‹ Le chef des Hurons [microforme]Chapitre 12 sur 22 · LES PIRATES DU DÉSERT · texte numérisé non relu

LES PIRATES DU DÉSERT

le pirate John et ses quatre compagnons étaient LES dose faire admettre parmi les défenseurs, une vingtaine de leurs amis, bandits comme eux, étaient restés sur la lisière du couvert, attendant anxleusement qu’un signal quelconque leur apprit que lo stratagème avait réussi et que, au moment du combat, les cinq traltres faciliteraient aux Peaux-Rouges l’entrée dans la Mission.

Ils étaient là depuis une heure, quand l’un d'eux, nommé

James, et frère de John, poussa un cri de fureur. — Qu’y at-il donc ? firent ses compagnons.

— By God | vous êtes donc aveugles comme des taupes, que vous ne voyez pas ce qui se passe |

Et de la main Il désignait le sommet de le colline, où les corps de leurs compagnons se balançaient au bout de leurs cordes.

Les pirates poussèrent des cris de rage et firent un mouvement pour s’élancer, mais James les arròta d’un geste.

— Où voulez-vous aller ? leur dit-il. Venger nos amis, n'estce pas ? c’est-à-dire faire une folie, car vous pensez bien qu’avant que vous soyez au pied des retranchements, le colonel vous aura fait cribler de balles.

Les bandits frémissait de colère impuissante . Ces écumeurs du désort, qui avalant tant de fois trompé leurs mains dans le sang des malheureux voyageurs que leur mau valse étoile plagalent sur leur route, ne pouvaient so faire à l'idée qu'un ham me avait os inâiger à cinq des leurs une mort infamante.

— Calmes-vous et prones patience, leur dit James avec un sourire terrible: mon frère at nos amis saront vengés, je vous le jure !

Cette promesse apalsa un peu la fureur des bandits.

— Que comptes-tu faire ? Interrogea l'un d’eux.

— Ce soir, pendant que les Indiens attaqueront la Mission, nous profiterons du désordre pour nous y introduire.

— Hum! je doute fort que nous puissions venir à bout de la garnison.

— Vous vouliez blen tenter le coup tout à l'heure.

— C'est vrai, mals tu nous a fait comprendre que c’eût êté un acte de folle. Aussi ai-je le droit d’être étonné en te voyant disposé à accomplir ce que tu as empêché de faire.

— Tu aurais raison si telle était mon intention.

— Explique-ti, car je ne te comprends plus.

— J'ai dit que nous nous introduirions dans la Mission, c’est vrai; mals au lieu d'attaquer ceux qui s’y trouveront, nous nous dissimulerons, au contraire, le plus possible, et si notre présence peut n’être pas remarquée, nous enleverons le fils et la fille du colonel.

— Et qu’en ſerons- nous

— Ceque nous en ferons ? dit James avec un rictus cruel : nous les livrerons aux Peaux-Rouges, qui leur infigeront une mort indienne ; aprés quoi, nous renverrons au colonel les têtes de ses enfants.

— Bravo l hurlèrent fes pirates.

— Alors, dit James, vous trouvez que, de la sorte, nos amis seront suffsamment vengés ?

Des cris d’enthousiasme furent la seule réponse des bandits.

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‘James, qui était le chef de la bande, prit aussitôt ses dispor

sitions en vue du hardi coup de maln qu il avait décidé.

Au lieu de rester près des Peaux-Rouges, il longes le couvert de la forêt, de manière à tourner la colline, afin de 10 trouver, au momemt du combat, en face du versant opposé à celui par où les Indiens devaient attaquer la Mission. Après avoir rampé dans les hautes herbes, ils atteignirent un petit bois dans lequel ils se dissimulèrent en attendant le moment propice à l’exécution de leur projet

James, le bandit.

Lorsque le colonel ouvrit le feu sur les assaillants, les bandits recommencèrent à ramper silencieusement dans la direction de la colline, décidés à se faire tuer plutôt que de reouler d'un pas.

James quitta ses compagnons pour aller à la découverte En une demi-heure, il atteignit un endroit d’où il pouvait suivre toutes les péripéties du combat.

+ Tout à coup, il tressaillit : les deux détachements de soldats

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LES PIRATES DU DÉSERT \ envoyés au secours du colonel, ouvraient un feu terrible sur les Peaux-Rouges massés dans la plaine. Mais avant qu'il fat revenu de sa stupéfaction, le colonel, en tête des défenseurs de la Mission, dévalait la pente de la colline ‘et 10 jetait à corps perdu sur les Indiens.

‘À cette vue, James bondit sur ses pieds et oourut rejoindre ses hommes.

Dix minutes plus tard, ils ontrèrent dans la Mission, et aperçurent bientôt Marthe et Louis, qu’ils reconnurent facilement à l'élégance de leurs vêtements, et qu'ils a A que malgré leur résistance.

Ils descendirent e la pente de la colline et s’éloigntrent rapidement.

Tout à coup, James poussa un cri de rage. Taréas et ses Hurons apparaissalent derrière les retranchements.

Le bandit orut être aperçu. II prit immédiatement un parti.

—' Cette femme retarderait notre marche, dit-il au pirate qui tenait entre ses bras Marthe évanouie, jette-la à terre.

Cet ordre exécuté, il tira un pistolet de sa ceinture et courut à Louis, que deux bandits entrainalent et entre les mains desquels il se débattait vainement.

— Cessez toute résistance, ou je vous brale la cervelle, dit-il froidement au jeune homme.

Quoique Louis de Vorcel n’eût que seize ans, l'éducation qu’il avait reçue l’avait initié aux devoirs d’un gentilhomme ;

. aussi, son premier mouvement, en entendant cette menace, “fut-il un rire de mépris ; mais il redevint subitement grave,

car son arrêt de mort était écrit en toutes lettres dans les yeux du pirate et il comprit que toute résistance serait inutile, — Marchons, dit-il simplement.

Les bandits partirent alors au pas de course. James se tenait derrière le jeune homme, prêt à le tuer s’il tentait de s’échapper.

Les pirates gagnèrent la forêt, où leurs chevaux étaient

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entravés ; eee qu’ils s’arrêtaient terrifés.

La forôt était en fou. |

— Longeons la lisière. avant que. les PASS aient envehh toute la forêt, dit James.

En deux heures, ils eurent contourné la droite de cette immense fournaise où les arbres se tordaient en crepitant et tombaient avec des craquements sinistres.

La nuit était complètement venue; aussi n'y avait-il aucune poursuite à craindre.

Le vent d’ouest, en chassant les e dde la direction de la plaine, leur laissait toute sécurité. ;

Le feu devait bientôt s’éteindre faute d'aliments.

Il était près de minuit lorsque les bandits firent halte pour se reposer une heure ou de

Avant de se remettre en marche, James renouvela sa menace à son prisonnier, menace bien inutile, car le jeune homme

n’avait plus de volonté.

Ie premier moment de surexcitation passé, sa jeunesse avait repris toute sa timidité. De plus, la fatigue physique occasionnée par la longue marche qu’il venait de faire avait fortement influé sur ses facultés mentales; de sorte qu’il se trouvait dans un état voisin de l’ébétement. Cetie course nocturne an milieu de bandits sans foi ni loi, le emplissait de terreur. 6

— Que sont ces hommes et que me veulent-ils? se demandait-il continuellement.

Ce qu’ils étaient? deux vides e le lui disaient assez; mais quant à ce qu'ils lui voulaient, c’étsit autre chose : ul ne trouvait aucune réponse à cette question.

Au lever du soleil, James fit camper sa troupe dans une de ces nombreuses grottes que l’on rencontre à travers les déserts américains.

Louis se, laissa tomber sur le sol, et, vainou par la fatigue, s’endormit profondément.

DM

| LES PIRATES DU DÉSERT ss . james réunit alors ses compagnons.

| — Camarades, leur dit-il, j'ai une proposition à vous fhire — Parle, s'écrièrent-ils tous, nous t’écontons. — Jo vous avais proposé de livrer les enfants du colonel aux . Iroquois, n'est-ce pas ?

we : — Oui, dit un des bandits, mais il me semble que nous et leur tournons le dos.

à — Ta réflexion est juste, répondit James, et je vais m'expline quer à cet égard.

5 Les pirates se rapprochérent de leur chef, attendant l'expli- . on | cation qu’il leur promettrait, car ils s'étaient déjà demandé pourquoi il les emmenait vers l’ouest, alors que les Iroquois étaient campés au nord.

dur — Après avoir bien réfléchi, je me suis dit que la mort de ce jeune homme ne ressusciterait pas mon ère et ses s00 compagnons.

me u parles comme un missionnaire ! ticans un pirate. — Tu trouves? fit James d’un ton narquois.

ait — Ma foi! cela en a tout Pair.

age — Eh bien! tu te trompes, camarade, et si tu m'avais laissé nent achever, tu aurais compris que je raisoriñe, non comme un tan 1 misstonnalre, mais comme un philosophe. En effet, si ce jeune 0 homme ne peut ressusciter ceux qui sont morts, il peut du . moins nous faire riches! Comprends-tu, maintenant? 2 — peste ! ton idée est sublime !

— Le colonel passe pour posséder une grande fortune. Ne 1 a lui rendons son fils que contre une rançon. Des applaudissements frénétiques saluèrent cette proposition. — Mais, objecta un des bandits, nous aurions pu avoir la

me vengeance et la rançon.

ls u crols?

— Dame! avant d'abandonner la jeune fille, ca W Be de la poignarder?

— Jyai 1 mais comme j avais 1 5 mon idée relative-

ment à la rançon, je n’ai pas jugé à propos de mettre au cœur du pére un désir de vengeance DE notre piste avec toute sa troupe.

La logique de ce raisonnement frappa les bandits, qui 10 déclarèrent absolument satisfaits de la conduite de leur chef,

— Maintenant que vous m'avez bien compris et que vous approuves la résolution que j'ai prise, il faut avoir pour le prisonnier les plus grands égards, afin de le conserver le plus longtemps possible, car nous n’obtiendrons une rançon qu’en le rendant à son père, sain et sauf.

— Comment feras-tu parvenir ta proposition au colonel, demanda Péters, le lieutenant de bande, Allemand à la figure cruelle.

— Ce sera bien simple: nous laisserons notre 0 nettement marquée jusqu’à la rivière des Cèdres, afin que ceux qui nous poursuivront viennent d'eux-mêmes nous retrouver, Mais à partir du bord du fleuve, nous ne laisserons aucune trace derrière nous. De la sorte, si les poursuivants sont trop nombreux, nous les laisserons se livrer à leurs conjectures. Si, au contraire, ils ne sont que quelques-uns, je leur ferai une visite afin de m'expliquer avec eux.

— Comment le sauras-tu f

— Tu resteras ici avec un de nos hommes, et dès que tu apprendras quelque chose, tu viendras me prévenir.

— Oùf Als caverne du jaguar: ce n’est qu’à quelques heures

d'ici.

— C’est entendu. Tu peux compter sur moi.

— Qui garderas-tu près de toi ? |

— Fritz. C'est un compatriole avec qui, tu 1e sais, je m’entends à merveille.

— Bien. Maintenant, camarades, préparez le déjeuner. Dans une heure nous nous remettrons en route.

Les bandits s’accroupirent à terre, tirèrent de leurs bissacs

tu ures

Le pirate tenait entre ses bras Marthe évanouie. (Page 98.) :

Dans A

LS n i non différentes provisions et se mirent à dévorer avec un appétit

James éveilla le prisonnier.

— Que me voulez-vous 7 lui demanda le jeune homme d’un ton craintif, À — Je veux vous annoncer une bonne nouvelle.

Louis de Vorcel eut un pâle sourire.

— Avant peu, reprit James, je vous rendrai à votre père. — Oh! s’écria Louis, faites cela, monsieur, et mon père vous donnera ce que vous lui demanderes.

— J'y compte bien, fit le bandit d’un air narquois. Mais, ajouta-til sérieusement, comme nous avons encore une longue route à faire, il Mel que vous preniez quelque nourriture, car sl vous ne pouviez nous suivre, je serais contraint, à mon grand regret, ds vous sbandsaner dans le désert. À cette peu réjouissante perspective, Louis sentit un frisson œurir dans ses veines. Ÿ — Je ferai es que vous voudrez, monsieur, du moment que vous m'assures que je reverrai mon pere.

— Je vous en dne ma parole d'honneur !

Quoique l’honneer de ce bandit W inspirit qu’une médiocre confiance au jeune homme, il ft entre fortune bon cœur, et accepta les aliments qui lui ferent offerts. Lorsque le repas fut termine, la troupe se remit en route, tandis que Péters et Fritz s’installaient commodément dans la grotte, sur des lits de feuilles sèches.

Après avoir marché pendant près d’une heure, James divisa un bande en trois corps, afin de tripler la piste. De plus, il 1 erdonna à ses hommes de laisser le moins de traces possible. À Deux troupes s’éloignèrent alors dans des directions diffépentes qui, aprés de nombreux détours, devaient aboutir à la @averne du jaguar.

Quant à James il n’avait gardé que quatre bandits. Louis se trouvait avec cette dernière troupe.

Après une marche assez longue, on arriva sur ls bord d’une rivière.

James s'arrêta ot examine attentivembnt les arbres qui s’élovaiont à cet endroit. L'un deux, plusieurs fois séculaire, étendait sur un vaste espace ses larges et épaisses ramures.

Dun bond, James s'’élança sur une ee disparut dans le feuillage.

Bu décnte de dot qe qhttques mia. onde il laissait glisser devant lui, à travers les branches, une pirogue d’écorce à laquelle étaient attachées doux longues

— Ah çal fit un des bandits, U y a donc des arbres qui produisent des plrogues

— Comme tu vols, dit James en riant ; mais, pour cela, il faut avoir eu la précaution d’en cacher une dans les feuilles,

— Ainsi, cette pirogue 7.

— À été placée par moi dans cet arbre, il y a deux mois. Nous pourrons donc continuer notre voyage sans laisser la moindre trace.

La pirogue fut mise à l’eau, et James invita son prisonnier à y prendre place.

Une idée surgit dans l'esprit du jeune homme. En posant le pied dans l’embarcation, il donna, au moment de sauter, un violent coup de jarret, et, saisissant les pagaies, il rama si rapidement que, avant qu’ils fussent revenus de leur surprise, les bandits se trouvèrent séparés de leur prisonnier par une distance d’une vingtaine de mètres.

James, au comble de la fureur, arma son fusil, l’épaula et fit feu; mais la balle, mal dirigée, alla ricocher sur la surface du fleuve, de l’autre côté de la pirogue.

— Feu! cria-t-il à ses bandits.

Quatre détonations retentirent, mais aucune balle n’atteignit le fugitif, qui continua de pagayer nerveusement, aidé par le courant, dont la vitesse était extrême.

Debout sur la berge, les pirates juralent ot sacraient à faire erouler le ciel.

Peu à pou, Ils se calmèrent.

— Voilà un galllard qui promet, ft un des bandits.

— Le fait est qu’il a de la décision, ajouta un autre.

James s’arrachaït les cheveux de colère.

— Joué par un enfant! rugissait-il, Ah! que n’al-je su:° ma première idée! A défaut d' argent, nous aurions eu, au, moins, notre vengeance |

Es U len un rvgard consterné sur la rivière, où Louis n'apparaissait plus que comme un point noir, qui allait en diminuant.

1 fallait pourtant prendre un parti.

James donna en maugréant l'ordre du départ, et les pirates se mirent en route pour la caverne du jaguar, où ils avalent donné rendez-vous à leurs compagnons.

Tout à coup, James s'arrêta.

— Sanchez, dit-il à un de ses hommes, retourne à la grotte où nous avons laissé Péters et Fritz : leur faction est maintenant inutile. Dis-leur de venir me rejoindre à la caverne. Quand nous serons tous réunis, nous tiendrons conseil, car tout n’est pas perdu.

— Tu as l'espérance robuste, grogna le bandit.

— Va, te dis-je, et fais diligence.

Tandis que le bandit s’éloignait au pas de course, un et ses compagnons continuaient leur route vers le lieu du rendez-vous, où ils arrivèrent au coucher du soleil.

Quelques heures plus tard, toute la bande était réunie, hurlant et blasphémant contre la fatalité Lu venait de ruiner es beaux projets.

Un conseil fut alors tenu.

James était bleme de fureur.

— Nous ne pouvons rester sous le coup d’un pareil affront, al-, les dents serrées. Non seulement la fuite de notre

prisonnier est un échec à nos intérêts, mals encore nous devons laver la honte qui nous couvre, car, dès que cette affaire sers connue, nous serons la risée de tous les chasseurs du désert, à qui, jusqu’à présent, nous n'avons inspiré que la terreur.

— As-tu une idée ? interrompit Péters.

— Oui, 4

— Alors, explique-tot.

— Nous pouvons facilement retrouver le fugitif,

— Hum!

— Extraordinairement! |

— Si tu prenais la peine de réfléchir un peu, tu ne raisonnerais pas ainsi.

— Où veux-tu en venir?

— À ceci : le prisonnier a fui sans vivres ni armes; il ne peut donc aller loin. Reposons-nous quelques heures et, ensuite, explorons séparément le désert dans un espace de quelques lieues. L’un de nous retrouvers certainement le fugitif, mourant de faim et de fatigue.

— Décidément, fit joyeusement Péters, tu es digne de nous commander. Ce que tu viens de dire est plein de sens, et je partage entièreinent ton avis.

Ces paroles du lieutenant laissèrent les bandits absolument froids. La perspective de tomber dans une embuscade de chasseurs ne leur plaisait que médiocrement, car, le cas échéant, chacun était certain d’être accroché au premier arbre venu.

Habituellement, les bandits marchaient en troupe, et la conscience de leur force numérique les encourageait à tenter les plus folles entreprises. Mais s’en aller isolément, c'était autre chose. Leur identité ne pouvait être dissimulée, car les donné tes chasseurs, dont ils volalent les peaux quand l’occasion s’en présentait, se connaissaient tous.

Cette hésitation de ses bandits fit froncer les sourcils à James.

108 un n en ene

— Voyons, dit-il brutalement, êtes-vous des hommes on des femmes peurouses ?

— Nous sommes des hommes, répondit ſroldemont un pirate, mals nous ne nous soucions nullement de faire connaissance aveo la corde. Ceux d'entre nous qui seront pris par les chasseurs seront immédiatement exécutés d'après la lol de Lynch. Or, cette perspective ne nous sourit nullement,

— Ainsi, vous rofusesf

— Oui, dirent nettement les bandits,

— Puisqu’il en est ainsi, je ne suis plus votre chef. Je veux bien commander à des hommes, mais je renonce à marcher plus longtemps avec des poltrons.

À cette injure, les bandits pâlirent. Plusieurs portèrent la main à leur couteau.

Mais James, debout et les bras croisés, promena sur eux un regard énergique.

— Ah ça! mes maîtres, dit-il d’un ton goguenard, je erols que vous vous fâchez. Trouvez donc un autre nom qui soit applicable à des hommes que le danger fait reculer, J'ai dit que vous êtes des poltrons; je maintiens le mot, jusqu'à ce que vous m'ayez prouvé le contraire.

Les bandits baissérent la tête,

James sourit, jouissant de son triomphe.

Au bout d’un instant, il reprit :

— Vais-je vous quitter pour toujours ou m'obéirez-vous ꝰ

— Nous quitter ! s’écria le lieutenant. Mais tu sais bien que nous ne te laisserons pas partir. |

— Oui! oui! s’écrièrent les bandits, honteux de la faiblesse dont ils avaient fait preuve ; reste avec nous

— Vous engagez-vous à ne plus discuter mes ordres?

— Nous le jurons ! firent-ils tous d’une seule voix.

— A la bonne heure ! Je retrouve mes vaillants compagnons. Oublions donc ce qui vient de se passer. Que chacun se repose

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