n'y avait plus d'étiquette ni de service of&ciel, où la table était servie comme chez un riche particulier de l'époque. Le Roi y buTBÎt quand il avait soif, sans le cérémonial de l'essai; il se ser-

' Lonai, XIV, MO, SM.

• Ldynm, XV. (8.

• D'Ahoenaos. VI. 114S.

' D'Arobkbon. VI, 7fl.

■ B&EIIISH, VIII, 109.

• LUYBM, X, ÎS1. I7MI,

' B*nBi>R, V, «.

■ BtMlBK, IV, 4M.

▼ait lui-même et offrait môme à boire à ses invités*, n était à son aise, et ce n*est pas nous qui le blâmerons d'aimer cette liberté dans la vie. On voit par ces détails que Marie-Antoinette ne fit» plus tard, que suivre Tezemple de Louis XV. Il y avait aussi à Gboisy un théâtre '. Le Roi invitait quelquefois la Reine et ses enfants, et, le 43 juin 4763, il leur donna une grande fête'.

A la Meutte, rebâtie et agrandie, Louis XV soupait et chassait. A la Celle, il assista, le 4«<' septembre 4748, à une fête charmante que lui donna M°** de Pompadour ; mais quelque chose lui déplut, et il s*y ennuya *, En 4749, Louis XV prit un goût assez vif pour Trianon ; il y fit établir ime vacherie, des poulaillers, un jardin botanique ; il y fit construire un pavillon et plus tard le Petit-Trianon.

Sn 4748, M°^^ de Pompadour chargea Lassurance de bâtir le château de Bellevue, qui fut achevé en 1750 '. Les artistes les plus habiles furent employés à sa décoration. Les dépenses énormes que faisait M*°« de Pompadour à Grécy, à la Celle, à Bellevue, etc., soulevaient une vive opposition, que justifiaient la lourdeur des impôts et la misère générale, et contribuaient à préparer l'explosion de 4789*. Le premier voyage de Louis XV à Bellevue eut lieu le 25 novembre 4750. Les invités avaient tous des habits uniformes de couleur pourpre'. On avait commandée la manufacture de Vincennes pour 800,000 livres de fleurs de porcelaine peintes au naturel. c On ne parle que de cela dans Paris, rapporte d'Argenson*, et véritablement ce luxe inouï scandalise beaucoup. »

Louis XV allait à Bellevue chaque semaine. Là, pas de service, pas de famille royale, pas d'étiquette; quelques invités, et beaucoup de liberté. Pendant la journée, le Roi

* BarbUr, VII. 302.

* Babbibr, VII. 367.

• Barbu», VIII, 77.

* LunnBf, IX. 225.

' Voir au muBëe de Versailles l'aquarelle n^ 2269 (salle 138), qui repr^ ■enta Believae. — A son ayèuement, Louis XVI donna ce cbftteau à Mesdames Tantes.

• lyAROXNSOK, V, 229.

' D^AROBiftoif. VI. 295. 298.

«ï LE CHATEAU DE VERSAILLES

chass&it dans les bois des environs ; le soir, U jouait, sottpaii ou allait à la comédie, car il y avait une admirable aallede spectacle à Bellevue", où l'on jouait l'opéra et la comédie. Le théâtre de Bellevue rempteta le Ibéâtre des petits appartements de Versailles dont on perlera un peu plus loin. Comme à Marlj, il y avait à Bellevue des polissant, c'est-à-dire des courtisans invités, mais qui n'y couchaient pas'. Les fttes, les feux d'artiOte variaient de temps en temps les plaisirs de la soiriic. En 175G, Louis XV passa les jours gras à Bellevue; il n'y eut aucun divertissement à Versailles, el les ofQciers de quartier eurent tous la liberté d'aller oii bon leur semblerait '. Il est bien évident que ce que Louis XV aime le mieux, c'est la liberté, c'est d'Être afîraochi de l'éliquetie, et que sa vie nomade n'a pas d'autre cause. Il va à Bellevue el donne congé, pour se débarrasser d'eux et de leur service, à tous ses officiers de la Bouche, du Gobelet, de la Chambre, etc.

La Heine fut invitée à Bellevue le S mai 1758; elle alla y taire une pronienade. On lit dans le journal du duc de Luynes'.

" La Reine alla se promener à Bellevue; c'éloit la pfemiëre fois depuis que le Boi a acheté cette maison. Elle entra dans le jardin el alla voir les bosquets entourés de treillages el garnis de lilas. Il y en eul nu entre autres oii l'inspecteur dit à la Reine : « C'éloit ici le bosquet de l'Amour, préseulement c'est celui de l'Amitié. > Il vouloit apparemment expliquer la difTérence de la statue qui est au milieu de ce bosquet ', mais le propos n'en est pas moins remarquable. *

A peine le chèteau de Bellevue était-il achevé, en 1750, que la Pompadour achetait une petite maison située un peu plus bas, pour aller souper; on l'appela le TatidU ".

En 4757, Louis XV se fil faire une maison nouvelle, Saiol-

' D'Abobnbom, VII, 85.

' D'AnaBNeON. VI, 33t.

• Barbibb, VI, Î71.

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