‹ Le chateau: le parc; et les grandes laux de VersaillesChapitre 11 sur 13 · IM · texte numérisé non relu

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Cette salle, que, par une pensée assez remarquable, Louis- Philippe a formée des appartements occupé» jadis par son grand-père , est consacrée au souvenir de juillet 1830, origine du pouvoir de la dynastie d'Orléans. On peut observer que les combats des trois journées n'y ont pas été représentés , et que de cette époque le roi Louis-Philippe n'a cru devoir rappeler que les scènes où il figure lui-même.

CMlerle ûem Portrait* die Tattlque du midi (!••).

On monte de la salle de i 830 au second étage , et on entre dans une galerie contenant les portraits des personnages célèbres de la fin du xviir siècle. Cette collection , beaucoup plus remarquable que celle qui se trouve dans Tattique du nord, comprend une foule de portraits originaux, dont plusieurs sont dus au pinceau des peintres les plus renommés, David, Greuze, Gros, etc. On y remarquera les curieux portraits de quelques personnages qui ont joué un rôle dans la Révolution française, La Fayette, Camille Desmoulins , Charlotte Corday , Barrère* , etc., à côté des portraits des princes et des rois. Celte collection, incomplète sans doute, mais qui témoigne d'un véritable libéralisme chez celui qui l'a réunie, semble un précieux commentaire de cette époque de notre histoire. Elle aurait ravi les regards de Lavater, qui y eût trouvé d'amples sujets d'études et d'observations physiognomoniques.

Salle de0 Ré^Menees royales (t«t]«

Cette salle est de construction récente. Elle renferme une série de douze tableaux, qui avaient été faits pour la manu-

4 . Ceux des révolotionnaires qui figurent dans cette galerie ont presque tous eu des relations avec la Tamille d'Orléans. Barrére, par exemple, y figure deux fois.

facture des Gobelins : chacun d'eux représente une des résidences royales, pendant une des fêtes propres à chacun des douze mois de Tannée : Ainsi : 1* jaihyieb, le Louvre (l'opéra) : 2° FÉVRIER, les Tuileries (le bal) , etc.

Le château de Versailles y figure pour le mois d'avril.

Outre ces douze tableaux , d'autres représentent le château de Randon , le Palais-Royal, etc., qui ne sont pas compris dans la série précédente.

«alertes de Portrait* de l'Empire et de la Restauration

(l«t et 1«8).

Ces salles renferment les portraits des membres de la famille impériale et de la famille des Bourbons de 1804 à i830, ainsi que ceux des personnages les plus célèbres de cette époque. C'est la continuation de la salle 160.

Un petit cabinet, que l'on visitera en passant, contient des esquisses de Gérard, et un tableau de M. Heim, représentant Charles X distribuant des récompenses aux artistes. Les figures de ce dernier tableau sont des portraits.

On descend ensuite l'escalier de stuc {escalier de la Reine}^ puis l'escalier de marbre : on se trouve alors au rez-dechaussée.

«alerles de TEmlIlre (•• à 94 j.

On entre au rez-de-chaussée , par le vestibule Napoléon, dans les galeries consacrées aux exploits de nos armées de i796ài8iO.

Les six premières salles contiennent les campagnes de 1796 à 1805, celles d'Italie et d'Egypte, et le commencement de la campagne de 1805.

C'est dans la salle 63 que se trouve le beau tableau de Gros, la Bataille des Pyramides. Il n'a été exécuté par le peintre qu'en 1810, douze ans après la bataille.

Les six salles suivantes, séparées des précédentes par un

vestibule décoré des statues de Napoléon et de sa famille , contiennent les tableaux dont les sujets se rapportent aux années i 805 k i8i0.

Une dernière salle (74),- la salle de Marengo , contient un tableau célèbre de David : le premier consul passant le mont Saint-Bernard. Bonaparte monte un cheval fougueux ; on a critiqué à ce sujet le peintre , et fait observer avec raison que cette allure si impétueuse sur des chemins glacés n'est ni vraisemblable, ni conforme à Thistoire. En effet, on sait que le premier consul gravit le Saint-Bernard monté sur un mulet que conduisait un guide du pays. Mais, outre les nécessités de Vart, ce qui doit justifier le peintre, c'est le désir du modèle , qui voulut être représenté calme sur un cheval fougueux. David a fait trois fois ce portrait : dans le premier, Bonaparte monte un cheval gris pommelé ; dans le second, le cheval est noir; dans le troisième (c'est celui qui est à Versailles) , le cheval est brun. On voit que le grand peintre ne se piquait pas de cette exactitude précise dans les petites choses, à laquelle on a souvent, de notre temps, accordé une importance exagérée.

On remarque aussi dans cette salle la bataille de Marengo de Carie Vernet. Le peintre a choisi le moment où la charge de cavalerie exécutée par Kellermann coupe en deux la longue ligne blanche des Autrichiens, et détermine le succès de la journée.

Calerle des Statues et ûem Bustes (9ft)«

On voit dans cette galerie les statues des généraux célèbres , depuis le commencement de laRévolution jusqu'en 1 81 4. Là se font remarquer surtout ceux qui sont morts sur le champ de bataille : Lannes, Marceau, Desaix, Hoche, dont la statue est un hommage de la ville de Versailles au roi Louis-Philippe. Des sarcophages , des emblèmes funéraires indiquent assez la pensée qui a dominé dans la composition de cette galerie.

«alerte «es TOMbeMix (tlM)*

En sortant de la galerie précédente , on revient au vestibule d*oîi l'on descend par un escalier à une galerie souterraine; elle contient les statues couchées et les tombeaux de personnages célèbres de divers pays : on y voit les bustes de plusieurs grands maîtres de l'ordre de Malte.

0«lle0 «es Amiraux ) «es Connétal^les et éem Maréelurax

(de4» h 4«).

Nous rentrons dans la partie centrale du palais.

Au bas de l'escalier de marbre , après avoir traversé les vestibules où se trouvent les statues de Descartes, du Poussin, de Corneille et de Voltaire, on pénètre dans les salles oïl ont été réunis les portraits des amiraux de France, depuis 1270 jusqu'à nos jours. Cette collection appartenait au duc de Penthièvre, dont le père, le comte de Toulouse, avait été amiral de France.

Cette charge fut souvent confiée à des princes, dont quelques-uns virent à peine la mer. M. Vatout, dans ses Galeries de Versailles , cite à ce propos un document véritablement curieux : Louis XrV en i669 conféra la charge d'amiral de France à Louis de Bourbon , comte de Vermandois, alors âgé de deux ans. Voici le commencement des lettres de provision : « La naissance que notre très-cher et bien-aimé fils naturel Louis , comte de Vermandois *, a prise de nous , et les espérances que nous concevons de sa vertu par la bonne éducation que nous lui donnerons , nous conviant de l'établir dans quelque charge en laquelle il puisse s'acquitter des obligations de sa naissance et donner des marques de la vertu que nous commençons à lui inspirer^ et de sa fidélité, zèle, affection au bien de notre service, nous

\ . C'était un des enfants de Mlle de La Vallière et de Louis XIV.

avons estimé que novs ne pouvions mettre en de meilleures mains l'état d'amiral de France, etc. •

Cet amiral de deux ans mourut quatorze ans plus tard. Il n'est pas absolument prouvé qu'on ne pût mettre cette charge en de meilleures mains, quand ce n'eût été qu'entre celles de Duquesne. Mais, quand le vainqueur de Ruyter, l'homme de mer intrépide qui avait fait respecter le pavillon de la France , se présenta devant Louis XIV, après la victoire de Messine : « Je voudrais, monsieur, lui dit le roi, que vous ne m'empêchassiez pas de récompenser les services que vous m'avez rendus comme ils le méritent; mais vous êtes protestant, et vous savez mes intentions là-dessus. » Non-seulement Duquesne ne fut pas amiral, mais, quand il mourut , le cadavre de ce grand homme fut privé des honneurs de la sépulture.

Les deux derniers grands-amiraux ont été Murât , sous l'Empire, et le duc d'Angoulème, sous la Restauration.

mmUem ûem Conaétal^les (4t).

Il y a eu, sous l'ancienne monarchie, trenle-neuf connétables, depuis le xi* siècle jusqu'au xvii*; le dernier fut Lesdiguières, sous Louis XIII. louis XIV ne rétablit pas la connétablie, quoiqu'on eût fait espérer à Turenne qu'elle serait rétablie en sa faveur.

Parmi ces personnages, on remarque Duguesclin, qui se défendit d'accepter l'épée de connétable, dit Froissard , alléguant qu'/7 était venu de trop pauvre noblesse, et qui , pourtant, donna à cette dignité suprême un nouvel éclat; Olivier de Clisson, le boucher des Anglais; Anne de Montmorency, si terrible aux huguenots, tué à la bataille de Saint- Denis.

Napoléon fit revivre cette dignité pour un de ses frères, Louis, depuis roi de Hollande.

«allé» ûem jamréehmmjL (4S à «•);

Il y a eu jusqu'ici plus de trois cents maréchaux de France. Treize salles leur sont consacrées : elles sont séparées par la galerie de Louis XIII. Il n'a pas été possible, comme on le pense bien, de se procurer les portraits de tous ces maréchaux. Des écussons portant le nom et les titres des absents complètent ce long catalogue du m.aréchalat. Le premier maréchal date du XII* siècle.

Parmi tous ces noms, dont plusieurs sont devenus ou demeurés obscurs, les illustrations abondent. Ce sont les rudes compagnons des rois de France aux époques féodales; ce sont, sous Louis XIV, Catinat, Villars, Turenne! A la mort de ce dernier, on nomma huit maréchaux pour le remplacer : la monnaie de M. de Turenne! A côté de ces grands noms, d'autres illustrations d'un genre tout différent rappellent, ou de tragiques souvenirs, comme Vilry, capitaine des gardes, nommé maréchal pour avoir tué Concini ; ou la faveur des cours, comme ce Concini lui-même, maréchal d'Ancre, comme Villeroy , si bafoué par ses contemporains , si malheureux à la guerre, que, quand il fut fait prisonnier à Crémone, une fois la ville reprise, chacun chanta dans son armée le couplet suivant :

Palsembleu ! la nouvelle est bonne :

Noire bonheur est sans égal ; Nous avons reconquis Crémone, Et perdu notre général !

Au siècle suivant, mêmes contrastes. A cotétiu maréchal de Saxe, le glorieux vainqueur de Fontenoy, figure Soubise, le vaincu de Rosbach, favori de Mme de Pompadour et de Louis XV, malheureux en ménage comme k la guerre, double infortune à laquelle le spirituel et égoïste monarque faisait allusion en apprenant qu'il avait été battu à Rosbach :

« Ce pauvre Soubise! allons! il ne lui manque plus que d'être content, »

Voici maintenant les maréchaux de notre siècle, ceux de l'Empire, presque tous sortis des rangs du peuple ; ceux de la Restauration, noms plus illustres, pour la plupart, par leurs ancêtres que par leurs victoires, et parmi lesquels figure un étranger, le prince de Hohenlohe.

Salle des RoU de Vranee (t9).

Cette salle contient la collection des portraits des rois de France. On passe de là dans la salle des Résidences royales.

Salle des nésldenees royales (>• Il SS).

Ce sont des vues curieuses des anciens châteaux royaux. Le visiteur de Versailles pourra comparer les anciennes vues de ce château avec sa physionomie nouvelle; et le Parisien, en voyant, dans des tableaux du xvi* et du xvii" siècle, le palais de la Cité, la tour de Nesle, le vieux Louvre et le Pont- Neuf y qui alors méritait son nom, aura peine à y reconnaître ce Paris que chaque siècle vient transformer et rajeunir.

Testllmle de liOnU XIII (t8]«

On rentre, des salles précédentes , dans la salle des Rois de France (29), et, en traversant le vestibule de Louis XIII, donnant sur la cour de, marbre, on entre dans les salles des Tableaux- Plans.

salles des VaMeaux-Plans (t4 à t9).

Ces salles contiennent des tableaux qui complètent cette grande histoire militaire de notre pays : ce sont les plans d'un grand nombre de combats, depuis le Pas de Snze et la prise de La Rochelle par Louis XIII, jusqu'au siège d'Anvers et au passage des Portes d^ Fer y sous Louis-Philippe.

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