ÉLÉPHANTS ET MONSTRES
âViWDE ni L'iNSUKRECIiOM UUUEKHE. — 1857
l'idtllb
Les HoUaaidais> ont teavaUlé soixante aD& pour eidefet aux Portugais ]éaas possessktiks iikdianaes» maia on tonTeeseora <k&d»sceQdaat9.d' AIphoeâed'Àlbttqa£f que m ia terv & cofluquise pas k dirapeau de Usbomie, en Uâ8. Ainsi la ksmik de LaU Aivarès, éteblie enlre Ibenit et Movadabad^ fait reoMickter son origiae à Yaseo dftGaïaa. Les Si» dasmarwA el; deseooqoëiraats sont de- Tenus indastriels cultivateurs, selon la loi dtt pro£ffès.
L'usiae d'isdjgfi de Ijm Ri^aeès s'élève sur U derliàcepeaie d'ii& ebasmant i»Uûa, arrosé, par la petite
C'est une oasis d'arbres, de fleurs, d'eaux rives, au centre d'une campagne immense, où crott abondamment le riz bena fouit, le meilleur riz de l'Inde. Sur l'horizon de cette raste rizière, on voit se dérouler les lignes sombres de la forêt de Wtlharma. Une colline, ou, ponr mieux dire, une éminence rocheuse sépare l'usine de l'habitation du planteur anglais John Windham. Les deux voisins et leurs familles vivent en bonne intelligence. Au désert, deux voisins sont toujours deux amis. C'est une leçon donnée aux villes.
Si j'avais un roman à écrire, je choisirais ce paysage indien; mais aujourd'hui l'histoire m'a devancé, elle a choisi pour moi : elle a mtaie fait davantage, eUe m'a ôté les soucis de l'invention jusque dans les moindres détails. Quand l'histoire veut s'en donner la peine, elle humilie toutes les imaginations des romanciers.
Dans nos campagnes d'Europe, rien ne peut donner une idée du tableau que je vais essayer de peindre, et qui se re{»t>dttisait tous les jours, à quelques variantes près, dans la grande salle verte de l'usine de Lniz Rivarès, à l'heure de midi, quand l'excessive chaleur suspendait les travaux.
Cette grande salle verte n'est pas ToBUvre d'un maçon et d'un architecte ; la nature en a construit les quatre murs et le lambris avec une massive association de tous
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les ari[>res des tropiqaes : on grand ruisseau la traverse dans toute sa longueur en babillant sur un lit de cailloux, et va former plus loin, sous des voûtes sombres, un lac, où les travailleurs indiens nagent et jouent avec deux éléphants domestiques. La même main qui a construit les murs et arrondi le plafond a tissu le plus doux des tapis, avec des gazons et des fleurs. On voit que la bonne nature a destiné ce beau travail de broderie au repos des travailleurs, dans un jour crépusculaire qui invite au soauueil : ce n'est pas un lieu de promenade, mais un lit.
C'est la nuit du milieu du jour : deux jeunes filles indiennes veillent seules, assises sur une escarpolette, et elles chantent sur un mode plaintif, et à voix contenue, le célèbre Chant des rizières, cité avec éloge dans le second volume des Excursions de Skinner. Cette poésie, populaire dans l'Inde, mérite aujourd'hui d'être prise en considération. En voici la traduction libre, que j'ai faite en essayant de ne pas dénaturer l'esprit de l'original :
m L£ aiAT£4V DIS TRQlS*TOU&S.
LE CHANÏ DES RiZiÈttES (1).
Les blonds étrangers, par^ à l'aurcMre, Chassent à travers les bois et les monts; Femmes de Delhi, ûlles de Lahore, Dites-leur bien bas que nous les aimons.
Ils o^t remonté la sainte rivière,
Le Gange divin, et ses beaux vallons :
Les rayons du ciel, sur notre rizière.
Sont les doux reflets de leurs cheveux blonds.
Prenons du r^os, la récolte est bonne; Après le travail, danses et chansons^ Heureux étrangers ! leur sourire donne Le riz abondant, les belles moissons.
Sous Farbre où gémit la blanche colombe. Ils tournent 1<$& yeux„ au déclin du iour. Vers le coin du ciel où le soleil tombe. Dans un pays froid comme son amour.
G*est qu^rîs ont laissé leur première amie, JeuQe. eoecir ^emfïli d'un ebagrin karmas : Le jour, tout en pleurs, la nuit, endormie. Dans uiie prison que garde la mer.
Les blonds étrangers, partis à Faurore, CibasseQl) à toarers tes bois et les m^Ms ; Femmes de Delhi, filles de Lahore, Dites-leur bien bas que nous les aimons (^2).
(4) « Ce chaqt^ dit Skinner^ et^ après lui^ M. Garcia de Tassy, a été improYisé par les femmes indiennes^ à la louange des'' Anglais! » Je copie textuellement.
(2) Ce chant a été mis en musique par M. Mutel, avec Tautorisatïon de M, Méry. Il est ainsi devenu la propriété exclusive ^de ce compositeur.
EUPBAIÏTS XT* K0»rSTRXS« SRI
Ce chant moaotone, cosame toute mélopée orientale, eatretenait le sommeil des maîtres et des. serviteurs àms Valcôve de ia sie&ie i&dîenae ; mais quand le silence se fit^ un jeune homme se réveilla comme en sursaut, el dît en frappant du poing un échiquier placé sur les herbes :
-*^ Bon i nous nous sommes endormis^ sur la démonstration du ff^mbit muzio !
A cette exc}t&i^ioii, un autre jeune homme se ré^ veilla, en disant :
— Je uc» dofs paa, j'éeoutais... Nous en étions au septième eoi^ du gaimUt^ mon cher ms^ttre H^rt.
~ Tout ^xste t reprit Héb&rt ; je ssrm bien, moi aussi, que je ne dormais pas... Ca. smi cm jeunes filles qui noiiis ma^oéttsent avec teur r&jumm do Brahma.i. £b I mes belles enfautj^ Leïla,. Naâdp, bala^es^Tousi $ur Tc^searpolette^ si cela vous «Brasse^ mais ue chanta plus. Vous reaaQQweae:ere& à mîiml.^* Â ptésan^^ msm cber capitaine Vol^, je m&^ voi!»^.*. Lapitm du roi, une case... Prenez garde, c'est très-rusé, ce que je vous; fais là.
^ Mais^ diJi. Vafey ,^ Youa »«ri£uRK m pm ?
— Oui; eh bien! hasardez-vous, prenazrte ^ rom verrez.
^ Alors, jd na te; pi«sâs pas»
— Eocore plus mauvais jeu pour vous.
— Au diable le gambit muzio ! dit Yolsy en ravageant l'échiquier; docteur Hébert, vous me dégoûterez de ce jeu avec vos gambits !
— Est-il vif cet Anglais ! dit Hébert . . Étes-vous bien sûr d'être un Anglais, mon cher Yolsy ?
— Hébert, mon ami, vous n'avez pas, vous, la gravité de votre profession de médecin. En Europe, vous ne trouveriez pas un malade qui voulût se laisser guérir par vous.
— Tiens ! dit Hébert en se levant, vous me rappelez que ce pauvre fakir Waly m'attend dans son cabanon.
— Mais quelle rage vous pousse à guérir des fakirs, docteur Hébert Colomb ?
— Oui, vous êtes Anglais, Yolsy ; je n'en doute plus maintenant ; vous êtes même digne d'entrer dans le conseil des dix de la Compagnie des Indes. Yous regardez un fakir comme un insecte de plus dans le pays des insectes, vous l'écraseriez froidement, s'il gênait voto^ talon.
— Je l'écarterais...
— Yous l'écras^i^ t moi, je le guéris. Un fakir est un homme...
— C'est un fou.
— Non ; il est méthodiste dans son espèce, comme