DIANE. JULIETTE
Juliette. Ce garçou-là est incorrigible... Ah ça, Dune, m'expliqueras lu ta eouduile?... Depuis sii mois, depuis le retour de Ion oncle, tu n'as pas uiis le pied dons un salon; et voilà que tu par* pour les champs, avant que les arbre» aient des feuilles et de* oiseau»?... Qu'est-ce que cela signifie?.,. SeTais-lu malade?... Alors, on va en Espagne, en Italie; mais on ne va pas au» Tilleuls.
dianr. Je me porte à merveille; mais...
JULIETTE. J'y suis !... tu veux faire parler de toi... tu veu» briller par ton absence... Coquette, va!...
dune, t'aueyant ô gauche. Non, Juliette. La cause de mon départ n v e»t pas si frivole... (Bar.) Je vais au» Tilleuls faire des économies.
Juliette. Des économies ? Toi qui as ccut mille litres de rente?
’ Juliette, Diane, Oscar.
*• Diane, Julian*» Oscar.
*** Diaas, Juliette.
I>IA*R. Pas (ont à fait; car il paraît que, depuis «leux ans. j'ai, s-ms m'en douter, entamé quelque peu mon capital.
Juliette. Pn» possible!
niANK. Queveux-tu! Les fleurs, les rubans, ça coûte si cher!
JUi.iE.ru. *' asseyant A ailé d’elle. Ça ne coûte pas rent mille francs par nn.
diane. Non; mais 11 y a aussi...
jl’Iiette- Il y a If* malhcureui, dont tu e* le bon ange, n’est-ce pas?
Diane Juliette!...
julietie. Eh bien, non, tu n'es pas un bon anpe , nà !... Tu e* une égoïste, sait* curur et sans pitié 1... Ks-lu contente?
diane. Tu exagères tou jour»... Quoi qu'il en soit, mon onde m’a reproché tres-vertement ma prodigalité, et...
Juliette. Monsieur de la Hoche?... lui qui a mangé dans le* brelan» et Us coulisses trois oncle* et uu parrain.
dune. Oh! depuis son retour des colonies, il est bien changé, va!
Juliette. Au physique ou au moral?
DIANE. Au physique, pas trop...
Juliette. Tant pis !
dune. Mais as moral, c'est di lièrent.
Juliette. Tant mieux !
MARE. D’abord, lui. autrefois si avide de Télé 1 et de plaisirs, le muude le fatigue et l'eimuié. Juliette. C’est un prété pour uu rendu.
manr. Mauvaise!... Ensuite il e*t devenu trèséconome.
Juliette. Oui. une économie qui consiste à ne jamais payer se* dettes; je connais ça.
diane. Décidément, mon oncle n’est pas de tes amis.
JULIETTE. Oh! ça, je l’avoue... D'abord, je n'ai aucune raison... pour l'estimer... beaucoup (car il parait que son voyage aux Antilles n’éult pas précisément un voynge d'agrément) ; et puis je ne peux pas digérer sa figure... non! c’est plus fort que moi... A propos, il demeure cher toi, a Paris?
diane. Oui,
Juliette. Et il t’accompagucra aux Tilleuls?
diane. Il le faut bien, puisqu'il est pauvre et que je suis riche.
Juliette. Veux-tu que je te donne uu conseil? diane. Parle.
IOUETTB. Eh bien, gardc-lo chez toi le moins longtemps possible.
diane. Pourquoi?
JUUBTTG. Dame... un parent comme celui-là est un épouvantail pour le» maris; et tu nés pa» d'âge à rester veuve éternellement.
diane. U est vrai; mais...
Juliette. Est-ce que tu n'as pas songé déjà?... dune. Moi ?... non... Pourtant... non.
Juliette. Voilà un non... qui a bien l'air... diane, l'interrompant et te levant." Dis-moi, atleuds-lu bclucoup de monde ?
Juliette. Ah 1 je crois bien t diane. El quels sont le* invités?
juiJETTE, te levant. Ceux que l'on voit partout! des magistrats, des avocat», des notaires ; les sommités de la peinture, de la sculpture, de l'arrhiterlure... et delà confiture. Nous aurons aussi quelque* sabres, quelques plume* et beaucoup de lorgnuns. . Tu sais, ces petit* jeunes gens qui vont, quatre heures par jour, de laUhaussée d Àntiu a la rue Laffitte et de la rue LutOlle a la Cbausséed'Antin, avec des gilet» trop longs, des habits trop courts et des panialuns trop étroits. J en ai invité une douraiue. Ça ne danse pas, mai* ça dit : Banquol ça cric beaucoup... ça marche sur les pieds... enlin ça meuble. Tu reverras à leur tête le merveilleux Oscar... Tu le connais, celui-là?
diane.** Oui, je l'ai vu quelquefois chcx madame de Lu>»an. Il parle assez lacikiucot...
* Juliette, Diane.
** Diane, Juliette*
Juliette. Trop facilement... il parle toujours... il parle. . Nous sommes seules?
DIANE. Oui.
jui iutte, bas. Il parle comme une femme I... il est bien ennuyeux, va!
diane. Pourquoi l' invites-tu?
Juliette. Que veux-tu ? il poike! et puis, avec lui, ou ne se fatigue pas , on n‘a jamais U peine de finir «es phrases.
diane. Il parait pourtant qu'U a du succès auprès des dômes.
Juliette. C'est lui qui lé dit.
dune. Après ?
jui.tt.TTi.. Je cherche parmi les gens que lucon naisl... AH lledocieur André!
diane. Oh t c’est un vieil ami I Juliette. Tu sais qu'U va quitter Paris?
Diane. Pourquoi donc ?
Juliette. Parer qu'il a trop de malades: et afin de pouvoir se plonger tout entier dan* les abîmes de la science, il va se faire médecin de campagne. C'est bien le contraire d'Oscar. celui-là !... If ne parle pasasser. mais il observe. Entre nous, je le crois un peu sorcier.» J'attends aussi madame de Neuville.
piane. Quoi ! la femme de monsieur de Keuville, le sous-préfet de...
Juliette. Précisément.
diane. Mais si elle me volt, je suis perdue, elle va m'arracher les yeux.
Juliette. Continent t
diane. Tu sais que son fréta était un de me»
adorateurs les plus assidus?
Juliette. Est-ce qu'il ne l’est plus ?
diane. Il s'en raul! Figure-toi qu'un jour U m'a sommée de lui dire la cause de me» refus.. • Sais-tu ce que je lui ai répondu? « Monsieur,
■ vous êtes charmant et vous n’ave* a mes yeux n qu'un seul défaut... mais un défaut capital...
» c'est d’être le frère de votre saur. »
julieitr. Oh! oh I c’est donc vraiment une méchante femme?
diane. C'est une femme affreuse! Elle a brouille son mari avec se» parents, ses oncle* avec ses tante», son maire avec ses adjoints. Taquine, envieuse, médisante, intrigante, compromise et compromettante, telle est madame de Neuville. .
Juliette. Voila qui curieux, par exemple!...
c'est tun oncle qui m'a fait demander une invitation pour elle.
DIANE. Ab ! c'est étrange. Qu'esl-ee quelle est donc venue faire à Paris?
Juliette. On dit quelle remue ciel et terre pour que son mari soit décoré.
DUNE. Oh ! il le aéra.
JCLtrrrE, riant. 11 l’e*t peut-être déjà.
le DOMKSTt'.u r, annonçant. Madame de Neuville... Monsieur de la Roche.