‹ Le chateau des trois toursChapitre 26 sur 43 · IJNJ2 NUIT DE TERREUR · texte numérisé non relu

IJNJ2 NUIT DE TERREUR

tons deux jusqu'à la porte, dvec ces minutieuses précautions de mouTements que les bêtes fauves enseignent aax hommes à l'école du désert.

L'immense crypte était sombre comme un souterrain degranit noir, mais oh voyait luire au fond quatre gerbes de flammes bruineuses devant un autel informe surmonté d'une statue de Deera.

Nos deux intrépides explorateurs longèrent les parois de gauche en retenant leur souffle, et, parvenus à la hauteur du sanctuaire, ils aperçurent les cinq victimes du sacrifice étendues et garrottées devant l'autel, et gardées par deux bourreaux endormis.

Cette sécurité des étrangleurs était, certes, fort naturelle : personne ne connaît mieux l'art de lier les bras et les jambes d'un prisonnier, et de garantir par une foule de nœuds gordiens l'impossibilité d'une évasion.

Kindly rampa sur la poussière avec l'agilité souple d'un vrai reptile, et poignarda lestement les deux bourreaux : ils passèrent de la vie à la mort sans se réveiller.

Le même poignard coupa lestement les liens des prisonniers.

Ces malheureux avaient reconnu tout de suite Kindly, et le cri de la joie et de la surprise s'était arrêté sur leurs

lèvres.

Cela fait, Kindly désigna du doigt un orifice large et sombre que les architectes ont cf éusé dans presque toutes

|e$ pagoâ^s souterraines, derrière Tautil, pour ^iiner pass9g^ ^ la fuBiée des tQrah<38 et des saarifices : e^est une espèce de tuyau d.e ebtminée taillé dans la moB* tape.

A la fAïeur des saillantes aspérités du roc vif, en gravit ai&i^in^nt Q^ poiiloir perpendii^ulaire, et on arrive des profondeurs du souterrain au second étage de Ja montape dp Dj^mah ,

Les prisonniers déiivré.i, KÎQdly et le capitaine moa^ tarent par ce chemin, et^ parvepus au sonuaet, ils sa blottirent dans les buissons, eap la clarté des étoiles, très- vive sur ce point dégarni d'arbres, aurait pu les trahir,

Taylor, que Tinspiration du moment serva it toujours très-bien, se frappa le front et dit i voix basse :

— Nos pauvres mort$ d'hier seront vengés! Je les tiens, m^s étrangleursi...

Kiujdly et Taylor remirent um cinq prisonniers délivrés Tarsenal portatif de l^urs deux ceintures, et m ordre leur fut donné à chacun, ordre qu'ils comprirent admirablement et qu'ils étaient heureux d'exécuter,

^ fle$t(9 av0c #«x, dit le oapitaÎQe Taylor k KiQdlL

}p sa4râî ïn^fn^ retrouver mas cheaiip*

Et, comme il avait pris une note exacte de tous les accidents du t^rraip^ du bgis et d# la mps^gne, il regapa VMa viM Ifi retranchement i son pœur battait Ht

Q» HUIT Dfi f Bnasasi. 373

im i t^îdés qu'il venait d'iéiaginef un de ees expédldfits de guerre qui honorent la carrière d'un jeune officier e assurent Id fortaûe de son àrenip;

Il retroiv» fies v6tei]àehts sur la place oji avait été fait le ebftngdméfit as tdiiatte^ et purifia dans Teau d'une source Ie$ «Ottiilures de son visage, de ses bras et de ses maips.

Cette préfiaution ne manquait pas de prêvoyan^e t une sentioelle avancée aurait pu cemoiettre une uiôpri^e fatale, si elle n'eût pas vu poindre un pantalon blanc sur le fond ténébreux des bois.

Des transports de joie que la prudence rôpriuia tout de suite accueillirent le retour du capitaine Taylor.-

La troupe était sous les armes et sur le qui-^ivie^ prête à l'attaque ou à la défense, selon l'ordre reçu.

Lé lieutenant .Murphy manifesta sa joie enserrant ineiigiquementles mains du capitaine; il lui prodigua sea shake-hands qui sont la plus haute expression muette de la cordialité anglaise.

Parker mit plus de mesure dans son expansion ; il B'exagéra rien.

. (^ Tout Ta bien, dit le capitaine i Toreille de chaque i^foia; nos cinq prisonniers août délivrés; il içont à lwpo9t# avec Kindty, li4»as. lln-f a plus un seul in« Minl à perdre ; nmis allons partir.

D tmverpa d'«n pas mpide toute la longarar du m

976 LB CHÂTBÂ1I ras TEOIS-TODES.

tranchaient, pour réreiller Katrina dans son alcAre de pierres et de rameaux.

Les ténèbres étaient â profondes, qo'il fat obligé de se convaincre, arec ses mains, de h réalité d'une ëpoairantable réTélatton : l'akAye de r^ore était déserte.

Les feoilieSy les monsses, le cheret de gazcm gardaient les empreintes dn corps de Katrina ; des lambeaux d'étoffe soyense, attestant nne latte, restaient accrochés anx aspérités du roc et anx arrêtes des branches ; une exca- Tation, pratiquée au fond de l'alcôye, laissait écrouler du cété des bois les pierres de soutènement et les tentores de feuilles, ce qui indiquait évidemment une attaque de bête fauve et une de ces catastrophes qui n'épuiseront jamais, pendant toute une vie, ni les larmes, ni les douleurs, ni le désespoir.

Dans un premier mouvement, Taylor se laissa rouler par le talus extérieur de Talcôve, jusqu'au pied de ce bastion naturel.

Là commençait la jungle ténébreuse, le domaine des fauves, et ses cheveux se hérissèreni d'horreur ; car il rencontrait, par intervalles, sous ses mains , d'autres lambeaux d'étofTe, sur les épines saillantes deà buissons. Emporlé par le désespoir, il suivit la ligne tracée par les vestiges : mais elle s'interrompit tout à conp\ à l'entrée d'un carrefour large, sorte de péristyle d'une forél inabordable, et vieille comme la terre qui la portait.

UNE NUIT DE TERRBURt 277

Un pareil malheur devrait avoir la puissance d'un coup de fondre; la fatalité qui le produit devrait tuer sur place l'homme qui le souffre.

Mon devoir I pensa le jeune officier ; et il se rappela toat à coup les six hommes aventurés sur la route de la pagode, sa petite troupe isolée dans cette solitude et n ayant d'autre guide que lui, et enfin la voix souveraine da pays qui commande les vertus suprêmes dans les suprêmes calamités. Il lui était même défendu de lancer aux échos de ce désert le nom de Katrina.

Un seul cri était une imprudence fatale, et d'ailleurs cette catastophe, s'annonçant tout de suite comme irréparable, ordonnait au patient Tune de ces deux choses : le suicide du désespoir, ou la résignation héroïque du soldat.

Taylor regarda son épée et son poignard.

Ce fat le poignard qui rentra dans le fourreau.

Il remonta le talus et trouva, sur le retranchement; sa petite troupe dans un état de trouble et de confusion inexprimables.

La douleur du chef était dans Tâme de tous ; chacun s'accusait de n'avoir pas gardé d'assez près le sommeil de la jeune femme.

Le lieutenant Murphy appuya trois fois la pointe de'

son crick sur sa poitrine, comme un homme disposé à se

punir d'un défaut de vigilance ; mais trois fois la pointe

respecta sa chair. Parker, anéanti, ressemblait à tin père qui pleure sa fille, et les lahues étant invisibles dans les ténèbres, il exprimait sa douleur {)ar des sanglots qu*ôn entendait disiliictlement.

— A notre devoir ! dit le capitaine d'une voix sourde.

Et, se mettant à la tête de sa trôiipé, il reprît le sentier connu qui mène aux ruines.

Elleéliait bien proche la mihute décisive, délie qui crée la lune hoUvelle lË-t ordonne le sacrifice.

Aussi, en revoyant du înème observatoire le parvis Aé la pagode, le capitaine Tàylor découvrit uh meh plus grand nombre dlndiens.

Il en arrivait même, à chaque instant, pat* toutes les issues, èl leur altitude mystique annonçait qtt'ils se jprè^ paraient par le recueillement à la fête de cette nuit.

On entendit un bruit aàsei séttiblablë au sort Iretidu par un gong chinois frappé par une baguette de cttîvre, e! la Iroupe d'éà êtrangleurs, arrivée probableni'éht au côiiiplet, entra proc'essiofanéllemént daiis le sôtiterrairi.

Taylor agita son épée dans Tair et entraîna rapidement sa lh)ùpe sûr le parvis de la pagode.

Cette marche brusque faè donna paà îé temps à là prt>cession d'arriver jusqu'au fond du souté'fràln.

Les Àtlglàis i)*ahchir^ent lé seuil de là porte, §e ihiretit eô ligne entré ïés jii^emîeïs pilastres 'de U béf et eiécu^ tèrent un feu dé peloton soutenu, qiii l^eSsômblàlt à une

vjirs; NUIT BS terreur, 279

s^lire de cosp ie toqQprre) $ous cette vqA^ remplie d'échos.

l^'épouvaDtable détpnaUoa couvrit le hurlement d'effroi poua^é par les étrangleurs.

Une épaisse famée $e répandit dans la nef et augmenta rhorraur de ses ténèbres, et )^$ carabines ppolongement leur feu dans la direction de Tautel,

Ce que Taylor ^yait prévu firriva.

Les Indiens, se croyant attaqués par une armée, ne songèrent qu'à un seul refuge.

Ceux que les tialles n'avaient pas iiUelnts se précipitèrent en masse vers le corridor perpendiculaire, pour gagner la campagne par cette issue secrète connue dp Ions,

Les Anglais continuèrent leur feu et laissèrent les Indiens escalader, un à un, la cheminée du roc*

Leurs prisonniers et Kindly les attendaient là-haut, un poignard au?L mains, et blottis dans le buisson téné«hreux, voisin de Torifice.

Dès qu'un Indien, dégagé de l'étreinte du noir corridor, mettait le pied sur le roc, il tombait mort daus le boisson, et son corps poignardé roulait dans un précipice.

Pas un seiil n^échappa aux veageances si bien combinées par le jeune officier; pas un seul ne survécut pour apporter aux tribus voisines la nouvelle d'un massacre

dont rhomicide secte a gardé longtemps le souvenir.

Cette victoire si complète ne donna ancone émotion an capitaine Taylor : il aurait voulu trouver, ce qu'on trouvait toujours dans ces rencontres, une résistance désespérée, une de ces luttes violentes dans lesquelles l'homme au désespoir s'épargne un suicide et trouve la glorieuse mort du soldat.

Une faible lueur d'espérance restait encore.

Le devoir accompli , Taylor félicita sa troupe sur sa bonne contenance, et dit :

— Maintenant, mes amis, j'espère que vous m'aiderez encore de votre zèle dans les recherches que je vais faire autour du retranchement.

Un cliquetis de carabines répondit à cette allocution. Au même instant, on entendit un coup de feu qui partait des rangs.

— C'est une carabine en retard, dit Taylor avec sangfroid.

Et, s'adressant au lieutenant Murphy, il lui dit sur un ton amical :

— - Mettez-vous à la tête du détachement, je veillerai, moi, à l'arrière-garde. C'est maintenant le poste le plus dangereux.

Ce n'était pas une carabine en retard; la balle avait sifQé à l'oreille du capitaine; une balle intelligente, dont un œil toujours infaillible avait manqué le but.

UNB NUIT BS TEBBSUR. S8i

L'adresse fit découvrir l'assassin, et l'assassin fit découvrir la pensée. Ce fat un trait de lumière,

Taylor devina tout.

Les tigres étaient innocents.

Le plus épouvantable des crimes avait été commis par un être humain, sur le domaine des bêles féroces.

Cependant la troupe cheminait eil silence, et personne ne se doutait du dénoûment que le capitaine pré* parait à son expédition.

Taylor dit à Kindly, qui marchait au dernier rang:

— Parker s'est placé au centre ; va lui dire à l'oreille que je veux lui parler, et que je l'attends ici.

Parker cacha dans les ténèbres la pâleur de son visage en recevant Tordre du messager, mais en répondant et en marchant il ne put dérober à des oreilles et à des yeux exercés aux ruses le trouble de sa parole et l'agitation fiévreuse de ses membres.

— Il a peur encore quand il n'y a plus de danger, et quelle peur ! pensa Kindly ; cela parait bien suspect.

Et en rejoignant le capitaine Taylor, Kindly lui communiqua ses observations.

— Cela ne m'étonne pas, dit Taylor; laisse-moi seul avec lui.

U prit amicalement le bras de Parker et ajouta :

— Nous allons causer un instant, si cela vous platt.

^8i LE CHATEAU BÇ^ TBOfS-TQURS.

monsipiirripspecteur} mais rassupez^Yo^^ ^i ji^ipemblez pas ainsi.

Parker s'écroulait snr ses pieds, et, ^\^% T^ppiii du robuste bras du capitaine, il ai^r^it Q^esurë le gf^Qfii du chemip,

— Monsieur Parker, poursuivit T^ylqr en s'écort^ipt un pefl du dernief rang, yous ferjpz un trè3^4W$tttv?is criminel et you^ JQueriez ]\i\ bien ^anger^ui^ rO'^ dey^pt un attorney. Restez toujours vertijc^ux, je vous }e c^^r, seille,

— Capitaine, dit Parker en essayant une fermeté impossible, je n'^i pa$ rhp()neur di'ô(re i^ilitaire, p^qI, et, pour up simple civil, je f^h. une rqile campagne cette nuit.

Taylor f\\ ]\\\ve daps les ténèbres Isi forte hvpi^ ^'vl^ poignard nq^l^is, et serrant le l)ra^ de. P?irkQr, il lui di^ d'une voix sourde :

— Votre pardon et l'oubli, si vau? me révèle? tout; car vous ^tes son pmi, son copfideut, spn pqn^plico^ et vous savez tout. Si vous ne révélez pas le crime, votre mort est ^u boi^l de ce poignard.

La pointe de Tarme menaça lai poitrine de Parker*

— Je révélerai tput^ dit-il en éc^ftaot |e poignard.

— El en deux mots, reprit Taylor; le temps est précieux.

Cette fois, ce fut le capitaine qui eut besoin ^e tout

UNE IfUIT 0£ T£|tB^VB. 283

SQP courage ppuF i^e pa^ s'évanouir, cooxi^e uu 14çhe, îiYant rhorrihle révélation.

— Voici, dit Parker sur le ton (|*un malade g^i ra* cpnte i}n rêve daijs un apcès de délire, voici la véri^... Il a dit aux soldats de garder )a ligqe (li; retrai}cl)e|aer)t. , , l'arme an temp$ de Tapprét.,. Il ia'4 (ail; ur signe... je Vai sttivi,.. On m voyait q\\e du noir ^ftw l'air*.. Quelle Dnit!... Mistriss... dormait... Il Ta bâillonnée avec ^u fau|ar4.., garr9Ué0parto.flt.*, 11 Ta epleyée pqpune un boqpe epl^vç un enfant,. ^ Je n'ai plus f'ien vu... Une demi^l^eijire aprè^^ ]e3 sal4ats ont 46mandé le lieutenant; M^rpby... < ^Q voilà, a-t-il ^\i; j*ai 4prmi eiqq jainates : maintenant me voilà ff^is et dispos, n

— Yqiis ï}e savez rjen de plu^, Paplcçr ? 4il Taylor en 4éYpr£|nt ses; larmes.

— Rien, capitaine; j'ai tout révélé,

r-r A^fP^e aussi que tp Tjs aidé!,., ^vpu^, naisérable 1

— Oui, capitaine, reprit vivement Parker, meijaQÔ p2|r te poignard.

i— Et vous ne savez pas où ce brigand a entraîné ^a victime î

-Ti|e ne l>i ps> suJYJ, capitaine: il s'pstpetrdp dans le bois ^t m'a défendu 4e te suivre,

— Si tu dis toute la vérité, reprit le capitaine, ta vie ^t sauve; si tu mens sur up seul point^ tu es mQrt,

284 LE CUATSAU DES TROIS-TOUBS.

— Capitaine, je vous jure que j'ai dit toute la vérité. Un murmure de rage stridente éclata sur les lèyres

convulsives de Taylor;

On Tenait d'arriver au talus de roche mousseuse qui conduisait au retranchement.

Taylor, en revoyant ce lugubre théâtre du crime, éprouva ces défaillances mortelles qui brisent le cœur et l'âme.

Une idée subite rendit au jeune officier toute sa force.

Le sentiment d'une juste vengeance lui oitlonnait de se relever dans son énergie et de vivre pour punir.

Le crime serait trop à Taise, pensa-t-il, si le juge se laissait mourir avant le criminel.

Xe capitaine fit ranger sa troupe sur deux lignes, et, n'ayant plus de ménagements à garder après la destruction des étrangleurs, il dit à très-haute voix:

— Mes amis, vous étiez tous dévoués à cette pauvre fenmie qui partageait avec tant de courage vos fatigues et vos périls ?

— Oui, capitaine, répondirent-ils coomie une seule voix.

Taylor continua :

— Étes-vous prêts à me suivre dans cette foiiSt de bêtes fauves ? Je veux venger la mort de cette femme.

Les deux lignes firent deux pas en avant ; le capitaine les arrêta par un mouvement de son épëe.

UNE NriT DE TERREUB. 285

— Mes amis, leur dit-il d'une Yoix tonnante, ne calomniez pas le tigre : l'assassin de cette femme, le voilà!

Et il désigna le lieutenant M arphy.

Un cri d'horreur accueillit ces paroles.

Murphy s'élança sur Taylor, l'épée à la main.

Taylor se mit sur la défensive et para les premiers coups ; mais, au même instant, Kindly et les plus alertes tombèrent sur le lieutenant, et, après l'avoir terrassé, ils lui lièrent les pieds et les mains.

Cela fut fait en un clin d'œil, avec l'adroite agilité des clowns ou des jongleurs indiens.

— Portez cet homme, dit Taylor; il va nous conduire, dans la forêt, sur le lieu du crime.

Murphy s'obstina dans son silence ; il ne répondit à aucune question.

Parker, qui, depuis ses révélations, ne craignait plus le capitaine, mais redoutait la vengeance de Murphy, s'offrit pour mettre les recherches sur la bonne voie; il .montra au capitaine la secrète issue, à côté de l'alcôve de verdure, et la troupe, Taylor en tête, descendit dans le bois par le chemin indiqué. On se répandit à droite et à gauche dans les massifs des arbres , et le sergent Hubert, qui furetait au vol et partout avec une intelligence et une agilité merveilleuses, découvrit dans un buisson le plus horrible des spectacles...

286 LE QHATiPiP 0S8 TROIS-TOURS.

Les p)(i9 braves, aceourus lôs premiers, Tirâot et fermèrent les yeux.

Taylor embrassa des lambeaux de chair, et tombu wst% connaissance.

On entendait rugir dans la jungle, et mètae dans les buissons voimus, les fauves eonvives du désert.

Vingt poignards se levëreut sur la poitrine dû Murpby; m^is le ^er^çnt Hffbert arrêta I09 vea^aurs du prim0.

Des paroles confuses sortaient de la b^uchQ da Mur* phy;

Hubert recueillit celles?ci :

•^ 1^0 csipitaine dépjderp,,.^ Ma vie était iutoMrable; je suis content, nous mQurfoas tous les troU»

T^ylpr avait repris seis sens, et les larmes vepaient enfin au secours de sa douleur.

Av^c les ressources trouvées dans les b^ages, on av^it pu déjà envelopper ce qui restait de la femopie, afin de lui donner uue sépulture ebrétienne sur lea bprda du Lpuuy.

Un braucapd i^ feuillages élai^ |U^t^ et g$iati^ porteurs n -attendaient qu'un ordre d0 dëpart«

I4Q capitaine serra toutes les maius et mmercia mâme s^s domestiques.

—• Que faut-*il fair^ de cet homme? demanda Kiiidlj en désignant Murpby.

tN£ NUIT DE TEKllËUA. 287

— II a choisi sa place, dit Taylor, il faut le laisser là.

Et il désignait le buisson où le cadavre avait^été découvert.

Murphy ne réclama pas contre cet ordre ; il ne fit entendre aucune plainte, et ne demanda aucun sursis.

Cette résignation lui épargna de nouvelles injures.

Oq l'admira même dans cet héroïsme sauvage, qui, après avoir cédé au crime par l'inexorable exigence d'une passion, savait aussi se soumettre au ebâtiment et Tacccpter avec une sorte de bonheur.

On entendait toujours mugir les bêtes fauves dans les taillis voisins.

Le petite troupe se mettait en marche pour les rives da Loany, et arrivait à la .citadelle avant le lever du soleil.

Trois jours après, le capitaine Taylor recevait une dépêche qui l'appelait à Londres pour donner des renseignements sur la guerre des étrangleurs.

fin.

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