‹ Le château royal de VincennesChapitre 21 sur 31 · JI · texte numérisé non relu

JI

ûant Noii^ qui le conduisit dans une pièee Voi^ sine de celle où se tenait le con&eiL Là, le <3at>i-' taine-rapporteur, assisté du capitaine MbUn, du 18« régiment, gt^ffler choisi par le dit rappottettr, interrogea le prince.

« A lui demandé Èèi nota, prétiôm^, âge et lietl de naissance?

A répondu se nommei- LottilnAntoine-Henri de Bourbon, duc d'Enghien, tlé lé 2 août 1773^ à ChâtH tilly.

A lui demandé où 11 a résidé depùils sa sortie de France?

A répondu (ju'aprés aVôir suivi ses parëtttSi le corps de Condé s*étant formé, il ËVàit fait toute M guerre et qu'avant cela il avait fait là eadipàgne de 1792 en Brabant, aVèc le COi^s de ËOUfboti.

A lui demandé s'il n'était pditit passé etk Angletet-i'e et si cette puissance lui accorde toujours un traitement ?

À fépondu n'y être jamais allé ; qUë l'Angletelre lui accof de toujours tin traitement, et qu'il tt'â que cela pour vivre.

A lui deniandé qUel grUde il occupait dUhé Tarmée de Condé?

A répondu : Commandant de l'avanf-gâi^é avant 1796, avaiit eeltë CâmpàgUè côtame volontaire au quartier général de son grand -père et

— att —

toujQani, depuis 1796, comme commandant de Pavant*garde.

A. lui demandé s'il connaissait le général Picbegpu ; s'il a pu des relations avec lui ?

A répondu : Je ne l'ai, je crois, jamais vu. Je n'ai point eu de relations avec lui. Je sais qu'il a désiré me voir. Je me loue de ne l'avoir point connu, d'après les vils moyens dont on dit qu'il a voulu se servir, s'ils sont vrais.

A lui demandé sll connaît l'ex-général Dumourie9, et s'il a des relations avec lui ?

A répondu : Pas davantage.

De quoi a été dressé le présent, qui a été signé pcir le dno d'Engbien, le chef d'escadron Jacquin, le lieutenant Noirot» les deuK gendarmes et le capitaine-rapporteur.

Avant de signer le présent procèsrverb^l, le duc d'Enghien a dit : a Je fais avec instance la demande d'avpir une audience particulière du premier consul. Mon nom, mon rang, ma façon de penser et J'horreur de ma situation me font espérer qu'il ne se reftisera pas à ma demande. »

A deux heures du m^tin, on passa dans la salle où siégeait la commission et où Ton avait disposé les meubles en manière de prétoire et la délibération commença. Un des juges proposa de transmettre au premier consul le vœu formulé par le prisonnier, mais le général Savary, consulté.

assura que cette démarche déplairait à Bonaparte et Ton passa outre. On introduisit le prévenu et l'on ouvrit les portes du salon pour donner « aux débats » un semblant de publicité. On pense bien qu*à une pareille heure, il n^entra que quelques officiers des troupes concentrées à Vincennes; derrière le fauteuil du général HuUin, Savary debout, le dos à la cheminée se chauffait .

Le duc d'Enghien répéta ce qu'il avait dit dans l'interrogatoire du capitaine-rapporteur et persista dans sa déclaration. Il ajouta qu'il était prêt à faire la guerre, et qu'il désirait avoir du service dans la nouvelle guerre de l'Angleterre contre la France. « Lui ayant été demandé s'il avait quelque chose à présenter dans ses moyens de défense, a répondu n'avoir rien à dire de plus.

« Le président fait retirer l'accusé; le conseil délibérant à huis-clos, le président recueille les voix, en commençant par le plus jeune en grade ; ensuite, ayant émis son opinion le dernier, l'unanimité des voix a déclaré le duc d'Enghien coupable et lui a appliqué l'article... de la loi du... ainsi conçu... et en conséquence l'a condamné à la peine de mort. Ordonne que le présent jugement sera exécuté de suite à la diligence du capitaine-rapporteur, après en avoir donné lecture au condamné, en présence des différents détachements des corps de la garnison. Fait, clos et mgé

sans désemparer à Vincennes les joar» mois et an au-dessus et avons signé. )»

<c Ce jugement rendu, dit M. Nougarède de Fayet dans son excellent ouvrage ^, le président HuUin en fit aussitôt donner avis au général Savary et au capitaine-rapporteur, afin qu'ils eussent à prendre les dispositions nécessaires pour son exécution, et lui-même s'occupa de le rédiger.

« Pendant qu'il remplissait cette formalité, le général Savary et le capitaine rapporteur s'étaient concertés avec le commandant Harel pour l'exécution. La cour et l'esplanade étant encombrées de troupes, on résolut de conduire le prince dans les fossés du château, et Harel reçut l'ordre de donner à cet effet toutes les clefs et les indications nécessaires, ainsi que de faire chercher un ouvrier qui pût creuser la fosse destinée au condamné. Un jardinier, nommé Bontemps, qui demeurait dans le château, fut appelé. Bontemps étant descendu dans le fossé avec sa pelle et sa pioche, imagina, pour aller plus vite, de se servir d'un trou qui avait été creusé la veille au pied du Pavillon de la Reine, dans l'encoignure d'un petit mur pour y déposer des décombres ; et ayant placé sur le mur, pour s'éclairer, une lanterne garnie de plusieurs chandelles, il acheva de creuser la fosse à la dimension

^ Recherchée historiques stw le procès et la condamnation du due d'Enghien, par M. Aiig. Nougarède de Fayet*

oonvenable. En même tempt le général Savary donna l'ordre de commander un piquet pour Fexécution» ainsi que de disposer et de £adre deseendre dans le fossé les divers détachements des corps de la garnison qui devaient y assister, i»

Celui dont on creuse la tombe ne soupçoiine nullement ce qui se prépare ; reconduit à sa prison par le lieutenant Noirot, il retrouve en lui un ancien officier du régiment de Royi^l-Navarre qui se souvient d'avoir vu autrefois le prince, enfant, chez M. de Crussol» colonel de son régiment. Il se montre tout heureux de la rencontre, se met à lui parler de tous ses souvenirs et s'informe de ce qu'a fsit son gardien depuis 1789, s'il est content de sa situation...

La conversation est interropipue par l'arrivée de Harel qui, sans annoncer au prince le lieu où {1 le conduit, le prie de le suivre et le précède, une lanterne à la main, dans la cour et dans les divers passages qu'il faut traverser ; le lieutenant Noirot, les deux gendarmes et le brigadier Aufort escortent le condamné. On arrive ainsi près de la tour dite du Diable, qui, à cette époque, contenait le seul escalier qui aboutit aux fossés. En apercevant cet escalier tortueux et sombre, le prince étonné s'arrête, et s'adressant à Harel, lui dit :

-- Où me conduisez-vous? Si pe n'es| poiir qi'en-

terrer vivant daos un oachot» raime encore mieai mojirir surrlerchamp*

— 14<>n^i^ur» répond HareU veuillez me suivre et rappeler tout votre courage.

Le prince descend ; arrivé au bas de Tesealier» on suit quelque temps les fossés jusqu*au pied du Pavillon de la Reine» on tourne à droite et le ppinoe se trouve en face d*un peloton d'une quin? zaine de gendarmes» Terme au pied. La pluie tombe ; quelques rares lanternes éclairent cette scène ; un silence de mort règne dans le fossé.

L'adjudant Pelé, qui commande le détachement s'avance yiers le prince et lui donne lecture du jur gem^nt de la Cqpimission. Le prince l'écoute» comprend ; aucune émotion ne trahit Tagi^tionde son âme. Après un moment de silence, il demande si quelqu'un dans l'assistance veut lui rendre un dernier service. Le lieutenant Noirot s'approche ^ tofis deux causent un instant à l'écart.

Le lieutenant se retourne e\, demande : « Gendar^ mes» l'un d'entre vous a-^t-il une paire de oiseaux ^

Alors on fait passer de piain en main une paire de ciseaux que M. Noirot remet au prince. Celui^rci s'en sert pour couper une mèche de ses cheveux qu'il enveloppe dans du papier avec un anneau d'.OF qu^il portait au doigt et la lettre qu'il avait écrite avant le souper et remet le tout au lieutenant Noirot pn le priant de le faire parvenir à la

princesse de Rohan-Rochefort. Il demande ensuite un prêtre pour se confesser ; on lui répond qu'il n'y en a pas au château et que ceux du village sont couchés à l'heure qu'il est. Le prince se recueille un instant, semble prier avec ferveur et vient se placer en Cace du peloton, près de la fosse creusée au pied de la muraille. L'adjudant commande le feu et le duc d'Enghien tombe percé de plusieurs balles. Un des gendarmes se penche, constate le décès» retire d'une poche le journal que le prince portait sur lui et, immédiatement, on met le corps tout habillé dans la fosse que l'on recouvre de terre à la hauteur d'un pied. Les gendarmes reprennent leurs armes et s'éloignent sous la pluie qui n'a pas cessé de tomber, fine et glaciale.

Cette mort tragique causa une consternation générale qui s'étendit jusqu'aux serviteurs, aux amis et aux parents de Bonaparte ; à Saint-Pétersbourg un service funèbre fut célébré pour le jeune Condé ; sur le cénotaphe on lisait : « Au duc d'Engien, quem devoravit bellua corsica ». Le cabinet de Russie adressa des représentations vigoureuses contre la violation du territoire de Bade. Louis XVIII renvoya au roi d'Espagne l'ordre de la Toison d'Or dont Bonaparte venait d'être décoré et Gustave-Adolphe, le détrôné et le banni, renvoya au roi de Prusse le cordon de l'Aigle-Noir, déclarant à l'héritier du grand Frédéric que « d'après

les lois de la chevalerie, il ne pouvait pas consentir à être le frère d armes de l'assassin da duc d*Enghien » (Bonaparte avait l'Aigle-Noir).

Le Mémorial de Sainte-Hélène novLS apprend que, dans son lointain exil. Napoléon parlait souvent du duc d'Enghien : « Et j'ai appris depuis, mon cher, disait-il au comte de Las Cases, qu'il m'était favorable ; on m'a assuré qu'il ne parlait pas de moi sans quelque admiration ; et voilà pourtant la justicedistributive d'ici-bas I... Assurément, si j'eusse été instruit à temps de certaines particularités concernant les opinions et le naturel du prince; si surtout j'avais vu la lettre qu'il m'écrivit et qu'on ne me remit, Dieu sait par quels motifs, qu'après qu'il n'était plus, bien certainement j'eusse pardonné. » D'autre part, il dit dans son testament : « J*ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien, parce que cela était nécessaire à la sûreté, à l'intérêt et à l'honneur du peuple français, lorsque le comte d'Artois entretenait, de son aveu, soixante assassins dans Paris. Dans une semblable circonstance, j'agirais encore de même. »

Plus tard, Caulaincourt, Rovigo, Ordener, Hullin , Talleyrand, Dupin prirent la plume pour jeter un peu de lumière sur cette ténébreuse affaire ou pour se disculper.

Parmi ces écrits, le plus remarquable est la brochure que le comte Hullin fit paraître sous ce

titre : Explications offertes aux hommes impwtiaim par M. le comte Hullin aa sujet de la commission militaire instituée pn Van XII pour juger le duc dEnghien.

« Le 29 Yentdse an XII» dit le comte Hullin» à sept heures du soir, îe reçus Tavis de me rendre de suite chez le gouvemeui de Paris, le général Murât. Ce général m'ordonna de me transporter dans le plus bref délai possible au château dç VincenneSy en qiialilé de président d'une commission qui devait s'y assembler, et sur l'observation que j'avais besoin d'un ordre de sa main» il ajouta « Cet ordre vous sera envoyé avec l'arrêté du Gour vernemept aussitôt votre arrivée à Vincennes. Partez promptement : à peine y serezrvous arrivé que ces pièces vous parviendront. » Telles furent ses prqpres expressions.

J4gnorais entièrement le but de cette commission ; longtemps après mon arrivée à Vincennes j(e rignorais encore. Les membres qui devaient la composer avec moi arrivèrent successivement aui^ heures indiquées par les ordres respectifs qu'ils avaient reçus. Interrogé par eux si je gavais pourquoi Von nous rassemblait^ je leur répondis que Je n'en étais pas plus instruit qu'eux. Le commandant même du château de Vincennes, M* PdF^l» 1n^ répondit sur la question que je lui fis à ce sujet, qu'il ne savait rifn, et ajouta, voyant ma surprise :

QUè voUleZ'Voas f je né kUts pluâ rien Ici ; tmtt u fuit Édns mes otdteê et àanê ma participation. (Test an Mtte qai commande ici.

« En effet, la gendarmeHe d'élite remplirait le château ; elle en avait occupé tous les postes^ et len gardait avec tant de sévérité qu'an des membres de la commission resta plus d'une heure sous le guichet sans pouvoir se (taire reconnaître.

« Un autre, ayant reçu l'ordre de se rendre de suite à Yincennes^ sans autre explication» s'ima-* gina qu'on l'y envoyait pour tenir prison.

4c Ainsi, nous allions notis trouver juges dans une cause trop malheureusement célèbre, sans qtt'àUdUb de nous n'y fût préparé

« Je Aoii observer que mes collègues et moi, iidus étions entièrement étrangers à la connais*' sance des lois. Chacun avait gagné ses grades sur le êhatup de bataille ; aucun n'avait la moindre notion en matière de jugement^ et, pour comble dé malheur, le ra|)t)orteur et le greffier n'àVaient guère plus d'expérience que nous.

« La lecture des pièces donna lieu à un incident. Nous remarquâmes qu'à la fiô dé l'ihterrogàtoire prête devant le capitaitie-rapporteur, le priuce^ avant de sigher, avait tracé de Sa propre main quelques ligtles où il ëi^ïrimait le désir d'avôii* une etpUcatidn aVëfe le premier Consul. Uti mehlbre fit là proposition de transniettré cette dëtuande

an gouvernement. La Commission y déféra; mais au même instant, le général qui était venu se poser derrière mon fauteuil, nous représenta que cette demande était inopportune. D'ailleurs, nous ne trouvâmes dans la loi aucune disposition qui nous autorisât à surseoir. La commission passa donc outre

« Nous étions liés par nos serments au gouvernement d'alors. Nommés juges, il nous a fallu être juges, à peine d'être jugés nous-mêmes. Juges d'après les lois que nous n'avions pas faites, et dont nous étions malheureusement constitués les organes : Pourquoi ces lois interrogées par nous, ne nous ont-elles jamais répondu que par une peine cruelle qu'elles ne nous offraient aucun moyen d'adoucir? Il fallait, nous disait-on, nous déclarer incompétents. Pour cela, il eût fallu que le moyen eût été proposé. Nous n'étions pas jurisconsultes ; pour nous notre compétence semblait résulter du seul fait qu'un arrêté du gouvernement nous ordonnait de juger.

« Il fallait, du moins, lui donner un défenseur, et tout ce que vous dites avoir ignoré aurait été plaidé pour le prince. Cette négligence extrême du capitaine- rapporteur aurait été réparée par moi; mais le prince n'a pas demandé de défenseurs, et aucun des membres ne me rappela ce devoir.

« J'en dirai autant des illégalités de l'instruc-

tion et des vices que l'on reproche à la rédaction du jugement.

« Seulement, j'observerai, quant à la double minute, que l'estimable auteur de la Discussion des actes de la Commission militaire, imprimée chez Beaudouin frères, a ignoré un fait qui n*était pas écrit dans les pièces.

« Le dossier qui lui a été communiqué, et qui n'a pu l'être que par celui que j'avais rendu, en 1815, dépositaire de mes papiers, était mon dossier particulier et non le dossier ofBciel du gouvernement qui devrait se trouver dans les archives de la guerre ou de la police avec le rapport du conseiller d'Etat Real et les réponses du prince.

(' Cette seconde rédaction, qui constituait la vraie minute, aurait dû rester seule, l'autre aurait dû être anéantie sur-le-champ; si elle ne Ta pas été c'est un oubli de ma part. Voilà l'exacte vérité I

« Au surplus, il ne peut, en aucun cas, en résulter aucun reproche contre nous et nous admettons volontiers, à ce sujet le dilemme proposé par le Journal des Débats. C'est que, de toute manière, il ne pouvait pas être procédé de suite à l'exécution du jugement. On ne pouvait même pas y procéder sur la première minute, car elle était incomplète, quoique signée de nous ; elle comptait des blancs non remplis, elle n'était pas signée du greffier. Ainsi, le rapporteur et l'officier chargés de l'exécution n'au-

rtiétit pa, sans préTaricatidn, voir là un Véritable jugement. Et quant à la seconde rédaction^ la seule ▼raie, comme elle ne portait pas l'ordre d'eMcuter dé ftilltei mais seulement de lire de suite le juge^ ment au condamné» l'exécution de suite ne sera pas le fait de la Commission, mais seulement de ceux qui auraient pris, sur leur respotisabilité propre de brusquer cette fatale exécution.

« Hélas I nous avions bien d'autres pebsées ! A peine, le jugement fut-il signé, que je me mis à écrire une lettre dans laquelle, me rendant en cela l'iil* terprtte du vœu unanime de la Gommissioui j'écrivtois au premier Consul pour lui faire part du désir qu'avait exprimé le prince d'aVoir une entrevue aVëO lui, et aussi pour le conjurer de remettre une pëiûë que la rigueur de notre poàitioti né fadâà avait paâ pet^mi» d'éluder.

« C'est à cet instatit ^u appartit uti homme, qui s*était conàtatutHétit tetiu dans là salle dti ëdii^ëil, et qiié je nommerais à Tinstant, si je ne l'éflëchiftsàis que, même eti me défendant, il ne tne cofivietit pa6 d'afccttser... « Que faitès^^ vous là? me dit-il, ettà^âiJ-i procliant de tilol. —J'écris au premier coustil, Itii répondis-je, pour lui expliquer le vcëù dh ëôti^eil et celui dtt condamné.— Votre affaire est fiiiie, medit^il en prenant la plumé, maintenant cela me regardé.^ J'aVdiië que je ctus, et plusieurs de méà doUèguëi àvèë moi, qu'il voulait dlf e : ùéla thè regdtdé ttûbèr^

tir le premier consul. La réponse, entendue en ce sens, nous laissait respoirqueTavertissementn'en serait pas moins donné. Je me rappelle seulement le sentiment de dépit que j'éprouvai de me voir ainsi enlever par un autre la plus belle prérogative d'une fonction qui est toujours si pénible.

« Et comment nous serait-il venu à l'idée que qui que ce fut, auprès de nous, avait l'ordre de négliger les formalités voulues par les lois?

« Je m'entretenais de ce qui venait de se passer sous le vestibule conligu à la salle des délibérations ; des conversations particulières s'étaient engagées. J'attendais ma voiture qui, n'ayant pu entrer dans la cour intérieure, non plus que celle des autres membres, retarda mon départ et le leur. Nous étions nous-mêmes enfermés, sans que personne pût communiquer au dehors, lorsqu'une explosion se jQt entendre I... bruit terrible qui retentit au fond de nos âmes et les glaça de terreur et d'effroi.

« Oui, je le jure au nom de tous mes collègues, cette exécution ne fut point autorisée par nous : notre jugement portait qu'il en serait envoyé une expédition au ministre de la guerre, au grand juge ministre de la justice et au général en chef, gouverneur de Paris.

« L'ordre d'exécution ne pouvait être régulièrement donné que par ce dernier. Les copies n'étaient pas encore expédiées ; elles ne pouvaient pas être

lerminéw ^^aot q^*^ne partie 4e te JQ«m99 % *ftt écoulée. Hentré '4an8 Paris j'aui^is été tro^yer te gouverneur, le premier Coiisul, qqç aai^^ ?-tr Elt tout à coup uu bruit affreux vint nous réyélpr que le prince n'existe plus,

« Nous ignorons si o^iui qui a 9i oroellement précipité cett§ exécntipn funeste ayait clés orflres. S'il en avait, la commission, étraqgère à pes ordres» la commission tenue eu charte privée, la commission dont le dernier vœu était pour iQ 9alat du prince, n*avait pu ni en préyenir, ui eu ^mpcçber les effets. On ue peut Teu accuser, »

Le corps du malheureux prince r^^ta dans le« fossés de Vincennes jusqu'en 1816, époque on Louis XVIII donna ordre de re»bumer ^t de le transporter dans la chapelle du idiAteau« On plaw les restes du dernier Coudé dans un oereueil de plomb enfermé lui-rméme dans un cercueil de chêa^ recouvert de velours cramoisi, On déposa momeii'* tanément ce cercueil dans une chapelle ardente établie dans la salle mâme où la commission militaire avait rendu son jugementf puis dana le saae» tuaire de la Sainte-^Chapelle du château où fat élevé un monument, ceuvre de Dessàna, se composant d'une sorte de sarcophage au-dessus duqasl on voit le prince, en uniforme d'officier généivili appuyé sur la Religion ; au-dessus, la France ea^

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