‹ Le chateau: le parc; et les grandes laux de VersaillesChapitre 6 sur 13 · IferumïUcm ««iis Itoals HLV · texte numérisé non relu

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Louis XIV avait recommandé en mourant de mener le jeune roi à Vincennes, dont Tair semblait plus pur et plus favorable à la santé chancelante de Tenfant. Quant au régent, il résida à Paris, aif Palais-Royal, qui devint le centre des scandales de cette époque fameuse. Versailles fut abandonné pendant sept ans.

Mais Louis XV lui rendit bientôt son ancienne splendeur, que la ville ne perdit plus jusqu'à la Révolution. Il changea peu de chose au château ; mais la ville fut agrandie et embellie à quelques égards. L'église de Notre-Dame fut élevée par le roi dans le quartier du Parc-aux-Cerfs, demeuré célèbre dans rhistoire de ce règne par une fondation d'un tout autre genre. Nous n'avons pas à nous occuper des turpitudes dont Versailles fut le témoin sous Louis le Bien- Aimé; nous sommes heureux que le plan de cet ouvrage nous dispense de ces récits qui embarrassent terriblement la plume du narrateur. L'histoire de Mme de Mailly et dé ses trois sœurs, toutes maîtresses du roi, celle de Mme de Pompadour et de Mme du Barry, et d'autres récits plus scabreux encore, appartiennent à l'histoire de France plutôt qu'à celle de Versailles.

La ville qui avait vu ces effroyables excès de la royauté devait en voir aussi la première expiation ; et ce fut l'infortuné Louis XVI qui , sans avoir hérité des vices de ses ancêtres, en subit le châtiment. Nous ne rappellerons que pour mémoire l'affaire du collier, dont les principales scènes se passèrent dans les bosquets de Versailles, et dont le scandale fut si fatal au prestige du trône.

Pendant l'année 1789, l'histoire de Versailles se confond avec celle de la révolution. C'est dans le jeu de paume de cette ville que l'Assemblée nationale se réfugia, et refusa

de se dissoudre. A Tintérieur de Fédifice, on lit encore cette incription :

« Les représentants des communes de France, constitués en Assemblée nationale, le 17 juin 1789, ont prêté ici, le 20 du même mois, le serment qui suit :

« Nous jurons de ne jamais nous séparer, et de nous ras- « sembler partout où les circonstances l'exigeront, jusqu'à « ce que la constitution soit établie et affermie sur des fon- « déments solides. »•

Au-dessous de cette inscription, on a ajouté celle-ci :

« Ils l'ayàient juré : ils ont accompli leur serment. »

On peut voir, dans toutes les histoires de la Révolution, le récit des journées des 5 et 6 octobre, où la royale demeure de Versailles fut violée par le peuple de Paris, quelques gardes du corps massacrés, le roi et la reinet)bligés de venir s'installer à Paris avec l'Assemblée nationale. Cette insurrection avait été provoquée par le banquet donné trois jours auparavant par les gardes du corps dans la salle de théâtre du château, et où la cocarde nationale avait été foulée aux pieds , l'Assemblée insultée en présence du roi et de la reine.

Depuis cette époque, Versailles n'est plus la résidence des rois. Cette ville fut négligée par Napoléon, qui, à Sainte- Hélène, la traitait de ville bâtarde, et se reprochait le peu de dépenses qu'il y avait . faites. Le retour des Bourbons semblait promettre à Versailles de meilleurs jours. Mais la grandeur des dépenses nécessaires pour approprier le château aux exigences de la monarchie nouvelle effraya Loui^s XVIII et Charles X.

Louis-Philippe seul a compris l'usage que l'on pouvait faire de ce château, débris d'un passé désormais impossible ; il en a fait un musée historique, où la toile et la pierre racontent à nos regards les grands événements de notre histoire.

La cour royale.

Château de Versailles.

Les chars, les royales merveilles ,

Des gardes les nocturnes veilles , Tout a fui ; des grandeurs tu n*es plus le séjour :

Mais le sommeil, la solitude, Dieux jadis inconnus , et les arts , et Tétude ,

Composent aujourd'hui ta cour.

Ces vers, qu'André Chénier adressait, en 1792, à cette royale demeure, on put les répéter encore, pendant qua-

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