CHAPITRE XVI
Vincennes sous le premier Empire. — Louis XVII a-t-il été enfermé à Vincennes de 1804 à i809 ? — Rétablissement des prisons d*Etat. — Les cardinaux noirs. — L*abbé de Boulogne. — Le marquis de Puyvert, ©te.
Maintes fois, nous ayons entendu émettre l'opinion que le château de Vincennes aurait été le théâtre d'un des actes de ce triste drame que fut le martyre du jQls de Louis XVI. Certaines personnes prétendent que ses murs auraient servi d'asile au Dauphin en 1794 ; d'après d'autres, le malheureux prince aurait été enfermé au donjon de 1804 à 1809.
Il est vrai qu'on n'a pu appuyer la première de ces assertions d'un document quelconque et le souci de la vérité nous oblige à déclarer que, de notre côté, au cours de nos recherches sur Vincennes et son château, nous n'avons recueilli
aucun indice qui puisse justifier cette opinion ; ce qui ne veut pas dire qu'elle soit insoutenable. Tant de points sont restés tellement obscurs dans l'histoire de l'infortuné prince ; un mystère tellement épais plané iur êêttë afibife qui a déjà fait couler tant d'encre et soulevé tant de polémiques que toutes les hypothèses méritent qu'on s'y arrête et qu'on examine leur degré de probabilité.
Uil i^Oiiit impdftâiit pâfalt âSjà t)reiquë êlUt^ide ! il est avéré aujourd'hui que lé jéiihè Louis 5tVtl n'est pas mort au Templei Les travaux d'un grand nombre de chercheurs et, en particiiller fle MM. Otto Friedrichs, Provins-Osmond etc. ne laissent, pour ainsi dire, aucun doute à ce sujet.
Parmi les récits faits sur les circonstances dans lëàt}hdlé§ lé DàUphin Refait StiHi dé là tôûfdu t éniplé, ëti Voici ùfi qui pOWfâit, jUfeqli'à tlfa tfët= tâiti peint. Sel-vif à étàyét l^bjiiiiibfa «ilêë plus hâlit: « Ijfi jôui*, léPrincè, ayant teçd de §6n prédépilètit Ua fcôUp pârticiilîêrënieril Viôlëtit k la lêtë, élàlf l'élite toUté Uhé tûâlinéë sàhà i'êpréUdrë seâ sêtitt ; ôh le atMi Mdrt.
« La Commune, en apprenant la noliVëllë, entra dafas Uttë vive agitation. Élife lit étiiëVéf lé câdàVre qu'dti sortit de la TôUl^, dîs&lmlilé dâûS Utië paillasse, afin de l'ente^fel' clatidëStihëttiëfat hbtSPdtU.
t L'hahilnè ëhât^gé de fcettê triste bëSbgfiê S'âpëfçût âU dërhiëi* ftlôniëiit ^uè Tëtifeiit l*èâpitkif , 11 gfi
m ttôUlèfêf §é &t TënlpOHà ché^ lui. Là, ôh le sôl^ gùA en gtând secret. Il eut d'abord une méuingite, pUîs UUé fièvre Cérébrale, enfin, à fbrce de soins, le lUâlhéUfeux enfkUi ^è i*emit.
« Où eoustata alors quil avait [^erdu la mémoire. Il ne se souvenait de rien, pas même de sou Uom ^ >)
ti se poùi'i'ait^ daus eed eohditious, que ee Mt âàh§ le petit cimetière qui entourait alors la modeste église de Vittcennes ou dâus le bois Voisin du Château que l'ou apporta le ftmêbre fardeau.
D'après une autre Opinlou, basée sur divers témoiguàgés et doeumeuts, le eoMounler Simon, désigné par la Commurie poUf servir de pré-»
CéptêUf àU Dâuphih, aUtâit prêté là màiU à UU êUievémêUt du JéUûè prince lorsqu'il quitta ses fbUbtibUs et sohloglià du Temple en Janvier 1794. Apt^S là SubstltUtioU d'Un autré enfant aU DâUphtU, 6ë det-Uier aurait été conduit d'abord ruê PhêlippèaUX'^, puis dans Une localité dès étivirons de Paris eu àtlendàfit son départ pOUr Une dëstluatiôU qui nous est encore lucotlUUe.
Quelles que sOlënt les CôUditions dans lesquelles Louis XVÏl quitta là tour du Temple, il est pôssî-
^ Là LèbtùH de VèHaitles. Avril 1906.
> La rut PhélIppeAtit était très voislnt du TttfâpKe | là ftlé Réaumnr en occupe actuellement l'emplacement (G. Lenôtre Lduii Kftt É^èit'il ivadi dû Temple f léèiûres pour tous. Octobre 1904).
ble de croire qu'il fut amené à Vincennes mais, en Tabsence de documents et d'indices sérieux, il est permis aussi de se tenir sur une prudente réserve et de ne considérer cette opinion que comme une hypothèse assez vraisemblable quoique appuyée sur de bien fragiles bases.
La deuxième afSrmation par laquelle Louis XVII aurait été enfermé au donjon de 1804 à 1809 s'appuie d^abord sur le récit fait par le prétendu Dauphin Naundorff, récit imprimé à Londres en i836 ^ dans lequel Naundorff déclara avoir été emprisonné de 1804 à 1809, mais sans pouvoir désigner précisément le lieu de sa détention. La description qu'il donne de cet endroit est assez vague et pourrait s'appliquer à bien des maisons de force : «Nous nous arrêtâmes, écrit-il, devant une porte qui donnait dans un haut édifice ; mes conducteurs ouvrirent cette porte au-delà de laquelle nous passâmes un long corridor qui se dirigeait de droite à gauche tellement que je ne savais plus où j'étais. On me déposa dans une oubliette . » Plus loin, il ajoute que, dans son cachot, la clarté du jour lui arrivait assourdie telle qu'un rayon de lumière fil-trant au travers d'une eau sale. Il n'y a là, on le voit, rien de bien probant; du reste, en 1804, le donjon n'était pas aménagé en prison; il ne com-
^ Abrégé de Vhistoire des infortunes du Dauphin fils de Louis XVI . Londres, 1836. — (H. Daragon, Paris.)
mença à recevoir des prisonniers qu'en 1808 et le registre d'écrou de cette époque, conservé dans les archives de la préfecture de police, ne porte aucune mention d'un prisonnier inconnu pouvant laisser croire à la détention de Naundorff. EnRn, il n'existait pas de cachot souterrain à Vincennes à cette époque ; la fosse que Ton a prise quelquefois pour une oubliette avait une destination beaucoup plus prosaïque sur l'utilité de laquelle nous n'insisterons pas.
En somme, ce sont les écrivains qui se sont fait les avocats de Naundorff, entre autres M. Gruau de la Barre, qui ont tranché pour lui la question de situation.
« Il nous faut actuellement rentrer à Vincennes, écrit M. Gruau de la Barre, où, près de la fosse sanglante du duc d'Enghien, dans un véritable caveau, gémit enseveli l'héritier du trône de France auquel, par une sorte d'amère dérision, on a fait grâce de la vie... » Par ailleurs, il ajoute : «Comme on avait parlé d'un jeune prince et qu'en effet l'orphelin du Temple était incarcéré à Vincennes... etc. »
Qu'est-ce qui a pu déterminer M. Gruau de la Barre à préciser ainsi Tendroit où le Prince avait été enfermé de 1804 à 1809? Peut-être ces paroles de l'ex-impératrice Joséphine rapportées par un
— aro —
âhatn diplomate * et èOiitèttues dftbs tiûé répdUê fldi^sséfe pàf l*el^iiiipératrice aU tsâf Âlexàiidre, en 1814, k là Malmàisdn : <k Cé^i mol qui, de eoh- 6^ti àvet Bâfras, al tait sbilir le t)auphifi du Temple, grâce à la complieité de moti ddtneâttque, oHgitiairede la Martinique. Il M tibmmé paf mon itifluenee, geôliet* du temple eu i-émplâôemetit dé Simon. Batfa^ àtib^tifua au Dàuphiii tin etlfàtit malihgté aflti d'éviter toute dlMculté avec les comités révolutionnaires.
« Le Dauphin paftit pour la Vendée.
<i Lé Dauphin fut enfermé péiidaiit quatre ans dtttis le dohjoû de Vîncenriés. C'est encore moi, cette fois, qui fis évader le Dauphin, pour me venger db mariage de Napoléon avec Marié-Louise. »
La question est dé savoir si, réellement, ces pat*oles ont été prononcées. A ces propos pi*êtés à des personnages disparus nous préférerions des écrits directs, des paroles incontestableiâ. Or, il n*eti ejtisté pas à nôtre connaissance. De plus, il aurait été difficile au gouvernement impérial d^utîliser le château de Vincennes pdur séquestrer im prisonnier quelconque de 1804 à 1809. Depuis Taffaire du 28 février l'?91, que rioùs avons racontée plus haut, le donjon était resté passablement délabré, les tours de ^enceinte tombaient de
* Mémoires d'un ancien diplomate sur Louis XVII, p. 11. — Août 1900. Petite brochure publiée parMgrRigaud, de Limoges.
véfdftté et, Sëtti} le pavlimti de la t)6rte dû bols réSét^é au côftnttiàtiâbiit Hatel, était habitable. La noùvdle de ta déienlldti d'uti prisonnier n'aurait pbs tat-dé à être connue au dehôrë si l'on songe ({Uè lôi^ëqûë le due d'Erighieh fut conduit à VincentlQlSi on avait pri» les plus grandes {Précautions pOUi* éàcber ^6h Identité, ^ue ce fut sou^ lé nom de Pleâsts qtié <t ce conspirateur dangereux f> ayftit éi« annoncé à Harel et que cependant Udé heure aprêë l'arrivée du prisonnier. Sort nom était Connd dans le village de Vîhcertnes «
M. tîenrl Provins, dans la revue historique; Ld Lègftihïité, organe de la survivance dû tôi-faiartyi-, a posé là question à tous ceux que pàssibhné cette énigme ; 11 à rèi^Uëillî les Opinions d'un grand dôihbré de savâUts et de chercheurs et sa côhélùsibti, basée sur l'éUsemblë des réponses téçues, e^t que rien, daUs les détails fournis par Naundorff, ne permet de supposer que ce soit daiis un souterrain de Vincennes qu'il ait passé les années comprise^ ettti^e 1804 et 1809. Cette conclusion nous parait pleinement justifiée et nous nous y rangeons entièi'èment. *
* Lettre de Af . cTAssof à Henri Prooim. « La Légitimité. » Décembre lM4.
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Si Louis XVII ne fut pas emprisonné à Vincenues, le donjon reçut, de 1808 à 1814, de nombreux prisonniers de toutes conditions. Napoléon fit, en 1808, raser au niveau des remparts les tours de la vieille enceinte fortifiée, qui étaient dans un étatdedégradationtrèsavancé, et ne respecta que le donjon et la tour du village. Puis, comme il faisait, à cette époque, évacuer la prison du Temple, il donna ordre de transférer au donjon les prisonniers qu'elle contenait ; le 3 juin. Tordre suivant fut envoyé au concierge du Temple. M. Fauconnier : « Le sénateur, ministre de la police générale de TEmpire, ordonne au concierge de la maison du Temple de remettre les prisonniers confiés à sa garde, à M. Pâques, inspecteur général du ministère, qui est chargé de les faire transporter dans le donjon de Vincennes : après cette remise il se transportera à Vincennes, pour y recevoir lesdits prisonniers, dont il continuera à être chargé dans ladite prison.
« Signé : Fouché.
Les prisonniers remis à M. Pâques étaient au nombre de dix-sept, et avaient été compromis, pour la plupart, dans les affaires de Georges Cadoudal ; d'autres étaient arrêtés pour manœuvres contre la sûreté de l'Etat ; d'autres enfin pour relations avec l'ennemi .
Plus tard, on démolit la prison et la tour du Temple et l'on envoya à Vincennes deux portes qui fermaient, dit-on, les cachots où avaient été enfermés Louis XVI et Marie-Antoinette. Ces portes furent placées au rez-de-chaussée du donjon où Ton peut les voir encore aujourd'hui.
Le 30 juin de la même année, Fouché envoyait des instructions concernant la prison du Donjon ; on y trouve les prescriptions suivantes :
a Le sieur Pâques, inspecteur général du ministère, est chargé de surveiller l'exécution de cet ordre et de faire deux fois par semaine la visite du donjon ; il rendra compte chaque fois du résultat de son inspection, relativement au bon ordre de la prison et à la conduite des prévenus. Il veillera à ce que les aliments soient sains et propres. »
Puis viennent des prescriptions diverses ordonnant de loger, de préférence, les prisonniers dans les étages supérieurs, l'air y étant meilleur ; deux heures de promenade par chambrée devaient être accordées à des heures différentes ; enfin les détenus pouvaient être autorisés, en sollicitant la permission au ministre, à recevoir dans un parloir construit à cet effet des visites du dehors tous les dimanches et fêtes.
Le registre d'écrou de Vincennes, qui n'est autre que celui du Temple, à la suite duquel on a continué» a été déposé dans les archives de la préfec-
tHi*^ police. l\ poptient le^ poms de» qqgtre-yingtdQp^e prisonniers qui furent enfermés ap dpnjon de 1808 h }814. Preciqpe tous les motifs inscrits spr çf registre ep regArd des nom^ des détenus sont ^nsi conçus : prévem^ de manwwres frauduleuses contre la sûreté d^ VEtaU
(.es premiers, par ordre de d^te» «ont efnq espagnols ; Pierre Macfipfis, secrétaire intendant du prince des Asturies et du prince d'Espagne, qui y 94JQUrue du 19 septem)>re }808 au 3 juin 1809; Femitnd Nunez de los Rios, secrétaire d'ambasfiade 4 Lisbonne et son frère, Joseph, général de brigade, du 90 septembre au 9 mai 1809 ; Laréa, age^t diplomatique de Charles IV à Alger, du 90 açptembre au 37 octobre ; Carmerero, ofQciep de l'ambassade d^Espagne à Constantinople, du 25 septembre au 22 octobre.
Le 37 septembre, on reçoit un oultivateur nommé Bertillat dent le motif d'éorop déroge à la f^ime habituelle s « Le ministre de la police génér nde ordonne au conoierge du donjon de recevoir et d'éerouer, en se oopformant à la loi, le sioar Armand Bertillat, prévenu de manœuvres oontfe la sûreté de l'Etat. Il sera retenu au secret.
« Signé : Fouché. »
Ce Bertillat resta au secret jusqu'au 82 octobre et ftit piis en liberté le 11 avril 1800.
Peu 4p teRips^pr^B, le l'*^ novejpbre nn ppqvegii ppiiimgp(tai|t fût cl^argé de la direction in doi\joQ, ce fut le lieutenant Gillet, de la gendarmerie 4^ Speapx, qnî* PPmmé par décret de Temperepr, rendu k Qprdeaux, le 3 août 13Q8, dqpna décharge 4 Ff^uçonuier de$ prisonniers enfermés à Vin* Q§PQef àçewQment.
]5n 18Û9| huit prisonniçrii ppuveaux furent iuear<T Q^é^, toujours pour mauœuvres poutre l'Etat ou ppur iutrigue^ avec ^'étranger, Un d'euX; le capi-^ t^iuç d'ArgentpR, du 18* dragons, pmeué leSSB juiK Içt ^t £|cp^sâ d'iptelljgeuces pvee les ennemis de rstgt» fut entrait du dpnjon le 14 novembre et fopillé 1^ 22 décerohre,
Ea 1§10, p^rut uu décret, daté du 3 mars, qui d^PlgP^U le» pnppu;» d'Etat et les portait au OQUibre de hpit ; Sgumur, Ham. If. Lfiusdskronn, Pierre Ch|itel< FeupPtreUie, Campi^no et Vincennes. QpdtPF^ priipuuiers ftireut conduits eu doujou pendAut cette Aupéf i parmi euK, Qu remarque un opmfné Abad (AutPuio), chef de bande de rebelles espagnoles, qui resta longtemps au saoret et ne sartlt qu'eu 1814.
Dans la même année, ou mit eu liberté les frères Pplignao, ceptifs depuis deui^ ans. Ils habitaient le quatrième étage, Armand, la chambre ^» 43, Jules, pelle n^46. Ils aveient tracé dans l'épaisseur 4tt mur, contre la oraisée de la salle oommupa un
méridien qui leur indiquait l'heure et que le prince de Polignac a pu retrouver en 1830, lors de sa seconde détention.
A cette époque, se trouvait enfermé Bernard- Emmanuel de Roux, marquis de Puyvert, qui commanda plus tard Vincennes après y avoir été enfermé six années. Il était né à Toulouse en 1756» de Sylvestre-Jean-François de Roux, marquis de Puyvert, premier président du Parlement de cette ville et de N. de Roux d*Alyonne. D'abord capitaine au régiment de Royal-Picardie, puis major en second dans celui de Guyenne, il émigra en 1791» devint successivement colonel, maréchal de camp et aide de camp de Monsieur. Honoré des pouvoirs du roi dans le midi de la France, il fut arrêté à Belleville, près de Paris, le 12 mars 1804 et enfermé d'abord au Temple puis à Vincennes et à Angers, d'où il ne sortit que le 15 avril 1814. Nous verrons plus tard que Louis XVIII le nomma gouverneur de Vincennes lors delà première Restauration ; il dut résigner ses fonctions pendant les Cent-jours pour les reprendre en 1815.
En 1811, on enferma un certain nombre d'ecclésiastiques à la suite de la querelle commencée deux ans auparavant entre le pape et l'empereur. Les principaux étaient les cardinaux Michel di Pietro, Jules Gabrielli, Charles Oppizoni, les évéques de Gand» de Troyes, de Tournay et les abbés d'Astros,
Perreau, Fontana, Isabelli et Grégorio que Ton a surnommés les cardinaux noirs. La captivité de l'abbé de Boulogne, évêque de Troyes, fut la plus rigoureuse; il fut gardé au secret dans la chambre du premier étage qui porte aujourd'hui le n? 11 . On peut y voir les inscriptions et les dessins qu'il y traça sur les murs ; ce sont des sortes d'arabesques assez bien dessinées au milieu desquelles on lit en lettres capitales : Miserere mei Deus secandum magnam misericordiam tuam ; de l'autre côté, au milieu d'ornements semblables, on lit: Domine exaudi orationem meam.
Le 9 novembre 1811, le commandant du donjon reçut du sieur Desmarets, chef de la 1" division de la police, l'ordre suivant qui enjoignait de faire cesser le secret rigoureux auquel étaient soumis les prélats :
« J'ai l'honneur de vous informer, monsieur, que Son Excellence, par décision du 8 de ce mois, a jugé à propos d'autoriser les dispositions suivantes:
a V MM. les cardinaux Oppizoni, Gabrielli, di Pietro et les abbés IsabellU Fontana et Grégorio, seront réunis et placés au premier étage avec un feu commun.
« 2» MM. les évêques de Gand, de Troyes et de Tournay et les abbés Duuivier et Vandervelde sei ont
également réanis dans une iti6m6 ftallé, «ti quatrième étage, avec un fen eommtin.
« 9> Les abbés Dastros et Petnaû seront plains dans, une même salle, avec nu settl fen.
« Ces treize détenus, ainsi réonis, devront d*all-^ leurs continuer de rester au secret et n'aVolr aucune communication avec les autres prisomiiers du donjon. 9
Tous ces personnages fhrent mis en liberté etl 1812, après la conclusion du Concordat. L'abbé de Boulogne ftit écroué une seconde fois le 28 novembre 1813, et ne sortit de Vîucennes qpt^ett 1814.
Le commandant du donjon, Gilletî fttt remi^acé le 29 août 1811 par M. Leiarge, officier de la gendarmerie d'élite, en eicécution d'un décret rendu par l'empereur le 22 du même mois. L« nouveau commandant donna à son prédécesseur décharj^ de trente prisonniers, actuenement au donjon, puis il transcrivit sur le registre les fnstrtictiofis particulières du duc de Rovigo. On y lit, entre autres, ces lignes qui prouvent que le confAiatt'dant était le premier prisonnier du donjon :
« Je VOUS préviens, monsieur, ^e Votts ne devez point passer le pont de votre cbftfeatt sans en avoir obtenu de moi une permission p9tt écrit. »
On ordonnait, en outre, de rendre contpee tous les jours au ministre seul, de Tétat des prisonniers.
Un dernier article disait : « Le commandant doit voir si toutes les parties de la nourriture sont de bonne qualité; si le vin particulièrement est bon, eu égard au prix de toutes choses ; si le linge fourni est payé au prix où il €St pôff é dans Tétat ; si les prisonniers sont tenus proprement; si Teau à boire est toujours nouvelle et de bonne qualité. »
L'anîiëé 1812 âménâ k Vîiicéniies treize fiôUvéàtix prisonniers, la plupart étrangers et dont la captivité ne préseitté rien dltiléreftsanif En I8I81 cm enferma de nouveaux prisonniers de guerre et des personnes prévenues de manœuvres séditieuses. Tous sont mis en liberté en 1814 avec une précipitation qtii §'»pIiC[ue pÊit les étèhettlcnits qui se pâssftiefnt àlôf» àtif cmr dé VifK^tïnés ; dèptiis lé 81 ihûtê, ëh éflét, les âlUél^ étâiéllt âiàitfés de Pftris et le chlf tétatt qtté Napoléon âValt cmflé à la gardé dtlgétié* fàl bâUmèînil félsistàit ^étil en dépit dé VkMî^ éâtîôH dé reîâpéfetif et dû Yôté dti Sellât qtî «Vâlt appelé Louisf XVIII au trône.