‹ Le chateau en EspagneChapitre 4 sur 47 · SCÈNE IV CASIMIR, FERDINAND · texte numérisé non relu

SCÈNE IV CASIMIR, FERDINAND

(ib te regardent quelque temps les bru croises en comprimant des éclats de rira.) CASIMIR.

Que je t'embrasse, ami!... Vive toil... ma parole!... Comme un vieux comédien tu sais jeuer un rôle.

FERDINAND

Ouf!... que la gravité me pèse !...

CASIMIR

Enfant léger!

Comme tu te fais lourd...

FERDINAND, courant ça et là.

Laisse-moi voltiger.

Laisse-moi rire un peu. Profitons, le temps presse; Je crains de devenir un sage de la Grèce, En conservant ce ton quelques heures par jour. Laisse-moi respirer.

CASIMIR

Et comment va l'amour?

FERDINAND

Mal! Si je n'obtiens rien ayant demain, j'oublie Ma sagesse, et je fais quelque trait de folie... Dans les champs altérés que le Tage arrosa Je vais vivre en bandit, en Salvator Rosa.

Je brûle ce château ; puis, dans ma vie errante, Je dévore en six mois cent mille écus de rente ; J'arrête, au grand chemin, tout piéton indigent, L'arme au poing... et le force à prendre mon argent.

CASIMIR

Bienl... très-bien raisonné!...

FERDINAND

Mon bonheur m'importune !...

Je suis, depuis un mois, étouffé de fortune.

Je puis faire rouler dans ce long corridor, Comme un bras du Pactole, un petit fleuve d'or! Je puis, si j'en avais l'ardente fantaisie, Acheter, au comptant, tous les sérails d'Asie : Pour moi, cela n'est rien... Mon oncle, mon cousin, Un jour, pour mon malheur, s'est posé mon voisin, Et vient me révéler, dans un coin de Bayonne, Cette femme!... cet ange!... étoile qui rayonne, Fleur qui parfume tout, démon qu'on fuit en vain, Qui toujours me poursuit de son rire divin, Qui dore tous mes pas, ma nuit et ma veillée Avec un seul rayon de sa robe émaillée, Qui brûle mon regard de l'éclat de son teint, El laisse à mon oreille un son que rien n'éteint... Oh! je l'épouserai!... Que m'importe mon âge! L'amour n'est-il pas fils d'un jeune mariage?

Une épouse devient, pour l'époux de vingt ans, Maîtresse légitime; on peut l'aimer longtemps; npeut l'aimer toujours. Quand l'habitude est prise De bonne heure, il n'est pas de dégoût qui la brise. L'habitude fait tout. Soit dit sans vanité, J'ai de l'amour au cœur pour une éternité.

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