L'AUDIENCIER DU CHATELET
On appelait ainsi i*huissier qui était de service à l'audience.
Nous ordonnons que l'audiencier dudit Ghastelet et son compagnon seront tenus de venir, à sept heures du matin, et d'estre et assister continuellement devant le prévost, tant comme Ton plaidera, pour exercer leurs offices, tant pour garder le guichet, comme à faire faire la paix, sans en partir hors, si ce n'est par le congié du juge, ou qu'ils aient autre et juste loyale exoine, sur peine de dix sols, par chacun, pour la première fois, et pour la seconde , vingt sols parisis ou antre à l'ordonnance du juge.
Item, que ledit aadiencîer et son compagnon soient pareillement de relevée audit lieu, à l'heure que le prévost sied, pour faire leurs dits offices, comme dessus, et sur la peine dessus dite.
Item, que l'audience du greffe dudit Ghastelet sera criée à la dixième heure de l'horloge du palais et non plus.
{Ord, des rois de France, Fontanon, 1. 1, 1. n, p. 226.)
Les ordonnances rendues au parlement de Paris étaient scellées du sceau royal, ou du sceau ordonné en Tabsence du grand, ou même du sceau du Cbâtelet. Un texte, cité par les Bénédictins, prouve que cette cour souveraine avait un signet ou cachet particulier, sous le règne de Philippe de Valois ; mais ce petit sceau n'avait pas la môme authenticité que le sceau du Châtelet, auquel il servait quelquefois de contre-scel. C'est ce qu'on peut justifier par une commission de Philippe de Valois adressée à Pierre Hangest et à Foulques Bardouil, pours celler, en l'absence du sceau du Châtelet et contre-sceller du signet du parlement, les lettres qui leur sont envoyées. Cette commission est du 4 janvier 1348. Le parlement de Paris, outre le grand sceau servant à sceller les arrêts, avait aussi un petit sceau ou signet^ qui était quelquefois employé comme contre-sceau du scel du Châtelet. Ordinairement, le président s'en servait pour sceller les actes d'hôtel, les dépêches; vers 1300, il portait une fleur de lis dans un encadrement gothique, avec cette
légende : Seerêtum camere ^ Ce fut seulement à la fin du XV* siècle qu'on établit une chancellerie particulière près le parlement de Paris, qui se servit alors d'un petit sceau représentant les armes de France.
Le Cliâtelet a été une des premières juridictions qui ait eu un sceau aux armes du roi; dès 1238^ ce sceau portait déjà la fleur de lis royale.
Les actes royaux étaient scellés du sceau du Châtelet en l'absence du grand. (F. Ord. de 1311-1348, Delamare, I, p. 102.) La légende porte : S. in absentid magni ordinatum. Le sceau du Châtelet avait le champ occupé par une fleur de lis épanouie; à dextre une étoile, à senestre un croissant tourné. Le croissant a été plus tard remplacé par un châtelet. La légende porte : S. Prepositure Parisiensis. Le contre-sceau porte ordinairement un écu à trois fleurs de lis posées deux et une, et pour légende : tQTRA S. PPOITVRE. PARIS. {Contra sigillum prepositure Parisiensis^,)
Li grant scel li roys faiilant, li seau don Chastellet est celluy de TEstat, ensi fu en Tabsenlation du roy Jehan.
Le F^ceau du Châtelet consistait en ;
Une fleur de lis fleuronnée, h gauche un écu parti aux armes de France et de Champagne, à droite le Châtelef.
Légende : Sigillum prepositure Parisiensis ^.
Le sceau du Châtelet était attributif de juridiction; il
1. M. Edgard Boutaric^ Recherches archéologiques sur le Palais de Justice.