‹ Le château royal de VincennesChapitre 19 sur 31 · MO · texte numérisé non relu

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tacle des restes de la férocité des bourreanx d'autrefois ; à chaque étage, dans les chauffoirs qu'ils habiteront» sont encore des sièges de pierre destinés k placer les malheureuses victimes que l'on torturait de par le roi d*alors ; des anneaux de fer scellés dans les murs et qui servaient à assujettir leurs membres au moment de leurs supplices, entourent ces sièges de douleur, et» dans les cachots privés d'air et de lumière, sont encore des lits de charpente sur lesquels on enchaînait celles à qui l'on permettait de se livrer à quelques moments d'un sommeil convuisif.

a Le rétablissement de quelques grilles et de quelques châssis vendus par le dernier geôlier suffirait pour rendre cette prison habitable ; et» Messieurs» il n'est peut-être pas indifférent pour l'humanité et la philosophie de remarquer que la maison de plaisance d'un roi de France du treizième siècle a précisément tous les caractères demandés pour une prison conforme à l'esprit de la législation du dix-huitième.

« D'après cet exposé» Messieurs» je crois qu'il est de l'humanité et de l'équité du Conseil municipal de demander à l'Assemblée nationale la permission d'employer le donjon de Vincennes» actuellement domaine national, à l<^er provisoirement une partie des prisonniers qui engorgent le Châtelet» en assurant cette auguste assemblée qu'aucune

autre prison ne peut mieux remplir les vues de bonté et de justice qui la dirigent, et que ce lieu d'arrêt a moins le caractère d'un dépôt de malfai* teurs que d'une maison de santé pour les malades convalescents, et qui sait. Messieurs, si plus d'une de ses malheureuses victimes chez qui l'affreuse maladie du crime n'est pas à sa dernière période, respirait un air plus pur, livrée à la douce mélan-* colie qu'inspire la vue de la campagne, séparée des complices en qui l'habitude du vice l'a rendue incurable, ne retrouvera pas dans le repentir de ses fautes ce calme heureux, espèce de convalescence de l'âme, qui annonce un prochain retour à des sentiments de vertu, fortuné changement qu'elle devra à vos soins paternels et à votre bienfaisante sollicitude. )»

Les travaux de réparation et d'aménagement du donjon pour sa nouvelle destination turent adjugés le 14 janvier 1791 et menés avec une telle rapidité que la dépense montait, à la fin du mois suivant, à 30.562 livres 6 sols 3 deniers.

Mais voilà que, le 28 février, des gens malintentionnés répandent le bruit parmi le peuple qu'on veut faire servir de nouveau la vieille forteresse à des projets contre sa liberté ; les ouvriers du faubourg Saint-Antoine se lèvent en; masse, se rendent à Vincennes, font irruption dans le château, le dévastent et commencent à le démolir. Appelée

par le maire de Vincennesi la garde nationale de Paris accourt» ainsi que son ootnmandant, La Fayette, disperse les émentiers et fiait cinquante prisonniers qn*elle ramène à Paris. Santerre, commandant la section des Enfants trouvée (faubourg Saint-Antoine), qni avait encouragé le pillage an lien de rempêcber, est cassé par nn conseil de guerre (1). La garde nationale de Vincennes est accusée paiement d'avoir favorisé les émentiers ; le maire loi rend cependant hommage dans le rapport suivant qu'il rédigea» le lendemain matin, sur cette aflEûre : « Le mardi premier mars» au dit an mil sept cent qnatre-vingt'Once» avant midi, nous, Jean- Spire Le Maître» maire ; Louis Girard, Mathieu Chauvin, André Thomas et François Chevreau, officiers municipaux de la commune de Vincemiiea' et Louis-François Boudin» procureur de la même commune» n'ayant pu nous réunir le jour d'hier à l'eflèt de dresser procès-verbal dés événements occasionnés par la démolition encommencée du donjon de Vincennes, nous sommes rassemblés ce jourd'hui matin en la maison dudit sieur Boudin, sise sur la grande route, en face du château, pour être plus à portée de surveiller les mal intentimméa et où étant accompagnés de M. Jean^laude Grim-' prel jeune, ci-devant procureur de la commune de

(1) De Uval. S9qttl$$9 hktéiiqn».

Vincennes et maintenant adini nistnltear du district de Bonig-'ia-'Reine, qni nous a secondé de tont son pouvoir et a partagé tons nos dangers pendant toute la jonmée d'hier, nous ayons des dits événements dressé le procès- verbal qui suit :

« Suivant Favis à nous donné dimanche dernier vingt-sept février^ sur les huit heures du soir^ que les ouvriers employés aux travaux publics résidant pour la plupart au faubourg Saint-Antoine devaient se rendre le jour d'hier, dans la matinée» au donjon de Vincennes, pour en faire la démolition et interrompre les travaux décrétés par F Assemblée nationale pour y mettre des prisonniers, nous eti avons sur le champ prévenu M. le Maire de Paris par deux lettres que nous lui avons adressées^ Tune à huit heures du soir et l'autre avant minuit, par lesquelles nous Tavons prié de nous envoyer, sitôt notre dernière lettre reçue ou au moins le lendemain avant le jour^ force suffisante pour repousser toute violation des propriétés soit natio^ nales, soit particulières.

« Dès le même soir, nous avons requis le com'^ mandant de la garde nationale de Vincennes de faire prendre les armes, ce qu'il a exécuté sur-lechamp.

« A huit heures du matin, nous avons vu arriver à Vincennes par la grande routé une infinité de petits pelotons d^ouvriers, dont plusieurs étalent

armés de pioches et de marteaux, nous avons été informés qu'ils arrivaient également par pelotons par Favenue de Saint-Mandé.

« Nous étions dans Fattente du secours à nous promis par M. le Maire de Paris qui avait répondu à nos deux lettres et nous avait annoncé que nous pouvions compter sur un nombre de troupes suffisantes et sur deux officiers municipaux de la ville de Paris chargés de concerter avec nous les moyens convenables pour maintenir le bon ordre : en effet, MM. Montauban et Champion, membres de la municipalité de Paris, sont arrivés vers les neuf heures du matin, mais seuls et sans troupe.

«r Ne vojrant arriver aucun secours de Paris ; la garde nationale de Vincennes, remplie du pins grand zèle pour la chose publique et toute disposée à nous seconder quoique mal armée et manquant presque de munitions, concevait, ainsi que nous, les plus cruelles alarmes sur Taugmentation progressive des ouvriers qui menaçaient hautement de dévaster le donjon. Nous avons pris le parti de leur faire des représentations ; nous avons, mais en vain, employé tous nos efforts pour les détourner de leur dessein ; tous ceux à qui nous nous sommes adressés nous ont déclaré qu'ils persistaient dans leur résolution et, en effet, vers une heure après midi, nous avons vu commencer la démolition.

« Vers les trois heures» est enfin arrivé un pre* mier secours de troupe de la section des Enfant$ Trouvés commandés par M. Santerre» lequel détachement avait été précédé de la brigade de gendarmerie nationale aux ordres de M. de Belmont et suivi peu d'instants après d'un détachement d'environ douze cents hommes d'infanterie et de soixante de cavalerie, le tout de la garde nationale parisienne, commandé par M. CoUot de Verrières, commandant du bataillon de Saint-Gervais, assisté de M. Mallerot, adjudant major du bataillon des Blancs-Manteaux. »

« A l'aide de cette force militaire précédée de plusieurs pièces de canon, nous avons fait évacuer les cours du château et notamment celle du donjon : ce mouvement a ralenti l'activité des ouvriers ; alors, assistés d'une escorte suffisante, nous sommes montés, au nombre de trois, sur la plate-forme du donjon d'où nous sommes parvenus à faire descendre ceux qui y étaient restés.

«Sur ces entrefaites, M. de la Fayette étant arrivé il a donné des ordres pour en faire arrêter environ cinquante qui ont été conduits à Paris, le tout à la réquisition de M . le maire.

« Ce fait, nous avons visité toutes les chambres et galeries du Donjon et y avons remarqué que tous les ouvrages de menuiserie sans exception étaient entièrement détruits et dont la majeure

partio avait été jetée par les fenêtres, que divers ouvrages de maçonnerie, charpente et onuyertuFe ont essuyé le même sort, notamment la plate* forme et qu'en général il a été ffiit un dégât dont l'appréciation ne peut être faite que par les gens de l'art.

« 11 a été fait un pillage affreux dans TatelieF du sieur lieblanc, armurier du roi, autorisé par Tadministratlon à une fabrication de platines de son invention propres au service des troupes de ligne ; il lui a été pris plusieurs eflbta précieux et diflFé* rents objets appartenant à ses ouvriers.

« Il a été fait pareillement un dégât considémble dans le logement du sieur Germain, eon-^ cierge,

a Avant de repartir pour Paris, M. de la Fayette a donné des ordres pour dissiper les attroupements qui se reformaient dans le village en fkee du château.

« Nous ne pouvons qu'applaudir an sèle et à la la prudence de la garde nationale parisienne tant infanterie que cavalerie et gendarmerie nationale, ipfiis nous ne dissimulons point que si ce seenars fût arrivé seulement trois heures plus tèt il n^eftt été fait dans la donjon aucune dévastation. \ »

Le maire de Vincennes, on le voit, ne signale pas

* Rs|ialre aunUI^ de Viaeennss.

loi gardes Qatioiitux qui se aéraient jointi ani émantiera ; il y an eut eependaiit. On dit même que l^ Fayette fut obligé de menacer de son épée pluiieure de sea hommea qui œanifeataient Tin*tention de coopérer h la démolition du donjon.

Des détachements de la garde nationale pariùmnê reatéreot à Vinoennea juaqu'au 11 mars P9^r pa?ff à un retour offensif, prùbaMa dea Quvriera du faubourg Saint-Antoine.

▲près oea incidenta tumultueux, PAssemblée natîonêla ayant ordonné la eeaaation des travaux à faire au donjon, Vinçennea va retrouver aon calme habituel i la 3 avril, on chante à la Sainte- Chapelle du château un 7^ j^um pour célébrer rheureuae oonvaleacanee du roi. Cette oéréiponie a lieu en présence du maire, dea officiera municipaux et de la garde nationale, drapeau en tète.

Au eommepoeraent de Tannée, le 16 janvier, avait lieu à Tégliae de Vincennes, la prestation de serment des ecclésiastiques du village. Edme Foltot, euré ; Louis Martin et Etienne de Caen ; vicaires ainsi que Louis Maillet, ancien religieux minime du parc de Vinoennea, prêtèrent serment à la eonatitution civile du clergé.

Le maire s'était rendu ensuite à la chapelle du château pour recevoir le même serment des eccl^ siastiquea de la Sainte-Chapelle, mais quatre d^entre aux seulement, aur qulnse, ayant consenti

à cette formalité, le 15 avril suivant, à cinq heures du matin, la municipalité, agissant conformément à un décret de l'Assemblé nationale, vint expulser de la Sainte-Chapelle les chanoines qui chantaient matines; il leur fallut quitter le château à Tinstant même.

Le 25 juin 1791, la municipalité envoya un détachement de 50 hommes de la garde nationale au devant du roi qui, arrêté à Varennes, était ramené à Paris. Ce détachement, qui avait pour mission «c de faciliter le retour de Louis XVI en empêchant la foule qui pourrait s'y porter » ne quitta le roi que lorsque celui-ci fut entré à Paris.

La proclamation de Tacte constitutionnel du 14 septembre 1791 se fit solennellement le 25 septembre sur la place située en face le château, à l'extrémité de la rue Royale. La garde nationale était présente sous les armes, drapeau déployé. Le procureur de la commune, M. Boudin, fait en présence du maire, de la municipalité et d'un grand nombre d'habitants, la lecture de l'acte constitutionnel. Aussitôt après, le Te Deum fut chanté en action de grâce de ce que la Constitution du royaume était heureusement achevée; la cérémonie fut terminée par un Domine Salvam fac Gentem. c La municipalité, désirant marquer son allégresse et sa joie de ce que la Constitution est heureusement terminée, invite toute la jeunesse à se réunir sur la place

où elle fera trouver des instruments de mnsique pour y établir des danses sous la surveillance publique. »

L'année suivante, M. Lenoir, conservateur du Musée des Augustins, fit enlever de la Sainte- Chapelle les verrières de Jean Cousin, déjà endommagées, et les remisa dans les combles du musée dont il avait la garde, ce qui les préserva d'une destruction totale. Nous ne les verrons revenir à Vincennes que sous le règne de Louis XVIIL

Le 25 août 1792, on célébra dans l'église paroissiale, un service en l'honneur des citoyens morts aux Tuileries dans la journée du 10 août. Le maire, les officiers municipaux y assistaient ainsi que la garde nationale avec tambour et drapeau.

Un mois auparavant, le 22 juillet, le maire avait fait convoquer à son de caisse une assemblée générale de tous les citoyens de la commune pour proclamer que la patrie était en danger. Cette réunion eut lieu dans l'église paroissiale, le procureur de la commune, à Tissue de la messe, donna lecture de l'acte du corps législatif déclarant que la patrie était en danger; après quoi, « le dit sieur Billaudel, procureur de la Commune, a exhorté les citoyens, par un discours rempli de civisme, à veiller avec zèle et sans relâche au maintien de l'ordre et à Texécution des lois dans

tottu le» temps tnâls pltts pârticulièretâdut eûtùte dûh^ lé« elrcdnstances diffl<5ilès « ^<

Les habitants de Vincennes répondirent ft cet appel et envoyèrent le 8 deptêmbre^ à rAftëetiiblëe législative, un don patriotique de SSSi liytté 7 sôlfii pour les frais de là guerfei vingt-sit éitdyëâs s'ent^lèi'eht pour aller dttlt fi«dtltièrêS ; ils fëÇtt^ retit deû AriAéi des gardes tiatidhttU^ qui en pbà^ sédàiéht et Ton fit à ces derdiei^ une dl§tributt6Éi de piques pour remplacée lè§ fllëils (|iii fàiââielit défaut.

Le contingent de Vinceliiiés, l'édiii âitx Voltltl'taires dé diverses cdltimunéë dU département de Pari^É, Bercy, Nogént-sûi*^Màriié, Sàiôt-Mâtti', Fontëhày-sôUs-^Bbis, îvry-sUf^Sëiûé, fit pâftie dé là 1^ côiHpâgtiie du 6* bàtâilldâ dé gàfdêâ âatiônàlëà VôlôUtàirës. Cette fcôtiipàgfiié M tôfûièê le 1 septembre à VlticêtttiéS; elle (5lî8Îàit pôUF Capitaine F'i'âtii^dis LdUls l^uetbs, sdiiëoMdéi* de là Cbmpaghié dlUVàlidëii détâehéë au CUàfêâll. Lé§ autres conipàgUiei^ fhreUt ëdUipô^éêë dé vdldùtâlre§ parïsiénil.

Ce batâilldn fit d^âbôrd partie de râriiiéé dés Ârdéhhës, sous lé gënéfàl en chef Vàlëhcé. Il o(*ëupa AVfestiés âU inôts de Uôvémbrè i79â et y séJdurUâ tout l'hiver. 11 fut dtnêtié soU§ VâlëbL-

^ Registre municipal de Vincennes.

elènôëëi à là ittlte de là retraite de Belgique, et fit alors partie de l'avant-gatdé de rârtuée du Nofd 6ôilimâtidée par Jdutdan, avec laquelle il prit part aUM OOtflMtâ de AaisUied, d'Houdëehoote, de MàubeUge, de Wutiignièii et de Landit'ecies;il subit deû pertes très sensibles dans ces dlVei^sés reucdUtres. Le S prfliHâl ââ It (M mal 1794) le bataillon fut fait prisoliiiiet' presque ëhtiei* à l'âfiaifé de Biuehe, efitre Mdhs et ChaHeroi et ertimetié prlsoubiel' eu Atttrïehe.

Bu 1798^ Uh nduveau dépâH de Voldutaii-eb vin^ éënUdië eut lleU; câ^ noU^ liâbUâ dans le registre municipal à la date du 24 mai's i a Le conseil général de là ëdiiittiuUë à àtréiê qu'il sei*ait fait, pâi" Un membre du edUàeil muUicipàl, au son de la (baisse, heUi'èdeâiiâl, ttue iUVitâtioU aux citoyeU» deôette cdtnttiUîie d'at)|)ortèr à la municipalité daUs les yiugt-quâti'e heufe^ sÔUs lei^ peiueii portées paf la loi un nombre suffisant d'armes, d'habits et autféâ objets d*ëquit)emeUtl^ pout atmei" et équipei* les vltlgt et UU Vdlôiltâil-es formant le cdtitingêul de cette commune. »

Lëft pei-e)ùisitions domiciliaires en vue de techerchef lés âuspeôts futent faites par la municlpalilé, le 30 tUàts i7Ô3; lés officiers municipaux s'étaient paHâgé là besogne et avaient fait surveiller les abords du village pour que pérsôUUé ne pût se soustfadi-e aUt fécherches. Toutes ces précautions

forent inutiles car les visites domiciliaires ne donnèrent aucun résultat.

Le château devint à cette époque une vaste caserne et le donjon, une poudrière contenant, pendant trois ans, jusqu'à un million de kilogrammes de poudre.

Du 7 floréal an II jusqu'au 27 frimaire an III, il avait été utilisé comme prison de femmes et avait reçu, pendant l'espace de ces huit mois, cinq cent quatre-vingt-huit prisonnières, la plupart condamnées pour vol. A la fin de 1794, elles furent toutes transférées à la Salpétrière, aux Madelonnettes et surtout à Saint-Lazare.

Dans le village, les fêtes révolutionnaires continuèrent à se célébrer avec enthousiasme. Voici, par exemple, le récit de la fête donnée en 1795 à l'occasion de la reprise, par les troupes républicaines, de Toulon, que les royalistes de cette ville avait livrée aux Anglais :

« Le 10 Nivôse, Tan deuxième de la République Française une et indivisible, neufheures du matin, se sont réunis en la maison commune, conformément à Tajournement prononcé la veille, pour délibérer sur l'organisation de la fête en l'honneur de la reprise de Toulon : les citoyens Jean- Louis Viénot, maire ; François Savard, Louis AUard, Pierre-Louis Viénot l'aîné, François-Joseph Fleuret, officiers municipaux; Simon Degleuré,

agent national ; Nicolas Viénot, Simon-Gaillaame Marinier, Charles-Henry Viénot, Gilles-André Girard, Jacques Haliey, Guillaume Prunet, Jean- Nicolas Billaurdet, Jean-Baptiste Lafournière.

« Où étant, le Conseil considérant que le peu de temps qu'il a pour organiser la fête en Thonneur de la reprise de Toulon, doit être secondé par la joie que lui cause cette nouvelle : arrête, après avoir entendu l'agent national, que la cérémonie commencera à trois heures après-midi, que les corps constitués se réuniront à cette heure en la chambre commune, que le commandant de la Garde Nationale sera invité de faire assembler à la même heure son bataillon avec son drapeau sur la place devant la maison commune, pour se réunir aux autorités constituées, lesquelles se placeront au centre du bataillon et fraterniseront tous ensemble et se placeront indistinctement deux à deux, ayant à leur suite quantité de citoyens pour représenter la société populaire républicaine ; arrête encore le conseil, que le commandant des Vétérans nationaux, casernes au ci-devant château, sera invité à accompagner son détachement, lequel se joindra à la Garde Nationale et, que pareille invitation sera faite au brigadier de Gendarmerie Nationale, pour placer sa brigade de manière à ouvrir la marche et la fermer ; qu'étant ainsi réunis, le cortège passera par les rues du Bois

ê! Se la PiftMtte, bù étftiit l'àgéUt eantëiiaU t^tà&dBl^ ùètû Un di&eôur^ âtiaiogUe à lâ fetè et à là haitlè implacable cttie toUâ vrais tépbblieàitis doit jttl>ei' auxtyi'âbfii coÂlil^éè cohtre là France.

<t Et dé suite le cortège, suivait là fné ûe la Pissdtté^ s'ai^rêtet-a ail cân'éfourdela i^edu Tértléi^, dû ragenl, après ùVdii* prononcé le fnènié dià-^ cours» continuel^ là rue dii TerHér, et s*àrrê^ tet*â pâreilleriietit à la plaée de la rué de là Chà^ rite et, continuant la rue du Tèrrief, se fendit devant la porte du Cdi'ps de garde où après le discôUfs ptdndhcé entl-éra dans le ci-dévâUt château jusque dans la dernière éoUr où, avant et aprë^ le diâCôUrs, des boites placiééls sUr la principaie porte dii côté du parc sérôiit tirées eh signé de réjouii^sànce pendant lequel temps desfagôfs allumés [dan^ le milieu de là cour, sur là place indiquée poUr danser, en attendant que tout soit préparé dànis ia éoûr dûdit ciiâtèau, pour y former un bal dû seront invités dé se rendre toiis les cltoyénâ et ôitoyënneâ. Le Cbnseii considérant encore qu'il est nécessaire de préparer des ratralchl^semcnts et une collation, arrête, après avoir dé noUVéaU entendu l*àgent national, qu'il sera ndtnnié déû cotiimissaires chargés de ce soin et, à rihstânt^ furent ndmhiés les citoyens Allàrd et F^lèuret, autorisés par ié tlonseii à acheter chez lé citdjfen Micîiêi Bêfault, cûltîvàteur-Vlghèron dé

délié éohliillitiei là qdàntité de deûk féiliUëttéi de vin et de requérir lecltoyéh Paillait» tontieliériàiit pdUi- éhiplir léâ deux feuillettes, qûëpoar éondaire lêdil vit! et lé bdiâ âU éi^éVâiit chflteàa, lequel bdiS ë§h§iiitë ed soikante itàgdt^ que lesdits eôlhidliiëâi^s âotil àUtôfisëï à |i^iËtidre dàhë le ddolbl'è de cent pttcéàemm^ûi SUlsis chez le eitoyèd Pâtéfit, ëi^dèTàiif bdUlAiigér. i>

^ Les éitéyens cômpdsaiit lé éditiitë de sufveillâh<5ë de la édmilluiie et t)lusieUrs autre» citoyens pareillement invitée» ; le citoyen Léjemplel, cotHniâhdânt lé bâlàillôh, S'étàdt présenté, a addôdcé à ras^ëtUbléé que le bâtMlUoti dé la Garde Nationale Yëtiàit pôiii* lé§ âcbdtlipagàer à là teté, aVéè lé drapeau déployé ; à rih^tànt Ta^âettiblée à*étâtit placée au centre du bataillon, le cortège, après s'être transporté aux places précédemment indiquées pour publier le discours, en Tbonneur de la reprise de Toulon, le drapeau rentré chez le citoyen commandant par un détachement du bataillon de la Garde Nationale, les citoyens et citoyennes, animés de cette joie inséparable des vrais républicains, ont dansé en rond autour du feu de joie établi dans la cour du ci-devant château et, de suite, passant dans la ci-devant église du cidevant château, les citoyens et citoyennes y ont formé plusieurs danses au son de divers instru-

ments et des airs répablicains joaés par plusieurs citoyens qui s*y sont réunis. »

En 1796, un arrêté du Directoire transfère l'arsenal de Paris au château et au Petit Parc voisin du château de Vincennes. Un autre arrêté ordonne la vente de la zone militaire située entre le château et la ville de Vincennes, malgré l'opposition des autorités militaires du ministère de la guerre et de la place de Vincennes, et, en 1797, le Petit Parc, dépôt du matériel de l'Arsenal, est mis en vente aux enchères et adjugé le 13 juin.

Quant au château, confié au commandement du capitaine d'armes Latour, il demeure place de guerre, jusqu'à ce que Napoléon lui rende son ancienne destination de prison d'Etat.

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