Fausses analogies sur les masques
Si tel est, observé par des yeux vigilants, le fonctionnement lamentable de notre machine administrative, quel remède y portera-ton ? L'autonomie contrôlée par l'Etat des P. T. T. qu'on
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nous propose sera aisément réalisable clans ce cas
\ particulier. Mais pour les autres services publics, pour les ministères, dont on nous dit qu'ils sont placés dans les mêmes conditions? Bref, en quoi consistera la réforme gouvernementale?
Selon M. Fayol et ses disciples, elle ne doit €tre que l'application des règles de l'administration « expérimentale » à l'Etat, au gouvernement
' lui-même'.
Un programme d'action, étudié par le Président du conseil et ses chefs de service, les ministres, €t soumis au parlement. Il en résulterait, dit-on, des merveilles : la voie tracée, le but fixé, confiance
I et stabilité renaîtraient, si des communications fréquentes tenaient le parlement au courant...
, Mais les ministères durent dix mois en moyenne, preuve qu'il n'y a pas un parlement, mais une foule moutonnière et changeante qui donne et
f retire sa confiance sans seulement savoir pourquoi ? — On réformera le parlement : « il n'y a (( qu'à accroître sa valeur » pour qu'il soit « sain. » Par quels moyens ? — La réforme du scrutin d'arrondissement et le. régionalisme. Nous sortons de l'industrialisation et l'on sent bien que c'est le nœud du problème. Qui ignore cependant que la
1. — Cf. : Fayol, op. cit., appendice. Wilbois et Vanuxem, op. xit., chap. IX.
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vie parlementaire corrompt les meilleurs et qu'il ne faut pas améliorer les hommes, mais l'institution : il est vraiment trop tard pour nous leurrer encore avec les u bons députés » à venir. Quant à la décentralisation régionaliste, n'est-il pas démontré et redémontré qu'elle est impossible en régime électif : il faut tenir les électeurs dans les liens serrés dune administration dont toutes les commandes convergent au centre. En 1903. Charles Maurras a défié le régime de décentraliser, il a démontré en outre quelles causes, nées du régime même, l'en empêcheraient ; les faits n'ont cessé de confirmer et nous considérons ce point comme acquis*. Les réformes seraient-elles possibles qu'il n'en sortirait pas un parlement meilleur : il serait toujours élu, toujours divisé en partis, tenaillé par les intérêts des factions, préoccupé de caser ses créatures, les services publics n'en recevraient pas moins de lettres ou de visites.
En conclusion, MM. Wilbois et Vanuxem nous avertissent qu'il faut agir sur l'opinion (souveraine !) Mais ils nous assurent que c'est le maître le plus tyrannique et en même temps le plus docile, le plus volontaire et le moins prévoyant, le
1. — Cf. Charles Maurras : Enquête sur la monarchie et Un nouveau débat sur la République et la décentralisation.
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I plus prétentieux et le moins averti, le plus sentimental et le plus barbare, le plus crédule et le plus matérialiste, fait de la totalité des hommes et le moins humain. Quel régime que celui qui
■se fonde sur ce magma !
Et si l'opinion reste inerte?
' Réponse : l'institution nouvelle ne s'imposera peut-être que par le sang et les ruines. — Trouvent-ils donc que ce n'est pas fait ? Et que leur faut-il ?
Sur ce point donc, l'industrialisation est impuissante comme toute autre réforme à installer la prévoyance au cœur de l'Etat démocratique. Nous pourrions en conclure que celui-ci doit être par là condamné, mais continuer l'analyse des réformes proposées n'est pas sans intérêt.
La conférence des chefs de service, président du conseil et ministres : on observe d'abord qu'ils sont trop, chose évidente', et qu'ils n'ont pas de chef. Le président doit le devenir et devant lui, non devant le parlement, les ministres seront responsables. Passons sur ce que dira le parlement
. de cette réforme qu'il faudra lui faire avaler \
1. — M. le colonel de la Tour du Pia le montrait dès 1900 : il réduisait à quatre le nombre des Secrétaires d'Etat. M. Fayol dit six.
2. — L'industrialisation do l'Etat a été proposé, à la tribnne ■du Sénat, par M. le sénateur Brang^ier : Pour gouverner l'Etat, a déclaré ce vénérable conscrit, les règles doivent être les mêmes
70 l'industria.lisation de la. démocratie
Quelle forme prendra la responsabilité, c'est le problème essentiel. Le président se contenterat-il de congédier ? — Rien de changé alors.
Prendra-t-il des sanctions pécuniaires ? ferat-il pendre les ministres prévaricateurs ? — Quel beau vacarme dans le parti du condamné, qui vit de son homme au pouvoir.
Sur ce point, la gêne des réformateurs est évidente. Ils disent : responsabilité, mais ne trouvent rien pour la réaliser '.
Pour assurer la continuité on propose encore d'accorder une survie de deux mois au ministère défunt ; nous aurions ainsi deux ministères trois mois par an. Etrange moyen de réduire le nombre des ministres, sans compter que les blackboulés ne s'occuperaient pas des nouveaux ou leur dresseraient des embûches pour montrer qu'ils valaient mieux.
que pour une entreprise industrielle. Il faudrait un ainainistrateurdélégué à l'écart de la politique pour concentrer tout Je contrôle.
On ne comprend rien à ce contrôle de l'Etat qui vivrait h l'écart de la politique, cependant que le Parlement garderait -ce prérogatives d'organisme politique chargé précisément de... contrôler. Quoiqu'il en soit le président du conseil a répondu qu'il serait vraiment trop dlEDcile de trouver le superfonctionnaire d'esprit assez vaste pour être compétent en toutes matières. M. Aristide Briand ignore certainement ce qui distingue un administrateur d'un spécialiste compétent, il lui était néanmoins dlfïicile de dire que l'admini-trateur-délégué demandé, c'est le roi.