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la vie commune , des caractères tout à fait contraires. Aux pères pi-odigues les fils avares, aux mères légères les filles dévotieqsepieni prude^; et rirr ver-^d,
Mais puut' qut« cduurrivt?. il utô faut pas ({u'im caractèru puissaiit doiiiine un esprit facile et nialiéabif : car , daiis ce cas , c'est rimitîUion qui est le lèsultal ; l'exemple agit directemeiil. H faut (ju'il rencontra un caractère d une ircnijîo pareille à la sienne, et presque toujours alors l'opposition se manifeste, et le résultai \i'.\v contraste est immanquable.
Si cela est vrai , cl il n est aucun de nos lecteurs qui , en cherchant au((^r de lui, n'en puisse découvrir des exemples frappans; si
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cela est vrai , disons-nous , on concevra aisément que les vices honteux du baron eussent enfanté, chez sa fille , non pas les vertus qui leur sont contraires, mais les délauls qui leur sont ennemis.
Ainsi , le baron était dune liberté giossière dans ses propos : Charloile gardait, dans sa façon de parler, une réserve qui n'admettait pas la plus innocente gaîté ; le baion s'emportait et criait : Charlotte était toujours calme jusqu'à l'impassibilité; mais le baron oubliait sa colère : Charlotte gardait son ressentiment. M. de la Roque aimait la table jusqu'à l'orgie : Charlotte poussait la sobriété jusqu'au ridicule. Le pèr<f faisait bon marché des fautes qu'on pouvait lui reprocher : la (ilie eût pré-
féré toutes les souffrances h l'humiliation de s'entendre jeter îe plus léger blâme. Le baron passait pour un père brutal et tyrannique : Charlotte s'était fait le rôle de la fille la plus soumise et la plus dévouée ; il y avait beaucoup d'ostentation affectée dans les vices du baron, mais il y avait une humilité plus affectée encore dans les vertus de sa fille.
Ainsi , et par un effet de son caractère entier iultant avec le caractère de son père, peutêtre plus que par un calcul réfléchi, Charlotte tâchait à être commandable par tous les points où son père était digne de mépris. Mais, d'un autre côté, si elle donnait aux pauvres qu'il repoussait , elle était sans pitié pour le vagabond qu'il accueillait quelquefois avec bonté.
DtA PYRE.NUES.
et , s'il faut le dire , bien malgré nous , il y avait peut-être plus de cœur et d'inimanité dans ce vieillard dont la vie avait été un long tissu de honteuses ou de méchantes actions , que dans celte jeune fdle dont il n'y avait pas un mot et une action qui ne fussent irréprochables.
Le baron ne s'était pas trompé un moment sur la conduite de sa tille ; il avait compris la sécheresse de ce dévoûment qui l'entourait des soins les plus empressés , le calcul de celte résignation patiente qui ne murmurait jamais contre les injustices , et un jour qu'on lui parlait de l'admirable douceur de sa fdle, il avait brusquement répondu :
« La douceur se faîigue et je nai jarpais pu
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pousser CliarloUe à se lâcher; il n'y a que Tégoïsnie qiii soit si patient. »
On avait Irouvé ce mot horrible, et cepen- (lanl i! était vrai.
«Si elle m'aimait, disait-il quelquefois, elle lâcherait de me corriger, mais elle se contente de subir mes défauts; si elle m'aimait, elle se désespérerait quand je suis méchant pour elle, mais elle se tait et ne se plaint à personne, elle fait à ses défauts un piédestal des miens . de façon à les montrer comme des vertns. »
Le baron avait raison, et pendant long-temps il s'irrita dans celte lutte où il se sentait vaincu
Ui:S l'YRi;\KKS.
par une nature qui ne valait pas mieux que la sienne, jusqu'au jour où il comprit que plus il mettrait d'acharnement h vouloir faire comprendre le faux-semblant de cette vertu si supérieurement jouée , plus il ferait grandir à son détriment la réputation de Charlotte.
C'est pour cela que depuis quelques mois il avait changé complètement sa manière d'être vis-à-vis d'elle. Son humeur s'était apaisée , ses exigences avaient disparu ; il n'éclatait pas à tout propos en reproches injurieux, il ne se fâchait plus de rien , et pour un observateur qui eût eu le secret de cette mutuelle comédie, rien n'eût été plus singulier que le désarroi de Charlotte n'ayant plus de résignation calme, de silence doulouieux, de patience
angélique à opposer aux caprices de son père.
Autrefois , quand le baron ordonnait une dépense excessive , Charlotte se gardait bien de la contremander ou de la blâmer, mais elle s'habillait plus modestement ou faisait vendre quelque bijou de prix. On l'apprenait, on le savait, et c'était un concours d'éloges à son sujet. Mais ses vertus étaient si peu des vertus , que les vices de son père venant à lui manquer, elle se trouva ne plus savoir comment paraître vertueuse.
Avant d'en finir, il faut dire à quelle source cette jeune fille avait puisé la force nécessaire pour se créer une pareille nature ; cette force,
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elle l'avait trouvée dans un orgueil incommensurable , orgueil qui ne voulait pas mériter un seul des blâmes qui atteignaient le baron delà Roque...
Mais, nous dira-t-on, en appliquant le principe de ces contrastes, si , au contraire de ce qu'il était, le baron eût été un homme d'une vertu sévère et d'une vie irréprochable, fautil croire que Charlotte eût pris une autre voie et fût devenue coupable ? Nous ne saurions en répondre , mais il est présumable qye si une passion t'eût égarée un moment et qu'on eût essayé de la faire rentrer dans le devoir par la menace , l'orgueil révolté l'eût poussée aux dernières extrémités de cette passion.
Mais prenons-la telle qu'elle était, et racontons son entretien avec le jeune Bernard.
Toutefois, et pour n'y plus revenir, n'oublions pas de dire que la nature avait jeté un voile admirable sur cet esprit hautain et implacable ; un visage d'une expression suave , des yeux d'une douceur grave et trisle, des contours d'une ténuité et d'une mollesse pleine de charme , un abandon dans la démarche , une langueur dans le parler, une vibration dans la voix qui devaient faire croire que tous les sentimens vivaient, sans oser se montrer, dans ce cœur enveloppé par le malheur.
Avec cela , il y avait de quoi tromper les plus habiles, et ce n'était pas précisément
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parmi ceux d<j c(Ule espèce qu'il fallait ranger le marquis Bernard de Veiay.
— Votre père devient bon, lui dit Bernard; votre angêlique patience la viiincu.
— Mon père , répartit Charlotte, est d'une naissance qui lui a appris quelles règles de savoir-vivre lui impose la présence d'un homme de votre rang. ,
Supposez cette phrase dite les sourcils froncés et la voix sèche, elle signifiait très claire-^ ment : « Mon père n'est pas meilleur que par le passé; mais votre présence le contient, parce que vous êtes égaux. » îl y avait la part du baron et celle de Bernard, que l'on aver-
tissait de ne pas se croire plus grand seigneur qu'il ne fallait. Mais le doux sourire, la voix moelleuse qui avaient doré cette phrase, en avaient fait pour Bernard un tendre remerciement de sa protection. Le bel amoureux le prît ainsi, et répliqua :
— C'est pour cela que je voudrais être toujours à vos côtés, pour vous épargner une souffrance.
Ceci était fort joli, mais Charlotte avait autre chose à penser.
— Vous y êtes déjà trop souvent, Bernard, répondit-elle, et ma faiblesse accepte peut-
être trop facilement la consolation de sentir près de moi un cœur qui n'est pas sans pitié.
— Sans pitié! dit Bernard. De quel nom appelez- vous la tendresse la plus ardente?
— Monsieur le marquis ! fit Charlotte.
— La plus pure ! reprit Bernard.
— Sans doute, reprit Charlotte ; mais pour que cette présence ne puisse pas être mal interprétée, vous ne pouvez la prolonger qu'à un titre formel.
— N'est-ce pas le plus ardent de mes vœux?
IS'l LE tUATi^At
— J'aime à le penser, monsieur le marquis, mais vous n'ignorez pas que votre volonté est soumise à celle de monsieur le duc votre père.
— D'An te rive vient d'arriver ici chargé de ses pleins pouvoirs.
— Mais vous ignorez ce qui lui a été ordonné,
— Âh ! s'écria Bernard, il faudra bien qu'il fasse ce que j'ai résolu !
— Bernard, reprit Charlotte, il y a, vous le savez, un homme plus puissant que nous tous, et qui. Je le sais, pt-ut dicter à M. d'Autedvti sa Volonté.
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— Le vieux Pastourel ?
— L'avez-vous vu?
— Sans doute.
— Et à quelle heure pourrai-je le voir, moi?
Bernard garda un moment le silence ; puis il reprit avec une vive impatience.
— Tenez, Charlotte , je vous avoue qu'il m'est odieux et insupportable dètrc dans les mains d'un homme de cette CîSpèce î Que peut avoir à faire dans la destinée du fils du duc
de N... une espèce d'astrologue dont personne ne connaît ni le vrai nom, ni l'origine?
— Bernard, reprit Charlotte d'un ton sentencieux et triste, on voit bien que vous avez été toujours heureux; vous n'avez pas appris à courber la tête sous des nécessités qui blessent à la fois notre cœur et notre dignité, mais il le faut.
Ce dernier mot fut accompagné de ce regard empreint de volonté dont Bernard avait parlé et auquel il ne savait pas résister d'ordinaire; mais durant le trajet de la ruine du châteaU; le jeune homme s'était entêté à l'idée de se soustraire au pouvoir mystérieux de Pastourel, et il répartit :
— Je ne sais pas quelles raisons le comte d'Auterive, M. le marquis de Veroni et d'autres peut-être ont pour soumettre leurs desseins à l'approbation de ce Pastourel, mais moi je n'en ai pas.
Si Bernard avait regardé Charlotte en parlant ainsi, il eût remarqué l'altération qui se montra sur son visage, malgré le violent effort qu'elle fit pour la dissimuler. Elle se tut, tant elle eut peur que l'émotion de sa voix ne trahît celle de son cœur ; mais elle examina Bernard d'un œil ardent pendant que celui-ci continuait :
— Je n'ai aucun secret à cacher, grâce à Dieu!
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Cliariolle avaiî pu croire que Bernard voulait faire allusion à ce qui la regardait; mais la brusque insouciance avec laquelle il parla, montra h Cliarîolte que ce n'était que la révolte d'un esprit ii'rélîéclîi, et elle reprit fivec plus de douceur :
— Je le croisj Bernard, et c'est pour cela que j'ai accepté l'honniiage de votre amour. Mais, mon ami, sommes-nous l'un et l'autre dans les secrets du passé? Votre mère n'estelle pas retirée aux Bénédictines comme la mienne? Et qui sait!
Bernard rougit,
— Je ne juge pas les niolifs qui ont forcé
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ma mère à la retraite ; quels qu'ils soient; ils sont honorables pour moi...
Un sourire de dédain glissa sur les lèvres de Charlotte pendant que Bernard continuait :
— Parce qu'ils le sont réellement, j'en suis sûr. Mais, dans tous les cas, ils sont trop au dessus de ce que ce Paslourel peut savoir pour que je me croie obligé à avoir recours à lui.
Charlotte ne répondit point à cette apologie de la duchesse ; elle se contenta de répéter ce mot : '
— Il le faut.
Bernard laissa échapper un signe d'impatience.
Charlotte prit son plus grand air majestueux et répéta :
— Vous savez aussi bien que moi qu'il le faut.
— Comme il vous plaira, répliqua Bernard. Cet homme vous attendra cette nuit à onze heures.
— J'irai.
— Vous n'irez pas seule à une pareille heure !
— J'irai seule, dit Charlotte.
Bernard parut mécontent, Charlotte reprit :
— Monsieur le marquis, il n'y a entre nous que des relations apparentes de voisinage ; si cette visite blesse en vous d'autres sentiraens, je vous plains, mais c'est fin devoir pour moi de ne pas avoir de témoins dans cette entrevue. Ce mot doit tout %ous dire ; le devoir n'est méritoire que parce qu'il est pénible à remplir. Mais celui-là, je le remplirai comme les autres, dussé-je y perdre mon bonheur.
Cette phrase, commencée d'un ton grave, s'acheva dans l'émotion et fut accompagnée
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(J'uoe larme. Bernard repentant, Bernard, qui savait avec quelle pieuse religion Charlotte avait accompli les devoirs les plus cruels, fut honteux d'avoir montré le moindre mécontentement et répondit tout aussitôt :
— Allez donc, Charlotte ; allez.
La jeune fille ne iiontra pas à son amant la moindre reconnaissance de cette condescendance, et lui répondit :
— Yousn'oublierez pas que mon père désire vous parler.
— Je vais aller le trouver, Charlotte, mais rheureest encore bien éloignée de votre ren-
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(lez-vous, et vous savez que je ne suis jamais trop souvent près de vous.
— Revenez au pavillon. Bernard, lui dit Charlotte, vous m'y retrouverez.
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I.e jeune homme s'éloigna, ravi de la grâce avec laquelle celle réponse lui avait été faite; mais il n'élail pas à vingt pas de la jeune fille, qu'il reprenait ses inquiétudes, ses soupçons,
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et qu'il était furieux de ce qu'il lui avait cédé a'vec la plus sotte facilité , lorsqu'il s'était si fermement résolu à s'opposer à ce mystérieux rendez-A'Ous.
Comme nous l'avons dit, c'était dans le cœur de Bernard une obéissance servile pour Charlotte, suivie presque aussitôt d'une révolte irritée. La présence de celle qu'il aimait exerçait sur lui un de ces pouvoirs qui tiennent du charme et q\Ê cessent dès qu'on n'est plus à leur portée.
Cette influence personnelle est un don que la nature accorde à certaines personnes , et pour choisir un fait immense pour en expliquer un très petit, il y avait dans la personne
uns r\nÉiNÉEs. 1Q9
de Napoléon une auloiilé, une puLssimce, qui ngissuient sur tous ceux qui l'entouraient bien long-temps avant que les titres de général en chef, de consul et d'empereur eussent ajouté 1 autorité du rang à cette puissance de Tindividu.
Donc Bernard avait repris son mécontentement de voir Charlotte aller chez ce Pastourel. A ce mécontentement s'ajoutait cette espèce de honte qu'éprouve vis-à-vis de lui-même un homme qui s'est manqué de parole. Cette disposition de Bernard était juste ce qu'il fallait pour l'ecevoJr les impressions que le baron de la Roque voulait jeter dans son esprit.
Si nos lecteurs n ont pas oublié quels sou^r
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çons le baron de la Roque avait conçus sur les intelligences coupables de don José et de la baronne, peut-être sexpliqueront-ils comment put avoir lieu un entretien qui, sans cela, passerait toutes les bornes de Todieux,
Lorsque le jeune Bernard arriva près du baron, celui-ci paraissait absorbé dans une profonde préoccupation ; on eût dit qu'il n'avait pas entendu entrer ie jeune marquis, car lorsque celui-ci dit :
— Me voici à vos ordres, monsieur le baron ; le vieux gentilhomme tressaillit, cl r('}>]iqiia :
— Ah! c'est vous, marquis. Je rjc vous attendais pas encore. Je recueillais ni<\s souvc-
DCK rïBK.NEE».
nirs, et ils sont si cruels, que je m'étais laissé aller à la douleur que causent les vieilles blessures quand elles viennent à se rouvrir après de longues années.
— Ma toi, monsieur le baron, reprit Bernard, qui éprouvait déjà le regret de la concession qu'il avait laite à Charlotte, diaquc âge a ses ennuis, et ceux du présent sont plus cruels que ceuxdui)assé,
Bernard, très lier d'avoir répondu parcelle banalité, se prit î» lever les yeux au ciel comme l)rorondément affligé. Du reste et comme ceci est une histoire de laquelle on peut tirer toutes les moralités possibles, nous nous permettrons défaire remanpier ;< nos hTîeiM'S <pi il y ;i lîne
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foule de gens qui répondenL coiuiiie le marquis Bernard aux plaintes qu'ils entendent. Par exemple, vous leur dites : « Mon ami, on m'a volé cent louis. — Parbleu ! vous répondent-ils, il y a deux ans qu'en sortant de l'Opéra on m'a escioqué ma bourse. » Une autre fois, cest : «J'aiunehorribîedouleur de dents. — Bah ! pas plus tard qu'hier j'avais un affreux mal d'oreilles. »
(x'ci au moral comme au physique. Or, la réponse de Bernard était de cette nature. Le baron, qui tenait à ce qu'on s'enquît de sa douleur quand il se plaignait, répartit d'un ton
sec :
— Vous vous plaignez jeune homme, et de
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quoi, mon Dieu? Dt* quelques conlrariëies amoureuses; de ce que vous ne pouvez siitisfaire queJqites folies fastueuses "? Âllendez que l'âge et les infirmités soient venus, et vous saurez ce que c'est que le malheur. Vous êtes jeune, riche, beau, brave ; à la femme qui vous dédaigne vous pouvez donner pour rivale une plus belle et une plus riche; si un homme vous insulte, vous pouvez lui en demander compte l'épée à la main ; si vous avez de l'ambilion, tout l'avenir vous appartient.
Etaient-ce colère et tristesse véritables? Etait-ce comédie admirablement jou(^? mais l'expression du baron était si poignante que Bernard le considéra avec plus d'attention pendant que M. de la Roque continuait :
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— AUendt'z. attendez pour vous plaindre que vous ayez espéré la vengeance pendant vingt ans i>our la voir s échapper, parce que vous n'avez [)lus de lorce pour l'accomplir! Attendez qu'un nouvel outrage menace votre vieillesse, et sentez- vous cloué par les infirmités à la place où je suis sans pouvoir le prévenir !
IJernard crul un nionienl que c était a lui j>ersonnellement que s'adressait la colère du baron lorsqu'il parlait d" un nouvel outrage prêt à le frapper. En eil'et, le jeune marquis n'avait-il pfis osé proposer à Charlotte de l'enlever? rv' avait-il pas laissé deviner ce projet à plusieurs personnes? Aussi Bernard fut-il très e»d)arrassé : il essaya de répondre d'une voix
DES PYB b:\liKS.
assurée, mais son émotion fui remarrpipo par monsieur de la Roque lorsqu'il lui dil en l>ali nu iant :
— Je ne vous comprends pas, nionsieur le baron. De quel outrage voulez-vous parler?
Le baron ne put maîtriser un mouvement de colère réel, car, malgré sa <écité, il ne s'était pas trompé sur les causes du trouble lie Bernard; mais il ne lui convenait pas de les deviner. Aussi conlinua-l-il «Tuii ton sentencieux :
— Marquis, marquis, tout respect pour les plus nobles noms de la monarchie s'etïace, et doit-on s'étonner de voir la bourgeoisie et la