‹ Le chateau des trois toursChapitre 5 sur 43 · ELEPHANTS ET MONSTRES · texte numérisé non relu

ELEPHANTS ET MONSTRES

votre William Bart. Pour un' Indien, le mébodisté est un fou, et la Compagnie des Indes, qui est méthodiste, est folle. N'a4-elle pas destitué lord EUenborough, comme païen, à cause des portes de Sennauth ?

— Elle a bien fait.

— Mon cher Yolsy, la destitution de lord Ellenborough, après sa glorieuse et intelligente campagne de 1842, est la plus grande faute de la Compagnie : vous le reconnaîtrez plus tard.

— Cela tourne au sérieux, mon cher docteur Hébert; le fakir est plus amusant.

— Eh bien t soit, capitaine... La ! voyons, n'ai-je pas fait une bonne œuvre, oi^ueil à part ? Ce pauvre diable avait juré de s'enfoncer une pointe d'acier dans le flanc droite toutes les fois que l'heure sonnerait à Thorloge de l'usine. J'ai fait arrêter la sonnerie avec la permission de Luiz Rivarès, et le fakir, craignant de déplaire à son dieu, ne se saigne plus. Il met le silence de l'horloge sur le compte deBrahma. Sa raison est saine maintenant ; il ne me reste que ses blessures à guérir.

— Bon courage, dit Volsy en riant ; encore deux ou trois cures pareilles, et le roi de Delhi vous nommera médecin en chef des fakirs.

— J'accepterais, et je rendrais un fameux service à l'Angleterre indienne. Ces fakirs sont vos ennemis les

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plus dangereux ; ils continuent les Tangs, qui ont failli vous enlever le Bengale dans la guerre du Nizam. Il faut tout craindre de ces hommes qui ne craignent rien. Les fakirs se font un jeu des mutilations, des suicides^ des martyres ; ils meurent en riant sous les roues du char sacré, parce qu'ils vont revivre, disent-ils, dans le céleste jardin Mandana. Si leur fanatisme devient u& jour national, si la contagion ga^e les cipayes. Dieu sait ce qui adviendra.

— Bon I dit Volsy avec un éclat de rire, nous voilà retombés dans le sérieux !

— Et bien ! voulez-vous du plaisant , mon cher

Volsy ?

— Oui, docteur, j'en ai besoin comme remède ; le

thermomètre marque trente degrés à Tombre, et oous commettons la sottise de nous échauffer t

— Volsy, savez-vous ce que j'ai trouvé dans le. cabanon du fakir Waly ?... Une Bible en anglais! une BiWe fausse comme la fable du Rammanal

*— C'est William Bart qui Ta déposée chez le fakir...

— Parbleu ! je le sais bien 1 interrompit le docteur Hébert ; concevez-vous la manie de cet enragé méthodiste ? Il se promène dans l'Inde avec un balk)t de Bibles apocryphes, et il en laisse un exemplaire dans chaque gîte où il boit un verre d'eau.

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— Voyons, dit Volsy, quel grand mal trouves-voiis à cela?

— Un grand mal et un grand ridicule, mon cher Yolsy. Commençons par le ridicule. DonoEer une Bible knowkdge à des Indiens qui sarenl lire, comme on le fait au collège religieux de Pulo-Pinangt^ je le conçois et je Tapprouye; mais donner un livra anglais quelconque à de pauvres diables qui ne connaissent pas même la première lettre de Talphabet indien, voilà le ridicule et Tabsurde ! Passons au mal. Leur fanatisme s'irrite devant ce livre ou cette chose mystérieuse qui tombe avec préméditation d'une main anglaise. Ils vous craignent mime dans f>o$ présenta; et quand le cal* porteur est sorti de la cabane, tout fier d'avoir encore placé un exemplaire, llndien illettré chasse le livre du bout de son pied, creuse un trou profond^ Tensevelit^ et va faire ses ablutions pour laver ses scmillures. Puis, il prend un air solennel, regarde le chemin qu'a suivi le méthodiste, et il le maudit avec tous les anathèmes connus dans sa caste. Un jour peut venir où l'assassinat remplacera la malédiction.

Volsy riait beaucoup en écoutant le docteur Hébert, et, s'asseyant sur le gazon, il dit, en replaçant les pièces sur l'échiquier :

— Eh bien ! mon cher Hébert, j'aime encore mieux

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le gambit muzio ; royons, donnez^noi une dernière leçon, je serai plus docile, et ensuite je vous laisse à yolre fakir bien-aimë.

Le docteur haussa les épaules, pantomime qui signifiait: Vous êtes on Anglais incorrigible dans votre entêtement; et, refusant d'obéir au geste et à l'invitation de Yolsy, il fit quelques pas pour s'éloigner dans la direction de la cabane du fakir. Tout à coup il s'arrêta, comme s'il eût changé d'idée, et donnant un sourire à Yolsy, il parut consentir à poursuivre sa leçon de gambit.

— Oh 1 je ne suis pas dupe de votre conversion, dit Yolsy en riant; j'ai va remuer les branches à la porte de la salle verte : les anges arrivent.

En effets on eût dit que deui étoiles se levaient dans la direction indiquée par le doigt de Yolsy ; elles illuminèrent la voûte de verdure, et donnèrent soudainement un charme inexprimable à cette vaste alcôve d'arbres, de gazons, d'eaux vives et de fleurs. Paula et Âmata, les deux filles de Luiz Rivarès, entraient avec une nonchalance adorable, et répondaient par un inperceptible mouvement de tète au respectueux salut d'Hébert et de Yolsy. Le croisement de deux races avait favorisé on ne peut mieux ces deux jeunes filles. Paaia était brune, Amata blonde ; cette différence permettait de les recon-

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naître, car la beauté de la plus jeune copiaut avec exacti* tude la beauté de Tatoée, les méprises et les erreurs auraient pu naître, même au sein de leur famille : on les distinguait donc à la nuance de leurs cheveux. Cette puissante nature indienne, qui infiltre la sève de son soleil dans ses plantes et ses fleurs, a souvent pour les femmes les mêmes complaisances maternelles ; alors les beautés créoles semblent emprunter à la flore indienne ses trésors de luxe et d'éclat ; elles grandissent et se développent dans un épanouissement superbe, comme les vivantes sœurs des aloès et des palmiers.

Bien que cette histoire commence avec Tannée 1857, la vérité nous force à dire que le costume de ces deux jeunes filles était l'extrême antithèse des modes actuelles. Le climat et la campagne de l'Inde ont des rigueurs ou des exigences non prévues par les couturières parisiennes. Les modes du Directoire ont été inventées par une grande dame créole, habituée à l'éloge sous un climat qui défend aux étoffes de receler le moindre mensonge sous leurs plis.

Habitués à vivre dans la familiarité de la vie domestique avec Paula et Amata, Hébert et Yolsy éprouvaient toujours une crainte respectueuse lorsqu'ils rencontraient ces deux sœurs, et si la mode anglaise n'eût pas prévalu dans l'habitation de Luiz Rivarès, jamais les

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deux jeniies gens n'amraieiit oeé entanier un entretien arec elles. Patvia on AmaU commençaient toujours.

— Contimiez rotre partk^ Messieurs, dît Paula, sans quitter le bras de sa soeur; nous serions désolées d'in* terrompre la leçon d'échecs.

— Noos aTîons quitté le JM, dit Hébert en tirant sa montre poor se donner une contenance ; il est déjà fort tard... deux heures t... Je Tais an tra?aiL

Un dnod'éclatsde rire sembla rootesnrdeslamesd'or.

— Oni, Mesdemoiselles, an IraTail, r^rit le docteur Hébert, ce n'est point nne plaisanterie. Je rais herboriser le long dn missean ; c'est nne cor?ée mde, au grand soleil ; mais je ne snis pas renn dans l'Inde pour rester oisif.

— CSomme il dit cela sérieusement f remarqua le capitaine Voby.

Le docteur Hébert, qui balbutiait en répondant à Paula, se trouva tout à coup à son aise, grâce à la réflexion railleuse de Volsy ; et relerant la tête et croisant les bras, il dit au jeune officier anglais :

— Ah 1 par exemple ! mon cher Yolsy, croyez-vous que j'ai quitté l'espoir d'une clientèle parisienne, la première clientèle du monde, quand on la tient, pour venir, dans l'Inde, suivre l'exemple paresseux de vos docteurs anglais ? Qu'aveî-vous fait pour la science, depuis lord

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Comwallis et la conquête de 1799 ? Vous marchez, depuis soixante ans, sur des milliers de plantes, dont chacune est un remède préparé dans le laboratoire du soleil, et vous n'avez pas même découvert la feuille qui guérit la migraine ou le rhume de cerveau ?

— Très-bien 1 très-bien ! dirent Paula et Amata en battant des mains.

— Pardon, dit en riant Volsy : npus avons découvert la racine du tulipier jaune pour la morsure du cobracapel, et Yyapana, pour le choléra-morbus.

— Oh ! perfide Albion ! s'écria le docteur ; ces deux remèdes ont été trouvés avant la dynastie d'Aureng-Zeb, sous le règne de Baber ! C'est un médecin indien, le moulvy de la cour de Delhi, qui les a inventés!

— Capitaine Volsy, dit Amata, ne riez pas, répondez au docteur.

— Il ne répondra pas, reprit Hébert ; il rira toujours.

— Et les médecins français, qu'ont-ils découvert dans rinde ? demanda Volsy, d'un jair sérieux.

— Rien, reprit Hébert; mais ce n'est pas leur faute; ils étaient absents. Pour que les médecins français découvrent un remède dans l'Inde, il faut d'abord qu'il y ait des médecins français.

— C'est évident, remarquèrent les deux sœurs.

— Croyez bien ceci, capitaine, poursuivit Hébert; si

le général Bonaparte eût fait sa jonction aa Mysore avec Typpo-Saïb, en 1799, au lieu de perdre son temps devant SaintrJean-d'Acre, nous aurions conquis le Bengale, et rinde serait française aujourd'hui ; et croyez bien que nos médecins et nos chimistes auraient arraché beaucoup de secrets curatifs à ce merveilleux herbier que la nature ne prend pas la peine de polir et de nuancer pour les pieds des tigres et des éléphants t

— Le capitaine ne rit plus, dit Amata.

— Je m'instruis, répliqua Volsy ; le docteur m'enseigne l'histoire qui aurait pu arriver. Nous avons en tort de ne pas laisser conquérir l'Inde par la France. Le mal est fait. N'en parlons plus.

— Avec cette discussion, dit Paula, nous avons fait perdre au docteur une heure d'herborisation ; il aurait peut-être découvert la plante qui guérit la migraine.

Et les deux sœurs firent un mouvement de retraite qui fut suspendu par un geste de Yolsy.

— Voilà nos deux cipayes qui se réveillent, dit-il , Mesdemoiselles ; si vous montez en palanquin pour votre promenade de tous les jours à notre habitation, ces deux hommes vous serviront d'escorte.... d'escorte d'honneur, ajouta-t-il en riant; car vous savez qu'il n'y a pas le moindre danger.

Les deux jeunes Indiennes, Leïia et Naddya, qui s'é-

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taient endormies en psalmodiant le Chant des rizières, se réveillèrent à l'appel de Paula, et disparurent sous une voûte d'arbres, corridor naturel de l'habitation de Rivarès.

— Mon travail peut attendre, dit le docteur Hébert à Paula ; nous voulons assister à votre départ de promenade.

— Et votre départ de voyage est-il fixé ? demanda Paula d'une voix timide.

— Non, Mademoiselle. J'ai beaucoup de choses encore à étudier ici, et je ne veux pas rentrer en France les mains vides. Notre profession est très-peu avantageuse, à Paris, pour les jeunes gens. La concurrence des anciens nous tue. Il y a tant de médecins et si peu de malades ! Je veux me créer une spécialité. Avec la vapeur, les chemins de fer et le percement de l'isthmo de Suez, tous les jeunes médecins feront dans dix ans ce que je fais seul aujourd'hui. Il faut donc que je profite de mon monopole. En 1867, il ne sera plus temps.

— Ma sœur m'appelle, dit Paula ; les palanquins sont avancés ; nous allons partir. Je vous rends à votre travail d'herborisation, et je vous souhaite une bonne plante, celle qui guérit...

— Les plaies du cœur, interrompit Hébert à voix basse.

Pauki bondit comme une gazelle blessée par 1 e chas" seur, et courut T«rs les palanquins.

— Enfin la grand mot est dit ; il m'est échappé à mon insu ; telle fut la réflexion qu'exprimèrent la pan-* tomime et la physionomie d'Hébert, aprèfr la {dus concise et la plus daire de& déclarations.

Les porteurs des deux palanquins étaient à leur poste ; Paula et Amata s'assirent sous une coupole de soie, où flottait à la brise une chevehire de banderoles qui rafraîchissaient l'air comme des milliers de petits éventails. Yolsy parla ainsi à ses deux cipayes :

— Tauly, et toi Mendesour, escortez les palanquins jusqu'à l'habitation de mon père, et venez me rejoindre

Tauly et Mendesour appartenaient au 26^ régiment d'infanterie indigène, en cantonnement à Meerut ; deux Jeunes soldais vigoureusement constitués ; deux satyres du Ramaïana, deu?i démons à Tépiderme de l^nze^ aux cheveux d'ébène, aux yeux de tison. Rien n'indiquaii chez eux l'appauvrissement de la race ; cm» voyait^ au contraire, que l'énergique sang de la Malaisie coulait dans leurs veines, et qu'ils appartenaient, par droit naturel de filiation, à celte antique famUle indienne %ui a ciselé en statues, en pagodes, en monstres, en dieux, tout le granit du Bengale et de Java.

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Un peu avant le départ, Tauly et Mendesour araîent adressé quelques paroles de flatterie à Lefla et à Naddya; mais ces jeunes Indiennes ne répondaient habituellement que par un silence dédaigneux ou fier aux propos galants des hommes de race cuivrée ; leur ambition voulait s'élever plus haut. Comme les fenames de tous les pays et de toutes les nuances, Leïla et sa sœur, douées d*un admirable talent dlmitation, avaient appris, à recelé de leurs deux belles mattresses, la coquetterie et la dignité des femmes européennes. Dans leurs nombreux loisirs, elles continuaient ces leçons à Técole des grands miroirs, et, oubliant leur teint en voyant leur beauté bengalienne, elles se donnaient l'élégance de la grande dame anglaise, et rêvaient d'un doux mariage légitime avec un bel oflScier de la garnison de Meerut ou de Moradabad.

Un observateur indifférent aurait remarqué la singulière variété des quatre groupes au départ des palanquins : Paula et Amata, nonchalamment assises comme deux déesses adorables, et ne regardant personne, pour permettre à tous les yeux de les regarder ; Volsy et Hébert, associés dans leur admiration muette et tenant leurs yeux fixés sur deux sandales d'odalisques qui jouaient avec les franges d'un rideau de soie ; Leïla et Naddya, négligemment adossées sur la tige d'un palmier

et se promettant, pour un avenir rapproché, les douceurs de la promenade en palanquin ; Tauly et Mende- 80ur, lançant les éclairs de leurs prunelles à ces deux nuages d'étoffes chinoises qui cachaient les Européennes^ ces merveilles blanches, inconnues dans les harems de Delhi, de Lahore et d'Agra.

Le docteur Hébert et Volsy suivirent des yeux les palanquins jusqu'à rextrémité du petit chemin qui aboutissait à la colline. Dès qu'il n'y eut plus rien à voir qu'un admirable paysage désert, les deux jeunes gens furent saisis de cette tristesse qui suit le coucher du soleil, et ils rentrèrent dans la salle verte pour voir les traces que des pieds divins avaient laissées sur le gazon et les fleurs sauvages. Un premier mot manquait à l'un et à l'autre pour recommencer l'entretien et donner le change à un ami, ou peut-être à un rival, car aucune confidence préalable n'avait été faite : ni l'un ni l'autre ne connaissait au juste sa position et chacun redoutait de l'éclaircir.

Enfin, Yolsy prit une résolution; il donna un léger coup sur le bras du docteur, et lui dit en riant :

— Savez-vous ce que font les hommes quand ils sont amoureux?

— Ils aiment, reprit Hébert lestement.

— Puisque vous me répondez mal, reprit l'Anglais,

£l£phaiits xt konstrbs. IM

je Tais me répondre bien. Les hommes amoorenx, en présence de la femme aimée, ou se taisent sournoisement, ou parlent beaucoup pour briller aux dépens des voisins. G^est ce que vous Tenez de faire, mon cher docteur. Quand nous sommes en tête-à-téte, vous et moi, vous me ménagez votre esprit; mais si une femme arrive, vous m'écrasez sans pitié, Hébert, vous êtes amoureux.

— Mon cher Volsy, dit Hébert avec une dignité d'emprunt, je ne viens pas dans l'Inde pour copier votre Lovelace et violer les saintes lois de l'hospitalité; je viens m'instruire dans ma profession, vous le savez trës4)ien. Certes, je suis admirateur, comme tout le monde, de la beauté des demoiselles Rivarès, mais voilà lout... A mon tour, maintenant, mon cher Yolsy, répondez-moi avec la même franchise, je vous adresse votre question.

— Eh bien I reprit Volsy en riant, je vais être sineère couune vous. Les demoiselles Rivarès sont les seules amies de ma famille ; elles sont chez moi en ce moment, et moi je suis ici. Vous voyez donc que je les évite...» par prudence peut-être; voilà la seule concession que je puisse faire. Sous notre soleil indien, il ne faut qu'une mauvaise minute pour perdre h tête, et un soldat amoureux est un déserteur qui passe à l'ennemi.

I<t8 LS CBATBAV BBS TKOIt^'TOirRS.

Celle expUcalkm «bigiiê parai salisfiiire ie jeune doclev; il leodtl la maia i Ydsy, et, lai montrant an aoaTeaa personnage qui arrÎTait loat nûssdant de saear et chaîné d'an &rdeaa énorme, il dit :

-«* Tenez, mon cher Volsy, voilà an garçon qai est plod maUieiireaK que TOUS ^ moi; il est amoareax et il va se mari^.

— Vous mariez votre domestiqua César Verlacqî de^ manda Yolay avec élonnement, et avec qaeUe femme?

«i^Ohl n'ayes pas penr, Yolsv... je loi fais épousa L«9a...

•^ LeSa i reprit Volsy, Leïla, qui a r^hisé d'épousar on lu'amiBe très-épm d'elle, et qui a obligé, par ses dôdains, ee paairre Waty à se feire fakir!

—- Oui, Leïla, reprit Hébert ; les jeunes femmes indiennes n'i»t plus de préjugée religieux. Les venves même préfèrent un second mariage au h&eher. Leïla aime miesx être la femme d'un domestique français ou anglais^ que la sultene favorite du UogA de Delhi. Par*» tout, les femmes ont du bon sais. Si la Compagnie des Indes ét»t dirige per einq Anglaises, ^ ferait cinq sottises de nsoias par jonr»

César Yerlacq, ayant déposé son fardeau, s'était ap* proch6^du doeteor pour prendre sea oïdves.

•««ÂMufMluneboaBeréeeltefhndk Hébert.

f LffHAlfTS ET MOir^TRBS. 408

— J'espère que MoQsiear sera content, répondit César; j'ai trouvé au grand soleil, entre des crevasses de rochers, une famille de plantes larges comme une ombrelle de Paris, et doublées de velours comme un manteau de princesse. J'ai tout rasé.

— Très-bien! dit le docteur; nous verrons cela.

— • Après, tout le long de ce ruisseau, à qui mademoiselle Paula a donné le nom de Very-^Nke, là-bas, bien loin, j'ai trouvé. •*

— Nous verroQs tout cela, te dis^e, inteamuapit Hébert.... va déposer ta moisson dans mon berbier, et repose-toi.

— Me reposer ! dit César ; oh ! pas encore ; je me reposerai à minuit, si le tigre veut bien me le permettre. J'ai découvert du côté du bois un petit arbuste qui sue au soleil comme un pin italien. Il y a quelque chose làdessous, ai-je dit, pour me servir de votre expression, et je vais déraciner l'arbuste pendant que le tigre dort.

Et César salua son maître et disparut.

— En voilà uu encore que j'ai guéri par des procédés inconnus de la médecine, dit le à&^Xssxv à Volsy, Ce pauvre garçon n'avait pas été planté sur son terrain. La transplantation l'a guéri de son infirmité natale. Il était si répulsif au travail, qu'un jour, ayant faim, il aima mieux voler un pain de deux livres que de le gagner. Il

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fdt pris, jugé et condamné à la prison. J*ètadiai la constitution physique de ce garçon, et je crus reconnaître en lui une de ces natures nerveuses que le Nord tue et que le Midi ressuscite. Un juge ne doit pas faire cette observation, U doit condamner; mais un médecin la fait et il doit guérir. Voilà donc un jeune homme de vingtcinq ans, aux cheveux roux et crépus, aux yeux verts intelligents, un gibier de cour d'assises, un bouc émissaire pour tant d'insolvables heureux, un paresseux de la civilisation du Nord, que je prends au risque d'être volé moi-même ; et aujourd'hui, dans ce climat qui aurait dû être le sien, c'est lui qui met de l'argent dans ma bourse, et qui ne se repose plus qu'en travaillant.

Volsy écouta le récit de cette cure morale avec une distraction que le docteur remarqua, sans vouloir Texpliquer tout de suite. Il n'y eut pas un mot d'éloge ou de raillerie prononcé par le jeune officier anglais. Hébert se sépara de lui, en disant sur le ton de l'insouciance :

— Je vais passer en revue les nouvelles richesses végétales de mon herbier.

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