‹ Le chateau des Tilleuls drame en cinq actesChapitre 32 sur 48 · I.B président, étonné. Continuez, monsieur · texte numérisé non relu

I.B président, étonné. Continuez, monsieur

Raphaël. A tout cela, il y a bien a dire. D'abord, je ne canna js pus de loi qui furre un propriétaire à changer la Sologne en terre de f.hanaan... Or, monsieur de bustier cf, esprit solide, cœur généreux, a fait de ce pays une terre promise; et sa veuve, qui tient de lui toute s i furtune. a voulu que le sceptre de ia birntaisance et de l'humanité pût au moins tomber en quenouille!... Elle n'a donc fait que continuer l'œuvre de son mari, sans l'exagérer, sans l'amoindrir. (Madame d'Alby, Diane et Juliette donnent des signes contenus tf étonnement et de joie.— Le Président parait trèe-surpns. — Delaroche s'agite avec épouvante.— U Docteur ett impassible.) Voila donc pour l'administration de ses biens. Quant au reproche de folles dépenses, je répondrai à monsieur Delaroche qu'avant son retour des colonies, madame de Bussicres n'avait jamais dépassé son budget; mais que. depuis deux ans, pour lui payer ses dettes, pour assoupir des affaires... fâcheuses... madame de Bussiéres a dû la ire quelques folies...

UKLAnor.H>, trit-iroublé. Je pense que monsieur le Président ne verra dans ces sottes calomnie» qu’une preuve de plus du dérangement d'esprit de monsieur d'Alby S

le président. Mais, monsieur, ce n'eil pas là le langage d'un fou. André remonte jusqu'au milieu du thMire, ou fond — Raphaël imite son mouvement sur le devant.)

n a m ski., au Président.’ Vous ïcmblrz étonné, monsieur, de me voir rompre mon silence habituel? En effet. «I ne fallait ripn moins qu'une pareille accusation et mon amour pour madarnr de Bussièrcs pour vaincre ma timidité. Je poursuis. La question de prodigalité me paraît suffi*, miment éclairée, (teste a repondre à l'accusation de folie dirigée contre moi C’est as«cz embarrassant.

Qu'appelle-t-on un fout... Est-ce un homme silencieux, timide jusqu'à la crainte, préférant ia vie errante et aventureuse, nu séjour dc$ grandes villes? aimant iai(«i un jardin qu'un salon, un bois qu'unjardin, une forêt qu'un huis? un hiverne qui préféré les l'yrnnéet a Montmartre, le Danube a la Seine, et l'Océan au Donubc? Si l’amour de la solitude et de la nature est un ras de folie, assurément je suis fou. car je déleste tout ce que font et disent les homme*, et j’admire a genoux tout ce qu'a fait le bon Dieul... l'encr, monsieur Delaroche, admettons quo je suis un original, un

M®* d'Alby, Jalistl», Diane, André, Kapbaêl, le Président, Delaroche, Oscar.

homme bizarre et singulier, mai* c'est tout ce que e puis faire pour vous.

üllaiiocue, éperdu. Mais, monsieur, votre mère elle-même m'a avoué...

Raphaël. Ab! prenez garde, monsieur; voilà que vous discutez avec moi, comme si j'étais capable de vous comprendre- Ce n'est pas adroit!... ne i.» roche. Mais entinl...

n.i wme I. Je termine, en vous priant d'agréer mes rtmerclments, monsieur; cardan» quinze jours, grâce au piège que vous nous avez tendu celte nuit, je serai l'époux de madame de Bussiércs, qui, sans cela, eût peut-être ignoré toujours l’amour profond qu'elle m'a inspiré.

dianb, A part. Mais c'est inouï!...

i r président. De quel piège voulez-vous parler, monsieur?

RAPHAËL, à Delaroche Voulez-vous que j'explique à monsieur le président...

tiKt.kiociiK, rite. C'est inutile, monsieur!... je reconnais mon erreur et je retire mon aecusafion !... (Il reste confondu)

(fj> Président se lève, il jette à Delaroche un record sévir*, et s'approche de Diane, devant laquelle il s’incline respectueusement.)

lk président. Pardonncx-moi, madame.

diane, troublée. Monsieur ! ...

le pnéciDKNT. Obi relevez la tête!... Il est des accusation» dont on doit être heureux et lier, et celle-ci est du nombre. Pour moi, je rends grâce à monsieur belarocbe; il a changé en admiration l’estime et le respect que j'avais pour vous. Il m'a donné de monsieur le comte Raphaël la meilleure opinion, et n'a compromis que lui-même. (A Oscar ) Quant à vous, monsieur, l'amitié du comte Raphaël est votre meilleure caution.

oscar. Monsieur le président est bien bon !... (Le Président salue et sort.)

Juliette. Oscar, reconduisez donc monsieur Deiirocbe.

d&larocbe, à part tn sortant. Obi je me vengerai!...

oscar, le nuiront. Je vais un peu lui laver la tèic. moi. (Il remonte, s’arrête au fond et sort du cûté opposé.)

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