‹ Le chef dans l'usine, dans la citéChapitre 8 sur 56 · Question dernière et première · texte numérisé non relu

Question dernière et première

Tout est donc prêt parmi les producteurs, en France', pour que commence une ère de prospérité saine et durable. Dans ce pays où l'on peul dire que chose comprise est chose^ faite, les conditions qui manquent seront réalisées avec cette rapidité et cette aisance qui ne faiblissent jamaif et surprennent toujours.

Mais une question primordiale reste posée : celle de l'Etat. En démontrant, directement oïl non, que la démocratie ne convient pas l'usine, les apprentis réformateurs dont nous avons parler ont involontairement posé, une fois de plus et par un biais nouveau, la question de la démocratie politique.

Comment le régime démocratique, s'il est raisonnable et excellent au sommet de l'Etat, peutil ne donner plus que des fruits pourris dans ces petits états que sont les entreprises industrielles Tel est le problème, escamoté et brouillé à plaisii-, qu'on peut formuler encore de cette manière :

CONDITIONS DE PROSPÉaiTÉ DES ENTREPRISES 43

si la démocratie économique doit mener la production à une ruine sûre, la démocratie politique ne conduit-elle pas le pays tout entier à l'abîme, à la différence près qui vient du temps nécessaire pour épuiser la résistance d'une nation ?

On n'a pas osé en discuter publiquement ^comme du terme logique du débat provoqué. On a préféré le retourner ainsi : l'industrie ne pouvant être démocratisée sans péricliter, les conditions de sa prospérité doivent venir de sa forme industrielle ; il convient alors d'industrialiser l'Etat démocratique. Prétention que nous avons à examiner.

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