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Niocébah rouls à terre.
A était mort.
De toutes les tribus réunies dans la plaine, II ne restait guère que cinq cents guerriers, blessés pour la plupart et ne se défendant plus.
Le colonel fit cesser le PR qui neut plus été qu’une bou. cherie, et permit aux vainous de 30 retirer, ce dont Taréas ne fut que médiocrement satisfait.
Quelques officiers s’approchérent alors de M. de Voreal, afin de lui expliquer leur présence.
M. de Montcalm ayant appris que les Peaux-Rouges réunissaient des forces considérables, avait pensé que le secours précédemment envoyé au colonel serait insuffisant et s'était empressé de lui expédier un nouveau renfort de 13 85 cents hommes.
En arrivant, les officiers, voyant la plaine couverte d' Indiens, avaient divisé leur détachement en deux troupes et mis le feu à la forêt, afin de cerner complètement l’ennemi.
Le colonel les félicita pour les mesures qu’ils avaient prises, puis il donna l’ordre de rentrer à la Mission.
Les tambours battirent, les trompettes sonnèrent, et les soldats se dirigèrent vers la colline, laissant derrière eux la
forêt en flammes.
Pendant que le colonel faisait installer à la hâte un camp au centre du village, pour les nouveaux détachements, le Père Florentin et ses Indiens descendaient dans la plaine, afin de relever les blessés.
Lorsque les soldats eurent été installés tant bien que mal sous des tentes plus ou moins vastes, M. de Vorcel se rendit à la hutte où il avait laissé son fils et sa fille, afin de les rassurer sur son sort, car il ne doutait pas que, tant qu'avait duré le combat, ils n’eussent été dans des transes mortelles. Ce fut avec un sourire de bonheur qu’il souleva la toile qui en fermai l'entrée, mais il n’eût pas plutôt jeté un regard dans l’inté.
HÉCATNMBE DE SAUVAGES
rieur, qu’il sentit son our se serrer sous le coup d’une vague appréhension.
La hutte était vide.
Son angoisse fut si forte, qu'il ne put réprimer un cri, qui fit aussitôt accourir Sans-Peur.
À | — Qu'’avez-vous donc, mon colonel ? lui demanda le chasseur | en voyant la pâleur qui couvrait son visage.
— Mes enfants, que j'ai laissés ici, que sont-ils devenus ? d | répondit M. de Vorcel d’une voix altérée.
— Ils vous cherchent sans doute, car leur inquiétude a dû être grande.
En ce moment, on entendit des cris et des pas précipités‘ et plusieurs Indiens hurons s’approchèrent : l’un d’eux portait une femme dans ses bras.
A cette vue, le colonel chancela; mais, se raidissant contre son émotion, il courut au-devant des Indiens et s’approcha vivement de Taréas,qui rapportait la pauvre Marthe.
— Ma fille! s’écria le colonel, en proie à un violent désespoir ; elle est morte!
La jeune fille était d’une pâleur livide; ses yeux étaient fermés et ses longs cheveux, dénoués, trainaient à terre; en uu mot, elle ne donnait plus signe de vie, aussi la douloureuse exclamation du pauvre père fit-elle baisser tristement la fête ap à tous ceux qui l'entouraient.
re — Que mon frère se rassure, dit Taréas, la vierge pâle n’est de qu’évanouie.
Ces paroles, prononcées d’une voix grave, firent rentrer val Pespoir dans les cœurs.
à Taréas suivit le colonel dans sa hutte, où la jeune fille fut el déposée sur son lit, et deux femmes indiennes lui donnèrent des soins qui la rappelèrent bientôt à la vie.
En apercevant son père, qui épiait anxieusement ses moindres mouvements. elle lui tendit les bras en souriant.
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ende e sur sa fille et lui mit au front un tendre baiser.
Soudain, Marthe de Vorcel tressaillit.
— Mon frére?.., interrogea - -alle.
— Voyons, mon enfant, lui dit doucement le colonel, ‘rassemble tes souvenirs et raconte-moi ce qui s'est passé.
La jeune fille sembla réfléchir profondément pendant deux ou trois minutes, puis une expression d’effroi se peignit sur ses traits et elle cacha son visage dans ses mains en frissonnant.
— Oh! murmurs-t-elle, c’est affreux ?
ue veux-tu dire? fit le colonel dont l'anxiété allait croissant.
Marthe de Vorcel fit un violent effort pour dominer sa ti rreur et donna enfin cette courte explication :
= Au plus fort du combat, lorsque vous descendites dans la plaine, mon frère et moi nous rendimes aux retranchements, afin de vous suivre des yeux le plus longtemps possible. Tout à coup, une dizaine d hommes surgirent autour de nous et nous enlevèrent avant que nous eûmes le temps d’appeler à notre secours. Que se passa-t-il ensuite? Je l’ignore, car j'avais perdu connaissance.
— Et c'est tout ce que tu sais!
— Oui, mon père.
— Je crois pouvoir vous exphquer le reste, dit Sans-Peur, qui avait écouté attentivement le récit de la jeune fille.
— Vous? dit le colonel.
— Oui; mais un mot, d’abord.
Se tournant vers Taréas, il demanda :
— Où avez-vous trouvé Mie Marthe?
— Dans la plaine, au pied de la colline.
— C’est bien cela.
— Que voulez-vous dire? lui demanda le colonel avec une nuance d’impatience.
— Je veux dire que vos enfants ont ëté enlevés par les pirates que j’ai vus dans le camp des Peaux-Rouges.
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MÉCATOMSS DB SAUVAGES
— Sur quoi bases - vous votre supposition ?
— Co n'est pas une supposition, c'est uns oertitude.
|— Mais encore.
— Tant qu'a duré le combat, interrompit le chasseur, aucun blano n’a paru dans les rangs ennemis,
— Vous avez peut-être raison, mais dans quel but ces misérables auraient-ils commis ce rappt.
— Uniquement pour obienir une rançon.
— Mais ma fille, pourquoi ne l’ont-ils pas emmenée ?
— Parce que, portant une femme évanouie, ils ne pouvaient s'éloigner assez rapidement. Il est même probable qu'ils ne Font abandonnée que pour fuir, au moment où, la bataille terminée, nous sommes revenus à la Mission.
— Que pensez-vous de cela, chef? demanda M. de Vorcel à Taréas.
— L'ami de Taréas est jeune, répondit le . mais sa sagesse est grande |
—. Ainsi, vous croyez aussi que mon fils est entre les mains
des bandits.
— Oui. Pendant que les Indiens se faisaient tuer bravement, les vautours emportaient leur proie.
— Mon pauvre Louis! sanglota le colonel en laissant tomber avec accablement sa tête sur sa poitrine.
— Courage, mon colonel, dit Sans-Peur d’une voix énergique, je vous rendrai votre fils.
M. de Vorcel prit dans les Rene les mains du chasseur, en disant :
— Faites cela, mon ami, et ma fortune est à vous!
— Mon colunel, dit froidement Sans-Peur, je ne relèverai pas ce que vos paroles ont d’offensant pour moi, car la douleur vous égare.
— Fardonnez-moi, je souffre tant l. Vous êtes, je le sais, un homme dont les services ne se paient point avec de l'argent. L le vous aime mieux ainsi, dit en souriant le chasseur.
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— Alors, vous alles vous mettre à la recherche de ces bandits ?
— Oui, mais pas aujourd’hui.
— Pourquoi ce retard?
— Parce que, en partant maintenant, je risquerais de les rattraper. 0
— Je ne vous comprends pas du tout.
— C'est pourtant bien simple. De deux choses l’une : ou je les rejoindrai ou ils m’échapperont. Or, si je les rejoins seul, que pourrai-je faire?
— Rien, évidemment; mais qui vous empêche d'emmener des forces suffisantes? |
— Dans ce dernier cas, en se voyant pris, les pirates nous jetterons dans les bras le cadavre de votre fils.
— Oh! mon Dieu! que faire ?
— Je vous l'ai dit : attendre et avoir confiance en moi. Demain, au point du jour, 4 me mettrai sur la piste des ravissoeurs, car avec des gens o cette sorte, la ruse vaut mieux que la force.
— Et vous partirez seul?
— Absolument.
Le chef huron, qui avait écouté avec beaucoup d'attention cette conversation, posa une main sur l’épaule du chasseur en disant d’une voix gutturale :
— Mon frère n’a donc plus confiance en son aini?
— Pourquoi cette question ?
— Parce que mon frère compte partir seul.
— Eh quoi! vous consentiriez à m’accompagner ?
— Mon frère en a-t-il donc douté ?
— Nullement, chef, mais je pensais que votre présence parmi vos guerriers était nécessaire. |
— Bon! S'il n'y a que cette raison, que mon frère se rassure. — Ainsi, vous m’accompagnerez ?
— Pour suivre une piste, il vaut mieux être deux qu'un.
HÔCATONDE DS SAUVAGES
— Ma foi! vous me causes un réel plaisfr, car je n'aurais pas es6 vous le demander.
— Mon frère aurait eu tort. Depuis le jour où il m' sauvé la vie, nous n'avons plus qu’un cœur pour nous deux; Taréas ne peut dono le sentir battre qu’en restant près de son ami.
— Si nous n'avons plus qu’un cœur, on peut dire que c’est dans votre poitrine qu'il bat, car, de ma vie, je n’ai rencontré ami plus fidèle et guerrier plus brave que vous
À ce compliment, le chef tressaillit de plaisir et d'orgueil. |
— Mais, inlérvint le colonel, que ferai-je pendant votre absence ?
— Votre présence ici est-elle encore nécessaire ?
— Non. Grâce à la leçon qu’ils on: reçue, les Indiens ne reviendront pas de sitôt.
— Retournez donc à Québec avec vos soldats, en emmenant votre fille; si j'avais besoin de vous, je vous ferais prévenir.
— Par qui?
-— Par Taréas. Pourvu qu’un de nous reste sur la piste, ce sera suffisant.
— N'oubliez pas que, si ces misérables exigent une rançon, je vous autorise à tralter en mon nom. Tout ce que vous promettrez sera scrupuleusement tenu.
— Bon! bon! dit le chasseur d’une voix goguenarde ; ces bandits ne tiennent pas encore votre argent.
Le lendemain, au moment où l’aube blanchissait les cieux, les Hurons, à qui Taréas avait donné ses instructions, quittaient la Mission pour retourner à leur village.
Une heure après, les soldats descendaient dans la plaine et se dirigeaient, tambours battant, vers Québec.
Le colonel et sa fille se tenaient, à cheval, en tête de la oclcane.