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six nez des jeunes filles de Nogent; mais le postillon, qai était ivre, selon l'usage, nous versa dans un précipice de trente pieds au-dessous du niveau de la mer ; heureusement nous étions tous assurés pour la vie au bureau d'Assurances Générales, place de la Bourse, numéro 3, à.Pasjs.
Cet incident me fit oublier les six nez. Je ne songeai qu'à remercier mon ange gardien, le meilleur, et le plus feonomique des assureurs.
La troisième fois que je passai à Nogent, je descendis à l'auberge du Cygne de la Croix. Le même phéno* mène se reproduisit. Chez les filles qui nous servaient, il y avait toujours absence complète de nez sur le vi« sage. C'était à donner le cauchemar.
La quatrième fois que je passai à Nogent, c'était un diioanche. Nous étions en été; ce qui est rare dans le Nord. Avant de faire le semblant de déjeunera l'auberge de YÉcu-de-France, où d'un regard j'avais remarqué le môme phénomène qu'au Sauvage, au Grand-Em'^ pereur, et au Cygne de la Croix, je fus me pro* mener sur la place de TÉglise, où la jeunesse nogentaise des deux sexes se livrait au plaisir de la danse devant un tonneau surmonté d'un violon faux.
Je jetai un rapide coup d'œil sur le personnel complet des jeunes danseurs de Nogent, et, quelle fut nia surprise,
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en Toyant que tontes ces paysannes avaient des nez comme lem*s compatriotes de VÉcu^de-France , da Sauvage et du Grand-Empereur !
Et encore, lorsqne je dis des nezy je me trompe, et je puis tromper mes lecteurs. II n'y a pas plus de nez que sur la main. Toutes les jeunes filles de Nogent sont remarquables par l'absence de leurs nez. Notez bien que je constate un fait ; que je ne médis pas des nez de ce village : je respecte les absents.
Vous ne sauriez croire tous les soucis d'imagination que ce phénomène local m'a donnés. Le jour, je ne ré « vais que de Nogent ; la nuit, je ne voyais en songe que des contredanses de nez absents. Je ne savais où me ré* fugier pour donner un peu de calme à mes esprits.
Je voyais sans cesse les filles du Sauvage, de YÉcu de France, du Cygne de la Croix, du Grand-Eni' pereur, de la place de l'Église, courir autour de moi comme autant de points d'interrogation impérieux. Et mon imagination avait beau chercher, elle n'avait aucune réponse satisfaisante à me donner.
A Paris , je consultai les sages qui sont fous, et les savants qui ne savent rien.
M. Népomucëne Fichard tenait bureau de consultations pour les énigmes indevinables, rue du Sphinx, nu. méro 100; je le consultai. Il me fit déposer un napoléon